Les murs végétaux, pour la décoration ou pour la performance énergétique

Publié par Laetitia Malega

Depuis quelques années, le mur végétalisé est en plein essor dans le domaine du bâtiment. Le Neobuild Innovation Living Lab s’est expérimentalement végétalisé afin de tester ces nouvelles techniques de régulation.

Grâce à différentes techniques d’accroches et de poses, les murs végétaux peuvent être installés à l’intérieur ou à l’extérieur du bâtiment avec pour chacun d’entre eux des spécificités bien particulières. Nous allons dans cette édition développer les deux types de murs végétaux – extérieur et intérieur – afin de connaître leurs avantages et leurs inconvénients, leurs techniques de mise en œuvre et leur entretien.
Que le mur soit positionné à l’extérieur ou à l’intérieur du bâtiment, les différents systèmes de culture et d’accroches restent identiques.

Quel type de mur végétal choisir ?

On peut distinguer trois grandes catégories de techniques :

  • La culture classique, qui consiste à utiliser un substrat vivant comme peuvent l’être le compost, l’argile ou la tourbe. Cette solution a l’avantage de ne pas avoir à ajouter de nutriments autres que ceux présents dans les substrats. Il faudra cependant arroser régulièrement la structure.
  • La culture hydroponique, qui, à l’inverse de la culture classique, utilise des substrats inertes comme support de culture. Cela peut être fait de manière très classique avec de la laine de roche, des billes d’argile, de la fibre de coco ou avec des substances réservées aux professionnels comme la nappe horticole ou la sphaigne. Cette culture nécessite d’apporter des nutriments et de connaître les bases sur le contrôle et le dosage chimique. La consommation d’eau pour ce type de culture est néanmoins réduite.
  • Les végétaux naturels stabilisés  : qui requièrent une grande technicité. Seules quelques sociétés ont le savoir-faire nécessaire pour les proposer. Ils ont l’avantage de ne nécessiter aucun entretien ou arrosage.

Quelle solution technique d’accroche ?

Il existe différentes façons d’installer un mur végétal en fonction des envies des clients : autoporteurs ou non, avec ou sans substrat, modulaires ou sur mesure.

Les murs végétaux sur feutre : une plaque PVC est fixée sur une structure métallique, puis recouverte d’un feutre polyamide double épaisseur imputrescible, qui sert de support de croissance. Les racines des plantes se développent à la surface ou dans la matière. C’est le procédé breveté « Patrick Blanc ». L’apport d’eau est essentiel car le système ne supporte pas l’interruption de l’arrosage, le feutre ne retenant pas l’eau. Certains arrosages sont en circuit ouvert, d’autres prévoient un recyclage de l’eau avec récupération en pied de mur par un bac rétenteur. C’est un système de faible épaisseur qui permet une implantation libre des plantes et dont la charge repose sur le mur du bâtiment. Une étude préliminaire de la structure doit donc être réalisée en fonction de l’exposition au vent et de la qualité du mur du bâtiment.

Les murs à bacs rapportés : des bacs de plantes sont fixés sur une structure métallique rapportée sur le bâtiment. Ces derniers sont constitués d’une mousse synthétique rétentrice d’eau, d’un substrat inerte et enfin des plantes. Le système peut être combiné avec d’autres éléments : cassettes galvanisées prépatinées, en cuivre, en textile, en aluzinc, etc.

Les murs en cassettes : constitués de cassettes, ou gabions, en fil de fer galvanisé. Le procédé comprend une structure légère en aluminium chevillée au mur support, supportant des grilles en fils d’acier soudés où s’accrochent des « casiers » dans lesquels sont introduites les plantes. L’ensemble est modulable ; une cassette se remplace facilement. D’autres sociétés utilisent des gabions électrosoudés formant une structure autoportante, éventuellement chevillée au mur du bâtiment. Une sorte de mousse, la sphaigne, est employée comme substrat, pour apporter des qualités thermiques et acoustiques au mur végétal.

Les murs végétaux extérieurs, quels sont leurs avantages ?

Un mur végétalisé extérieur possède de nombreux intérêts. Il peut jouer un rôle en matière de régulation thermique, d’épuration des eaux, de régulation des crues urbaines, de la qualité de l’air, mais également un rôle esthétique si la végétation est entretenue.

La régulation thermique du bâtiment est améliorée grâce à un système naturel d’évapotranspiration qui permet de refroidir le mur en été. Le mur végétal permet de purifier l’air en captant la pollution de l’air ambiant. Il permettra également d’augmenter la production d’oxygène. Par ailleurs, les bâtiments disposant de murs végétaux sont protégés contre l’humidité, pour autant que leur composition respecte les détails et recommandations précises de mises en œuvre données par les fabricants.

