Réhabiliter la culture de la ville

Publié par Elsa Caudron

La division entre la ville et la campagne provient d’une volonté politique.

Celle de dissocier les fonctions, à l’image de ce que préconise la Charte d’Athènes de l’architecte le Corbusier. L’exposition Capital agricole du pavillon de l’Arsenal, à Paris, en témoigne. Rungis assure la transition entre lieu de production et place de consommation. Les premières lignes du Ventre de Paris de Zola montrent avec quelles difficultés la ruralité se vend en ville. Mais désormais, l’envie de restaurer ce lien rompu, entre la cité et la campagne se fait ressentir. Tout comme l'envie de restaurer notre relation avec les autres animaux.

Tout comme nous, certaines espèces d’oiseaux nichent en ville et se nourrissent à la campagne. Afin de leur faciliter la vie et d’animer nos rues, nous pouvons imaginer que le maillage de la "trame brune" - continuité des sols de pleine-terre - des potagers cultivés devienne le relais urbain des espaces naturels morcelés. L’agriculture, à toutes les échelles, est l’occasion de réfléchir aux continuités écologiques à travers la ville et l’espace rural. C'est le parti pris du programme « Nature en ville » développé par LPO depuis 2013.

Restaurer ou préserver la nature des sols

Si nous réhabilitons des espaces urbains en maraîchages, en vergers, en champs, ce n’est pas pour, dans le dos des villes, poursuivre l’expansion délétère des zones commerciales, "artisanales" ou logistiques. La stérilisation des terres arables par le développement des zones commerciales vouées à l’obsolescence est, bien entendu, un désastre dont la logique est à l’inverse de celle de l’agriculture urbaine.

L’agriculture de ville devient particulièrement intéressante si elle contribue à restaurer ou préserver la nature des sols. La ferme de l'association Terre de Mars, qui réhabilite la culture maraîchère des quartiers nord de Marseille, en est une très belle illustration. C’est autour d’une bastide marseillaise, au sens d’une parcelle comprenant l’édifice, les oliveraies, les vignes, les pâturages, que le projet se nourri. Juchée sur les hauteurs de la ville, la ferme Terre de Mars alimente aussi bien les restaurants que les mésanges à longue queue, les chardonnerets et autres coucous geais qui traversent ses cultures. Cette initiative, comme bien d’autres, montre que la production de nourriture en milieu urbain peut contribuer à la biodiversité. Le champ des possibles de la nature en ville s’ouvre à la fourche-bêche. 

Un article signé Elsa Caudron, responsable du projet « Nature en ville », LPO France

 

Crédit photo: Bouvreuil pivoine. LPO Ile-de-France © V.Ferriot -Juillet 2010 - la Plane (63) - LPO-IDF - Tous droits réservés. Pas d'utilisation des images sans autorisation de la LPO-IDF.

 


Modéré par : Alice Dupuy

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