Les infrastructures durables facilitées par l'openBIM : l'apport des IFC4.3

Les infrastructures durables facilitées par l'openBIM : l'apport des IFC4.3

Le défi de la décarbonation oblige à imaginer des solutions disruptives (en termes de performance et d'acceptabilité des projets d’infrastructures) qui soient vérifiables par tous, notamment des usagers finaux. Ainsi, les IFC4.3 offrent de nouvelles capacités de description des ouvrages, ouvrant de nouvelles perspectives pour l’économie circulaire, la digitalisation de la construction et la maintenance pérenne des ouvrages. Explications.

openBIM et collaboration multi-métiers


Le BIM à l’échelle du territoire exige de modéliser l’ensemble de ses composants : le bâti comme le tissus urbain et les infrastructures, ainsi que l’environnement non construit par l’homme. Constituer un actif digital (autour d’une maquette numérique) pour concevoir puis bâtir et gérer un actif physique permet, à condition d’adopter une structuration normalisée de données, de rendre réellement possible le travail collaboratif multidisciplinaire et de laisser le choix des logiciels à chacun des nombreux intervenants et clients à chaque phase d’un projet. C’est ce qui définit l’openBIM dont l’utilisation des IFC est une des composantes clés. 

L’extension des IFC aux infrastructures (IFC4.3) a pour objectif de fournir des informations fiables pour décrire tous les actifs d’un territoire. Ainsi, la complexité liée à la multiplicité des disciplines -nécessaires aux projets ferroviaires (voie, traction, signalisation, télécom), aux projets routiers et urbains (structure de chaussée, assainissement de surface, signalisation/marquage, dispositifs de sécurité) et aux ouvrages qui les portent - sera mieux gérée numériquement grâce au travail d’intégration multi-métiers facilité par l’usage des IFC4.3.

Investir dans la description des objets : pour créer des données utiles à l’écoconception, l’écoconstruction et à l’éco-maintenance


Les IFC4.3 – stables dans le temps par leur caractère normatif – sont un moyen de retarder l’obsolescence des investissements dans la digitalisation des activités. Mais leur réel impact sur la résilience et l’empreinte carbone des ouvrages se trouve ailleurs.

Pour les chaussées, les voies ferrées, les équipements ferroviaires, l’alimentation en énergie, les télécommunications, et les ouvrages de génie-civil, un travail massif a été réalisé dans les travaux de pré-normalisation IFC sur la description des propriétés attachées aux objets, incluant leur performance ainsi que celles des matériaux utilisés. Ce qui va permettre de :

  • identifier des indicateurs mesurables, comparables et pérennes dans le temps ;
  • réaliser des simulations du comportement envisagé à comparer au comportement réel des ouvrages sur l’ensemble de leur cycle de vie, avec un même référentiel et dans une visualisation spatiale multi-échelles, en utilisant les données de l’ouvrage pour déterminer l’empreinte carbone liée aux matériaux et à la conception des objets qui le composent, aux méthodes de construction, ainsi qu’à ses usages (parfois évolutifs) ;
  • représenter de façon compréhensible la place de l'ouvrage dans l'économie circulaire et en faire valider son acceptabilité par toutes les parties prenantes ;
  • et surtout garantir la pérennité des données pendant les dizaines d’années du cycle de vie de l’infrastructure.

Par exemple, grâce au travail de tous les acteurs du domaine des chaussées, ont été agrégées toutes les propriétés et les exigences liées à l'intégralité du cycle de vie dans le data dictionary de buildingSMART International (bSDD), grâce à la surcouche « semantics4BIM » développée par bSFrance qui lui dédie un hackathon du 26 sept. au 5 oct. 2022.
 

Qui porte le projet IFC4.3 ?

L’évolution des IFC est un projet d’envergure porté par buildingSMART International (bSI) qui vient compléter la version IFC4.0 conçue pour les bâtiments (norme ISO 16739). La contribution du projet national de recherche MINnD saison 2 - avec le soutien de grands donneurs d’ordre et gestionnaires d’infrastructures que sont l’Andra, la Société du Grand Paris, SNCF Réseau, et Vinci Autoroutes, mais aussi l’implication des offreurs de solutions informatiques - a été déterminante pour l’émergence des IFC4.3. 

Les grands donneurs d’ordre de MINnD sont aussi des opérateurs d’infrastructures. Aussi, leurs exigences pour l’exploitation et la maintenance ont pu être directement prises en compte dans le modèle de données IFC4.3. Sans cette approche de mise en commun de moyens et de ressources par les 62 partenaires de MINnD, ce sont 7 millions d’euros qui auraient dû être investis par chacun des participants pour parvenir au même résultat !

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De nouvelles perspectives


L’interopérabilité, la pérennité et la réversibilité des données (notions intrinsèques aux IFC) deviennent des exigences primordiales des donneurs d’ordre pour constituer les jumeaux numériques des ouvrages à exploiter. C’est un nouvel écosystème numérique de la construction qui naît avec les IFC4.3 ! Vont ainsi se déployer à la fois des communautés de pratiques, d’usages et de formations, ainsi que des capacités à produire des modèles de données plus exploitables et pérennes autour de nouveaux services numériques.


Article signé par Guersendre Nagy de buildingSMART France


Article suivant : Résilience climatique : piloter une stratégie d’adaptation et d’atténuation en milieu urbain grâce au BIM et au SIG


 

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