[Dossier santé] # 32 - Que ce soit à domicile ou dans un établissement spécialisé (personnes âgées ou en situation de handicap), l’habitat doit être évolutif et intelligent…ou ne sera pas !

Le vieillissement de la population est une évidence et ne fait que de s’accroître grâce à l’amélioration des conditions de vie et aux avancées de la médecine. Pour faire face à cette réalité, il est nécessaire de repenser et d’adapter les lieux de vie des personnes en perte d’autonomie, selon leur avancement dans l’âge.

Certaines habitations où il faisait bon vivre depuis toujours deviennent tout à coup inadaptées et risquées, lorsqu’une personne perd en autonomie. Aujourd’hui, plusieurs solutions intelligentes (détecteurs de chute, capteurs techniques, télé-assistance…) favorisent une vie plus sereine des personnes âgées ou en situation de handicap, tout en facilitant le quotidien des aidants et des soignants. D’ailleurs, le rapport Bourquin-Aquino[1] de juillet 2019 préconise d’utiliser les technologies qui contribuent à la qualité de vie.  Il est important que ces lieux de vie intègrent ces solutions et répondent au mieux aux modes de vie des personnes âgées ou en situation de handicap, ainsi qu’aux nouveaux risques émergents de la vie courante. Qu’une personne choisisse de rester à son domicile ou qu’elle aille vivre en établissement spécialisé, nous devons être en capacité de prendre en compte ses souhaits. Performantes et disponibles, ces technologies doivent être utilisées au service de l’humain !

 

Des solutions existent pour sécuriser les lieux de vie des personnes âgées ou en situation de handicap et simplifier le quotidien des soignants.

Si l’on prend l’exemple de la chute qui représente 80 % des accidents de la vie courante au-delà de 65 ans (enquête sur les accidents de la vie courante – EPAC 2016), les trois quarts des décès par chute sont survenus chez des personnes âgées de plus de 75 ans.

Faire installer des solutions de luminosité (chemin lumineux…) qui s’activent grâce à des capteurs de détection de présence, diminue drastiquement le risque de chute qui survient la plupart du temps durant la nuit.

L’agence publique Santé Publique France[2] préconise d’ailleurs les chemins lumineux pour réduire le risque de chute la nuit ou dans un escalier.

Plusieurs EHPAD ont d’ailleurs divisé par deux le nombre de chute de leurs résidents depuis ces installations.

Fabrice LHUILLIER, Directeur de l’EHPAD de Pompey (54) confirme : « Il y a eu un avant et un après ! Depuis que nous avons fait installer ce dispositif de prévention contre les chutes dans une trentaine de chambres, nous n’avons plus fait intervenir les pompiers sur cet aspect. Lorsque le patient se réveille la nuit, à l’instant même où il pose son pied sur le sol, un bandeau lumineux s’allume pendant 30 secondes. Ce scénario rassure vraiment le patient, souvent désorienté la nuit, et lui permet d’éviter la chute ».

 

 

 

 

L’errance est aussi un comportement nécessitant l’attention permanente d’une personne. Ce phénomène peut être dangereux pour la personne en perte d’autonomie, et très stressant pour le personnel soignant ou l’entourage familial.

Sur les 40 000 disparitions inquiétantes signalées chaque année aux forces de l’ordre, 15 % sont des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Des innovations technologiques se mettent notamment au service des malades d’Alzheimer, leur entourage et des soignants ; il existe aujourd’hui des solutions de détection qui alertent immédiatement l’entourage ou les soignants, dès que la personne quitte de son propre chef son domicile ou accède à un espace non autorisé dans un établissement spécialisé. Au premier abord, ces solutions peuvent paraître intrusives et privatives de liberté ; mais face au phénomène d’errance, elles limitent très largement le risque de fugue et garantissent la sécurité des personnes.

De même, certaines solutions facilitent la vie des aidants.

