Économie circulaire – réversibilité Bonnes pratiques et pistes d'actions pour réduire les impacts environnementaux

Économie circulaire – réversibilité Bonnes pratiques et pistes d'actions pour réduire les impacts environnementaux


L’ADEME propose un recueil qui précise les actions menées dans le domaine de l’économie circulaire appliquée au secteur du bâtiment. Réalisé par setec et Remix, il est le fruit d’un travail de benchmark qui a permis d’identifier puis de sélectionner des pratiques exemplaires. Les acteurs engagés y explicitent les approches et solutions mises en œuvre pour inscrire leurs opérations dans une démarche d’économie circulaire et de réversibilité. 

Ce recueil met en lumière des processus de réalisation appropriables et généralisables par l’ensemble du secteur du bâtiment, permettant de dépasser les difficultés techniques, assurantielles, logistiques, culturelles pour faire aboutir les projets. 

Il a pour objectif de montrer par le projet la manière dont les pratiques du secteur du bâtiment peuvent muter afin d'être plus sobres en ressources, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. La circularité et la réversibilité du bâti nécessitent la transformation des habitudes constructives et de rénovation du parc existant, habitudes souvent très ancrées. 

  1. La première partie du recueil est dédiée aux piliers de l’économie circulaire transposés aux pratiques du secteur du bâtiment.
  2. La notion de réversibilité, permettant de faciliter la transformation d’un bâtiment est développée dans une deuxième partie.

Le recueil est téléchargeable gratuitement ici

A.    CONTEXTE

Montrer la richesse des actions d’économie circulaire

L’ADEME faisait le constat d’une dissémination des opérations exemplaires, trop marginales pour permettre une généralisation et pousser les maîtres d’ouvrages, maîtres d’œuvre, les entreprises ou les usagers à développer l’économie circulaire à différentes phases du projet. Les enjeux étaient de préciser les actions qui peuvent être menées sur l’ensemble des 7 piliers de l’économie circulaire définis par l’ADEME, en faisant un focus sur la réversibilité et la nécessité de penser tout le cycle de vie des bâtiments dès la conception en anticipant leur capacité à changer (d’usage, en étant flexibles, modulables, réversibles, déconstructibles).

L’économie circulaire ne se réduit pas au réemploi ou au recyclage, elle englobe des notions plus larges pour aboutir à un usage plus raisonné de nos besoins de matière, notre manière de concevoir, de construire et d’occuper les bâtiments. L’ADEME définit l’économie circulaire comme « un système économique d’échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits, vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement, tout en développant le bien-être des individus ». 

Certains piliers de l’ADEME bousculent nos habitudes et ont été plus difficiles à définir et à documenter. Le cas le plus flagrant concerne le pilier n°4, l’économie de la fonctionnalité et de la coopération (EFC). Elle peut prendre différentes formes. On finance alors un service lié à l’utilisation d’un produit et non le produit lui-même. (Température d’un espace au lieu de financer le produit « chaudière », assurer le clos-couvert au lieu du produit « module de façade » ...). Ce changement de paradigme permet de garantir le fonctionnement et la pérennité d’un produit, sa traçabilité, puis de faciliter son réemploi ou son recyclage à la fin de son cycle d’usage. L’EFC peut être aussi être appréhendée à l’échelle du bâtiment avec l’intensification de son usage pour éviter la vacance ou la construction de nouveaux bâtiments.

Sélection des cas d’étude

Comme vu précédemment, les cas d’études ont été sélectionnés à l’aune de problématiques d’économie circulaire spécifiques (les leviers ADEME). Ils ont été aussi choisis pour assurer une représentativité de l’ensemble du territoire français (et éviter une sur-représentation de projets franciliens), des différentes démarches mobilisables en fonction des phases du projet (de la conception à la déconstruction) et des différents acteurs concernés (maîtrise d’ouvrage, d’œuvre, entreprises et usagers). 

Des indicateurs ont été établis pour la sélection des cas d’étude les plus pertinents malgré des projets tous intéressants, mais aussi très hétérogènes (en termes de démarches, budget, surface...). Les indicateurs avaient pour objectif de prendre en compte les grands enjeux en établissant un cadre commun.

B.    CONTENU DU RECUEIL 

Les actions en faveur de l’économie circulaire et de la réversibilité sont décrites dans le recueil grâce à l’analyse de cas d’études et d’entretiens menés avec les acteurs permettant d’identifier les freins, les opportunités et les bénéfices d’une pluralité d’actions : de la réflexion autour du métabolisme urbain à la déconstruction en passant par des exemples singuliers comme les tricoteuses de Rosny-sous-Bois. (Elles ont tricoté des gilets pour les élèves de l’école des Boutours et assurer le confort autrement que par l’augmentation de la température du chauffage).

