[Dossier Quartiers Bas Carbone] #7 - Rénovation énergétique et environnementale des quartiers homogènes : du rêve à la réalité

Vouloir rénover des quartiers entiers avec une multitude de décideurs et de propriétaires semble aujourd’hui relever du rêve. Mais comment passer du rêve à la réalité ? Voici quelques éléments de réponse.

En France, le bâtiment est à l’origine de 23% des émissions de gaz à effet de serre, et de 44% de la consommation d’énergie finale.

Bien que le parc existant de bâtiments à rénover et le potentiel d’économie associé restent très importants et que des incitations économiques existent, le rythme de la rénovation énergétique des bâtiments est trop faible. Par conséquent, la massification de la rénovation, tant attendue par les pouvoirs publics, et préconisée par les acteurs de la filière, doit aussi passer chaque fois que c’est possible, par des actions groupées. Le choix de travailler à l’échelle des quartiers (plutôt que de bâtiments isolés), dès lors qu’on peut déterminer une homogénéité d’actions et de solutions permettrait alors d’embarquer une véritable stratégie de rénovation énergétique et d’en pousser encore davantage la réflexion.

Les objectifs de réduction des émissions carbone font d’autant plus sens et semblent d’autant plus atteignables grâce au périmètre « quartier » : mutualisation des espaces et des énergies produites (production locale d’énergie renouvelable) consommées et récupérées, meilleure efficacité énergétique et donc diminution des productions de CO2 en phase d’exploitation, effet d’échelle sur le chantier (déchets, transports).

 

Pourquoi s’intéresser aux « quartiers homogènes » ?

Le périmètre d’un quartier homogène se présente, non pas selon une définition unique, mais plutôt sous un ensemble de critères architecturaux, techniques, contextuels, taux d’occupation ou autre. Il peut alors s’agir d’habitats collectifs ou individuels, et ces quartiers homogènes peuvent être pavillonnaires, des petits immeubles de centre-ville, d’anciennes cités ouvrières etc.

C’est cette homogénéité qui définit le potentiel de la massification de leur rénovation, car ils permettent de considérer une échelle plus grande, ouvrant la voie aux nécessaires investissements pour des solutions techniques, organisationnelles ou financières adaptées.

De plus, leur rénovation doit aussi être perçue comme un déclencheur pour atteindre les objectifs nationaux de réduction des gaz à effet de serre et de la consommation énergétique. Les objectifs souscrits par la France au niveau international prévoient une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40% d’ici 2030 et de 75% d’ici 2050 (« facteur quatre ») par rapport au niveau de 1990.

Le bâtiment, à l’échelle de l’ilot et du quartier doit donc jouer un rôle clé dans l’atteinte de ces objectifs car ce secteur de l’économie représente l’un des plus gros potentiels de gains énergétiques, environnementaux mais aussi l’un des plus gros gisements de productivité de tous les secteurs d’activités. Les bâtiments d’un quartier, qu’ils soient individuels et/ou collectifs dès lors qu’une certaine homogénéité a pu être caractérisée seront un des vecteurs clé de la réussite de la transition énergétique et de la massification de la rénovation.

 

Quels enjeux et opportunités pour la massification de la rénovation des quartiers homogènes ?

Un certain nombre d’initiatives et tendances comme des solutions industrialisées et sur mesure (gain de temps avec des installations en kit notamment), le potentiel du numérique ou de nouvelles méthodes de travail donnant plus de place au collaboratif et facilitant la prise de décision et la gestion du chantier ouvrent déjà la voie de la rénovation à l’échelle du quartier.

Mais massifier la rénovation pour contribuer à l’atteinte des objectifs énergétiques et environnementaux doit également se faire sans perdre de vue le rôle et la place des usagers et contribuer à l’amélioration de la qualité et des performances.

