Equans veut devenir le BOS de l'exploitation vertueuse du tertiaire

Rédigé par

Anne-Sophie Tardy - Construction21

Responsable de l'éditorial

983 Dernière modification le 13/10/2023 - 11:00
Equans veut devenir le BOS de l'exploitation vertueuse du tertiaire

A l'heure du DEET et du BACS, mais surtout de l'inflation du prix des énergies, faire communiquer les équipements d'un bâtiment en temps réel pourrait devenir une nécessité pour les exploitants. Quitte à revoir toutes les installations ?

Vous connaissiez le BIM, mais avez-vous déjà entendu parler du BOS ? Les plus initiés ont évidemment hoché de la tête, évoquant pour certains l'intérêt énergétique de faire communiquer tous les équipements lors de l'exploitation d'un bâtiment tertiaire, pour les autres les complexités justifiées d'interopérabilité entre ces mêmes appareils. Parce que le BOS (Building Operation System) a pour objectif de servir les usagers d'un bâtiment afin d'optimiser l'utilisation qu'ils ont des lieux, en temps réel, entre éclairage, ventilation, chauffage et autres. Problème, si le BIM gagne du terrain lors de la numérisation d'un projet dès sa conception, le BOS, lui, doit encore passer quelques étapes.

« Le BOS existe depuis longtemps, la notion d’opérabilité aussi, mais c’est quand on est acculé au pied du mur qu’on y va, confie Renaud Ribal, directeur opérationnel du pôle Data & intégration de systèmes au sein d'Equans Digital. C’est ce qui se passe avec le décret Eco Energie Tertiaire (DEET) et le décret BACS. Les exploitants doivent rendre des comptes à l'Etat sur les consommations énergétiques de leurs bâtiments et les résultats de réductions, au risque d'un name and shame. " Equans Digital s'est d'ailleurs lancé dans le BOS timidement début 2022. Six mois après, le pôle s'occupait de deux projets dans le tertiaire. Aujourd'hui, Renaud Ribal et ses équipes en compte une quinzaine. En plus de contrôler à l'instant T la vie de son bâtiment, s'équiper d'un BOS devient une aubaine pour les propriétaires qui souhaitent valoriser leur asset »,  estime-t-il. Mais le BOS est-il un niveau si facile à passer ?

Le BOS, traducteur automatique ?

« Le principe de base est un échange de données entre différents outils, simplifie Renaud Ribal. Sauf que pour que les différents services se comprennent, il faut normer leur communication. Aujourd'hui, tous les éditeurs ou fabricants ne distribuent pas la même information, ou en tout cas, pas dans la même langue. C'est donc notre métier, de créer une brique qui rend communicants les systèmes entre eux. Par exemple, la GTB utilisera comme protocole le modbus, mais le système informatique classique parle en http. Grâce à un microservice, nous allons traduire le modbus en http pour que les informations livrées par la GTB soient comprises. »

Si le BOS semble être un outil de numérisation idéal à mettre en place quand la page est vierge, il peut aussi être adapté à des projets de réhabilitation, à l'instar de la transformation de la ZAC des Docks à Saint-Ouen (93). Equans Digital est notamment en charge de préconiser certains matériel, de fournir les équipements et l'infrastructure et de créer la politique de sécurité du système d'information. «  Nous réalisons l'intégration de l'outil BOS avec une configuration sur site​​, appuie Renaud Ribal. « Pour les projets de rénovation, si les équipements sont trop anciens, si le protocole utilisé n'est pas normé, nous préférons remplacer les appareils pour plus d'efficience énergétique. »

Reste que pour être justement le plus efficace possible, le BOS nécessite une certaine précision. « Tout repose sur la définition des cas d'usage. A terme, l'avantage premier reste la réduction de temps de prise de décision des équipements. Avant le BOS, l'exploitant pouvait mettre plusieurs jours pour décider de réduire l'utilisation de tel ou tel équipement en fonction de la vie du bâtiment, parce qu'il est amené à s'adapter à ses occupants dont les habitudes peuvent évoluer. Aujourd'hui, ce temps de latence est réduite à une seconde. C'est colossal quand cela se mesure financièrement. »​​​​​​​

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