[REX] Retour sur le projet de remplacement et de recyclage 100% local de 300 fenêtres en Corrèze

Dans le cadre du développement durable, l’économie circulaire constitue un levier d’action majeur, tant pour les industriels que pour les autorités publiques. Economies de matériaux et de matières premières, diminution de la consommation d’énergie, déploiement de filières locales et responsables créatrices d'emplois… en sont quelques-uns des aspects positifs. Responsable Affaires Publiques et Réglementaires France au sein du Groupe Velux, Olivier Devès revient sur le projet exemplaire de remplacement et de recyclage 100% local de 300 fenêtres de toit en Corrèze.

Pouvez-vous décrire votre projet de remplacement et de recyclage de 300 fenêtres de toit dans le lotissement La Grande Borie ?

Olivier Devès : Il s’agit d’un projet de remplacement et de recyclage 100% local de 300 fenêtres de toit, mené à l’initiative du groupe Velux, sur un parc social du bailleur Corrèze Habitat dans la commune de Terrasson en Corrèze. Notre objectif était d’y réaliser un projet exemplaire sur le plan environnemental, et en circuit court grâce à la mise à contribution d’entreprises locales et engagées.

En France, le gisement d’anciennes fenêtres collectées sur les chantiers de rénovation constitue une ressource pour permettre la réduction des impacts environnementaux des nouvelles fenêtres produites au travers du recyclage de ces matériaux. Ce projet permet ainsi de proposer une solution locale de valorisation. Il traduit également notre engagement dans le cadre de la marque FERVAM, qui vise à promouvoir les bonnes pratiques en matière de valorisation des anciennes menuiseries.

Le projet s’inscrit plus largement dans les objectifs ambitieux de notre groupe en matière de développement durable, qui vise à la fois la promotion de l’économie circulaire et la réduction de l’empreinte carbone de nos produits de 50% d’ici à 2030, en complément de la neutralité carbone sur les émissions directes et indirectes associées à nos activités.

Enfin, ce projet mené en Corrèze s’inscrit dans la transition vers le dispositif de Responsabilité élargie du producteur (REP) mis en place en 2022-2023 sur les matériaux de construction. Avec ce nouveau cadre législatif, nous avons été amenés à partager autant que possible les bonnes pratiques durables à suivre et à mettre en œuvre avec nos entreprises partenaires sur ce projet.

 

 

Quels étaient les enjeux et objectifs du Groupe Velux avec ce projet ?

O.D : La complexité de ce programme reposait sur la mise en place d’un réseau d’entreprises locales capables de gérer les parties logistiques du transport des fenêtres (une fois retirées des toits), mais aussi de leur démantèlement puis de leur recyclage et revalorisation. Trouver les bons acteurs représentait un défi de taille, notamment puisque les filières du recyclage et de la revalorisation des anciennes menuiseries sont actuellement en phase de création ou en voie de structuration, particulièrement sur ce territoire.

L’un des enjeux majeurs sur ce projet était également de s’assurer que l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur, du démontage des fenêtres jusqu’à la valorisation des différents matériaux (bois, verre, aluminium et acier/métal), respectent les engagements les plus durables possibles.

Dans le but de revaloriser en boucle fermée le vitrage des anciennes fenêtres, notamment en verre plat pouvant servir au secteur de la construction, nous devions également nous assurer que la collecte et le transport des fenêtres de toit jusqu’au centre de démantèlement se fasse sans endommager le vitrage.

Quelles ont été les grandes étapes de ce projet ?

O.D : Ce projet a débuté par le démontage des 300 anciennes fenêtres de toit du lotissement La Grande Borie, posées il y a plus de 30 ans par l’entreprise SAS Bambou. Collectées avec l’aide du distributeur ASTURIENNE, les fenêtres ont ensuite été acheminées jusqu’au centre de démantèlement géré par l’association de réinsertion IDEE. Cette étape du projet consistait à démanteler les 300 anciennes fenêtres en séparant et triant les différents matériaux, dans le but de pouvoir valoriser au mieux chacun d’entre eux.

La dernière étape, celle de la revalorisation, était probablement la plus complexe pour nous. Les matériaux métalliques ont été recyclés par la société Sorecfer. L’entreprise Ponty Compost Environnement a quant à elle broyé puis recyclé le bois, afin qu’il serve à la construction de panneau de construction. Une autre partie du bois a pu être valorisé sous forme énergétique. Enfin, le verre plat a été collecté en big bag par Saint-Gobain Glass Bâtiment France. Le verre a été brisé en petits morceaux, avant d’être acheminé vers un « four float », pour être ensuite réutilisé dans la fabrication de « verre float » neuf.

Pour chacun des matériaux constituant les fenêtres démantelées, nous avons identifié un acteur en capacité de le collecter, traiter et de proposer une solution de valorisation. Nous avons sélectionné ces acteurs pour leur proximité avec le centre de démantèlement, et leur capacité à proposer les solutions les plus pertinentes pour la valorisation des différentes matières.

Quels retours d’expériences pouvez-vous faire sur ce projet ?

O.D : Les retours réellement positifs que nous avons eus sur ce projet sont d’une part l’engagement infaillible des entreprises locales avec qui nous avons travaillées sur ce projet, et pour lesquelles il s’agissait d’une première. Et ce malgré les importants retards dus à la crise sanitaire. D’autre part, l’ensemble des parties prenantes à ce projet se sont engagés à prolonger cette démarche durable dans leurs futures activités, tout en en communiquant les effets positifs à leurs collaborateurs et clients.

Ce projet de recyclage 100% local est-il réplicable ailleurs en France, voire dans le monde ?

Aujourd’hui, plusieurs structures ont déjà la capacité d’assurer soit la collecte et le démantèlement, ou juste le démantèlement, notamment autour des grosses agglomérations. Certaines de ces entreprises ont par ailleurs déjà pris des engagements visant à valoriser au mieux les matériaux issus du démantèlement des fenêtres en fin de vie, en signant la charte FERVAM (pour la valorisation des menuiseries en fin de vie), issue de l’UFME dont nous sommes membres.

L’objectif de cette charte est également de promouvoir les bonnes pratiques et de les disséminer sur l’ensemble du territoire, dans le but de favoriser la multiplication des structures en capacité d’assurer la collecte et le démantèlement des fenêtres en fin de vie, dans des conditions qui permettent une valorisation efficace. 

Ainsi, le processus que nous avons mis en place dans notre projet en Corrèze fait écho à d’autres pratiques déjà mises en place par certaines entreprises à travers le territoire. Il faut d’ailleurs savoir que la France est précurseur à l’échelle européenne, particulièrement sur la collecte et le démantèlement, dans le but d’une valorisation performante des produits de construction en fin de vie.

 

Propos recueillis par Construction21 - La Rédaction


 

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