Une personne en perte d’autonomie qui vit seule à son domicile peut oublier de couper le gaz dans sa cuisine ou ne pas identifier une fuite d’eau. Des détecteurs de risques techniques placés judicieusement dans des endroits appropriés (cuisine, salle de bain…), alertent les occupants, mais aussi leurs aidants, voire même des télé-conseillers, s’ils sont couplés à de la télé-assistance.  Ces solutions peuvent aussi déclencher des scénarii préétablis dans certains cas : l’ouverture automatique des fenêtres ou des portes pour faciliter l’intervention des pompiers par exemple, ou encore une coupure de l’eau lors de fuite pour sécuriser l’occupant et ses biens…

 

 

 

 

 

Il est également possible d’identifier une immobilité anormale ou des signes de dégradation de l’activité d’une personne dans le temps (ex : se lever de plus en plus tard, bouger de moins en moins dans son logement,…). La détection d’inactivité des personnes âgées ou en situation de handicap est une technologie qui peut être associée à de l’intelligence artificielle pour analyser la consommation d’eau ou d’électricité habituelle et alerter lors d’un scénario inhabituel (ex : l’absence de l’utilisation de l’électricité ou de l’eau pendant plusieurs heures/jours…).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le rapport Grand Âge et Autonomie de Dominique Libault (mars 2019)[3] corrobore ces avancées et indique qu’il est important « d’accompagner le développement des nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle, pour aider à monitorer les fonctions et alerter dès qu’il y a une perte fonctionnelle, en étant très attentif aux enjeux éthiques liés à l’utilisation de ces nouveaux outils ».

D’autres solutions intelligentes permettent aussi de pallier les déficiences des personnes en perte d’autonomie.

Il est possible d’équiper les lieux de vie de solutions de pilotage pour l’ouverture et la fermeture des volets, et pour l’allumage de l’éclairage, avec des scénarii du quotidien, que ce soit dans une chambre d’EHPAD ou un logement. C’est d’ailleurs le choix du bailleur social Vilogia qui équipe depuis 6 ans 400 logements par an, avec des solutions connectées adaptées aux personnes âgées. Bruno BELPEER, Chef Innovation du groupe Vilogia précise : « Nous sommes convaincus que les seniors ont besoin d’habitats évolutifs qui s’adaptent à chaque cas particulier. Nous avons choisi d’équiper tous nos appartements dédiés aux seniors avec des solutions intelligentes s’appuyant sur des scénarii. En appuyant par exemple sur un bouton spécifique, le scénario « déplacement nocturne » s’active et allume l’éclairage dans la salle de bain, les toilettes et le couloir. Nous équipons actuellement tous ces logements, d’un assistant à commande vocale. Contrairement aux idées reçues, cette présence vocale fictive est très appréciée par les personnes âgées car elle favorise une utilisation simple des équipements présents dans le logement ».

Le pilotage de la climatisation peut également être un véritable atout en période caniculaire pour faire face à ces épisodes extrêmes.

La nécessité d’une connexion internet effective dans chacune des pièces de vie des personnes âgées ou en situation de handicap

Qu’elles vivent en établissement spécialisé ou à leur domicile, les personnes âgées ou en situation de handicap apprécient de regarder leur feuilleton favori ou encore discuter à distance avec leurs petits-enfants ou leurs proches. Les seniors sont en effet de plus en plus connectés et découvrent aussi les bienfaits de la télémédecine. Avoir dans sa chambre ou à son domicile, une télévision qui fonctionne correctement ou un débit de connexion internet suffisant sur sa tablette pour ne pas devoir choisir entre le son et l’image, n’est plus une option !

Il est donc indispensable que les EHPAD, les établissements spécialisés et les logements dédiés aux seniors soient dotés de prises multimédias RJ45 qui restent la seule solution garantissant un très haut débit effectif – en filaire ou en wifi - dans chaque pièce de vie d’un logement ou d’un établissement.

Enfin, pour gérer efficacement les nombreux objets connectés qui assistent les personnes âgées et le personnel médical, il est indispensable de disposer, dans les EHPAD et les établissements spécialisés, d’une infrastructure résistante aux aléas pour remonter les informations vers les serveurs ou les équipes de surveillance.

Article signé  Anne-Sophie Perrissin-Fabert, Déléguée Générale chez IGNES

http://www.ignes.fr/

 


[1] Rapport de juillet 2019 Jean-Pierre Aquino et Marc Bourquin sur les innovations numériques et technologiques dans les établissements et services pour personnes âgées

[2] Enquête ChuPADom de Santé Publique France du 28 octobre 2020 sur les chutes des personnes âgées à domicile

[3] Rapport sur la concertation Grand Âge et Autonomie de Dominique Libaut remis au Ministre des Solidarités et de la Santé le 28 mars 2019


Consulter l'article précédent :  # 31 - L’hôpital Universitaire International Mohammed VI certifié HQETM Construction Santé, un établissement de santé précurseur engagé dans la construction durable au Maroc

 

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