La réconciliation : 100% de la façade réemployée in situ
Renovation
- Type de bâtiment : Autre bâtiment commercial
- Année de construction : 1967
- Année de livraison : 2023
- Adresse : 343 rue de Roncq 59200 TOURCOING, France
- Zone climatique : [Cfb] Océanique hiver tempéré, été chaud, pas de saison sèche
- Surface nette : 11 707 m2
- Coût de construction ou de rénovation : 10 300 000 €
- Coût/m² : 879.82 €/m2
-
Consommation d’énergie primaire
kWhep/m2.an
(Méthode de calcul : )
Le site et son histoire : premier hypermarché Auchan à Roncq
1967 : année d’ouverture du premier hypermarché Auchan sur le site pionnier de Roncq.
- 190% de surface au sol consacrée exclusivement à la voiture par rapport à l’assiette de surface bâtie ;
- 99,8% de surface construite dédiée au commerce (et plus récemment aux loisirs) ;
- 77% de sol artificialisé.
2000 : rénovation lourde de 15 M€ dont les façades en bardeaux de terre cuite (sur la plus grande façade, l'équivalent de 350 ml sur 7 m de haut, soit 2450 m²)
Les objectifs du Maître d’ouvrage
En 2018, Immochan (devenu Ceetrus, puis Nhood) envisage de restructurer le site historique du premier hypermarché Auchan. Il s'agit notamment de :
- Minimiser l’impact carbone (énergie, matière, stockage)
- Minimiser la mono-fonctionnalité
- Minimiser l’impact économique
Nos intentions
Au regard des objectifs du Maître d’ouvrage et pour réconcilier le site avec les villes environnantes et leurs habitants, le désenclaver, le rendre "acceptable" et en faire un pôle attractif et dynamique, le projet est repensé sur la base d’une trame structurante visant à tisser le territoire. Elle se développe sous la forme d'une résille tridimensionnelle intérieure rythmant chaque commerce. Elle se propage à l’extérieur par le biais d’un déploiement de cubes en bois empilés signifiant les entrées et faisant office de protection solaire. Cela permet de s’ouvrir à la ville et d’offrir une animation sur l’extérieur créant un lien fort avec l'intérieur, entre ville et centre commercial.
Pour cela, nous avons identifié les ambitions suivantes :
- Réemployer in-situ un maximum de matériaux ;
- Adapter le site à destination de divers usages (logements, loisirs, santé et bien être, sport, cinéma, etc.) ;
- Renaturer l'espace ;
- Promouvoir de nouvelles mobilités plus douces et plus vertes.
100% de la façade réemployée in-situ, 100% des matériaux nécessaires conservés et création des extensions à partir de matériaux biosourcés
La première étape consiste à restructurer le premier hypermarché Auchan et l'ancien Leroy Merlin ainsi que les intérieurs de la galerie commerciale pour un coût maîtrisé.
Pour la galerie commerciale et l'ancien site Leroy Merlin et pour respecter l'objectif en terme de coût, le parti est de :
- Réemployer 100% des bardeaux de terre cuite existant sur les façades pour utiliser 100% d'énergie humaine :
- Sur la totalité des façades en les composant avec de nouveaux bardeaux de terre cuite de couleurs différentes afin de réaliser un dégradé mettant en valeur la dimension du bâtiment et les SAS d'entrée ;
- Sur la totalité du mobilier urbain.
- Conserver un maximum d'éléments existants tout en respectant les normes environnementales (RT éléments par éléments)
- Conserver l’ossature principale du faux plafond ;
- Conserver l’ossature de maintien des cassettes de soffites ;
- Conserver les portes, qui sont restratifiées sur place ;
- Conserver l'intégralité de la structure bois, conçue initialement pour être la plus économique possible.
- Biosourcer les extensions : repenser le clos couvert pour être le plus léger possible, en bois, pour ne pas fragiliser la structure existante et faire office de protection solaire.
Concernant la façade en terre cuite réutilisée, nous avons dû recréer une façade en maçonnerie afin de respecter l'avis technique et d'assurer une parfaite étanchéité de la façade sans contraindre les éléments existants.
