France-Norvège, vers une plus grande coopération sur l’industrie verte

704 Dernière modification le 02/11/2023 - 09:37
France-Norvège, vers une plus grande coopération sur l’industrie verte

Pour tisser de nouveaux partenariats économiques et industriels, Roland Lescure, Ministre délégué de l’Industrie a rencontré son homologue norvégien Jan Christian Vestre au cours d’une visite fin octobre.

A l’occasion de cette visite, les deux pays ont fait connaître leur intention de lancer un partenariat stratégique sur l’industrie verte, en particulier sur les technologies de séquestration du carbone mais aussi sur la question de la fabrication et du recyclage des batteries.

La Norvège, leader de la séquestration du carbone

Grâce au développement du site Northern Lights, au menu de la visite du Ministre Lescure, la Norvège ambitionne de devenir incontournable pour les industries européennes avides de stocker le carbone qu’elles émettent. En effet, le site a pour but de réceptionner le carbone des usines européennes sous forme liquide afin de l’injecter dans des réservoirs géologiques situés 2 500 mètres sous le surface de la Mer du Nord. La Norvège, qui expérimente cette technologie depuis 1996, est aujourd’hui le pays à la pointe sur cette question en Europe.

De son côté, la France a présenté cet été une stratégie pour diviser par deux les émissions de carbone au niveau national d’ici à 2030. Lors de sa visite, le Ministre Lescure a assuré que “la décarbonation de l’économie requiert une révolution industrielle et un déploiement massif de technologies neutres en carbone”. Le ministre Jan Christian Vestre s'est dit “impressionné par le plan ambitieux du gouvernement français pour l’industrie verte”.

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Des obstacles à surmonter

Mais le déploiement des technologies de capture et stockage de carbone balbutie encore en France. En effet, il n’existe pas aujourd’hui de projet concret pour développer le CSC sur le territoire français. C'est pourquoi certains sites industriels du nord de la France se sont d’ores-et-déjà positionnés pour pouvoir exporter leur carbone vers la Norvège à partir de 2026. 

Un obstacle de taille reste néanmoins à surmonter : la Convention de Londres sur la prévention de la pollution des mers, adoptée en 1972, qui prohibe le transport de CO2 entre états. Cette rencontre a donc été aussi été l'occasion de discuter d'un avenant à cette convention afin que les projets internationaux de CSC puissent se concrétiser. Toutefois, le Ministère de l’Industrie assure que la doctrine française concernant le CSC ne vise pas à donner un permis de polluer aux industriels, mais bien à cibler les émissions incompressibles des industries les plus polluantes comme la chimie ou la cimenterie.


Les représentants français et norvégiens, ainsi que les industriels des deux pays, se retrouveront en janvier pour la deuxième édition du forum franco-norvégien sur l’industrie verte afin de prolonger leurs échanges.
 

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