Tour Aurore

Extension + rénovation

  • Type de bâtiment : Tour de bureaux > 28m
  • Année de construction : 1970
  • Année de livraison : 2022
  • Adresse : 18-19 Pl. des Reflets 92400 COURBEVOIE, France
  • Zone climatique : [Cfb] Océanique hiver tempéré, été chaud, pas de saison sèche

  • Surface nette : 38 950 m2
  • Coût de construction ou de rénovation : 99 984 650 €
  • Coût/m² : 2567 €/m2

Label / Certifications :

  • Consommation d’énergie primaire :
    74.38 kWhep/m2.an
    (Méthode de calcul : RT existant )
Consommation énergétique
Bâtiment économeBâtiment
< 50A
A
51 à 90B
B
91 à 150C
C
151 à 230D
D
231 à 330E
E
331 à 450F
F
> 450G
G
Bâtiment énergivore

Construite en 1970, la tour Aurore est l’une des premières tours réalisées à La Défense. Désaffectée pendant des années, un temps promise à la démolition, Aurore a été finalement lourdement restructurée pour s’offrir une nouvelle vie :

  • Une surélévation de 6 niveaux a porté le nombre d’étages de superstructures de 27 à 33 niveaux
  • Les 5 niveaux d’infrastructures et le niveau hall ont été profondément remaniés (changement de destination, modification des escaliers…)
  • L’intérieur du noyau central a lui aussi été totalement revu pour s’adapter aux évolutions des ascenseurs, des corps d’état techniques et des nouveaux modes d’occupation des bureaux

Vieillissante dans les années 90, Aurore est vidée en 1998 pour être désamiantée, son abandon durera 10 ans. Le PC pour la démolition d’Aurore et la construction d’une nouvelle tour de 202m, Air2 est déposé et un permis de démolition est affiché sur la porte d’entrée d’Aurore. La crise économique de 2008 et les recours des riverains, marqueront en 2017 l'abandon de cette démolition / reconstruction, et l’entrée d’un nouvel investisseur pour la réalisation d’un nouveau projet plus respectueux de la tour existante.

Plus de détails sur ce projet

 https://www.viguier.com/fr/projets/tour-aurore-courbevoie
 https://parisladefense.com/fr/decouvrir/projets/aurore
 https://www.tpi.setec.fr/realisations/tour-aurore-defense

Crédits photo

©Aermont Viguier / Sisto Studio / Guillaume Maucuit ou ©setec tpi

Maître d'ouvrage

    SNC AER 2 – AMO ORFEO DEVELOPPEMENT

Maître d'œuvre

    Maîtres d'œuvre principaux : Agences Viguier et Sisto Studios - Setec tpi MOE structure - Atys MOE fluides - Artelia MOEX – AE75 Economiste

Intervenants

    Maître d'ouvrage

    SNC AER 2


    Assistance à Maîtrise d'ouvrage

    ORFEO DEVELOPPEMENT

    Morgane Koenig


    Assistance à Maîtrise d'ouvrage

    G-ON (étude carbone)


    Architecte

    Agence Viguier

    Laure Barthelot, Thomas Poletti


    Architecte

    Sisto Studios


    Maître d'œuvre

    Artelia Bâtiment Ile-de-France


    Bureau d'études structures

    setec tpi

    François Lebrun


    Bureau d'études autre

    Atys Engineering


    Bureau d'études autre

    Bollinger Grohmann


    Autre intervenant

    AE75 (économiste)


    Autre intervenant

    SOCOTEC (Bureau de contrôle)


    Autre intervenant

    Petit (groupe Vinci)

Consommation énergétique

  • 74,38 kWhep/m2.an
  • 149,68 kWhep/m2.an
  • RT existant

    71 kWhEP/m²/an. Le chauffage et l’ECS sont produits via le raccordement au réseau de chaleur Enertherm, la climatisation par raccordement au réseau de froid du même nom et le reste des usages consomment de l’électricité.
    En sus de ces consommations sur les usages réglementaires de l’énergie, il convient de comptabiliser les autres consommations d’électricité (bureautique, serveurs, ascenseurs, parties communes…). Ces consommations sont estimées à environ 31 kWhEF/m²/an grâce aux ratios de la méthode E+C-.