Crédits photo
Loci anima
Maître d'ouvrage
Maître d'œuvre
Intervenants
Autres
Kataba
Luc Monvoisin, l.monvoisin[a]kataba.fr
https://kataba.fr/Designer et fabricant de mobiliers avec matériaux récupérés sur le site
Bureau d'études autre
DEC2
Damien Delsarte, damien.delsarte[a]dec2.fr
https://www.dec2.fr/Etude sur la gestion des déchets d’un chantier de réhabilitation
Entreprise
Rotor déconstruction
https://rotordc.com/Entreprise qui récupère la terre cuite non utilisée
Entreprise
MAKE ICI
https://makeici.org/presentation/Aide à la conception et à la fabrication des pop-ups stores
Entreprise
CABRE
m.sauvage@[a]cabre.fr
http://www.cabre.fr/Entreprise de façade
Type de marché public
Non concerné
Autre type de marché
marché privé
Allotissement des marchés travaux
Corps d'Etat Séparés
Systèmes
- Chaudière gaz individuelle
- Pompe à chaleur
- Chauffe-eau électrique individuel
- Pompe à chaleur réversible
- Autres
- Simple flux
- Aucun système de production d'énergies renouvelables
Bâtiment intelligent
Résilience
- Îlot de chaleur urbaine
- La toiture a été isolée et étanchée en blanc pour l'effet albédo ;
- Les SAS vitrés sont protégés d'une structure légère en bois avec du STO blanc comme protection solaire ;
- Création de 15% d'espaces verts complémentaires pour une surface totale de 2.326m².
Environnement urbain
- 34 001,00 m2
- 20 572,00 %
- 2 123,00
Solution
Bardeaux de terre cuite existants et neufs

Bardeaux existant : TERREAL / bardeaux neufs : WIENERBERGER / dépose et pose des bardeaux : CABRE
https://www.wienerberger.fr/Gros œuvre / Structure, maçonnerie, façade
Le choix de conserver les bardeaux existant a guidé le projet de façade. Le type de bardeaux existants étant discontinué, des bardeaux neufs différents ont du être choisi pour compléter la façade. Les bardeaux de terre cuite existant ont été démontés, nettoyés, triés et remontés sur des structures métalliques complétant l'existante. Les bardeaux existant en contact directs avec les bardeaux neufs, dont les dimensions sont un peu plus fluctuantes, ont été sélectionnés spécialement. En effet, les bardeaux neufs sont 1cm plus petit que les existants afin de réduire les décalages de calepinage. La structure secondaire est spécifique à chaque type de terre cuite.
La MOA et MOE ont travaillé ensemble pour l'acceptation et la réalisation de ce projet. L'entreprise CABRE a joué le jeu d'une dépose soignée et du tri des pièces, malgré le fait qu'il s'agissait d'une première pour eux.
Coûts de construction & exploitation
- 10 300 000 €
Réemploi (même usage) / Réutilisation (changement d'usage)
- Façades
- Serrurerie-Metallerie
- Faux-Plafonds
- Aménagements extérieurs
- 100% des bardeaux de terre cuite dont 75% en façade in-situ, 15% en mobilier extérieur in-situ, 10% chez RETOR ;
- 95 % des poutres galvanisés pour fixation de la façade : 1200ml ;
- 75% des pâtes de fixation de la terre cuite : environ 6120 ml ;
- 95 % des ossatures de maintien des habillages de soffites : 2400ml ;
- 100% des ossatures porteuses des faux plafonds : 1120ml.
Logistique
- Sur site, sur une aire dédiée non couverte
- Sur site, sur une aire dédiée non couverte
Assurance
Bilan environnemental
- Il n'y pas le calcul pour les aménagements extérieurs et pour la valeur énergie humaine.
- L'ACV est en cours.