La première partie du recueil est dédiée aux piliers de l’économie circulaire transposés aux pratiques du secteur du bâtiment :

  1. Approvisionnement durable
  2. Ecoconception
  3. Ecologie industrielle et territoriale
  4. Economie de la fonctionnalité
  5. Consommation responsable
  6. Allongement de la durée d’usage
  7. Recyclage

La deuxième partie de ce recueil concerne la réversibilité. Comme l’économie circulaire, elle peut prendre différentes formes. 

  1. Construction Réversible : élaborer une théorie et la mettre en pratique
  2. Évolutivité : anticiper les changements d’usages
  3. Démontabilité : concevoir le bâtiment comme une banque de matériaux
  4. Réemploi des matériaux : valoriser les matériaux de second œuvre
  5. Chronotopie : optimiser l’utilisation temporelle d’un lieu
  6. Renforcement structural : consolider pour conserver
  7. Transformation : adapter l’architecture du quotidien à de nouveaux usages
  8. Adaptation du patrimoine : préserver en répondant aux besoins contemporains

 

C.    ENSEIGNEMENTS

Les enseignements sont synthétisés pour chaque fiche grâce à des encarts précisant les bonnes pratiques à retenir et à répliquer et les données sur les impacts environnementaux, économiques et sociaux. Notamment, ceux qui concernent les piliers « allongement de la durée d’usage », « construction réversible » et « réemploi des matériaux », proches de la thématique du dossier construction 21.

De notre étude et des entretiens émergent également des enseignements plus globaux. 

Les limites d’une transition entre linéarité et circularité

Les acteurs des projets présentés dans le recueil ont témoigné des difficultés rencontrées, mais le résultat de leur démarche est la preuve que des stratégies existent pour les résoudre

  • Le frein culturel apparaît en premier : les habitudes des acteurs sont bousculées par l’intégration de pratiques circulaires. L’acculturation des décideurs, concepteurs et entreprises accélère cette transition. 
  • L’impact financier des pratiques d’économie circulaire génère des craintes en raison du manque de diffusion des informations relatives au bilan économique des opérations, alors même qu’elles peuvent permettre des économies financières. Par exemple, la transformation d’un immeuble conçu de manière réversible coûte 30% de son prix initial. En revanche s’il n’est pas conçu pour la réversibilité, la transformation peut coûter de 100 à 130% du prix initial. 
  • Les freins techniques sont levés progressivement. Le développement rapide des filières, par la montée en compétence des acteurs, l’apparition d’outils numériques, la création de structures comme les plateformes de réemploi, de recyclage et l’augmentation du nombre de fournisseurs spécialisés dans les matériaux durables, participent aussi à la résolution des sujets opérationnels
  • L’évolution du cadre législatif s’impose comme un moteur des évolutions, ainsi on observe les premiers effets de la loi Climat et résilience, de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire ou encore de la RE 2020. 

L’importance de la donnée

Regrouper les données sur les opérations menées pour analyser les impacts des actions d’économie circulaires se révèle complexe. Pourtant, pour la plupart des acteurs, ces données semblent capitales pour pousser à la réduction des impacts. La production de données sur les projets réalisés permet de quantifier les impacts (environnementaux, sociaux, financiers) des choix constructifs, pour objectiver, progresser, vérifier la pertinence des choix. 

Massifier les pratiques démonstratives 

Afin de faire progresser les démarches d’économie circulaire dans le bâtiment, il semble prioritaire de produire des données et d’accompagner la réalisation de retours d’expériences environnementaux, sociaux et financiers. Cela doit permettre de construire des indicateurs communs qui permettront ensuite de comparer les projets et de guider les décideurs dans leurs choix, qu’ils soient concepteurs, maîtrises d’ouvrage ou institutions. La production de retours d’expérience est cruciale pour faire progresser la circularité en mettant en avant les bonnes pratiques, les erreurs à ne pas reproduire, et en diffusant les méthodologies performantes. Le recueil participe à la diffusion de ces pratiques circulaires.

 

Un article signé Ingrid Bertin, Rafael Dias-Simoes (Setec tpi) et Solène Marry (ADEME)


Article suivant : Panorama retours d’expérience : 3 exemples de projets locaux et une diversité de leviers actionnés pour massifier le réemploi


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Auteur de la page

  • Rafael Simoes

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