Architectes et architecte-paysagistes décrètent l’urgence climatique

Plus de 11.000 scientifiques du monde entier, dont dix du Maroc, ont alerté lors de la COP 25 qui se tient actuellement à Madrid contre "une urgence climatique" qui pourrait entraîner "des souffrances indicibles". "Les scientifiques ont l'obligation morale d'avertir clairement l'humanité de toute menace existentielle majeure", ont déclaré les 11.258 signataires, issus de 153 pays, dans une tribune publiée dans la revue américaine spécialisée "BioScience".

Dans ce combat, les architectes et les architectes paysagistes de par la spécificité de leurs métiers sont aux avant-postes de cette bataille pour le bien être de l’humanité qui lutte, aujourd’hui, pour sa survie.

Or les compétences expertes de ces corps professionnels, qui ont toujours œuvré dans l’édification harmonieuse des cités, que ce soit les ancestrales médinas où les villes modernes érigées pendant le protectorat, ne sont pas assez  mis à profit dans la lutte contre les effets néfastes du changement climatique.

La cité marocaine est aujourd’hui faite par des technocrates et des économistes à la solde des spéculateurs immobiliers dont le seul objectif est l’appât immédiat du gain. Les logements sont des passoires thermiques, les quartiers dépourvus d’espaces verts, et les villes s’étalent à l’infini sans que les infrastructures suivent. Les ilots de fraicheur urbaine ont disparu comme les places, marchés, jardins et squares véritables lieu de mixité sociale.  

Les catastrophes naturelles ne sont pas toujours une fatalité et nos villes peuvent encore être vivables, comme elles l’ont toujours été, à condition que leurs aménagements futurs soient dessinés et réfléchis en mettant à profit les architectes et architectes paysagistes dans le nécessaire processus de réhabilitation urbaine et territoriale.

Aujourd’hui, conscient de leur responsabilité morale,  ils lancent un appel pressant  au gouvernement en décrétant officiellement l’urgence climatique et font un engagement solennel portant sur huit points :

1. Continuer à jouer un rôle prépondérant et responsable en éclairant leurs professions respectives pour faire face à cette urgence.

2. Continuer à faire pression à tous les niveaux de décision étatiques pour reconnaître l'urgence, allouer des ressources suffisantes et donner des conseils sur les politiques appropriées.

3. Promouvoir l’architecture et l’architecture du paysage en tant que professions de premier plan dans l’élaboration des politiques d’aménagement des territoires afin de les mesures nécessaires pour faire face à l’urgence climatique.

4. Collaborer avec les professions connexes, les institutions et les organisations de soutien qui ont fait des déclarations d'urgence sur les changements climatiques.

5. S'engager avec nos collègues internationaux pour soutenir les efforts de l’UIA et l'IFLA pour défendre ces intérêts au niveau mondial

6. Faire du lobbying pour améliorer les normes et les pratiques de l'industrie en vue de réussir ce changement de cap.

7. Fournir des ressources, de l'éducation et de l'information aux membres des deux corporations sur la façon dont ils peuvent réagir à cette urgence.

8. Invitent les responsables à revoir radicalement la conception des villes et la gestion des territoires, en y intégrant, comme partie prenante, les architectes et architectes paysagistes dans leurs visions.

Afin  d’informer un large  public sur leurs engagements, les architectes et architectes paysagistes ont organisé une conférence de presse qui s’est tenue à Casablanca à l’hôtel Onomo le mardi 10 décembre 2019.

Communiqué de presse 

 bâtiments
 urgence climatique
 architectes
 architectes paysagistes
 IFLA
 UIA

Auteur de la page


  • Autres actualités

    Plus d'articles

    Sur les mêmes thèmes

     bâtiments
     urgence climatique
     architectes
     architectes paysagistes
     IFLA
     UIA