Catégories |
CO2 évité (kg) | Consommation Eau évité (m3) | Déchets évités (kg) |
Aménagements extérieurs (bancs issus du réemploi de matériaux de façade) |
630 |
Non calculé | Non calculé |
Aménagements extérieurs / Serrurerie - Métallerie | 0 | 0 | 0 |
Charpente | 48695,78522 | 256.1856628 | 1086.564385 |
Cloisons | 0 | 0 | 0 |
Couverture | 0 | 0 | 0 |
Couverture / Aménagements extérieurs | a calculer | A calculer | a calculer |
Éclairages | 0 | 0 | 0 |
Éclairages sécurité | 0 | 0 | 0 |
Équipements de génie climatique | 0 | 0 | 0 |
Équipements électriques | 0 | 0 | 0 |
Façades | 75868.584 | 180.24792 | 19658.05572 |
Faux plafonds | 0 | 0 | 0 |
Faux planchers | 0 | 0 | 0 |
Gros-œuvre | 0 | 0 | 0 |
Installations sanitaires | 0 | 0 | 0 |
Isolation | 0 | 0 | 0 |
Menuiserie ext | 0 | 0 | 0 |
Menuiseries intérieures | 0 | 0 | 0 |
Mobilier | 0 | 0 | 0 |
Peinture | 0 | 0 | 0 |
Plomberie | 0 | 0 | 0 |
Revêtements de sols | 0 | 0 | 0 |
Revêtements de sols ou muraux | 0 | 0 | 0 |
Revêtements muraux | 0 | 0 | 0 |
Sécurité du bâtiment | 0 | 0 | 0 |
Serrurerie - métallerie | 0 | 0 | 0 |
VRD | 0 | 0 | 0 |
CO2 évité (kg) | Consommation Eau évité (m3) | Déchets évités (kg) | |
TOTAL | 124564.36922 | 436.4335828 | 20744.62011 |
|
L'opération de réemploi a économisé l'équivalent de 692515 kilomètres parcourus par une petite voiture, soit 787 trajets Paris-Nice, 2910 baignoires rectangulaires remplies d'eau et 41 années de déchets ménagers d'un français.
Impact financier
- 93 000 €
- Autres
Communication
- Communication sur les réseaux sociaux ;
- Conférences avec Wienerberger et terreal sur FPU ;
- Inauguration Nhood fin mai 2023 : relations institutionnelles et relations presse.
Economie sociale et solidaire
- Gros oeuvre : 1295 heures
- Etanchiétié et bardage : 175 heures
- Menuiseries et métalleries : 210 heures
- Aménagement intérieur : 140 heures
- Carrelage : 70 heures
- Electricité : 175 heures
- CVC : 350 heures
- Réalisation des pop-ups stores : Make ici
Raisons de la candidature au(x) concours
Dans le cadre de cette restructuration du centre commercial de périphérie historique d’Auchan, l’ambition est de favoriser le réemploi in-situ comme vecteur de valorisation de l’énergie humaine et de restaurer l'équité (Énergie et équité (Ivan Illich, 1973).
Réemploi, une innovation ou une pratique ancestrale renouvelée ? Le réemploi et l’Histoire
Au temps des Romains, Grecs et Egyptiens, les ouvriers qui construisaient les bâtiments récupéraient les métaux, principalement l’acier, des anciennes constructions pour les réutiliser dans les nouvelles.
Au Moyen-âge, avec la construction abondante des églises, cathédrales et châteaux, les constructeurs récupéraient un maximum de matériaux sur les anciens bâtiments pour construire de nouveaux édifices toujours plus imposants. Ainsi, les ornements (colonnes, corniches) du Duomo de Pise construit au 11ème siècle proviennent d’un ancien édifice. A partir de cette période, et jusqu’à la fin du 18ème siècle, lorsque les bâtiments étaient transformés ou déconstruits, des affiches étaient distribuées aux alentours du chantier pour informer d’une vente publique des éléments du chantier. Ces matériaux étaient alors réutilisés sur un périmètre proche.
Les principes d’attachement à la pratique locale, d'utilisation de matériaux naturels et du réemploi des matériaux issus de la déconstruction d'anciennes structures étaient encore très présents à la fin du 19ème siècle.
Le 20ème siècle a marqué le passage à une nouvelle ère, l’ère industrielle. Les matériaux bon marché deviennent abondants, les transports se développent. Les matériaux deviennent moins locaux et le réemploi moins spontané. Dans l’industrie, les métaux sont encore réutilisés de manière à réduire les coûts de fabrication.
