2 questions à Éric Rampelberg, directeur général Europe du Sud chez Interface

2 questions à Éric Rampelberg, directeur général Europe du Sud chez Interface

Les industriels ont un rôle majeur à jouer dans la transition écologique et dans la lutte contre le changement climatique. Leur caractère industriel, justement, soulève des enjeux de production de masse (choix des matériaux, acheminement des produits, consommation énergétique…). S’engager dans la transition implique donc de réfléchir à toute la chaîne de production. Ce qu’a bien compris Interface, société spécialisée dans les dalles de moquette et le revêtement de sols. Rencontre avec Éric Rampelberg, directeur général Europe du Sud chez Interface.

I – Comment s’est construite la politique RSE d’Interface ?

Eric RampelbergLe durable chez nous tire son origine de Ray Anderson, fondateur de la société, décédé en 2011. Il a été à la genèse de cette politique, de notre mission zéro et de tout ce que nous avons entrepris en ce sens.

Interface a été créé autour d’un concept novateur en 1973 : la dalle de moquette modulaire. Interface s’est ensuite développé tranquillement jusqu’en 1994, date à laquelle notre fondateur a été confronté à une question posée par un client lors d’une conférence, sur l’impact environnemental de l’entreprise. Le fait qu’il soit incapable d’y répondre l’a profondément marqué. Il s’est alors tourné vers Paul Hawken, l’auteur de The ecology of commerce, ainsi que Janine Benyus, inventeur du biomimétisme, pour faire d’Interface l’une des entreprises pionnières en termes de réduction d’impact environnemental.

Ray Anderson a alors mené un long travail de mobilisation des équipes en interne. Il a fallu former toutes les équipes aux problématiques environnementales et définir des objectifs et des priorités. C’est important que ce soit le patron qui se soit saisi de l’enjeu. Cela permet de maintenir les efforts, de mobiliser les troupes.

Sept axes de travail ont ainsi été définis : limiter les déchets, baisser les émissions de gaz à effet de serre, augmenter la part des énergies renouvelables dans notre mix, sensibiliser aux enjeux environnementaux, travailler de façon circulaire, redéfinir le commerce, et enfin mener une politique de transports responsables.

Nous sommes aujourd’hui capables de partager un modèle industriel avec nos concurrents, et de se dire qu’il est possible de produire avec un impact neutre sur l’environnement. Nous devons faire le lien entre tous les acteurs : actionnaires, équipes, partenaires. En recherche et développement, par exemple, nous partageons une partie de notre travail. L’idée, c’est que tout le monde puisse profiter de nos résultats, pour diffuser les bonnes pratiques. Notre souhait est d’amener d’autres sociétés à se mobiliser. En tant qu’activité industrielle, nous sommes une partie du problème, mais aussi une partie de la solution.

II – Quels plans d’actions avez-vous mis en place pour traduire votre politique ?

Ray Anderson a mis en place la Mission Zéro à partir des 7 indicateurs établis entre 1994 et 1996. L’objectif était d’atteindre la neutralité carbone en 2020, ce que nous avons réussi à faire.

Aujourd’hui, toutes nos usines sont alimentées en énergies renouvelables. Nos émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 96 %.

Mais nous avons fait le choix de ne pas nous arrêter à la mission zéro. Au fil du temps, de nouvelles problématiques environnementales sont apparues, comme le changement climatique. Nous avons dû nous adapter. Nous voulions aller plus loin et penser à l’horizon 2040.

C’est de là qu’est né notre nouveau plan d’action : Climate take back. L’axe majeur, ce sont les matériaux que nous utilisons pour fabriquer nos produits. Notre objectif est que nos dalles de moquette ne relâchent pas de carbone. Il est aussi important pour nous de pouvoir réutiliser les matériaux et donc de prendre en compte les déchets.

Interface

Un autre point d’attention concerne nos implantations industrielles. Nous réfléchissons aux lieux où nous construisons nos usines. Nous avons par exemple une usine en Thaïlande et nous avons commencé à réfléchir à la montée des eaux, pour voir si l’installation était durable ou non.

Nous souhaitons enfin favoriser la sensibilisation au réchauffement climatique.

Nous savons que nous ne pourrons pas arriver à zéro carbone sur l’aval de la chaîne logistique. Donc, nous avons besoin d’être en négatif sur d’autres parties de la chaîne, pour compenser. Le transport du produit sur les chantiers et chez les particuliers pose toujours problème. La question des déplacements professionnels de nos équipes se pose également. Même si notre objectif de base paraît simple, il faut un réel travail de fond pour y parvenir. Notre philosophie, c’est le « moon shot ». Nous visons la lune, avec des objectifs inatteignables, afin de remettre en cause notre fonctionnement. La chaîne de production est en constante évolution chez nous. Cela demande beaucoup de travail.

 

Interview d'Éric Rampelberg, directeur général Europe du Sud chez Interface

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