[Lettre Contact n°5] – CSTB / Projet de recherche BTPFlux

Rédigé par

Communication CSTB

669 Dernière modification le 18/07/2023 - 13:01
[Lettre Contact n°5] – CSTB / Projet de recherche BTPFlux


Estimation des flux de Produits, Équipements, Matériaux et Déchets du bâtiment, avec Édouard Sorin, ingénieur recherche et expertise à la direction Économie et Ressources du CSTB. 

Concrètement, comment BTPFlux s’emploie-t-il à aider les collectivités, les aménageurs ou les gestionnaires de patrimoine à définir leur stratégie d’économie circulaire appliquée au bâtiment ?*


Outil permettant de réaliser une analyse des flux de Produits, Équipements, Matériaux et Déchets (PEMD) issus des bâtiments, BTPFlux permet d’aider les décisionnaires à mieux anticiper et appréhender les flux pour établir une stratégie d’économie circulaire adaptée aux spécificités de leur territoire. Pour ce faire, il est essentiel de caractériser le parc existant de bâtiments d’un territoire ainsi que sa dynamique en considérant, pour chaque année, des taux de construction, déconstruction et rénovation pour chaque typologie de bâtiment, afin de quantifier les quantités de PEMD générés et consommés par celui-ci.

C’est ce que propose de faire BTPFlux pour chaque territoire de la France métropolitaine, avec la possibilité d’intégrer plus de spécificités territoriales, comme les grands projets d’urbanisme ou la prise en compte des filières de valorisation locales.

Avec quels autres outils est-il en lien ?

Pour caractériser au mieux le parc de bâtiments, BTPFlux s’appuie sur deux autres dispositifs numériques développés par le CSTB, regroupant des bases de données qui comptent parmi les plus précises et les plus complètes du territoire français : la Base de Données Nationale des Bâtiments

(BDNB), dont les informations s’avèrent essentielles pour estimer ensuite la matérialité des bâtiments, comme la période de construction, l’usage principal, voire le matériau principal de structure ou encore le type d’isolation ; l’outil TyPy, qui embarque une base de données de composants génériques du bâtiment.

Chaque composant contient un ensemble de propriétés permettant de réaliser différents types de calcul (thermique, analyse du cycle de vie, quantité de PEMD, etc.). Grâce à plusieurs algorithmes, TyPy peut « reconstruire » un bâtiment à partir d’un nombre limité d’informations et ainsi caractériser sa matérialité.

En couplant les informations de la BDNB et la puissance de TyPy, BTPFlux offre une caractérisation de la matérialité du parc existant de bâtiments extrêmement détaillée à l’échelle de la France métropolitaine. Mais, comme tout exercice de modélisation, cette approche n’est pas parfaite, car les estimations faites par BTPFlux sont bien plus fiables sur les bâtiments résidentiels que non résidentiels. Une meilleure prise en compte de ces derniers est l’un des objectifs de développement prévus cette année

Quelles sont les perspectives de cet outil ?

Comme la matérialité des bâtiments est décrite à l’échelle des composants, BTPFlux a le potentiel pour offrir une estimation des flux pour chaque catégorie de déchets associés et pour chaque produit ou équipement potentiellement réemployable, ce qui en fait peut-être sa plus grande force. Pour le moment, nous n’avons intégré qu’un peu plus d’une dizaine de catégories de déchets, mais des développements sont en cours à travers un projet réalisé en partenariat avec la Région Île-de-France, entre autres, pour passer à une quarantaine de catégories et aller jusqu’à une granulométrie suffisamment précise pour établir une stratégie d’économie circulaire la plus pertinente possible. Des liens avec la future nomenclature de la plateforme PEMD sont prévus.

Après avoir concentré nos efforts sur les flux relatifs au parc existant, des travaux sont également en cours pour intégrer prochainement les flux de la construction neuve, principaux chantiers consommateurs de matière, mais également producteurs de rebuts. Les perspectives de développement complémentaires sont nombreuses (renforcement de la précision du modèle en intégrant plus de données spécifiques, couplage avec les filières de valorisation, élargissement du périmètre pris en compte, etc.), et seront à préciser en fonction des besoins remontés par les utilisateurs et leurs parties prenantes.

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