Les années 1970 marquent la mise en place des premières législations concernant le réemploi, notamment avec la création de cabinets ministériels dédiés à l’environnement dans les pays développés. Des restrictions sont installées comme l’interdiction de mise en déchet pour certains matériaux.
En Europe, une loi est votée en 1975 et définit la notion de déchet. Il s’agit de « tout objet dont le détendeur cherche à s’en débarrasser ». On retrouve donc derrière ce terme une intention de mise à la benne.
Toujours en Europe, en 2015, l’économie circulaire entraîne une sorte de brouillage entre les termes de déchet et de ressource. Cela permet à la filière du réemploi de refaire surface, après une longue pause, et d'inciter les acteurs du bâtiment à adopter une trajectoire plus écologique.
Aujourd'hui, les projets en réemploi sont surtout des expérimentations, des œuvres d’art mises en valeur par des architectes, des vitrines comme le musée d’histoire de Ningbo en Chine. Ses façades sont réalisées à partir de tuiles, bambous, mortiers, portes et fenêtres récupérés sur le site du chantier.
Définition et enjeux du réemploi
Selon la définition donnée à l’article 3 de la Directive européenne n° 2008/98/CE du 19/11/08 relative aux déchets, transposée en droit français par l’article L. 541-1-1 du Code de l’environnement ; le réemploi des matériaux de construction concerne un ensemble de pratiques consistant à « utiliser de nouveau [des matériaux ou éléments de construction issus de déconstruction] pour un usage identique à celui pour lequel ils avaient été conçus ».
Le réemploi permet de diminuer l’empreinte écologique du secteur, d’économiser les ressources naturelles, de limiter les émissions de gaz à effet de serre ou de polluants générés par l’élimination d’un produit en fin de vie, de créer et d’entretenir des emplois et filières locales, de favoriser une économie circulaire valorisant et optimisant le recyclage avec des boucles plus ou moins locales ou distantes, de limiter le gaspillage. plus globalement ,de favoriser une économie décarbonée.
Comment améliorer durablement la filière du réemploi ? Vers le 0 stockage et le 0 transport ?
Concrètement : pour un besoin en matériau, le futur acquéreur se renseigne sur des bâtiments en voie de démolition pour réserver les matériaux recherchés. Ces derniers, après démontage, seraient réemployés immédiatement dans une autre construction. Les deux sites se trouvant idéalement à proximité.
Du diagnostic ressources au remontage des matériaux, différentes étapes se succèdent et certaines présentent des limites dans l’application concrète de l’idéal du réemploi.
En effet, le premier écueil réside dans la nécessité de stockage. La société Cycle Up, via sa plateforme de mise en relation de l’offre et la demande, permet dans l’idéal de réemployer en flux tendu : le matériau n’est pas encore démonté mais est déjà projeté dans une nouvelle construction. Ainsi immédiatement démonté, il est remployé.
Dans les faits ce n’est pas toujours le cas : certains matériaux démontés ne trouvent pas preneur immédiatement et doivent ainsi être stockés. La conséquence est la nécessité de concevoir des espaces de stockage, dont il découle une consommation d’énergie.
Une autre limite réside dans les indispensables flux, eux-mêmes consommateurs d’énergie. Un matériau peut trouver une offre en réemploi à une distance importante. Son transport est donc énergivore.
Ces deux limites au modèle proposé par le réemploi sont notables et conduisent à s’interroger sur les piliers proposés par l’idéal véhiculé par la notion de réemploi.
Le réemploi comme révélateur d’un nouveau modèle social ? Faire mieux avec ce qui préexiste, ce qui est là ? Du statut de déchet à celui de ressource ?
Nous étions confrontés à des façades en terre cuite aux dimensions particulièrement importantes (pour la plus grande 350 ml et 7,5 mètres de haut) réalisées il y a 20 ans et dont le reste à vivre est de plus de 70 ans.
Quel destin pour ces terres cuites ? Qu’en faire et que faire ?
Dans un contexte d’épuisement des ressources et d’accumulation des déchets, nous avons pensé ce matériau comme une ressource.
Le réemploi, un héritage patrimonial pour relier les générations ?
La pratique du réemploi participe à la transmission patrimoniale, garante d’un héritage socioculturel urbain. Pour Jean Marc Huygen, « ces objets obsolètes sont porteurs de mémoire de leurs anciens usages, qui constituent peu ou prou un héritage patrimonial, une relation entre les générations ».