Certains murs végétalisés disposent d’une fonction d’absorption acoustique qui ne fait pas complètement disparaître le bruit mais le rend beaucoup plus supportable et apaisant. La seule précaution à prendre en considération reste l’orientation de votre mur à la lumière, au vent et aux intempéries. Il faudra sélectionner des espèces adaptées à ce milieu.

Les murs végétaux intérieurs

Outre son côté esthétique, le mur végétal intérieur possède également quelques avantages naturels :

  • Une isolation phonique, atténuant les bruits extérieurs mais aussi les échos ;
  • Un effet thermique : les plantes dégagent de la vapeur d’eau, rafraîchissant ainsi l’atmosphère intérieure, ce qui est agréable en période de chaleur,
  • Un effet sur la qualité de l’air : les plantes vont absorber lors de leur photosynthèse les COV présent dans l’air ambiant, ce qui a pour effet d’assainir l’air. L’effet d’assainissement reste tout de même faible. Si d’importantes sources de COV sont présentes dans une pièce, il faudra agir sur le débit d’air hygiénique. Un mur végétal intérieur peut réguler l’humidité de l’air ambiant.

Néanmoins, plusieurs critères doivent être réunis pour bien choisir son mur végétal intérieur :

  • Un apport de lumière suffisant est la condition principale. De plus, l’éclairage doit arriver par le haut, au risque de voir les plantes pousser de façon anarchique,
  • Les essences doivent être bien choisies, notamment en fonction de l’éclairage disponible,
  • Le choix du type de culture et du support adéquat,
  • Le système d’arrosage, qui doit être idéalement automatisé.

Attention : S’assurer de l’étanchéité de la face arrière du mur végétal, au risque de voir apparaître de la moisissure.

Le mur végétal du NILL
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Le mur végétal du NILL est composé de différents types de plantes réparties sur une surface totale de 43 m2.

Ce dernier a pour système de culture l’hydroponie avec un récupérateur d’eau en bas du mur qui permet de réaliser un circuit fermé d’eau. L’eau alimentant le mur provient d’une cuve à eau de pluie d’une capacité de 2 m³, elle-même alimentée par l’eau de la toiture.

Pour fixer les plantes à notre mur, nous avons opté pour une accroche en casiers.
Ce mur de 43 m2 est fixé dans une zone fermée de 1 764 m³ qui est une zone de liaison entre 2 bâtiments. Il a donc pour effet de réguler l’humidité de cette zone de passage. Aucun autre système de régulation d’humidité n’est présent dans cette zone. Seuls des convecteurs sont installés au pied du mur pour apporter un « écran » de chaleur au mur lors des périodes de grand froid ou si un mur amovible de cette zone serait en cours de remplacement.

Dans les conditions normales d’utilisation de cette zone (zone complètement fermée, pas de travaux sur les murs amovibles), l’humidité moyenne de cette zone en hiver se situe aux alentours des 40 %, tandis qu’en été, elle se situe aux alentours des 65 %.
L’entretien de notre mur est réalisé chaque trimestre pour un montant de 600 euros comprenant le changement des plantes, la vérification et la maintenance du système d’irrigation et le taillage des plantes si elles ne sont pas changées. Ce qui représente un coût total annuel de 2 400 euros.

Que l’on installe un mur végétal intérieur ou extérieur, la maintenance de ce dernier est primordiale. En effet, les plantes ont tendance à croître rapidement dès qu’elles sont dans de bonnes conditions, ce qui peut occasionner des gênes devant des lieux de passage. Il faut donc prévoir un entretien régulier de son mur pour éviter ce genre de perturbation.

À l’heure où l’écologie prend de plus en plus d’ampleur dans le domaine de la construction, le mur végétal a donc de réelles plus-values esthétiques, énergétiques, techniques et environnementales.

Il est tout de même préconisé de passer par des spécialistes dans le domaine afin d’obtenir le plus beau mur végétal durable sur votre bâtiment autant pour la réalisation que pour l’entretien et la maintenance.

Lucas Karmann, ingénieur de développement
FEEDBACK LIVING LAB NEOBUILD
NEOMAG#22
Plus d’informations : http://neobuild.lu/ressources/neomag
© NEOMAG - Toute reproduction interdite sans autorisation préalable de l’éditeur

Modéré par : Laetitia Malega

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