Un pacte pour propulser l’industrie vélique

Rédigé par

Stéphanie Santerre - Construction21

Journaliste

514 Dernière modification le 02/04/2024 - 14:14
Un pacte pour propulser l’industrie vélique

Représentants politiques et acteurs de la filière maritime ont signé le pacte vélique pour porter le développement de la propulsion des navires par le vent et décarboner le secteur. 


Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie et de l’Energie et Hervé Berville, secrétaire d’État chargé de la Mer et la Biodiversité ont fait un pacte : soutenir les acteurs de la propulsion des navires par le vent et ainsi, réduire davantage l’empreinte environnementale du secteur maritime, qui représente 3 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial. Gourmand en énergie mais non moins stratégique en France et en Europe, le secteur maritime fait en effet transiter 85 % des importations et exportations européennes. S’il reste « le plus performant en termes de consommation d’énergie et d’émissions de GES à la tonne transportée par kilomètre », son impact environnemental reste significatif.

Dans le cadre de la planification écologique, le gouvernement s’est donc fixé pour objectif de réduire l’impact carbone des flux logistiques, y compris du secteur maritime. L’une des solutions identifiées est l’utilisation de l’énergie du vent pour propulser les navires marchands, « immédiatement disponible, gratuite et permettant une décarbonation allant de 5 % à 80 % ». Un écosystème français s’est ainsi développé en France, fédéré autour de l’association Wind Ship, pour concevoir et produire des systèmes performants de propulsion par le vent, appuyé par des armateurs volontaires pour les tester en développant une nouvelle offre de transport maritime décarbonée. « Ce pacte constitue le signal déclencheur du changement d’échelle nécessaire à la consolidation d’un marché émergent et prometteur, décrypte Lise Detrimont, déléguée générale de l’association Wind Ship. Notre ambition est de créer plusieurs milliers d’emplois dans ce secteur tout en économisant 1 million de tonnes de CO2 d’ici 2030. Le suivi de ce pacte permettra de mesurer les progrès du secteur dans les cinq prochaines années. »

Un écosystème qui a le vent en poupe

Contribuant à hauteur de 58 millions d’euros au soutien de cet écosystème via France 2030, le gouvernement portera également au niveau européen des travaux réglementaires en faveur du développement de filière, s’engage-t-il. L’écosystème des acteurs véliques rassemble des start-ups, des PME et des grands groupes qui ont déjà investi 1 milliard d’euros dans les projets véliques et prévoient de doubler cet investissement dans les 5 prochaines années. En signant ce pacte, les acteurs du transport maritime contribueront à la réindustrialisation du pays : au minimum 70 % de la valeur ajoutée des systèmes véliques devra être réalisée en France.

Fruit d’un dialogue mené par la Direction générale des Entreprises (DGE) avec les industriels de la mer, ce pacte rassemble non seulement l’État et les acteurs véliques, à travers Wind Ship, Armateurs de France, le Groupement des industries de construction et d’activités navales, le Cluster Maritime Français mais aussi des représentants de l’écosystème maritime, logistique et financier indispensable au changement d’échelle du secteur : l’Association des utilisateurs du transport de fret, Bureau Véritas, Banque Populaire Grand Ouest – Crédit Maritime, CIC, Go Capital, Épopée Gestion, Atlante Gestion, et FIMAR.

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