Le nom de notre agence, Loci Anima , signifie en latin littéralement "âme des lieux" : chaque être vivant, objet mais aussi élément naturel est animé d’un esprit, d’une force vitale, d’une énergie. Une philosophie que Françoise Raynaud résume en trois mots « animisme post-industriel ».
Il s’agit, par le réemploi, de conserver des traces de l’âme des lieux, de conserver cette énergie, de perpétuer la mémoire. Le réemploi était une évidence pour nous.
L'énergie humaine au cœur du réemploi : l’énergie humaine disponible, l’énergie originelle, l’énergie à portée de chacun, l’énergie équitable
Nous ne mesurions pas la portée de cette démarche, c’était intuitif, naturel. C’était faire usage de bon sens. Il s'agit de reconsidérer l’énergie humaine comme postulat à l’action. Considérer cette source d’énergie comme primaire, principale et ne pas avoir la nécessité d’intégrer les autres. Tout s’est fait à portée de bras, et non à portée de pétrole, d'électricité (nécessaire au transport) ou de foncier (nécessaire au stockage). Nous avons calculé une vitesse de travail en fonction du nombre d’hommes mobilisés et avons adapté notre temporalité.
Il est nécessaire de tenir compte de la distance entre les deux sites afin d’être en cohérence avec le concept de réemploi. Il s’agit de limiter au maximum les flux, énergivores, et de choisir des modes de transport en adéquation avec le principe du réemploi, les moins impactant sur l’environnement.
Comment identifier une distance raisonnable ? Pourquoi ne pas imaginer une distance humainement parcourable et s’appuyer sur la théorie de la ville du quart d’heure pour imaginer ainsi une économie du quart d’heure, en résonance avec une économie de la distance raisonnable ?
Dans cette optique, la nature du moyen de transport doit être questionnée. A la rapidité, l’efficacité qui doit être toujours plus grande, pourquoi ne pas proposer le critère de préservation de l’environnement en favorisant le transport le moins impactant sur ce dernier ?
Vers un nouveau modèle économique : l’écologie humaine ?
En reconsidérant les critères et en valorisant le respect de l’environnement, la valeur économique se trouve bousculée. La valeur ne se situe plus dans la notion de rapidité et d’efficacité mais dans la capacité à préserver l’environnement. Cette valeur, la capacité à préserver l’écosystème mondial, étant au moins égale, voir supérieure à celle du système traditionnel de la rapidité et de l’efficacité. Il s’agirait de donner un prix juste à cet objectif : celui de construire une écologie humaine. Ce concept développé par Lionel Dupuy prône une vision égalitaire de l’homme et de la nature, l’instauration de rapports harmonieux.
Dans ce cadre, les transports en mobilité douce seront valorisés, au détriment des transports traditionnels. Le moteur étant l’énergie humaine, il sera redonné un prix à ce travail. Un prix juste et cohérent avec l’objectif de préserver l’environnement, un prix humain.
Et si de ce projet de réemploi à Roncq découlait une proposition d’un modèle reposant sur une économie postindustrielle fondée sur le travail personnel et sur une basse consommation d’énergie comme le suggère Illich ?
Reconsidérer l’énergie humaine semble avoir une portée sociétale, peut-être médicale ou thérapeutique.
Travailler en revalorisant la matière délaissée a pour conséquence indirecte de revaloriser le travailleur manuel.
Le réemploi se place comme alternative au modèle linéaire en proposant un modèle circulaire. Pour l’économiste Serge Latouche, il prouve une volonté profonde de compréhension des sphères humaines et territoriales, sur une implantation à l’échelle locale. Dans le réemploi il n’est pas question uniquement de provenance de matériaux mais plus largement de « la politique, la culture, le sens de la vie qui doivent retrouver leur ancrage territorial ».
La remise en mouvement dans une société toujours plus sédentaire et la valorisation de la richesse qui en découle peut être perçu comme un enjeu de santé publique, mais aussi comme une réappropriation des richesses naturelles. Chacun est créateur de sa propre richesse. Chacun en dispose.