  • 157,59 kWhep/m2.an

Systèmes

    • Réseau de chauffage urbain
    • Réseau urbain
    • Réseau urbain
    • -----

    Le chauffage et l’ECS sont produits via le raccordement au réseau de chaleur Enertherm, la climatisation par raccordement au réseau de froid du même nom et le reste des usages consomment de l’électricité.

Coûts de construction & exploitation

  • 99 984 650
  • La restructuration de la tour Aurore a permis une réduction du coût de 30 à 40% par rapport à une reconstruction neuve.

    Le chantier a été réalisé plus rapidement et donc que le promoteur a pu louer sa tour plus vite, ce qui présente une économie importante.

Environnement urbain

L’ensemble Aurore se trouve sur la commune de Courbevoie, située à l'Ouest de Paris, dans le département des Hauts-de-Seine, au sein du quartier Gambetta. Il prend place dans un tissu urbain dense, constitué de tours, en bordure de dalle, et jouxte la ville de Courbevoie et le boulevard circulaire. L’ensemble propose un réaménagement complet du site grâce à sa nouvelle emprise et aux déconstructions de dalle et de bâtiments dans son environnement proche. Ainsi, il libère des espaces publics en pied de Tour, au niveau de la dalle de la Défense et de Courbevoie. Il participe activement au désenclavement de secteurs commerciaux à proximité immédiate à travers la suppression de portions de dalles. Il favorise l’accès depuis le boulevard circulaire, qui bénéficiera à l’ensemble du quartier, simplifiant sa desserte. Et enfin, les escaliers édifiés tout autour du projet reconnectent la ville de Courbevoie et les différents niveaux piétons de la Défense.

Qualité environnementale du bâti

  • Chantier (incluant déchets)
  • efficacité énergétique, gestion de l'énergie
  • gestion du bâtiment, maintenance
  • gestion des espaces, intégration dans le site
  • procédés de construction

Réemploi (même usage) / Réutilisation (changement d'usage)

    • Gros Œuvre

    Lot concerné par le réemploi : gros-œuvre

    Le volume béton préservé grâce à l'allongement de la durée de vie de la tour existante est estimé à environ 15 310 m3. Une quantification des matériaux de la structure a été réalisée en croisant les données issues des plans du projet, des plans de l’existant (DOE de 1967) et de la maquette numérique.

Eco-conception

    Pour permettre la préservation de la structure, la connaissance de l'existant est essentielle. La première difficulté en réhabilitation est la récupération des données documentaires de l'existant. Sur la tour Aurore, nous avons eu la chance de retrouver les plans de coffrage et de ferrailllage chez le concepteur d'origine. La confiance n'exclut pas le contrôle. Des campagnes de reconnaissance ont été réalisées pour vérifier la cohérence entre les plans et l'existant. Les reconnaissances de ferraillage de type ferroscan ont elles confirmées les plans de ferraillage. Les reconnaissances béton ont confirmé la résistance des bétons établie sur plan à 30 MPa. 

    La réhabilitation a été pensée, dès son démarrage, pour impacter au minimum la structure existante. Dès la phase esquisse, des calculs structurels préliminaires sont menés pour anticiper le nombre d’étages de surélévation possibles sans devoir procéder à des renforcements importants de la structure existante : ça sera la donnée d’entrée de l’équipe MOE (JP Viguier + Sistostudios Architectes, Setec tpi MOE structure, Atys MOE fluides, Artelia MOEX), encadrée par Orfeo.

    La conception structurelle se veut respectueuse des structures existantes qui sont conservées. La surélévation est limitée à 6 étages, réalisée par une ossature métallique et des planchers mixtes acier-béton permettant de limiter le poids et restant dans les marges des poteaux et du noyau existant. La conception des structures neuves s’est donc accompagnée d’une vérification des structures existantes pour vérifier leur compatibilité.

