À la Cité des Sciences de Paris, rien n’est à jeter dans cette expo sur les déchets

Rédigé par
Amandine Martinet - Construction21

Journaliste

885 Dernière modification le 11/12/2023 - 11:09
À la Cité des Sciences de Paris, rien n’est à jeter dans cette expo sur les déchets

Du 5 décembre 2023 au 1er janvier 2024, une nouvelle exposition temporaire prend place au sein de la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris. « Précieux déchets », comme son nom l’indique, redonne leur lettre de noblesse à ceux que l’on souhaite trop souvent oublier… notamment dans le secteur du BTP.


Le concept a d’abord été présenté au Design Museum de Londres il y a environ deux ans, sous le nom Waste age : what can design do ? puis est passé par Hong-Kong avant d’arriver dans la capitale française sous une forme adaptée à la culture tricolore. « Précieux déchets » met sur le devant de la scène une thématique certes peu attrayante au départ, mais parfaitement cruciale à bien des niveaux – environnemental, économique ou social pour ne citer qu’eux. 

Montrer les cachés 

Au travers de 75 projets de designers français et internationaux, exposés tels des objets d’art dans une galerie, l’exposition pose de façon visuelle et ludique la question des déchets, de leur présence dans nos vies et de leur avenir. 

Concrètement, pour explorer le sujet, la cité des sciences a construit un parcours en trois étapes distinctes. « L’apogée des déchets » retrace la genèse du comment et pourquoi sommes-nous aujourd’hui submergés par des rejets incompatibles avec nos exigences de décarbonation. La partie « Potentiel des déchets », elle, propose de changer de regard sur ces indésirables en explorant toutes les façons de les revaloriser. Pour conclure ce cheminement, « Fin des déchets » parle de la possibilité d’un monde autre, où les objets sont durables et où l’économie circulaire est effective.  

La part du bâtiment

Dans la masse de déchets dans lequel sont plongées nos sociétés – plus de 2 milliards de tonnes de détritus générés chaque année dans le monde –, le BTP pèse un poids considérable : en 2015, la construction représentait à elle seule 13 millions de tonnes de déchets plastiques rejetés dans les océans par an. 

Ces chiffres ne sont pourtant pas une fatalité, et c’est aussi ce que l’exposition – « très optimiste », des dires de sa commissaire Dorothée Vatinel – veut dire. Plusieurs projets présentés dans « Précieux déchets » attestent ainsi de la possibilité (et la nécessité !) de revaloriser et réemployer les matières existantes plutôt que de les détruire ou les jeter. La Cork house en Angleterre est constituée d’un matériau 100% durable fabriqué à base de déchets de liège. Les briques ainsi constituées sont facilement démontables et elles-mêmes réutilisables sans nuisances pour l’environnement. Autre exemple, la Cité du Grand Parc à Bordeaux, où 3 immeubles ont été réhabilités par les architectes Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, pour qui la destruction de l’ensemble aurait été une aberration – à l’image des images marquantes de la démolition de la barre Debussy à la Cité des 4000 à La Courneuve, en 1986. 

Dans le documentaire « Imaginaires de transformation » consacrée à cette dernière opération de rénovation, par Karine Dana, les architectes parlent de « l’existant incomplet » que représente le parc immobilier des années 1950 à 1970, qui porte en lui des valeurs et une histoire, celle de ses habitants notamment, et qu’il s’agit donc de prolonger plutôt que de détruire. 

Le sujet vous intéresse ? Vous n’avez qu’un petit mois pour aller voir ces déchets stars ! 

05/12 - 01/01/2024
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