De l'urbanisme circulaire à la sobriété foncière : les "communs numériques" pour la résilience des villes

3137 Dernière modification le 22/09/2022 - 14:44
De l'urbanisme circulaire à la sobriété foncière : les

Face à l’urgence climatique et à la nécessaire transition écologique de nos territoires, l’ADEME a lancé en mars 2021 un appel inédit, l’Appel à Communs Résilience des Territoires, dans le but de rassembler tous les acteurs volontaires, publics et privés, pour produire des ressources ouvertes – les communs – et ainsi évoluer dans une logique d'atténuation et d’adaptation au changement climatique.

L’Appel à Communs est un dispositif d’accompagnement d’un nouveau genre. Il met l’accent sur les communautés et l’open source pour favoriser les effets de réseau, qui, dans les secteurs touchés par la transformation numérique, sont déterminants dans la réussite des projets. 

Le Commun Pas de Vacances pour la Vacance, accompagné dans ce cadre contribue à la résilience des villes. Il propose une analyse en un clic de la vacance des logements d’une collectivité à plusieurs échelles (commune, EPCI, Département, Région) à partir du croisement et d’une restitution efficace de données publiques et accessibles à tous (Insee, LOVAC, Sitadel, CEREMA). PDVPLV s’appuie sur un traitement simple et transparent de ces données, assorti d’indicateurs environnementaux et sociaux. 

Ainsi, les territoires peuvent explorer les liens entre urbanisation et patrimoine existant, tout en identifiant les premiers leviers de leur stratégie de rénovation. 


L’Appel à communs Résilience des Territoires : un dispositif de soutien aux projets de neutralité carbone et résilience des villes 


Près de 80 propositions ont été déposées, répondant toutes à l’un des 9 défis identifiés : des enjeux de gouvernance, à l’alimentation durable, aux monnaies de la résilience, jusqu’à l’urbanisme circulaire

Parmi les défis thématiques les plus soulevés, se place le défi de l’urbanisme circulaire qui a été adressé par plus 15% des communs candidats. Suite aux deux premières vagues de sélection, quatre communs positionnés sur ce défi ont été retenus. On peut citer “La Rue Commune”  ou “La Fresque de la Ville”.

Prônant l’aménagement durable des territoires, ces solutions open source et en partie numériques se complètent autant par leur échelle d’application que par la diversité des enjeux soulevés : La Rue Commune fait un zoom sur les défis de la rue du futur, La Fresque de la Ville se positionne à la croisée des chemins pour faire le lien, par exemple, entre le développement des axes routiers et la vacance des logements à l’échelle du territoire et Pas de Vacances pour la Vacance prend de la hauteur pour pointer spécifiquement la vacance des logements.

La sobriété foncière impose un changement profond de la fabrique de la ville. Les acteurs du territoire doivent s’engager à réduire drastiquement l’artificialisation des sols. L’existant et le « déjà-là » sont au centre de toutes les attentions, dans ce que l’on appelle l’urbanisme circulaire. Les solutions numériques, parmi les outils disponibles, démontrent depuis longtemps leur pertinence. Ce constat est renforcé par l’ouverture généralisée des données publiques. Ainsi, des plateformes permettent d’accéder à des connaissances approfondies sur les enjeux de la ville durable, comme Benefriches (ADEME) Cartofriches (CEREMA), Crater (LGA), GO-Rénove (CSTB), etc.

Au regard de la multiplication récente des situations de crise, il semble que les projets d’aménagement urbain n’ont d’autres choix que de s’inscrire dans une démarche globale de sobriété, c’est à dire une réflexion collective sur nos besoins qui requestionne nos modes de vie, ainsi que les fonctions, afin d’adopter des nouvelles pratiques de modération et de mesure. Ces pratiques visent ainsi à une baisse de la demande et des consommations et prélèvements de ressources naturelles, matières premières et à une limitation la dégradation des fonctions des sols.

En termes d’aménagement urbain cela conduit à hiérarchiser les solutions à mettre en œuvre : on visera en priorité à éviter l’urbanisation ou la construction des nouveaux équipements. Viennent ensuite les approches visant à maximiser l’utilité des zones aménagées préexistantes : intensification des usages, création d’espaces commun, mutualisation, habitat partagé, mixité fonctionnelle, chronotopie, surélévation, aménagement des dents creuses…sont autant de pistes de travail dans ce domaine. La suite logique de cette démarche consiste à réparer, réemployer l’existant, on parlera ici de réhabilitation, de requalification ou rénovation, de mobilisation de friches, de réutilisation et de réemploi. Enfin, lorsque le nouveau projet d’aménagement apparait incontournable, on veillera au meilleur dimensionnement possible : réduction des places de parking par droits d'usage, limitation des déplacements de terres excavées...

Pour toutes ces démarches de sobriété, les outils numériques peuvent être mobilisés s’ils répondent parfaitement au besoin. L’Ademe accompagne ainsi des expérimentations et des innovations numériques afin de créer avec des porteurs de projet des outils opérationnels.

PDVPLV : un commun numérique pour la sobriété foncière

Le Commun “Pas de Vacances pour la Vacance” (PDVPLV) est développé depuis fin 2021 par l’agence Territoire Circulaire grâce au soutien de l’ADEME. 

Né du constat que la valorisation du bâti existant manquait de visibilité, cet outil est destiné au large public que constituent les professionnels de la fabrique de la ville. Aucun territoire n’étant épargné par le phénomène, l’ancrage se veut ainsi le plus large possible ; PDVPLV couvre la France entière. En parallèle, l’équipe est à la recherche de partenaires locaux (collectivités, acteurs de la données) pour tester l’outil et développer de nouvelles fonctionnalités.

L’infrastructure technique de PDVPLV est mise en place et maintenue par Koumoul. Acteur français de l’open data, l’intégralité du code source de l’application est accessible sur GitHub.

Les données traitées, hébergées en France, sont mises à disposition et renseignées sur le site du commun. Cet espace sert également à renseigner sur les éléments de méthodologies de réutilisation de ces données, ainsi qu’un renvoi systématique vers les fichiers d’origine.



La photographie offerte par PDVPLV donne à voir la dynamique urbaine d’un territoire sur une année de référence. Ainsi, les territoires peuvent explorer les liens entre urbanisation et patrimoine existant, tout en identifiant les premiers leviers de leur stratégie de rénovation. Prenant ses sources dans la logique des communs, reposant uniquement sur des données libres et une infrastructure ouverte, PDVPLV fait le pari que la mise à disposition de ces données encouragera la sobriété foncière en considérant les logements vacants comme un gisement à activer.

PDVPLV évolue grâce à sa communauté ! Intéressé.e.s ? Contactez dès à présent l’équipe de PDVPLV

Cette version intermédiaire de PDVPLV connait une fréquentation croissante depuis son déploiement fin mars 2022. Les utilisateurs.rices sont invité.e.s à faire part de leurs remarques et avis. Ces contributions sont ensuite intégrées soit au fil de l’eau, soit consignées pour la version définitive prévue pour la rentrée 2022. Parmi les nouveautés attendues, le partage des recherches sera facilité, la représentation cartographique sera entièrement repensée et de nouveaux indicateurs verront le jour. L’appel à contributions sera également renouvelé pour dessiner les contours de l’outil pour les années à venir !

Il s’agit d’une belle opportunité pour rendre accessible l’un des leviers pour accélérer la sobriété de nos territoires.

Illustrations sur les communes de Caen, Calvados :

Article signé par Héloïse Calvier, David Canal, Elodie Briche, Gabriel Plassat d'Ademe Valbonne et par Thomas Charrier de l'agence Territoire Circulaire.


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