Pré-Forum mondial Bâtiments et Climat : cap de mobiliser les troupes !

Rédigé par

La rédaction C21

1106 Dernière modification le 08/03/2024 - 11:49

Clap de fin (but not least !) du pré-Forum mondial Bâtiments et Climat, T’es Cop ou pas Cap ?, organisé par Construction21. Un succès pour cette grande première sous le signe de l’adaptation, de la résilience du bâti et de la ville durable, qui a réuni un large panel d’acteurs publics et privés engagés vers l’atteinte de la neutralité carbone à horizon 2050 et dans la lutte contre les impacts du réchauffement climatique.

Pour inaugurer l’événement partenarial le 5 mars dernier, pas moins de six parcours thématiques de sites exemplaires ont été organisés à Paris et sa proche banlieue. Six parcours comme autant d’illustrations d’actions d’adaptation et de décarbonation déployées à l’échelle des bureaux, bureaux rénovés, lieux culturels & sportifs, quartiers ou encore autour des matériaux alternatifs. Une avant-journée rencontre et découverte qui a ouvert le bal, le 6 mars, du symposium T’es Cop ou pas Cap ? organisé par Construction21. 

En levée de rideau des tables-rondes, keynotes et pitchs qui ont rythmé une journée de réflexion aussi dense que passionnante, les leviers de la décarbonation ont été actionnés au travers de cas concrets, pistes à suivre et retours d’expérience. Capacités des bioressources, du chanvre, solutions hybrides gaz instrumentées mais aussi un coup d’œil sur l’innovation à l’international via le concept danois Living places : les témoignages se sont succédé pour démontrer la diversité d’actions pour décarboner la ville et le bâti.

« Nous n'avons pas de meilleur levier que la rénovation massive de notre parc, que ce soit pour l'atténuation que pour l'adaptation ! », a poursuivi Alexandra Lebert du CSTB, en préambule du premier temps-fort de la matinée, sous pavillon de la Tunisie, de l’Alliance HQE-GBC ou encore d’Hobo, qui a plaidé pour la mixité des matériaux et la coordination des compétences. Une vision renforcée et applicable en tendant vers une formation transverse et diffuse, ont à leur tour milité les Compagnons du Devoir et du Tour de France. Les jeunes, comme autant d’acteurs d’avenir à séduire à travers des filières attractives, et ils étaient nombreux au pré-forum à s’inscrire dans les enjeux du BTP.

Une diversité de solution en lumière, et en commun

Sur la scène du pré-forum, l’Institut de l'économie pour le climat (I4CE) était lui aussi présent pour parler de cohérence entre adaptation climatique et finance, un prisme essentiel pour penser l’adaptation à long terme. Le plan national d'adaptation climatique en est une brique, exigeant un budget à hauteur d’ambitions : « S'il n'y a pas de moyens, on sait ce qui va se passer », a prévenu Benoit Leguet, son directeur général, avant de passer le micro au terrain.

Quartier mué en ville-éponge, maillage vert reconstitué, végétalisation, cool roofing, investissements…, les exemples furent nombreux pour démontrer le potentiel de résilience des bâtiments face aux aléas climatiques et risques naturels. « 2022 fut l’année d’un record historique du nombre de communes touchées par les risques retraits et gonflements d'argiles (RGA) ; il faut travailler sur l'existant et sur le neuf, s'adapter sur les deux volets », a quant à lui illustré Lamine Ighil Ameur du Cerema, anglant le débat sur ce sujet d’ampleur dans les territoires soumis aux phénomènes de sécheresse de plus en plus fréquents. Certes, il en est une tout autre histoire au Canada, a concédé le Canada Green Building Council, sujet aux feux de forêts et à la fonte du permafrost. A chaque pays ses problématiques et ses saisonnalités, toutefois réunis autour d’une préoccupation commune.

Faire rayonner les actions à travers le monde

L'adaptation, toujours, ou comment construire et planifier l'urbanisme de demain face à la dérive climatique et ses conséquences, a su mobiliser les troupes sous les projecteurs du pré-forum. L’adaptation en dix principes pour la Global Alliance for Buildings and Construction (GlobalABC) ont posé le décor de l’après-midi, en amorce du référentiel développé par l’Alliance HQE-GBC, appliqué aux bâtiments à Haute Qualité Environnementale. Qu’il fut riche, encore, de découvrir des initiatives porteuses au Maroc, sous les traits du projet New Ecocity Zenata décrypté par Nour El Houda El Hamouni, et d’aborder dans la foulée la nouvelle génération de réseaux de chaleur et de froid urbains, notamment déployée dans la ville de Culemborg aux Pays-bas. Le temps d’une halte au Togo, c’est cette fois la terre crue locale qui façonna le débat, comme solution durable dans un pays en pénurie de ressources.

CSTB, Climate Chance…, chacun souligna in fine que l’adaptation était aussi un sujet de justice sociale, un engagement à prendre à bras le corps aussi bien par la société civile que par les acteurs publics et privés.

Assurer la relève !

De retour dans l’Hexagone après un tour d’horizon des solutions portées aux quatre coins du monde, l’heure fut aux bonnes pratiques à déployer dans les territoires. Projets d’urbanisme embarquant les citoyens, actions des pouvoirs publics face aux enjeux climatiques, COP régionales, savoir-faire anciens et nouveaux métiers, mobilité douce…, il n’en fallait pas tant pour comprendre les leviers à actionner à différentes échelles, sous l’égide d’une intelligence collective. Et la présentation finale de projets d’étudiants, en clôture d’événement, pour marquer la confiance dans la construction et ses solutions d’avenir vers une ville plus durable.

©Construction21

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