Un nouveau départ pour La Traversée

Rédigé par

Stéphanie Obadia

Directrice de la rédaction

451 Dernière modification le 23/02/2024 - 10:26
Un nouveau départ pour La Traversée

La Traversée est un bâtiment de bureaux de cinq étages de 16 670 m² construit en 2009 à Clichy par François Leclercq. En 2023, ce bâtiment doté de grandes hauteurs sous plafond et donnant sur le parc Marcel Bich fait l’objet d’une rénovation bas carbone par WO2 accompagné de nouveau par l’agence Leclercq Associés. La particularité : le réemploi poussé.

Ce bâtiment livré en 2009 n’a véritablement été fonctionnel que pendant dix ans. Vacant depuis 2018, il ne trouvait pas de repreneurs. Si les fondamentaux comme la structure, les hauteurs sous plafond, de grands plateaux avec peu de poteaux, sont excellents, il était déjà obsolète sur le plan des usages, de l’énergie ou de l’esthétique. La réhabilitation de l’ensemble menée par WO2 et par les architectes d’origine, l’agence Leclercq Associés, vise la rénovation BBCA Excellent. « Nous serons alors les premiers certifiés de France à ce niveau », assure Marc Lafont, président exécutif de WO2.

Créer du lien entre la nature, la lumière et l’extérieur
Les premières restructurations apparaissent dès l’entrée du bâtiment avec l’ouverture d’une traversée végétalisée vers le parc Marcel Bich d’un hectare situé à l’arrière. Pour ce faire, il a fallu condamner quelques places de parking situées au -1 pour y creuser des fosses à arbres et leur permettre de prendre place. « Un choix qui n’aurait pas encore été possible il y a quelques années. Preuve que les mentalités changent ! », indique-t-il. Aussi pour amener de la végétalisation, les façades donnant sur le parc seront refaites, améliorées dans leur performance thermique et végétalisées. Celles donnant sur la rue seront avancées de 40 cm et agrémentées d’un jardin d’hiver. Afin de créer un lien direct avec la nature, la lumière naturelle et l’extérieur, 40% de l’emprise a été transformée en espaces verts. La parcelle compte désormais 5 400 m² de terrasses, jardins et voies extérieures végétalisées dont un toit-terrasse végétalisé de 500 m².

Du réemploi jusqu’aux équipements techniques
Mais là où se distingue cette réhabilitation est le réemploi et la conservation des équipements. La structure a été conservée, la moitié des façades rouges ont été maintenues et simplement repeintes avec une peinture électrostatique, tout comme la totalité des menuiseries, les garde-corps. Il en est de même pour les sanitaires, moquettes, faux planchers, faux plafonds… Aussi, la plupart des équipements : les ventilos convecteurs ont été testés un par un et conservés. Les dallettes de béton des toitures ont été déposées et sont réemployées sur le site du futur siège de GRDF, autre projet de WO2.

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Au final, 670 tonnes de matériaux ont été réemployées, soit une économie de 470 tonnes de CO2, sans comptabiliser l’économie générée par la conservation de structure et des façades. « Le réemploi a permis d’abaisser radicalement l’empreinte carbone de la réhabilitation du bâtiment », souligne Marc Lafont. WO2 vise plus loin avec un objectif de 300 à 400 kg de CO2/m² d’ici 2025, notamment en jouant sur les lots techniques, les plus pénalisant aujourd’hui. « Les équipements techniques ont encore trop peu de fiches FDES ou de PEP, ce qui contribue à peser sur l’empreinte carbone. Raison pour laquelle désormais, nous favorisons ceux qui en disposent »

Frugalité énergétique
Autre partie de la rénovation : l’amélioration de la performance énergétique. Ce bâtiment sera aligné avec le décret tertiaire 2050 grâce à une consommation énergétique divisée par trois par rapport au bâtiment existant, deux fois inférieure à la moyenne du parc tertiaire de l’ouest parisien. 

Cette réhabilitation s’apparente à de l’acupuncture. Pousser loin les démarches de réemploi et de conservation demande un travail plus approfondi en amont et en études mais avec un bilan carbone moindre et des coûts de construction moins élevés. A suivre… 

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