[Dossier énergies renouvelables] #33 - Les réseaux de chaleur : levier incontournable de la transition énergétique des territoires

Dans la perspective de l’atteinte de la neutralité carbone à l’horizon 2050 (…), les réseaux de chaleur et de froid constituent un levier puissant, cohérent et pérenne d’activités économiques et de réduction de la facture énergétique territoriale" avec un impact "significatif" sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), assure l'Ademe dans son étude "Développement des filières réseaux de chaleur et de froid renouvelables en France à horizon 2050 : impacts socio-économiques et environnementaux, stratégie et plan d’actions" publiée le 18 novembre 2020. Avec un taux d’énergies renouvelables et de récupération proche des 80 %, le Chauffage Urbain de Grenoble-Alpes Métropole est résolument engagé vers un verdissement total de son mix énergétique.

Chauffage Urbain de Grenoble-Alpes Métropole : Un des réseaux les plus écologiquement vertueux

Le 9 décembre 1960, l’activité de Chauffage Urbain était créée. Bien que son histoire fût pendant longtemps liée au développement de la ville de Grenoble, elle s’écrit aujourd’hui à travers le prisme des enjeux environnementaux du territoire.

Depuis sa création, l’innovation est au coeur de l’activité du Chauffage Urbain de Grenoble-Alpes Métropole. Ainsi, le 2e réseau de chaleur de France, qui brûlait du charbon et du fioul lourd à ses débuts, est désormais passé au vert. Sur la dernière saison de chauffe 2019-2020, les énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) représentaient 79,3 % du mix énergétique utilisé par le réseau de Chauffage Urbain local. Un niveau record jamais atteint, bien supérieur à la moyenne nationale (56 %), et qui permet d’aborder sereinement les objectifs de 85 % d’ici 2022 et tendre vers les 100 % d’ici 2050.

Le Chauffage Urbain fait également partie intégrante du quotidien des habitants de la Métropole en alimentant près de 50 000 logements, 100 entreprises, 31 équipements sportifs, 5 centres nautiques, 16 lycées, 14 collèges, 53 groupes scolaires mais aussi les universités, les mairies, les bibliothèques ou encore le stade des Alpes.

Proche de ses habitants, innovant et responsable, le Chauffage Urbain a évolué au fil des ans pour en arriver à ce qu’il est aujourd’hui : un réseau de chaleur local à taille humaine dont l’avenir s’écrit dès à présent.

 

Une gestion durable de la forêt

Dans une démarche d’innovation, le réseau de Chauffage Urbain s’est engagé à accélérer le recours aux énergies renouvelables en remplacement des énergies fossiles, avec un effort soutenu pour la biomasse bois-énergie. 2e combustible le plus utilisé (88 911 tonnes de bois) dans le bouquet énergétique du Chauffage Urbain, la biomasse permet d’alimenter l’équivalent de près de 30 000 foyers par cette ressource, en s’approvisionnant dans un rayon local et dans une démarche raisonnée de gestion de la forêt. L’équivalent de 117 000 tonnes de CO2 sont ainsi économisées par rapport au charbon et 70 000 tonnes de CO2 par rapport au gaz naturel.

 

La valorisation des énergies de récupération : chaleur industrielle et déchets ménagers

L’utilisation des ordures ménagères permet d’élargir le bouquet énergétique d’un réseau de chaleur. La valorisation de cette énergie locale et de récupération est une réponse efficace au problème de la gestion des déchets et aux émissions de gaz à effet de serre (GES). A Grenoble, cette source d'énergie représente plus de 180 000 tonnes de déchets revalorisées chaque année et évite ainsi l'utilisation de 32 000 tonnes d'équivalent-pétrole par an. En hiver, le site produit de la chaleur et de l’eau chaude sanitaire et en été, uniquement de l’eau chaude.

Pour aller plus loin, le réseau de chaleur de Grenoble-Alpes Métropole et le Groupe Solvay se sont associés sur la saison 2018-2019 pour mutualiser et valoriser une partie de leur production d’énergie. Ce partenariat, inédit en France, repose sur la connexion du réseau de chauffage urbain principal de la Métropole avec les actifs de production d’énergie de Solvay sur la plateforme chimique de Pont-de-Claix. Il permet de bénéficier d’apports de chaleur complémentaires injectés par Solvay et de répondre aux forts appels de puissance en hiver en limitant le recours aux énergies fossiles. À l’inverse, en été, l’usine d’incinération valorise son excédent de production en fournissant de la chaleur à la centrale thermique Solvay, réduisant la consommation de gaz naturel de celle-ci.

 

Le potentiel du stockage de chaleur et du power-to-heat

Pour atteindre 100 % d’ENR&R en 2033 sur le réseau de chauffage urbain, l’entreprise s’appuie sur un programme d’innovation permanent portant à la fois sur les moyens de production, la gestion et le pilotage.

La capacité de stocker l’énergie est une composante essentielle pour mieux intégrer et optimiser les énergies renouvelables et de récupération et ainsi gérer le décalage temporel entre la production d’ENR&R intermittente et la demande fluctuante selon les heures de la journée.

Le stockage thermique centralisé sur le site Villeneuve, et déjà en place sur la nouvelle usine Biomax 100% bois, va permettre de déphaser la production et la distribution en stockant de la chaleur d’origine renouvelable. Ce lissage des appels de puissance va ainsi éviter de démarrer des générateurs fossiles gaz et fioul.

 

Pour en savoir plus sur ce projet, consultez son étude de cas.

Article signé Compagnie de Chauffage de Grenoble


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  • Sarah LEJEUNE

    Chargée de communication

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