[Dossier Biosourcés #27] Les produits biosourcés dans la base INIES

Rédigé par

Alliance HQE-GBC

5121 Dernière modification le 02/04/2020 - 15:01
[Dossier Biosourcés #27] Les produits biosourcés dans la base INIES

Les produits biosourcés ont toute leur place dans la base INIES qui vise à mettre à disposition les informations relatives aux impacts environnementaux et sanitaires des produits de construction et équipements.

Quels sont les chiffres relatifs aux déclarations en ligne de produits à base de matières biosourcées aujourd’hui disponibles dans la Base ? Quelles informations en retirer ? Et comment prennent-elles en compte la notion de stockage du carbone ? Les réponses à découvrir dans cet article.

La déclaration par les fabricants des FDES*[1] et PEP**[2] de leurs produits dans la base INIES répond à un objectif de transparence et de mise à disposition d’informations vérifiées par tierce partie à destination des concepteurs et maîtres d’ouvrage.

Elle est obligatoire quand les fabricants font des allégations environnementales, c’est-à-dire quand ils mettent en avant les avantages de leurs produits pour l’environnement. En effet, afin d’éviter le « greenwashing », l’Etat demande que les informations chiffrées annoncées soient basées sur une analyse de cycle de vie.

Mais les FDES et PEP sont surtout très utiles pour faire des ACV de bâtiment, telle que prévoit la future RE 2020 (et d’ores et déjà l’expérimentation E+C-). La Base INIES est ainsi désignée comme la Base de référence pour accueillir les données nécessaires aux analyses de cycle de vie (ACV) des bâtiments.

A ce titre, ce sont toutes les familles de produits et d’équipements qui sont concernées et invitées à établir leurs FDES et leurs PEP pour enrichir les connaissances et permettre aux porteurs de projets de construction de faire des choix éclairés.

De nombreuses références déjà disponibles

Les produits biosourcés, à base de biomasse d’origine végétale ou animale, sont déjà présents dans la Base. On y retrouve des FDES pour une large gamme de produits biosourcés : en majorité des isolants (laines de fibres végétales ou animales, de textile recyclé, ouate de cellulose, bottes de paille, etc.), mais aussi des mortiers, torchis et bétons (bétons de chanvre), et divers produits en bois massif, reconstitué ou contrecollé.

Fin 2019, 135 FDES de produits contenant des matières biosourcés[3], étaient disponibles sur INIES soit une croissance de 40% de plus par rapport à 2018. Elles représentent en tout 13 157 références commerciales (+ 63% par rapport à 2018) et sont en constante augmentation.

Question environnementale : Quelle prise en compte du stockage carbone dans les FDES ?

Parmi les produits référencés, une majorité des produits est à base de bois. Le bois et plus généralement toute biomasse végétale, grâce à la photosynthèse, capte du CO2 lors de la croissancedes plantes, ce carbone est parfois appelé « carbone biogénique ».

En captant ce CO2, la biomasse végétale peut contribuer à atténuer les effets du réchauffement climatique. Cet effet est pris en compte dans l’indicateur réchauffement climatique calculé dans le cadre d’analyse de cycle de vie. En effet, les utilisateurs de FDES peuvent constater des chiffres négatifs dans les colonnes « A1-A3 » correspondant à l’étape de fabrication des produits.

La construction bois apparaît ainsi comme une solution pour stocker du carbone pendant la durée de vie de l’ouvrage. Mais lorsqu’on utilise le bois pour produire de l’énergie (bois énergie, valorisation énergétique des déchets de bois) et lors de la fin de vie d’un bâtiment, il réémet tout ou partie de ce CO2, c’est pourquoi, on utilise l’expression de stockage temporaire.

Si le stockage temporaire du carbone doit être mis en lumière dans la future réglementation, une piste pourrait être la création d’un nouvel indicateur « Stock carbone » indépendant du calcul Eges et EgesPCE. Il convient donc de laisser le temps aux déclarants de l’indiquer dans leurs déclarations et pour INIES de créer un champ supplémentaire dans la Base.  

Pour des règles communes de comptage

La norme NF EN 15804 a défini les règles comptables permettant de tenir compte du captage en amont et des réémissions diverses de gaz à effet de serre tout au long du cycle de vie, dont la fin de vie.

Le Codifab propose d’ores et déjà, sur la base de travaux du FCBA en partenariat avec le CSTB et les Pouvoirs Publics un scénario sur la fin de vie du bois. Mais concernant les FDES impliquant d’autres produits biosourcés, elles ne suivent pas une règle unique à ce jour.

Le Comité technique de la Base (CTIB) va donc envisager de lancer des travaux pour développer une méthode commune à tous les produits biosourcés visant à homogénéiser les pratiques dans la prise en compte des émissions de carbone et du stockage.

L’enjeu étant que tous les produits biosourcés respectent les mêmes règles du jeu et que celles-ci soient les plus représentatives de la réalité des impacts sur le climat mais aussi sur l’ensemble des indicateurs.

Question sanitaire : comment sont pris en compte les impacts sanitaires des produits dans les FDES ?

En complément des informations environnementales issues des ACV et notamment l’indicateur pollution de l’air, les FDES comportent depuis l’origine, des informations sur la contribution du produit à la qualité sanitaire des espaces intérieurs et de l’eau ainsi qu’à la qualité de vie dans le bâtiment (confort hygrothermique, acoustique, visuel et olfactif).

 

Notamment, les produits de construction biosourcés sont sensibles au feu, à l’eau, aux insectes et aux champignons et doivent donc subir divers traitements chimiques avant d’être utilisés dans la construction .  Mais les traitements employés peuvent présenter certains dangers pour la qualité de l’air intérieur et pour la santé et perdurer lors de l’exploitation du bâtiment.  Il peut toutefois être rappelé que les produits de construction ne sont pas, loin s’en faut, les seuls contributeurs à la qualité de l’air intérieur. Une ventilation efficace des bâtiments est indispensable pour assurer une bonne qualité de l’air.

 

Sur ce sujet les FDES intègrent notamment l’étiquette « COV », obligatoire depuis le 1er septembre 2013 (décret 2011- 321). Cette étiquette, tout comme les indicateurs environnementaux, est numérisée dans la base INIES, ce qui permet aujourd’hui aux utilisateurs de rechercher les produits en fonction d’une classe choisie.

L’annexe D du complément national NF EN 15804/CN dresse une liste des émissions ou sources de pollutions indicatives et non exhaustives qui peuvent faire l’objet d’informations dans les FDES.

 

Les produits biosourcés, comme les autres, doivent donner ces informations en particulier quand ils font l’objet de traitement pour assurer la durabilité de leurs performances.

Un article de l'Alliance HQE-GBC/ INIES

Crédit photo : Chantier du siège de la DDTM 56 à Vannes par AIA - Structure mixte bois-béton


[1] Fiche de Déclaration Environnementale et Sanitaire

[2] Profil Environnemental Produit

[3] dont 121 issus du bois et 14 issus d’une autre matière

 

Consulter l'article précédent :  #26 - Isolants biosourcés, techniques chantier et prescription : un retour d’expérience - AQC


           

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