[Urgence climatique] 3 questions à Fabrice Bonnifet Directeur Développement Durable de Bouygues et Président de C3D

 

Suite de notre série d’interviews consacrée à l’urgence climatique. Découvrez les états des lieux dressés par des acteurs engagés et institutionnels, ainsi que leurs préconisations pour atténuer les effets du changement climatique, s’adapter à ses conséquences et tirer parti des opportunités engendrées par ces évolutions.

Aujourd’hui, nous vous proposons l’interview de Fabrice Bonnifet, Directeur développement durable du groupe Bouygues et président du C3D*, qui dresse un état des lieux du secteur de la construction face à l’urgence climatique, évoque les actions menées par le C3D pour accompagner ses membres dans la mise en œuvre de leur stratégie climat dans le domaine du bâtiment, ainsi que les engagements renforcés du Groupe Bouygues en matière de réduction des gaz à effet de serre.

1. Quel est votre constat de la situation actuelle vis-à-vis du changement climatique dans le secteur de la construction, de l’immobilier et plus généralement du cadre de vie ?

Le constat est alarmant ! Les solutions existent mais la prise de conscience est insuffisante. Les donneurs d’ordre restent très conservateurs et on constate encore une forte incompréhension du concept de coût carbone complet dans la construction. Les mesures présentées récemment par le gouvernement pour la rénovation, qui représente l’essentiel de l’enjeu carbone pour notre secteur, ne permettront pas d’atteindre les objectifs si nous en restons là. Il faut bien comprendre que le modèle constructif et les matériaux ne représentent qu’une partie du problème de l’empreinte carbone d’un bâtiment. Les autres enjeux à prendre en compte concernent l’intensité d’usage des ouvrages qui reste un sujet tabou, la réversibilité (qui devrait être obligatoire), la convergence entre le bâti et l’électromobilité et surtout le réemploi. Ce dernier sujet doit absolument être la priorité des années à venir. Il est inadmissible que le secteur de la construction continue encore des années à produire plus de 220 millions de tonnes de déchets ! La valorisation actuelle en sous-couche routière, à hauteur de 60%, et l’enfouissement du reste constituent un gaspillage gigantesque de ressources. Les bâtiments doivent devenir des « banques de matériaux » pour les aménagements futurs ; aujourd’hui, ce sont juste de futures poubelles !

2. Quelle est l’ambition des 180 membres du C3D vis-à-vis de la prise en compte de l’Urgence climatique dans le bâtiment ? Quelles sont les actions menées et les résultats ?

Le C3D n’est pas qu’une association de professionnels de la RSE et du développement durable dans le secteur du bâtiment. Nous comptons à ce jour plus de 180 entreprises membres ; nos actions sont génériques et s’appliquent également à ce secteur. En ce qui concerne spécifiquement l’urgence climatique, notre ambition est d’accompagner nos membres dans la mise en oeuvre opérationnelle de leur stratégie climat. Pour cela, nous avons un groupe de travail qui recense les bonnes pratiques issues des entreprises les plus avancées, dans le but de les diffuser largement auprès des entreprises membres de l’association. Nous sommes également en train de produire un MOOC à destination des étudiants et des salariés qui a comme premier objectif d’expliquer le rôle de l’énergie dans l’économie et la façon dont les modèles économiques des entreprises doivent évoluer pour enfin prendre en compte les enjeux de long terme. C’est-à-dire le contraire de ce que les étudiants apprennent dans les écoles de commerce et le contraire de ce que les décideurs déconnectés de la réalité des contraintes physiques continuent de raconter dans leurs discours managériaux.

3. Vous êtes Directeur Développement Durable du Groupe Bouygues. Comment Bouygues traduit-t-il ses engagements en matière de lutte contre le changement climatique dans ses programmes ? A-t-il l’intention d’accentuer son action dans les prochaines années ?

Le 16 décembre dernier, nous avons présenté, lors du Climate Markets Day à l’attention du marché, la nouvelle étape de notre stratégie climat. Le Groupe Bouygues s’engage en effet de manière concrète à réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 sur les scopes 1, 2 et 3a[1]. Ces objectifs ambitieux, alignés avec l’Accord de Paris, seront atteints grâce à une forte mobilisation de nos cinq Métiers pour accompagner nos clients et partenaires dans la diminution de leur empreinte carbone. Notre communiqué de presse du 16 décembre 2020 présente en détails les nouveaux engagements du Groupe.

[1] Scope 1 : les émissions directes ; Scope 2 : les émissions indirectes liées aux consommations énergétiques ; Scope 3 : les autres émissions indirectes ; Scope 3a : les autres émissions indirectes en amont.

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