En effet, pour pouvoir mener une rénovation d’un quartier homogène, il faut convaincre un grand nombre d’acteurs et, en particulier, les occupants/propriétaires et mieux prendre en compte les blocages ou vecteurs possibles encourageant l’adhésion à l’acte de rénover.

La satisfaction des attentes des propriétaires est d’autant plus un enjeu qu’elle permettrait de créer un cercle vertueux de retours sur expérience positifs concernant ces opérations. La capacité « d’industrialiser la personnalisation » est donc aussi un élément clé dans la réussite de la massification.

 

Vers un projet expérimental de rénovation de quartier homogène

La rénovation énergétique à l’échelle d’un quartier n’étant que très peu abordée, tout reste à déterminer.

Pour ce faire, l’Institut pour la Transition Energétique et Environnementale du Bâtiment Durable a fait de la massification et de l’industrialisation de la rénovation de quartiers homogènes une thématique clé de ses travaux.

La fondation CERCLE PROMODUL / INEF4 et le centre de recherches NOBATEK/INEF4 ont déjà publié en septembre 2018 un rapport sur le sujet : Les Essentiels Vol.1 « Rénovation des quartiers homogènes : comment massifier et industrialiser ? » (lien). Fruit d’un travail de réflexions débuté lors d’un séminaire prospectif et participatif engageant 25 acteurs de l’écosystème (industriels, maîtrise d’œuvre, acteurs du numérique, centre technologique, université) cet ouvrage présente une vision partagée sur les approches à mettre en place, les freins et les leviers à analyser pour ce projet innovant.

Ce séminaire a permis la mise en place de groupes de travail au sein de la fondation CERCLE PROMODUL / INEF4 qui, au cours de l’année 2019, ont analysé tous les processus à mettre en action pour massifier et industrialiser la rénovation des quartiers homogènes. Cette réflexion conjointe, et ouverte à tous les acteurs concernés, a pour ambition de caractériser les freins et d’identifier les leviers ainsi que le rôle de chaque acteur dans l’objectif final de conduire au montage d’un projet expérimental à l’échelle 1 dans un quartier réel. Les collectivités territoriales sont également associées et mobilisées pour apporter leur expérience, leur savoir et aussi évoquer les freins propres à leurs règles de fonctionnement, car la finalité de cette expérimentation est de dupliquer et massifier toute la démarche par la suite.

L’innovation joue un rôle primordial dans ces réflexions pour garantir fiabilité, qualité et durabilité. Et notre volonté est de travailler en synergie avec l’ensemble des acteurs de la chaine de valeur du secteur de la construction.

Ces quartiers homogènes, sortes de laissés pour compte de la rénovation énergétique car jugés trop difficiles à traiter à cause de la multiplicité des acteurs, de l’éclatement de la structure de décision, d’opportunités de financements difficilement lisibles et d’absences de solutions techniques évidentes pour cette typologie, ne doivent pas rester en retrait car ils constituent une base significative de la massification tant attendue et souhaitée.

La nécessité écologique et politique de les rénover est évidente, le gisement énergétique clair, les impacts environnementaux en particulier au niveau du carbone importants et les opportunités de réalisations réelles.

Il devient donc indispensable d’enclencher la nécessaire massification de la rénovation et ainsi participer à l’atteinte des objectifs ambitieux des pouvoirs public. Pour ce faire, et tel que l’écrivait Alain Maugard dans la Préface des Essentiels : « pour trouver des solutions astucieuses, il faut réunir tous les acteurs et tous les « cerveaux », les obliger à parler ensemble, à imaginer ensemble, à construire ensemble… ».

 

Un article signé Emeline Dalgé, Responsable Développement, Communication et Relations du Fonds de Dotation Cercle Promodul/INEF4 et Magali Houllier, Responsable Communication, NOBATEK/INEF4

 

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Consulter l'article précédent :  #6 - Projet Quartier E+C- ou l’application de l’analyse de cycle de vie à l’échelle quartier


           

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