Matériaux biosourcés & économie circulaire : un duo performant

Vous avez dit « économie circulaire » ?

Le secteur du bâtiment est consommateur à l’excès, que ce soit en amont ou en aval de la filière. A l’heure actuelle, le béton est, après l’eau, la 2ème matière la plus consommée au monde. L’utilisation de granulat dépasse les 1 million de tonnes par jour en France, soit environ 15 kg de granulat par jour en moyenne pour un français. La seule production de ciment serait responsable de plus de 5% des émissions de gaz à effet de serre mondiales. En fin de vie, environ 40% des déchets sont liés au bâtiment, soit davantage que les déchets ménagers...

L’économie circulaire propose de privilégier, d’amont en aval sur une chaîne de valeur, des approches d’écoconception, d’éco-gestion, d’économie de la fonctionnalité, de recyclage, de réemploi, de circuits courts et locaux… Elle intervient principalement dans trois domaines :

1. La production et l’offre de biens et de services (offres des acteurs économiques) ;

2. La consommation via la demande et le comportement du consommateur au sens large ;

3. La gestion des déchets avec une priorité donnée au recyclage.

 

Que dit la législation sur l’économie circulaire ?

L’économie circulaire se concrétise par des politiques publiques et des initiatives privées. Quelques Etats sont pionniers en la matière : l’Allemagne dès 1994 sur la gestion des déchets, le Japon qui inscrivait dans une loi de 2000 la dynamique des 3R (réduction, réutilisation et recyclage) ou encore la Chine en 2008 avec une loi de promotion de l’économie circulaire.

La loi n°2015-992 relative à Transition Energétique pour la Croissance Verte, adoptée en août 2015, a fait de l’économie circulaire l’un des cinq engagements contributifs au développement durable. Trois secteurs du droit sont expressément visés :

  • Le droit de l’environnement : en son article 70 (V) la loi crée l’article L 110-1-1 du code de l’environnement ainsi rédigé : « la transition vers une économie circulaire vise à dépasser le modèle économique linéaire consistant à extraire, fabriquer, consommer et jeter en appelant à une consommation sobre et responsable des ressources naturelles et des matières premières primaires […] » ;
  • Le droit de l’énergie au niveau duquel l’économie circulaire est visée comme l’un des leviers de réduction des consommations de la politique énergétique nationale (article L 100-4 du Code de l’Energie) ;
  • Le droit de la commande publique est mentionné au service de l’économie circulaire (article L 541-1 du Code de l’Environnement).

Les objectifs de la loi sont ambitieux : porter à 55% en 2020 puis 65% en 2030 la quantité de déchets organiques faisant l’objet d’une valorisation sous forme de matière (et non d’énergie).

 

Matériaux biosourcés et économie circulaire : enjeux croisés

De manière générale les propriétés intrinsèques des biosourcés dans le bâtiment (renouvelabilité de la ressource, faible consommation en énergie sur la fabrication, stockage carbone…) apportent des réponses aux enjeux d’économie circulaire : économiser les ressources en amont, privilégier celles les moins émettrices de rejets, réutiliser la matière en aval du cycle, tout en allongeant la durée d’usage et en optimisant leur utilisation.

L’expérimentation « E+C- » préfigurant la future réglementation thermique / environnementale pour les bâtiments neufs privilégie la logique d’économie circulaire et de recours aux matériaux biosourcés à deux titres :

  • La différenciation des phases conception et exploitation avec un enjeu sur les procédés constructifs ou de fabrication sobres en carbone (cas des biosourcés et recyclés) ;
  • La qualité de réemploi et valorisation des matériaux en fin de vie, lors de la déconstruction (limitation supplémentaire d’émissions de gaz à effet de serre).

Enfin, au-delà des « gains environnementaux », pour le secteur des biosourcés, il s’agit aussi de pouvoir tirer profit des effets induits par une économie de plus en plus circulaire : par le jeu d’une réallocation sectorielle d’emplois des secteurs « intensifs en matières » vers ceux qui au contraire les économiseront.

 

Deux exemples de démarches dans les territoires

❶ La valorisation des produits et co-produits agricoles et sylvicoles en Île-de-France

En Île-de-France, le SRCAE (schéma régional Climat-Air-Energie) cible spécifiquement le développement des matériaux biosourcés dans l’orientation agriculture 1.2 : « La meilleure valorisation des ressources agricoles sous forme de produits énergétiques ou d’éco-matériaux. »

A un niveau plus opérationnel, le Pass’Filières, mis en place par la Région, doit permettre la structuration des filières de proximité dans l’agriculture, la sylviculture et l’agro-alimentaire. La filière francilienne forêt bois en bénéficie déjà pour réaliser un  état des lieux, construire un plan d’actions et assurer sa mise en œuvre opérationnelle.

❷ La rénovation comme levier de développement des matériaux biosourcés locaux

A Epinal, le Programme d’intérêt général (PIG) cible les problèmes sociaux ou techniques dans l’habitat existant sur le territoire, notamment au moyen de rénovations. La communauté d’agglomération d’Epinal a choisi de coupler le PIG avec une prime pour l'utilisation de matériaux biosourcés de 8 € à 10 €/m².

Le territoire est en effet un lieu de production, puisqu’un fabricant d’isolants en fibres de bois y est installé depuis plusieurs années. Il fonctionne en synergie avec la papèterie toute proche, en utilisant de la vapeur excédentaire due à la fabrication du papier pour alimenter la ligne en énergie thermique.

Auteur : Karibati, d'après l'Avis d'expert sur le même thème

Pour consulter l'Avis d'expert complet : cliquer ici.

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Modéré par : Véronique Pappe

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