#10 - Résilience des bâtiments tertiaires face au changement climatique : un nouveau sujet pour les entreprises et les administrations

Publié par La rédaction C21

Article signé Magali Saint-Donat, Batiment tertiaire ADI

 

Les actionnaires, les investisseurs, mais aussi les assureurs sont de plus en plus demandeurs des analyses et des plans d’actions des entreprises pour faire face au changement climatique. Fait nouveau : cela concerne aussi les directions immobilières. L’ADI s’est donc emparée du sujet pour accompagner ses membres dans cette démarche émergente.

 

LE CONSTAT 

Le changement climatique est là, plus personne n’en doute, avec ses conséquences les plus connues : augmentation de la température moyenne, pics de chaleur plus fréquents et plus longs l’été, des épisodes de vents violents récurrents, des inondations liées à des précipitations importantes ou à la montée du niveau des mers et des océans, des mouvements de sols dus soit à la sécheresse soit au contraire à une humidité trop importante.

 

Toutefois chacun peine à identifier et quantifier les impacts sur ses activités et encore plus sur ses immeubles. Or pour minimiser les risques, il faut que les immeubles soient résilients face au changement climatique.

 

Le concept de résilience est apparu en psychologie, mais depuis les années 2000 il est couramment appliqué à d’autres domaines. La résilience[1] est la capacité d’un système exposé à des dangers d’y résister, de s’adapter à leurs effets et de se relever rapidement et efficacement, notamment en préservant et en rétablissant ses structures et fonctions essentielles.

 

Afin d’aider les directeurs immobiliers, la commission RSE de l’ADI a développé une méthodologie pour évaluer la résilience de leurs parcs tertiaires.

 

COMPRENDRE ET ANALYSER 

Il convient d’abord de déterminer les impacts à prendre en compte, en quantifier les conséquences, coter les risques en croisant leurs fréquences probables et la gravité des dommages encourus. Le guide de l’ADI propose une méthode de cotation.

 

Si l’augmentation moyenne de la température a relativement peu d’influence sur les immeubles et le confort de leurs occupants, il n’en est pas de même pour les pics de chaleur surtout s’ils dépassent 3 jours. Dans ce cas de figure, les bâtiments se « chargent », les installations arrivent à leurs limites de fonctionnement et le confort peut-être fortement dégradé.

 

Les vents violents ou les inondations (de courtes durées, liées à des précipitations, ou définitives en cas de montées des niveaux des mers ou des océans) peuvent gravement endommager les immeubles voire les rendre définitivement inutilisables.

 

Il en est de même avec les phénomènes de gonflement/retrait des sols sous l’action de la sécheresse ou au contraire d’excès d’humidité qui peuvent complètement déstabiliser la structure d’un immeuble.

 

AGIR

Puis il faut définir des plans d’actions pour engager des mesures de résilience. Ces mesures se répartissent en quatre grandes familles, elles peuvent concerner : les bâtiments eux-mêmes, les équipements liés aux bâtiments et leur exploitation, l’organisation de l’activité de l’entreprise et les personnels.

 

Dans tous les cas, il est d’abord important de connaître l’environnement de l’immeuble, son implantation (en front de mer, à proximité d’un cours d’eau). Le Plan de Prévention des Risques Naturels (PPRN), approuvé par arrêté préfectoral est un outil indispensable d’évaluation des risques mais aussi de connaissance des mesures de prévention, de protection et de sauvegarde définies localement par l’Etat et à appliquer par les différents acteurs.

 

Il existe rarement une solution unique mais une combinaison de solutions qui peuvent augmenter la résilience d’un parc ou d’un immeuble :

  • Des dispositifs constructifs (ex : augmenter l’ancrage des équipements de toiture pour faire face aux épisodes de vents violents),
  • Utiliser intelligemment les installations techniques (ex : ventilation et sur-refroidissement nocturnes)
  • Un usage raisonné de la biodiversité  (ex : des arbres pour diminuer le rayonnement solaire sur les façades et casser l’effet canyon des rues),
  • Des surfaces de repli et/ou la sauvegarde en site sûr pour les installations et activités critiques des entreprises (ex : redondance de datacenters)
  • Des organisations agiles (ex : possibilité de bascule d’une partie de l’activité en télétravail pendant la crise, horaires décalés).

 

 

SE METTRE EN MARCHE 

Pour mettre en place ces mesures et les piloter, il importe bien sûr de mettre en place une organisation et de définir les responsabilités. En cela, les risques climatiques ne sont pas différents des autres risques identifiés au sein des entreprises ou des administrations, avec des comités et des processus embarquant toutes les parties prenantes internes de la direction générale aux ressources humaines en passant par la communication, les juristes, les financiers … et bien sûr les directeurs immobiliers.

 

Un article signé Magali Saint-Donat, Batiment tertiaire ADI

 

Pour en savoir plus :

Site ADI

Découvrez le guide ''La résilience des bâtiments tertiaires face au changement climatique''

 

ADI 

Depuis 1996, L’Association des Directeurs Immobiliers (ADI) a pour vocation la défense, la promotion et l’accompagnement du métier de Directeur immobilier. Avec plus de 400 membres, elle regroupe les directeurs et responsables immobiliers des plus grandes entreprises françaises et de la sphère publique. Elle consolide une force représentative de plus de 350 millions de m² et défend les intérêts immobiliers de près des ¾ des entreprises du CAC 40.



[1] Définition du Bureau de la réduction du risque de désastres de l’ONU




Modéré par : Izadora Alcanfôr

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