La STEP de Kénitra satisfait aux exigences environnementales et sanitaires

La Société de Travaux Agricoles Industriels et Publics (STAIP), en collaboration étroite avec WATERLEAU, spécialisée dans les domaines du traitement de l’eau, de l’air et des déchets, entame la phase finale des travaux de la construction de la station d’épuration des eaux usées (STEP) des villes de Kénitra et Mehdia. Un chantier mené dans le respect des normes sanitaires et environnementales grâce, notamment, à l’usage de produits performants conseillés par la société SODAP.

Kénitra, anciennement Port Lyautey, est une nouvelle ville crée par le Protectorat qui l’a doté d’un port fluvial destiné essentiellement à transporter et exporter les richesses agricoles du Gharb, à l’époque, peuplé par de gigantesques fermes coloniales. C’est l’une des grandes villes marocaines du nord-ouest du Royaume. La ville se trouve sur la rive sud de l’oued Sebou, à 12 km de l’embouchure sur l’océan Atlantique au niveau de Mehdia-plage. Elle se situe dans un carrefour de routes commerciales, reliant les villes du nord et de l’oriental du Maroc.

Comme toutes les grandes villes du royaume, la population de Kenitra augmente de plus en plus au cours de ces dernières décennies. Compte tenu de ce phénomène, l’utilisation des eaux usées domestiques de cette ville ne cesse d’accroitre, et ses eaux sont rejetées sans traitement préalable au moyen de six collecteurs dans l‘oued Sebou, l‘Océan Atlantique et le lac Fouarate, causant ainsi des risques sanitaires et environnementaux désastreux.
Afin de remédier à ce fléau, un plan stratégique de développement intégré a été mis en place. Il couvre toute la province, et ambitionne d’accompagner le développement urbain et démographique de cette région et consolider son positionnement économique tout en améliorant le cadre de vie de ses habitants.

C’est ainsi que fut programmée la construction de la station d’épuration des eaux usées (STEP), qui vise en premier temps à réduire les charges polluantes engendrées par les rejets des eaux usées à l’état brut dans l’Oued Sebou. Financé par les fonds propres de la Régie autonome intercommunale de distribution d’eau, d’électricité et d’assainissement liquide de Kénitra (RAK) et en partie par le programme national d’assainissement (PNA), elle tient compte des normes environnementales, et convoite avant tout, la suppression définitive des rejets directs des eaux usées des villes de Kénitra, Mehdya et de la commune rurale de Sidi Taibi dans l’Oued Sebou, en traitant les eaux usées interceptées au niveau de l’exutoire de chacun des collecteurs principaux avant leur évacuation.

Le projet qui est réalisé clé en main par la Société des Travaux Agricoles Industriels et Publics (STAIP) et WATERLEAU, a nécessité une enveloppe budgétaire de l’ordre de 518 MDH, et l’achèvement des travaux est prévue pour fin 2018.

Cette station s’étend sur une superficie de 12 ha, dont environ 7 ha pour la première phase et 5 ha pour l’extension future. Répondant aux normes internationales, elle est de type boues activées à moyenne charge avec une capacité de traitement d’une pollution équivalente à 700 000 équivalent habitant (EH) à l’horizon 2020 et à 1 050 000 EH à l’horizon 2030, et permettra de produire du biogaz en traitant un débit qui s’élève à 92.000 m3/j à l’horizon 2030.

Compte tenu de la grandeur des ouvrages et leur poids, et afin d’éviter un éventuel risque d’effondrement, des drains verticaux ont été implantés sur toute la surface du projet pour consolider le sol et surélever la plateforme de la station. Le taux d’avancement de la mise en place de ces installations a atteint 100%, par contre celui du génie civil a atteint 50%.

Cet ouvrage a été réalisé suivant les techniques modernes, sa construction se caractérisant principalement par la production d’électricité, par la cogénération du biogaz qui satisfait plus 45 % des besoins de la station en électricité, et par les panneaux photovoltaïques qui assurent 100 % des besoins en éclairage.

Le respect des normes environnementales, dans la phase de réalisation, a également été pris en considération dès le début du chantier, à travers la mise en place de bacs de rétention pour les vidanges d’huiles, l’approvisionnement en matériaux de remblais à proximité en vue de réduire les émissions du CO2 par les engins de transport, et la mise en place d’un bassin de rétention des eaux de lavage toupies à béton pour être réutilisée à plusieurs reprises.
SODAP a conseillé l’utilisation de solutions performantes, répondant aux exigences techniques du projet, à savoir l’application du système LANKORESIST. Ce dernier, est un système anticorrosion qui assure la protection intérieure des réservoirs en béton soit en imperméabilisation (sans armature), soit en étanchéité (avec armature).

Ces préconisations sont conformes aux normes environnementales et notamment celles relatives à la sécurité sanitaire. D’ailleurs, Amal Loukehaich, responsable technique de SODAP affirme que « Les produits utilisés tels que la gamme des mortiers PAREXLANKO, et la gamme d’adjuvants CHRYSO, ne contiennent pas de produits cancérigènes, ni reprotoxiques ».

SODAP ne s’est pas contenté de livrer un produit mais un réel accompagnement technique a été assuré pendant toutes les phases du projet : formation des applicateurs etc.

Consciente de l’importance des objectifs qui sont assignés à sa société, Amal Loukehaich conclue « La préservation des ressources hydriques nationales est critique, dans ce sens, SODAP MAROC veut mettre toute son expérience et son savoir-faire au service de la pérennisation des ouvrages de stockage d’eau, ainsi que de la prévention la pollution des nappes phréatiques par le passage d’agents polluants au travers des ouvrages ».

Grâce aux importants projets prévus, le plan d’assainissement liquide de la ville de Kénitra va contribuer à la préservation de la nappe phréatique de l’oued Sebou, deuxième plus grand du Maroc, à stimuler l’activité touristique et économique dans la province, et à améliorer la qualité de vie de la population locale.

La ville occupe une place centrale dans les stratégies et plans du développement du pays. Elle est le chef-lieu d’une région qui s’estime parmi les plus compétitives et attractives, économiquement et démographiquement parlant. Toutefois, l’adoption de projets ciblés destinés à promouvoir le développement local, et à améliorer le cadre de vie de la population, est primordiale, en apportant des réponses durables aux besoins provoqués par l’urbanisation.

Paru dans CDM Chantiers du Maroc n°165 – Octobre 2018


Modéré par : Assia GOUDA

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