Résilience - La Ferme des Possibles

  • Type de bâtiment : Autre bâtiment
  • Année de construction : 2019
  • Année de livraison : 2020
  • Adresse : 29 Rue d'Amiens 93240 STAINS, France
  • Zone climatique : [Cfb] Océanique hiver tempéré, été chaud, pas de saison sèche

  • Surface nette : 1 883 m2
  • Coût de construction : 3 072 000 €
  • Coût/m² : 1631.44 €/m2
  • Consommation d’énergie primaire :
    100 kWhep/m2.an
    (Méthode de calcul : RT 2012 )
Consommation énergétique
Bâtiment économeBâtiment
< 50A
A
51 à 90B
B
91 à 150C
C
151 à 230D
D
231 à 330E
E
331 à 450F
F
> 450G
G
Bâtiment énergivore

Résilience est le siège social de Novaedia, coopérative d'insertion qui développe une boucle alimentaire locale, biologique et solidaire. Il est construit sur La Ferme des Possibles à Stains (93).

En cohérence avec les pratiques de la coopérative, inspirées par la permaculture et en symbiose avec son territoire, le bâtiment a été construit de façon bioclimatique avec des matériaux bio/géo-sourcés et des matériaux de réemploi. Il concilie au sein d'un même bâtiment une approche low-tech et high tech : mur trombe et enduits en terre crue côtoient sans complexes cuisine-laboratoire et thermo-frigo-pompe.

Le bâtiment est en structure bois, portiques en lamellé-collé et planchers en CLT, réalisés avec du bois de forêts françaises. Les façades isolantes, intérieures et extérieures, sont composées de caissons préfabriqués en bois remplis de paille  compressée et enduits de terre crue aux deux faces.

Les façades vitrées sont réalisées avec des fenêtres en bois à simple vitrage, issues de la rénovation thermique d'un ensemble de logements sociaux à Epinay-sur-Seine, à moins de 4 km du site. 

La terre des déblais a été utilisée pour réaliser les enduits de finition, en la mélangeant à de la fibre de cellulose issue des cartons d'emballage du chantier. Cette terre est aussi présente dans le bar de la cafétéria, mélangée à du béton concassé pour réaliser des murets en pisé. Ces mélanges ont évité tout rajout de sable pour stabiliser cette terre très argileuse.

De nombreux matériaux de réemploi ont été mis en œuvre dans la construction et l'équipement de Résilience.  Leurs origines sont multiples : Bellastock, Métabolisme Urbain, Réavie, le Bon Coin, la Mairie de Paris ou glanées par les entreprises elles-mêmes sur leurs chantiers de rénovation.

Les apports solaires sont mis à profit par des espaces tampons et un mur trombe. Etant donné la présence importante de locaux réfrigérés, les espaces chauffés bénéficient d'une thermofrigopompe, récupérant ainsi l'énergie servant à produire du froid, pour chauffer en même temps les locaux.

 

Plus de détails sur ce projet

 https://topophile.net/faire/la-ferme-des-possibles-ou-de-la-serendipite/
 http://materiauxreemploi.com/visite-de-chantier-resilience-la-ferme-des-possibles-a-stains/
 https://www.bellastock.com/projets/resilience/?fbclid=IwAR35d8sy4CZpBAIg_0JgnOCIyFiO4h58VdCd2Y_MMwdxdmPRJwg8jogcLNk

Fiabilité des données

Auto-déclaration

Crédits photo

Crédit photos: Archipel Zéro

Maître d'ouvrage

    Novaedia

    Mohamed Gnabaly

Maître d'œuvre

    Archipel Zéro

    Frédéric Denise

Intervenants

    Bureau d'études autre

    BELLASTOCK

    Clara Bergia

    Assistant MO Réemploi


    Entreprise

    Depuis 1920

    Nathan Levinson

    Principalement la réalisation des façades rideaux en fenêtres de réemploi


    Entreprise

    DALKIA FROID SOLUTION

    Christian Rabin

    Entreprise CVC, thermo-frigo-pompe


    Autres

    Réavie

    Mohamed Hamaoui

    Fourniture des appareillages de plomberie de réemploi


    Entreprise

    Bois 2 Bout

    Benoït de Bellefonds

    Charpente bois, planchers CLT, Pose des caissons préfabriqués en bois isolation paille (Ekobloks)


    Entreprise

    AF Rénovation

    Hakim Fernane

    Menuiserie-placo, fourniture et pose de matériaux de réemploi: fenêtres double vitrage intérieures et radiateurs en fonte