    Les impacts sur la structure existante de la tour liés au poids de la surélévation sont limités à un renforcement du radier : l'ajout de voiles raidisseurs pour renforcer le radier à la flexion et le remplacement local de la chape non structurelle par une surépaisseur armée. Les autres impacts sur la tour ont été limités, ces autres impacts concernent le passage des fluides et les contraintes architecturales (percements dans les voiles du noyau pour passage de gaines, agrandissement des portes palières...)

Bilan environnemental

    Etant donnée la specificité de ce projet (conservation d'une structure béton mais pas de réemploi/réutilisation in situ ou sourcing extérieur de matériaux), l'outil de calcul d'impacts évités n'était pas adapté et n'a donc pas été utilisé.

    Une étude environnementale menée par G-ON a permis de quantifier le bénéfice de la préservation de la structure au lieu de sa démolition. Lorsque l’on comptabilise uniquement les émissions de CO2 issues des Fiches de Déclarations Environnementales et Sanitaires des matériaux composant la structure de la Tour Aurore, on comptabilise bien la différence entre le projet et sa variante (qui consiste à démolir la structure pour en reconstruire une nouvelle). La différence entre les deux variantes comprend les étapes suivantes :

    1. Démolition de la structure et élimination ou recyclage des matériaux ;
    2. Construction d’une nouvelle structure.

    Les données environnementales utilisées, sont celles des FDES lorsqu’une fiche a pu être sélectionnée dans la base INIES. Pour certaines catégories de béton n’apparaissant pas dans la base INIES, le logiciel BETIE a été utilisé afin de générer une FDES spécifique. La quantification de l'impact environnemental a été un élément moteur dans le choix de la préservation.

    Les émissions de GES du cycle de vie de la structure de la tour Aurore correspondent à 5 621 tonnes équivalent CO2. Ces émissions émises lors de la construction ont eu un impact considérable sur l’environnement, d'où l'importance de sa préservation. Impacts sur climat auquel il aurait fallu ajouter l'impact matière : la gestion d’environ 42 400 tonnes de déchets générés par la démolition (environ 1 500 semi-remorques), ainsi que des nuisances importantes sur l’environnement proche de la tour lors du chantier.

Réplicabilité et Innovation

    Restructurer la tour en la réhaussant significativement, tout en lui donnant une seconde durée de vie, a été un défi technique pour l’ingénieur structure :

    • Comprendre, sur la base des seuls plans d’archive, comment l’ingénieur d’origine avait en 1970 conçu la tour, pour parfaitement comprendre le fonctionnement structurel de la tour initiale, préalable indispensable au projet de restructuration ; un modèle de calcul précis de la tour existante a ainsi été réalisé, et ses résultats confrontés aux mesures in-situ (par exemple, comparaison des tassements du sol sous la tour dans le modèle aux tassements réellement constaté sur site)
    • Ensuite, imaginer la surélévation maximale permettant d’augmenter la hauteur de la tour (et donc son poids et sa prise au vent) sans avoir à renforcer les éléments porteurs, et en ne renforçant que faiblement le radier, sans nécessité de fondations additionnelles ; là aussi, un modèle de calcul complexe, intégrant les phases de construction (1970 / 2020) et le sol sous la tour, a été réalisé

    La conformité des modèles de calculs à la tour existante a été vérifiée dans tous les points critiques de la structure en réalisant pas moins de 6 campagnes de reconnaissance afin de s’assurer :

    • Des qualités réelles des béton mis en place en 1970 : ainsi, tous les éléments porteurs (poteaux, voiles) ont fait l’objet de prélèvement à un rythme de 1 étage sur 2, et les modèles de calcul mis à jour au fur et à mesure de la réception des résultats de ces prélèvements
    • Des qualités réelles des aciers mis en œuvre
    • De la parfaite correspondance entre plans de construction de 1970 (ferraillage, coffrage) et des mesures sur site (radars, ferroscans, relevés géomètre)

    La conjonction de ces deux actions (modèles de calculs précis, ajustés à la réalité mesurée sur site au fur et à mesure de la réalisation des campagnes de reconnaissance) a ainsi permis une restructuration parfaitement adaptée à la structure réalisée en 1970, en ajustant au strict nécessaire les besoins de renforcement.

