[Livre blanc R-evolution] Réhabiliter, rénover, détruire... ne rien faire ?

[Livre blanc R-evolution] Réhabiliter, rénover, détruire... ne rien faire ?

La construction neuve, bien que stimulante du point de vue architectural et des opportunités d’innovations, est un défi mineur face aux enjeux de réhabilitation.

Comment penser réhabilitation ou rénovation énergétique tout en s’adressant aux filières du bâtiment ?

Dans le tertiaire ou l’habitat collectif, lorsque la fonction du bâtiment doit évoluer, ou lorsque ses performances (bâtiment ou occupants) ne satisfont plus les réglementations thermiques, quelle action entreprendre ?

« Le meilleur choix parfois, sur de la réhabilitation, c’est de ne pas réhabiliter. D’un point de vue thermique, d’un point de vue économique et d’un point de vue écologique »

Arnaud BOUSQUET

Arnaud BOUSQUET nous indique qu’une étude réalisée par le CERIB (Centre d’Etudes et de Recherches de l’Industrie du Béton) sur un quartier navigateur à cheval entre Choisy et Orly, dans le cadre d’une thèse sur l’économie circulaire, a permis de calculer tout le coût énergétique et écologique de ces bâtiments construits dans les années 1960-1970. Avec 3 scénarios : démolir- reconstruire, laisser en l’état ou réhabiliter ; il apparait parfois préférable de laisser le bâtiment tel quel. Que sommes-nous prêts à accepter ? Sociologiquement, peut-on laisser ces bâtiments en l’état par rapport à leurs occupants ? Politiquement, « ne rien faire » est-il une solution face aux associations environnementales ?

De gauche à droite : Ewen TANNEAU, Sébastien DUPRAT, Arnaud BOUSQUET, Christophe MÉNÉZO

Afin d’assurer la mise en œuvre et le financement du programme national de rénovation urbaine, avec pour volonté première la restructuration de quartiers classés en zone urbaine sensible, l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) a encouragé le renouvellement des quartiers par la démolition dans un premier temps puis par la réhabilitation des bâtiments, dans un second temps. Ces décisions ne sont pas forcément justifiées si on prend en compte les coûts globaux du bâtiment, qui intègrent certes les coûts de construction, mais également les coûts de fonctionnement, de réparations successives, puis de déconstruction. Dans ce contexte, des solutions dites « low-tech » (terres crues, laines expansées, bois...), à priori plus chères à l’achat et à la construction, et plus compliquées à mettre en œuvre, deviennent compétitives. Lorsqu’on les replace dans un contexte de coût global, avec une durée de vie du bâtiment élargie, ces solutions gagnent en intérêt.

La location de façades est une alternative à la déconstruction : MATERIAUPOLE et plusieurs de ses adhérents travaillent sur ce sujet et ses possibilités, en partant du constat que les bâtiments finiront déconstruits, ou bien qu’à terme, il sera nécessaire de les remettre à niveau, en rapport avec l’émergence de nouvelles réglementations thermiques.

« La réflexion porte ici sur un moyen de faire de la location de façade, puis de démonter, réparer, et réintégrer ces mêmes façades sur d’autres bâtiments. Cette économie circulaire permet en outre de garantir aux acheteurs une meilleure qualité de service »

De la même façon, les opérations de relogement lors de la reconstruction peuvent être aidées par des constructions modulaires et évolutives.

Maison d’exposition, Parc de La Villette

C’est par exemple ce que propose AGILCARE : des modules en bois, construits sur site, démontables et remontables ailleurs, en collaboration avec des bailleurs sociaux et des collectivités. Ces solutions permettent ainsi une transition des habitants sans changement temporaire de lieux de vie.

 

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Rédigé par
Magali HOULLIER

Responsable communication