    A Coeur de Chaux

    Georges Bodnar

    Enduits chaux-plâtres sur enduits terre extérieurs


    Entreprise

    Terraterre

    Franck Lamy

    Mise en oeuvre des briques BTC


    Fabricant

    Rainbow Ecosystem

    Raphael Petit

    Réalisation des Ekobloks, caissons préfabriqués en bois remplis de paille compressée et enduits aux deux face d'un enduit en terre crue

Mode contractuel

Lots séparés

Démarche développement durable du maître d'ouvrage

La démarche de la coopérative Novaedia est basée sur la permaculture. Il ne s’agît pas seulement de la façon de cultiver, mais surtout d’associer les ressources et énergies humaines existantes sur le territoire, les faire travailler ensemble pour faire émerger de nouvelles pratiques, adaptées au monde qui vient. D’où le nom de Résilience.

La démarche environnementale de Novaedia est en cohérence avec ces principes et son engagement pour l'insertion des personnes exclues du monde du travail. La raison d'être de Novaedia est en effet de réussir une économie sociale et solidaire dans les quartiers populaires pour développer des éco-activités, en permettant l’accompagnement et la formation de travailleurs handicapés et de jeunes habitants vers des métiers porteurs.

Son savoir-faire est de concilier développement local, développement durable et insertion professionnelle, suivant l’idée que les ressources des uns répondent aux besoins des autres et que le déchet n'existe pas. La Ferme des Possibles a vocation de devenir une vitrine pédagogique de sensibilisation à la permaculture et au développement durable.

Grâce à la construction de Résilience et aux aménagements de La Ferme des Possibles, Novaedia a l’ambition d'en faire une ferme urbaine expérimentale, qui a vocation à être répliquée sur tous les territoires urbains. Il s’agît de démontrer qu’un terrain d’environ un hectare est suffisant pour accueillir vergers et potagers, serres, cuisine centrale, logistique et restaurant. Mais aussi qu’en l’associant avec les fermes avoisinantes, des acteurs locaux de l’économie sociale et solidaire, les collectivités locales et les habitants, on peut engager une dynamique de mobilisation citoyenne autour des enjeux de l’alimentation, de l’environnement et de la biodiversité au sein des quartiers populaires tout en créant des emplois d’avenir.

Description architecturale

Résilience abrite au RDC des locaux logistiques et de production : stockage, conditionnement, laboratoire de cuisine et une cafeteria. L'étage accueille des bureaux, des espaces de formations et de réunion.

Le parti architectural est un volume d’une grande simplicité, inspiré d’une longère, en référence à sa vocation agricole, totalement transparent sur ses façades les plus exposées, rendant évidente sa matérialité : le réemploi, le bois, la terre et la paille.

Les contraintes de distribution au sein de ce programme complexe de laboratoire de préparation culinaire se superposent parfaitement à des principes bioclimatiques. Seule une étroite bande de terrain était constructible, orientée nord-sud. Cette linéarité est assez cohérente avec le programme, qui se concrétise par un séquençage des fonctions. De la réception des denrées à la livraison de repas, une suite d’opérations induit ce séquençage, suivant une marche en avant; de la réception des denrées à la distribution des produits finis, sans croisement. Le plan a donc été conçu avec une double circulation périphérique, permettant d’irriguer de façon simple et fonctionnelle les locaux, sans croisement des circuits propres et sales. Ces espaces de distribution non chauffés, en périphérie du bâtiment, forment des espaces tampons, éclairés par les façades vitrées en menuiseries de réemploi. Les façades intérieures abritant les locaux chauffés sont réalisées en caissons bois remplis de paille compressée, recouverte d’un enduit en terre crue aux deux faces. L’extrémité sud en bout de chaîne abrite le restaurant. 

Le pignon sud est traité en mur trombe, réalisé en briques BTC de réemploi (issues de la Ville des Terres de BELLASTOCK). Entouré des jardins des pavillons voisins, il chauffe, rafraichit et éclaire le restaurant tout en préservant l’intimité du lieu.

Et si c'était à refaire?

Si c'était à refaire aujourd'hui, ce serait zéro béton! Depuis que nous avons trouvé le moyen de nous passer de fondations béton, grâce aux pieux vissés supportant un plancher bois.

Et puis les façades vitrées des espaces tampon seraient en double vitrage et non en simple vitrage.