     

Raisons de la candidature au(x) concours

Nous attirons l'attention sur deux sujets :

  • La non-démolition, et l'ingénierie nécessaire au maintien des structures qu'il aurait été plus facile de démolir.
  • L’impact carbone évité pour la construction d'une nouvelle tour. 
  • Circularité

    La hiérarchie des modes de traitement des déchets indique pour priorité : la prévention de la production de déchets, puis la préparation en vue du réemploi et ensuite le recyclage et l'élimination. La stratégie développée pour la réhabilitation de la tour Aurore permet un évitement important de déchet. La mise en place d'un diagnostic structurel et de stratégies de haute technicité a permis de dépasser les freins qui, pour la majorité des ouvrages, auraient conduit à une démolition. L'objectif de conservation étant réussi, des milliers de tonnes de gravats ont été évitées grâce à la non-démolition ainsi que le coulage d’une importante quantité de béton pour la construction d’une nouvelle tour.

    La réhabilitation de la tour Aurore propose une autre lecture de l'économie circulaire et de la réversibilité. La réversibilité se matérialise ici par le maintien de structures existantes qui sont vouées, sans expertise technique, à la démolition. La préservation des structures existantes et de la matière qui les compose demande parfois une haute technicité pour s’assurer de la pérennité et de la sécurité des ouvrages, et ainsi allonger leur durée de vie.

    Reproductibilité

    Pour allonger la durée de vie d’un ouvrage, la phase d’auscultation et de diagnostic a permis de mesurer l’état de la structure existante, et d’identifier la marge d’action afin d’en profiter lors du projet de surélévation. Cette phase doit permettre d’émettre un avis sur la qualité de la conception initiale, de caractériser les matériaux utilisés, ainsi que de retracer la maintenance et l’exploitation de l’ouvrage durant son premier cycle de vie. C’est une étape essentielle pour s’assurer de la conformité de la structure existante et autoriser la surélévation. La très bonne connaissance de l’existant (plans retrouvés, campagnes de reconnaissances nombreuses) et le bon état de la structure ont été déterminants.

    Innovation

    Dès son origine, le projet de rénovation a été imaginé par tous ses concepteurs pour être le plus vertueux possible en terme environnemental. La volonté de minimiser le renforcement de la structure existante a engendré une conception de la surélévation par le biais d’une structure légère mixte compatible avec les contraintes IGH (acier/béton avec plancher collaborant). Le nombre d’étage ajoutés a été ajusté en fonction de la capacité des structures existantes et en limitant les renforcements au radier. 

    En réponse au diagnostic approfondi réalisé, le projet de réhabilitation de la structure existante se fait par le choix d’une solution adaptée. L’augmentation des sollicitations par l’ajout d’étages supplémentaires nécessite une réflexion au juste besoin : en surélevant ce qu'il faut et ce que l’on peut vis-à-vis de l’existant pour ne pas engendrer des travaux de renforcement trop importants. La solution de renforcement doit être raisonnablement établie pour ne pas avoir elle-même un coût environnemental élevé face à ce que l’on préserve. C'est pour cela que la surélévation a été limitée à 6 étages.

    De la même façon, le pavillon a été conçu pour respecter au maximum les structures existantes du parking et éviter un renforcement inadapté.

     

    Batiment candidat dans la catégorie

    Bâtiments tertiaires / prix de la rénovation

    Bâtiments tertiaires / prix de la rénovation

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     rénovation
     bâtiment
     surélévation
     Trophées Bâtiments Circulaires 2022
     économie circulaire
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