Bilan Carbone 2018 : Paris est sur le bon chemin

Bilan Carbone 2018 : Paris est sur le bon chemin

Depuis 2004, la Ville de Paris évalue tous les cinq ans les émissions de gaz à effet de serre de son territoire et de son administration, cet exercice permet d’identifier la contribution de chaque secteur d’activité et l’influence des politiques locales. 

La méthode « Bilan Carbone® » développée par l’ADEME embrasse un très large périmètre intégrant toute l’empreinte carbone de la Ville dont émissions délocalisées en dehors du territoire parisien, comme par exemple les émissions agricoles nécessaires à la production des repas consommés par les parisiens. Les services agréés de la Ville ont suivi cette méthode pour réaliser le Bilan Carbone 2018 qui a fait l’objet d’un audit et d’une certification indépendante par Sustainable metrics.

Paris dans le monde 

Depuis 2004, les émissions européennes ont baissé de 19 % et celle de la France de 17 % mais depuis 2017, les émissions de la France repartent à la hausse. L’empreinte carbone de Paris a certes une petite influence sur les émissions mondiales mais les politiques européennes influencent l’évolution des émissions de Paris. Par exemple, lorsque l’Europe a mis en place les normes Euro des véhicules, l’amélioration des véhicules européens a eu un effet positif sur les émissions parisiennes liées au transport.

Paris, capitale compacte, dense et dotée de nombreux réseaux de transports publics et énergétiques, a une intensité carbone par habitant parmi les plus faibles au monde.

intensité carbone par habitant 2016

Figure 1 : Intensité carbone par habitant (tCO2e/habitant) © CDP 2016

Les émissions locales 

Les émissions locales représentent les gaz à effet de serre directement produits sur le territoire parisien, elles concernent principalement les secteurs du bâtiment, du transport et des déchets. Ces émissions constituent le principal levier d’intervention du Plan Climat de Paris et reflètent les effets de la politique environnementale engagée par Paris et ses partenaires depuis 2007. En 2018, les émissions locales de Paris s’élèvent à 5,5 MtCO2e et sont en baisse de 25 % depuis 2004.

émissions locales parisienne en 2018

Figure 2 : émissions locales parisiennes en 2018 © Ville de Paris

Les diminutions des postes «Résidentiel» et «Tertiaire» s’expliquent en partie par la réduction des consommations d’énergie du bâti parisien grâce aux efforts de rénovation entrepris depuis 2008 : environ 65 000 logements ont été suivis par les dispositifs opérationnels de rénovation énergétique de l’habitat (Eco Rénovons Paris, OPATB 19, COCOPATB 13…). La diminution des émissions liées au transport est le résultat du recul progressif de la circulation automobile dans Paris ainsi que la progression de la motorisation des véhicules. Enfin, la mise en place de système de collecte des déchets ainsi que l’augmentation des déchets recyclés permet d’expliquer la baisse des émissions de la gestion des déchets parisiens. Rappelons que bien que les plastiques ne représentent que 17 % des poubelles parisiennes, ils sont responsables de 80 % des émissions de la gestion de tous les déchets.

L’empreinte carbone 

En complément des émissions locales produites directement sur le territoire, la Ville de Paris a fait le choix d’évaluer son empreinte carbone soit l’ensemble des émissions induites par l’activité de son territoire. En 2018, l’empreinte carbone de Paris s’élève à 22,7 millions de tonnes d’équivalent CO2 soit une baisse de 20 % par rapport à 2004. Les ¾ de ces émissions parisiennes sont générées à l’extérieur de son territoire, en effet les principaux postes de la capitale sont :

  • le transport aérien des parisiens et des marchandises,
  • le transport routier hors Paris
  • et l’alimentation.

Paris fait partie des rares capitales à inclure le transport aérien de ses habitants dans son bilan carbone.

empreinte carbone parisienne 2018

Figure 3 : empreinte carbone parisienne en 2018 © Ville de Paris

Les émissions de gaz à effet de serre du secteur aérien constituent le premier poste du bilan des émissions de gaz à effet de serre à Paris. Le secteur de transport aérien comprend les émissions des vols des parisiens et des marchandises en provenance et à destination des deux aéroports desservant la capitale. Ce poste d’émission a diminué depuis 2004 grâce à un taux de remplissage optimisé des avions et des distances parcourues moins importantes.

L’alimentation des parisiens est moins carnée et donc moins carbonée bien que souvent composée de plats préparés, consommés notamment dans les 5 700 restaurants. Plus de 60 % des Parisiens réalisent ainsi leur courses dans leur quartier de résidence contre seulement 7,7 % en hard discount. Plus généralement la prévalence de l’obésité y est moins importante que dans le reste de la France (10,7 % contre 14,5 %) et les parisiennes consacrent en moyenne un budget plus élevé pour une alimentation de qualité.

Focus sur l’Administration parisienne

Il est entendu par «Administration parisienne», tous les services municipaux et départementaux qui assurent le fonctionnement de la collectivité parisienne :

  • crèches ;
  • écoles ;
  • bibliothèques ;
  • conservatoire ;
  • service de propreté ;
  • et collecte des déchets, espaces verts, voiries, cimetières, flottes de véhicules, etc.

Tous ces services représentent environ 1 % de l’empreinte carbone de Paris soit 244 700 tCO2e. Les équipement publics (bâtiments et éclairages publics) demeurent le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre représentant presque la moitié des émissions de l’administration. Depuis 2007, le Plan Climat de Paris a introduit de nouvelles exigences en particulier dans le domaine :

  • des normes de construction ;
  • des achats durables et responsables ;
  • de l’augmentation significative de la part d’aliments d’origine locale et biologique dans la restauration collective ;
  • de la rationalisation des flottes municipales ;
  • ou la mise en place du télétravail.

Ces mesures ont permis d’éviter l’émission de 50 000 tCO2 soit un gain brut de 17, 4 %.

bilan carbone de l'administration 2018

Figure 4 : bilan carbone de l’Administration parisienne 2018 © Ville de Paris

Un effort encourageant à poursuivre

De 2004 à 2018, la Ville de Paris a réduit son empreinte carbone de 20 %, ses émissions locales de 25 % et les émissions de son administration de 9 % : si ce rythme est maintenu la ville peut espérer atteindre ses objectifs de neutralité carbone en 2050.

évolution des émissions 2004-2050

Figure 5 : évolutions des émissions de Paris 2004-2050 © Ville de Paris

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  • APC Cécile Gruber

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