Opinion des occupants

Les occupants de Résilience sont fiers de leur bâtiment. Cependant ils regrettent parfois la température qu'il fait dans les espaces tampons en hiver lorsqu'il n'y a pas de soleil ! Nous n'avons peut-être pas assez communiqué sur les conditions d'usage d'un tel espace, qui est à considérer comme un espace extérieur, à l'abri de la pluie et du vent, pouvant participer au chauffage du bâtiment, mais seulement les jours de soleil...

Consommation énergétique

  • 100,00 kWhep/m2.an
  • 157,00 kWhep/m2.an
  • RT 2012

    Chauffage 45,40 / Eclairage 52,50 / Auxiliaires 2,60

    Inconnu à ce jour. Le bâtiment ayant une grande partie de ses locaux réfrigérés, et des espaces tampons non chauffés, le calcul RT 2012 est inadapté

Systèmes

    • Pompe à chaleur
    • Radiateur à eau
    • Aucun système de chauffage
    • Pompe à chaleur
    • Pompe à chaleur réversible
    • Autres
    • Surventilation nocturne (naturelle)
    • Simple flux
    • Double flux avec échangeur thermique
    • Pompe à chaleur

    Espaces tampons, murs trombe

Coûts de construction & exploitation

  • 1 800,00
  • 499 000,00
  • 210 000
  • 3 285 000
  • Le coût total comprend une thermofrigopompe et la production de froid pour les laboratoires (cuisines et espace de production), qui augmente considérablement le ratio au m2. Sans ces équipements, le prix du bâtiment est d'environ 2 600000 €/m²

Environnement urbain

Le site de la Ferme des Possibles est entouré de grandes zones urbaines : équipements, zone d’activité et zone pavillonnaire. Par son gabarit, sa forme et sa matérialité, le bâtiment s’insère dans ce contexte périurbain à l’articulation de ces 3 zones. 

L'emprise du bâtiment, d’environ 1000 m², et sa longueur de 70 m sont en cohérence avec les gabarits de la zone d’activité du Bois Moussay et les grands équipements environnants (lycée, clinique…) tandis que sa forme, son orientation et sa matérialité, avec sa façade Est en enduit blanc et son toit en tuiles de terre cuite le rapprochent des pavillons tout proches.

L’implantation du projet était très contrainte, car le terrain en tant que zone agricole est inconstructible, sauf sur une étroite bande orientée nord-sud, en continuité de la zone pavillonnaire, sur laquelle le programme rentrait tout juste. Cette configuration tout en longueur a été exploitée pour y intégrer un séquençage des locaux, matérialisant une marche en avant de la transformation des denrées.

Surface du terrain

13 000,00 m2

Surface au sol construite

7,00 %

Espaces verts communs

10 500,00

Parking

10 places pour les VL
10 places pour les vélos

Qualité environnementale du bâti

  • Santé, qualité air intérieur
  • Biodiversité
  • Chantier (incluant déchets)
  • concertation - participation
  • confort (olfactif, thermique, visuel)
  • efficacité énergétique, gestion de l'énergie
  • fin de vie du bâtiment
  • gestion des espaces, intégration dans le site
  • procédés de construction
  • produits et matériaux de construction

Réemploi (même usage) / Réutilisation (changement d'usage)

    • Gros Œuvre
    • Charpente
    • Menuiseries intérieures
    • Menuiseries Extérieures
    • Cloisons
    • Electricité
    • CVC
    • Plomberie
    • Aménagements extérieurs
    • autres..

    Gros-oeuvre:

    - Briques en terre crue BTC

    - Terres de déblais réemployées en enduits, fibrées avec les emballages carton du chantier, et bar en pisé mélangées à du béton concassé

    Charpente: Chutes de solive réutilisées en marches d'escalier

    Menuiseries extérieures :

    - Fenêtres simple vitrage réemployées en façade vitrée

    - Fenêtres double vitrage réemployées en fenêtres intérieures entre espace tampon et locaux chauffés

    Cloisons : cloison mobile de réemploi

    Menuiseries intérieures : portes vitrées de réemploi

    Electricité : réemploi de luminaires, et réutilisation des corbeilles de la coopérative en abat-jour

    Plomberie : WC et lave-main de réemploi

    CVC : Radiateurs de réemploi en fonte

    Autres : Bafles acoustiques, mobiliers plantes ...

    Aménagements extérieurs :

    - pavés en granit réemployés pour les terrasses extérieures

    - palettes du chantier réutilisées en banquettes et en tables extérieures

    La masse du bâtiment, hors fondations et plancher bas en béton, est de 570,1 tonnes.

