Rénovation énergétique du bâti ancien : les villes moyennes montrent l'exemple

Rédigé par

Stéphanie Santerre - Construction21

Journaliste

576 Dernière modification le 14/02/2024 - 11:00
Rénovation énergétique du bâti ancien : les villes moyennes montrent l'exemple

Multiplier par trois à cinq les rénovations performantes ? Tel est le palmarès des villes moyennes qui s’avancent en chefs de file de la rénovation énergétique via des programmes spécifiques. Des exemples aujourd'hui relayés et analysés dans une note de La Fabrique de la Cité et Nicolas Desquinabo, expert indépendant en évaluation des politiques publiques. 

Facteurs clés, pistes à suivre…, après avoir rappelé les principaux types de soutiens aux rénovations énergétiques ainsi que les résultats actuels en France et dans 62 agglomérations « moyennes » de 40 000 à 140 000 habitants, le think tank propose ainsi de s’attarder sur les success story urbaines dont les résultats en termes de rythme de rénovations – qui relèvent « pour l’essentiel des politiques publiques menées localement » - apparaissent « trois à dix fois supérieurs à la moyenne nationale ».

Vers des réhabilitations globales accessibles ou rentables

Parmi les programmes performants référencés, ceux de quatre communes contiguës de la Vallée de la Bruche (Bas-Rhin), dont les enjeux locaux en matière d’amélioration de l’habitat et d’attractivité sont importants : parc très ancien, nombre d’habitants en baisse et taux de vacance élevé. Parmi les facteurs de rénovation favorables, les aides aux travaux de l'Agence nationale de l'habitat (Anah), majorées de dix points, complétées d’aides locales et départementales pour bonifier jusqu'à 16 000 euros les aides nationales. Résultat, « le rythme des rénovations est localement trois fois plus élevé que la moyenne française », constate Nicolas Desquinabo, qui estime que les dispositifs fonctionnant le mieux « reposent sur des aides complémentaires conséquentes, qui évitent un reste à charge trop important pour les propriétaires, et ciblées sur des travaux efficaces, comme l'isolation. »

Autre exemple mettant l’Est à l’honneur au côté du Grand Chalon ou encore de Valenciennes métropole, Mulhouse et son agglomération, où des dispositifs déployés dans les grandes copropriétés – aides nationales et accompagnement gratuit par des experts de l’Agence départementale de l’information sur le logement (Adil) et de l'Agence locale de l'énergie - ont permis d'engager plus de 200 rénovations annuelles en copropriété ces dernières années, là encore, « presque trois fois plus qu'au niveau national ».

Accompagner les plus modestes 

Des résultats que l’étude impute à la fois à l’accompagnement proposé mais aussi aux aides financières perçues par les propriétaires occupants modestes de la part de l'agglomération, de la Collectivité européenne d'Alsace et de la région. « En effet, sans accompagnement amont systématique et indépendant des entreprises de travaux, les fraudes déjà massives sur les opérations "simples" risquent de s’étendre aux aides "performance" », observe l'étude. « Par ailleurs, l’enjeu de la remobilisation des logements vacants, majeur dans de nombreuses agglomérations de taille moyenne, nécessite le plus souvent de faciliter les rénovations performantes afin de mieux maîtriser les ressources foncières tout en attirant de nouveaux habitants. »

In fine, « de multiples leviers doivent donc être actionnés pour améliorer la qualité des logements et l’efficacité de l’action publique. Des exemples existent qui démontrent le potentiel d’accélération qu’une action territoriale résolue peut concrétiser, et que l’intervention de l’Etat peut catalyser », conclut le think tank, dont l'intégralité de la note est à retrouver ici

 

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