Rénovation obligatoire, énergies bas carbone... la stratégie énergie-climat se précise

Rédigé par

Anne-Sophie Tardy - Construction21

Responsable de l'éditorial

968 Dernière modification le 14/09/2023 - 11:26
Rénovation obligatoire, énergies bas carbone... la stratégie énergie-climat se précise

Les groupes de travail qui planchaient sur les travaux de préparation à la stratégie française énergie-climat viennent de rendre leur copie. Parmi la centaine de propositions, les experts recommandent de systématiser la rénovation lors des mutations et envisager une obligation de rénovation de certaines copropriétés d’ici 2030.

C'est un devoir long de quatre mois qui vient d'être présenté par le ministère de la Transition énergétique. Le cabinet d'Agnès Pannier-Runacher avait missionné élus, institutions gouvernementales, énergéticiens et experts du secteur tels que l'a4mt, Amorce ou encore la Fédération française du Bâtiment pour réfléchir à la stratégie énergie-climat que doit suivre la France en vue de la neutralité carbone en 2050.

Les groupes de travail, répartis entre sobriété énergétique, efficacité énergétique, production d'électricité, production de chaleur et autres énergies bas carbone, innovation et transition énergétique dans les zones non interconnectées ont restitué une liste de cent propositions ambitieuses, avec toujours en toile de fond le " défi du siècle " de sortir des énergies fossiles.

- 1,9 % de consommation énergétique par an dans les organismes publics

Afin de maîtriser au mieux les consommations énergétiques, les experts recommandent de déployer massivement des dispositifs de pilotage (chauffe-eau, chauffage, infrastructures de recharge de véhicule électrique), intégrant des solutions de lissage des pointes. Autre proposition à destination des collectivités, fixer aux organismes publics un objectif de réduction de leurs consommations énergétiques de 1,9 % par an.

Systématiser la rénovation lors des mutations des bâtiments a également été identifiée comme une action à suivre, de même qu'envisager une obligation de rénovation de certaines copropriétés d’ici 2030 en assurant un reste à charge faible pour les ménages aux revenus modestes.

La capacité PV installée X5 d'ici 10 ans

Pour décarboniser l'électricité, le groupe de travail concerné propose de planifier dès 2024 le développement de l’éolien en mer sur les quatre façades pour avoir 18 GW en service en 2035, avec un appel d’offres totalisant au moins 8 GW d’ici fin 2025, dimensionné au maximum réalisable industriellement par la filière française, plus que doublant les projets déjà engagés. Le solaire photovoltaïque devra lui aussi accélérer son déploiement, avec une multiplication par presque 5 de la capacité photovoltaïque installée entre 2022 et 2035 pour atteindre plus de 75 GW.

Au sein de la production nucléaire, les experts préconisent de restaurer une disponibilité des réacteurs existants cohérente avec les meilleurs standards internationaux et lancer des études sur l’augmentation de puissance pour certains réacteurs et sur la poursuite d’exploitation après 50 et 60 ans, afin de viser une production de 400 TWh par an (contre 280 TWh en 2022), de lancer un programme de 6 réacteurs EPR2 et d'être en capacité d’ici 2026 de prendre
une décision sur la réalisation de 8 EPR2 supplémentaires.

Réseaux de chaleur, géothermie et biomasse à accélérer

De même pour la production de chaleur, l'accélération du déploiement des réseaux de chaleur, la géothermie, le solaire thermique et la récupération de la chaleur fatale, a été préconisée, en renforçant par exemple le fonds chaleur et les obligations d’études de faisabilité.
Selon les experts consultés, la disponibilité de la biomasse devra également être optimisée, sous toutes ses formes, en mettant en place une priorisation des usages et une gouvernance nationale.

« Il y a des sujets à approfondir » a confié la ministre de la Transition énergétique lors de la restitution des travaux. Le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) devrait être « mis à la consultation dans les prochaines semaines », avant le « projet de loi autour de l’énergie et du climat », a indiqué Agnès Pannier-Runacher. 

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