#27 - Innover par l’intrapreneuriat : le cas de VINCI et de sa plateforme Leonard

Publié par Matthieu Lerondeau

Plateforme de prospective du groupe VINCI, Leonard pratique une innovation en actes, enracinée dans les réalités des métiers. Le programme d’intrapreneuriat de VINCI en est l’un des piliers. Il débute bientôt une quatrième saison. Explications avec Julien Villalongue son directeur.

1. Comment Leonard s’inscrit-il dans la dimension innovation du groupe VINCI ?

Leonard est né de la volonté d’adresser dès aujourd’hui des problématiques d’avenir comme la résilience climatique ou l’atténuation des impacts propres à notre activité. Leonard a un double objectif :

  • Le développement de l’innovation à travers l’intrapreneuriat et l’accompagnement des projets innovants à l’initiative de collaborateurs ou d’entités du Groupe, et celui de compétences externes avec nos programmes tournés vers les start-ups
  • L’exploration du futur de la ville et des infrastructures à travers notre activité de veille sur des thèmes importants que l’on souhaite explorer : nouvelles mobilités, IA, modèles d’affaires, etc. Cela passe aussi par une forte activité évènementielle comme le festival Building Beyond. Le but est d’inspirer les collaborateurs de VINCI et d’interpeller le secteur sur les enjeux de transformation en mêlant des architectes, des scientifiques, des entrepreneurs, des constructeurs, et même des artistes.

Les entreprises de VINCI ont bien entendu commencé à imaginer des réponses à l’enjeu climatique. Leonard appuie leurs réflexions. La complexité de l’enjeu nous a fait choisir d’adopter une démarche ouverte associant notamment les intrapreneurs et les start-ups à cet effort d’innovation.

2. Avez-vous déjà des résultats concrets depuis le lancement du programme d’intrapreneuriat ?

Nous avons déjà recruté et accompagné trois promotions d’intrapreneurs, soit 32 projets. La démarche transforme nos écosystèmes internes en ayant des impacts directs sur notre manière de travailler et de répondre à des problématiques innovantes. Cette démarche contribue également à la transition environnementale des activités du groupe, qui est au centre de plus de la moitié de ces projets. On peut citer SunMind, qui se penche sur le financement et le développement de fermes solaires, Resallience (resallience.com), un bureau d’étude tourné vers le bâtiment tertiaire résilient, Restore qui s’intéresse à la captation de CO2 ou Waste Marketplace qui a pour objet de digitaliser la chaîne de valorisation des déchets.

3. En quoi l’intrapreneuriat bénéficie à un groupe comme VINCI ?

À la suite de leur parcours, les collaborateurs réintègrent les équipes, avec de nouvelles idées qui émergent et des dynamiques de travail qui se créent. C’est un véritable catalyseur pour l’innovation.

Le bénéfice est double :

  • Premièrement, la vocation de cette initiative n’est pas que Leonard produise de la valeur seul. Nous venons en appui des besoins clients. Les deux fois quatre mois durant lesquels les collaborateurs sont accompagnés et coachés sont tournés vers des projets certes innovants, mais concrets pour le groupe et ses clients.
  • Ensuite, le bénéfice est important au sein des entreprises de VINCI. Avec l’intrapreneuriat, nous avons mis en mouvement l’entreprise et les collaborateurs. Cela a généré des déclics de transformation et d’émulation au niveau des équipes. Cet élan se diffuse ensuite dans les services et des synergies voient le jour. C’est aussi la force de cette démarche ouverte d’innovation que de faire se rencontrer les talents.

4. Comment s’organise concrètement ce programme ?

Pour cette 4e promotion, nous allons suivre les grands principes éprouvés depuis le lancement du programme. C’est-à-dire lier innovation et rentabilité, mais en étant encore plus exigeant sur la performance globale, laquelle prend notamment en compte l’impact environnemental de nos activités. Dès cette saison, ce critère d’évaluation des projets primera sur les promesses économiques.

Souvent, les démarches d’innovation mesurent d’abord la promesse économique, puis ensuite seulement les impacts social et environnemental. L’idée est de faire les trois ensemble. Cela semble simple, mais ne va pas de soi. On doit en effet s’outiller pour répondre à cet enjeu, que ce soit sur la conduite des projets, la mise en place et l’analyse des business modèles ou le reporting. On travaille donc avec nos partenaires pour développer une trame d’analyse de la valeur globale. La performance écologique est dans l’ADN de VINCI. Nous avons un manifeste qui la structure et Leonard participe à sa mise en application concrète en favorisant l’innovation.

 

Julien Villalongue, directeur de Leonard

 

 

 

Propos recueillis par Clément Gaillard, Construction21

 

Modéré par : Alice Dupuy

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