Quand les habitants de Paris se projettent en 2050

Rédigé par
Anne-Sophie Tardy - Construction21

Responsable de l'éditorial

415 Dernière modification le 06/02/2024 - 10:23
Quand les habitants de Paris se projettent en 2050

Le Pavillon de l'Arsenal accueille jusqu'au 17 mars "Vers Paris 2050, affronter ensemble les défis de notre siècle", une exposition où se côtoient les réflexions d'écoliers, de futurs architectes et d'artistes professionnels sur les mutations urbaines de la capitale, entre inondations, vagues de chaleur, migrations climatiques et culture de risques.

Alors que nous savons, et que nous pouvons imaginer à quels climats futurs faire face en 2050, comment les paysages urbains peuvent-ils évoluer pour nous permettre de continuer à vivre en ville ? Si la résilience et l'adaptation semblent être les mots de cette année, comment replacer l'humain au coeur de l'action ? Pour leur laisser la parole, et pour les inclure dans ce processus de transformation, la Ville de Paris et le Conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement de Paris (CAUE) ont lancé à l'automne 2022 une démarche prospective permettant aux habitants d'imaginer la vie quotidienne dans la capitale dans vingt-cinq ans. "En 2050, Paris sera bien différente de la ville que nous connaissons aujourd'hui, insiste Pénélope Komitès, adjointe à la Maire de Paris, en charge de l'innovation et de la résilience. La capacité de la capitale à relever les défis du XXIᵉ siècle dépendra grandement de notre faculté collective à inventer de nouvelles solutions et façons de vivre."

Ecoliers et collégiens, étudiants en architecture et en sciences humaines et sociales ainsi qu'artistes professionnels ont été invités à se projeter à partir de quatre scénarios prospectifs présentés sous forme de textes d'inspiration : le droit à la fraîcheur, faisant écho aux canicules extrêmes, répétitions générales pour communiquer sur les risques, Paris partagé, permettant l'accueil de populations venant du sud, et Fluctuat nec mergitur pour imaginer Paris sous les eaux. Et parce que Paris ne s'est pas faite en un jour, l'exposition se concentre sur la mutation de quatre sites parisiens : la place du Châtelet, la place de Clichy, la dalle des Olympiades et la porte de Pantin. Force est de constater que, malgré les climats futurs attendus, les Parisiens ne s'imaginent pas quitter leur ville, au contraire.

Des thermes sous les Olympiades et une ferme porte de Pantin

Si les réflexions sont riches et diverses, une chose est quasiment systématique, en 2050 : Paris sera vidé de ses voitures, et les parkings souterrains libérés se mueront en refuges partagés pour citoyens en manque de fraîcheur. Les différentes strates des Olympiades deviennent aussi des thermes où l'on prend plaisir à se prélasser et les pagodes se transforment en réfrigérateurs urbains. Autre idée développée par des étudiants, une modification légère des habitats en remplaçant certaines parois par des panneaux démontables, créant ainsi des courants d'air les nuits de canicule. De même, utiliser les cheminées historiques, devenues désuètes, en cheminées solaires pour aspirer la chaleur des immeubles, et faire de Paris un espace de vie où les structures se déploient et se replient au gré des saisons, des jours, des heures. Partant du postulat que la voiture ne sera plus, de futurs ingénieurs et architectes ont également imaginé faire pousser sur les tracés du périphérique une ferme, transformant le métabolisme urbain pour apporter une nouvelle qualité de vie au quartier de la porte de Pantin.

Plus généralement, on observe dans ces restitutions l'envie de voir fleurir la biodiversité en ville. Consciemment ou pas, l'idée est bien de redonner de la vie dans un climat où elle pourrait être mise à mal. Et c'est d'ailleurs peut-être ça, le message à retenir de l'exposition. Malgré les inquiétudes quant au changement climatique, des solutions peuvent émerger. Encore faut-il s'y prendre tôt, et ne pas compter uniquement sur les réflexions des citoyens pour faire bouger les lignes. 

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