Deux tiers des Français souffrent de la chaleur dans leur logement

Rédigé par
Anne-Sophie Tardy - Construction21

Responsable de l'éditorial

531 Dernière modification le 12/10/2023 - 10:54
Deux tiers des Français souffrent de la chaleur dans leur logement

Selon le 9ᵉ baromètre Teksial sur les Français et la rénovation énergétique, le confort estival gagne en importance. Près d'un Français sur deux ayant déjà eu trop chaud chez lui est prêt à réaliser des travaux de rénovation pour améliorer cet inconfort.

La rénovation énergétique semble toujours occuper le haut de la liste des priorités des Français, à en croire le 9ᵉ baromètre publié par Teksial. Selon le sondage réalisé par OpinionWay pour le compte du délégataire de CEE, 58 % des Français voient la rénovation énergétique comme une réponse à leurs problématiques. Et parmi elles, le besoin de moins subir les températures élevées chez soi gagne du terrain.

Selon le baromètre, près de deux Français sur trois, soit 64 % des répondants, souffrent de la chaleur l'été dans leur logement. Soit deux points de plus par rapport à la précédente édition du baromètre. Les Franciliens sont particulièrement touchés, 73 % d'entre eux ayant fait part de cet inconfort estival. L'étude nous apprend d'ailleurs que parmi ces Français ayant déjà eu trop chaud chez eux, près d'un sur deux (46 %) est prêt à réaliser des travaux pour améliorer son confort en été.

Peu de travaux pour moins de coups de chaud

Concernant les solutions mises en place pour survivre à ces fortes températures, les travaux de rénovation énergétique ne sont pas encore un réflexe. Seuls 13 % ont réalisé des travaux de rénovation énergétique et 12 % ont installé des protections solaires. 53 % des Français déclarent avoir recours au simple ventilateur, tandis que 16 % ont préféré installer un système de climatisation. Sobriété énergétique oblige, 43 % des répondants font le choix d'attendre la tombée de la nuit pour retrouver la fraîcheur chez eux.

Bien sûr, le baromètre nous rappelle également la part importante de Français ayant froid chez eux. Ils sont 45 % à déclarer souffrir de l'hiver dans leur logement, un chiffre stable par rapport au précédent sondage. Les locataires sont plus représentés que les propriétaires, 57 % contre 39 %. Le prix des énergies a engendré des modes de consommation différents l'hiver dernier. Un Français sur deux déclare avoir suivi les recommandations gouvernementales en baissant le chauffage à 19 °C. Un sur quatre a même complètement coupé le chauffage dans certaines pièces. 7 % des répondants sont allés jusqu'à couper entièrement le chauffage durant tout l'hiver. Le baromètre ne dit pas si ces foyers ont choisi d'éteindre le chauffage faute de finances disponibles pour payer les factures énergétiques.

Les Français en froid avec le chauffage

Pour répondre à cet inconfort hivernal, ici encore, la rénovation énergétique n'est pas légion. Seulement 10 % des répondants déclarent avoir réalisé des travaux. Pourtant, 58 % des Français estiment que les travaux de rénovation énergétique sont une nécessité, aussi bien pour lutter contre le froid que pour s'adapter aux canicules. Ce score atteint son niveau le plus élevé depuis le début du baromètre en 2016. Parce que rénovation énergétique ne peut pas se dissocier de la précarité énergétique grandissant, faute du prix des énergies, le baromètre nous apprend que deux personnes sur trois vivant dans un foyer au revenu mensuel de moins de 2 000 euros se sentent particulièrement concernées.

Le manque de moyens financiers est d'ailleurs un frein majeur dans la décision de réaliser des travaux énergétiques. 43 % des répondants hésitent à se lancer pour cette raison. 21 % avouent ne pas connaître les dispositifs d'aides, 18 % pointent du doigt la complexité des démarches et 13 % ne savent pas vers qui se tourner. Alors que le gouvernement vient d'annoncer un renforcement des aides MaPrimeRénov' pour 2024, selon le baromètre, plus d'un Français sur deux (58 %) n'est toujours pas en mesure de citer une aide financière permettant de réaliser des travaux de rénovation énergétique.

Justement, parmi ceux qui comptent réaliser des rénovations énergétiques, 47 % les financeraient grâce à leur épargne personnelle, soit une augmentation de 6 points. 45 % évoquent également les aides directes à la rénovation. 39 % prévoient de contracter un prêt, dont 22 % un éco-PTZ.

Le geste qui compte ?

En revanche, si le gouvernement veut intensifier les rénovations globales, du côté des particuliers, c'est encore le geste simple qui prime. Un répondant sur deux envisage de réaliser au moins un type de travaux dans les deux ans à venir alors que seulement un sur quatre serait prêt à rénover complètement son logement. Parmi les passoires thermiques en location, seulement un quart des propriétaires déclare vouloir entreprendre des travaux de rénovation énergétique de son logement classé G. Le diagnostic énergétique devient pour sa part une étape primordiale. 24 % réaliseraient un audit de performance énergétique du logement. Quant à savoir comment l'interdiction de louer ces passoires thermiques influe, le baromètre nous apporte déjà un premier élément de réponse : 22 % des répondants ont annoncé vouloir vendre leur bien et 11 % le retirer de la location. De quoi tendre encore un peu plus le marché de l'immobilier ?...

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