La construction métallique, un incontournable pour la transition énergétique ?

Rédigé par
Amandine Martinet - Construction21

Journaliste

1890 Dernière modification le 26/06/2023 - 11:15
La construction métallique, un incontournable pour la transition énergétique ?

 

Jeudi 22 juin, le Syndicat Français de la Construction Métallique (SMCF) organisait un point d’étape pour informer des dernières tendances de l’acier sur le marché national. L’occasion également pour le secteur de réaffirmer sa volonté de prendre toute sa part dans les objectifs de décarbonation du BTP.

Un secteur qui poursuit son ascension

Avec +6 % d’activité en un an, la construction métallique se porte bien. C’est d’ailleurs le premier message qu’a voulu faire passer la SCMF lors de sa dernière conférence de presse. Roger Briand, président du syndicat, affirme que les acteurs du secteur « envisagent l’avenir avec sérénité grâce à des carnets de commande qui se remplissent et les demandes nombreuses en études et chiffrages de dossiers » pour l’année 2023. Au total, ce sont 800 000 tonnes d’ouvrages métalliques qui ont été réalisés sur le sol français sur l’exercice 2022/2023.

Largement en tête des ouvrages réalisés sur l’an passé, les bâtiments industriels – en concomitance avec la reprise post-Covid – portent cette dynamique positive, encouragée également par des prix de l’acier en baisse. Les ouvrages d’art tels que les ponts et passerelles connaissent eux aussi une belle progression. 

 

Cela n’exclut cependant pas certaines zones d’ombres, notamment à plus long terme. Aussi, les prévisions pour 2024 sont légèrement plus nuancées, avec des commandes de bureaux, de commerces et de logements qui s’annoncent en baisse. En cause ? « Les donneurs d’ordres sont plus lents à prendre leur décision et les durées d’instruction des permis de construire s’avèrent de plus en plus longues. » (Roger Briand). 

De plus, il ne faut pas oublier l’impact de l’inflation et de la hausse des prix de l’énergie qui restent encore et toujours bien réels et fragilisent l’ensemble du secteur sur la durée. Enfin, le SCMF a tenu à rappeler les difficultés d’embauche et de formation qui persistent, phénomène commun à l’ensemble des filières du BTP. 

Décarboner avec de l’acier : les chantiers en cours

Le président du syndicat de la construction métallique le clame, « nous n’avons pas attendu la RE2020 pour nous enquérir des enjeux environnementaux ». En tête de ce qui fait de l’acier un matériau vertueux écologiquement, on retrouve ses émissions carbone limitées et sa forte part d’origine recyclée – en France, 95% des aciers longs utilisés pour la construction sont issus de produits de recyclage et en Europe, 50 % de la production est assurée par de l’acier secondaire –, mais aussi le fait qu’il permette la réalisation d’ouvrages démontables et multiplement réutilisables. En effet, même indéfiniment recyclé, l’acier conserve l’ensemble de ses caractéristiques mécaniques. 

D’autres belles perspectives en termes de décarbonation sont à souligner : la filière met actuellement en place une production de nouveaux aciers bas carbone. Par ailleurs, le type d’énergie employé par les fours des aciéristes est un facteur qui fait largement la différence – une EnR telle que l’hydraulique peut diviser les taux d’émission de CO2 par 5 ou 6 ! 

Enfin (et surtout ?) comme l’indique Roger Briand, le réemploi, c’est « tout un marché qui s’ouvre » au secteur de la construction métallique, une opportunité à ne pas laisser passer. Parmi les projets allant en ce sens, entre autres, la création d’une plateforme digitale qui rassemble tous les éléments de réutilisation de la filière, par le Centre technique industriel de la construction métallique (CTICM). 
 

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Plusieurs références chantiers confirment la montée en puissance de l’économie circulaire dans le secteur. A Pantin par exemple, près de Paris, la rénovation d’une friche industrielle en zone d’activité — les ateliers Diderot  — présentée jeudi 22 juin par BRIAND Métal illustre la capacité d’œuvrer en étant économe en matériau et en conservant au maximum l’existant, tout en gardant une attention appuyée à l’aspect esthétique de l’ensemble. Sur ce projet, 68 % des profils existants ont été réemployés, c’est-à-dire, une part de réemploi de 8 % de l’acier utilisé au total sur le chantier. 

Comme pour les autres filières du BTP, des efforts restent bien évidemment à fournir pour limiter encore davantage l’impact environnemental des activités de la construction métallique. Des perspectives vertueuses qui s’obtiendront, des dires de Roger Briand, grâce à une « démarche collective » et un travail main dans la main de la part de toutes les parties prenantes des chantiers. 

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