    La masse des matériaux de réemploi forme un total de 72,24 tonnes, soit 12,67 %

    - fenêtres de réemploi en bois simple vitrage : 450 m²

    - fenêtres en bois double vitrage : 60 m²

    - cloison mobile : 11m²

    - portes de réemploi vitrées : 14 unités

    - radiateurs en fonte : 42 unités - 100%

    - appareillage de plomberie : 14 - 100%

    - luminaires suspendus : 60 - 100%

    - briques BTC : 6000 unités, 125 m²

    - chutes de solives 5x15 cm pour marches d'escalier : 140 ml

    - pavés en granit : 140 m²

    - Briques en terre crue BTC réemployées pour réaliser un mur trombe, vendues par Bellastock, issues de la Ville des Terres

    - Terres de déblais réemployées in situ en enduit et en pisé

    - Emballages carton du chantier réutilisés in situ pour fibrer les enduits terre

    - Tout-venant en béton concassé, issu de démolition, acheté chez Point P de Saint-Denis pour la réalisation du mur en pisé du bar

    Chutes de solive réutilisées in situ en marches d'escalier

    - Fenêtres simple vitrage sourcées par Bellastock, issues d'une rénovation thermique à Epinay-sur-Seine, réemployées en façade vitrée

    - Fenêtres double vitrage réemployées en fenêtres intérieures entre espace tampon et locaux chauffés, fournies par l'entreprise, issues de différents curages et le Bon Coin

    Cloison mobile de réemploi, issue du site ENGIE de Saint Denis, via Métabolisme Urbain

    Portes vitrées de réemploi, issues du site ENGIE de Saint Denis, via Métabolisme Urbain

    Luminaires issus du site ENGIE de Saint Denis, via Métabolisme Urbain

    - Corbeilles de fruit de la coopérative réutilisées in-situ en abat-jour

    WC et lave-main fournis par l'association Réavie

    Radiateurs en fonte glanés sur le Bon Coin

    Bafles acoustiques et mobiliers de la cafet issus du site d'ENGIE, via Métaboilisme Urbain

    - Pavés en granit réemployés pour les terrasses extérieures, fournis pas la Ville de Paris

    - Palettes du chantier réutilisées in-situ en banquettes et en tables extérieures

Eco-conception

  • 13 %
  • Fenêtres de réemploi :

    C'est la première ressource de réemploi qui est apparue dans le projet, dès les esquisses. Elle s'est imposée comme une évidence, pour réaliser les grandes façades vitrées d'un bâtiment que l'on voulait bioclimatique. Bellastock a rapidement identifié ce gisement, plusieurs mois avant leur dépose. Les fenêtres proviennent de la rénovation thermique d'un ensemble de logements sociaux à Epinay-sur-Seine, à 4 km de la Ferme des Possibles.

    Les études ont intégré ce gisement dès le dépôt du permis de construire. La logistique a pu être anticipée.

    Bellastock a également participé à la conception des façades vitrées et rédigé le CCTP. 

    L'entreprise Depuis 1920 avait à charge le transport depuis le lieu de stockage, la transformation, la réalisation de la trame d'ossature et la pose des menuiseries. La transformation a consisté en un ponçage et un retaillage des châssis, avec réalisation de pièces d'étanchéité et gouttes d'eau.

    Il y a eu durant le processus quelques frictions, notamment dues à la logistique mais cela s'est globalement bien passé.

     

    BTC

    Il est sans doute assez rare de disposer de briques en terre crue de réemploi !

    Elles ont été produites en atelier participatif avec de la terre du Grand Paris, lors du festival d'été "La Ville des Terres" organisé par Bellastock en 2017. Lorsque cette ressource nous a été proposée, au prix  d’1€ la brique, nous avons aussitôt pensé à un mur trombe, associé aux fenêtres de réemploi précédemment décrites, pour leur grande qualité d'inertie thermique et leur esthétique. 

    Les BTC ont été maçonnées par Franck Lamy, de l'entreprise Terraterre, au mortier de terre. Des briques de verre ont été ajoutées au mur trombe, laissant filtrer la lumière du sud dans le restaurant et donnant une ambiance très intime.

    Beaucoup de briques n'ont pas été utilisées. N'ayant pas de place sur le chantier elles sont restées à l'extérieur, couvertes, mais elles sont fragiles vis-à-vis de l'eau.

     

    Portes vitrées

    Le réemploi de ces superbes portes vitrées en acier sont emblématiques de la façon dont une ressource peut, à coût constant, revaloriser la qualité d'un projet, et même le magnifier (voir article de Topophile sur la sérendipité dont le lien figure au chapitre Description/plus de détail sur ce projet). Ces portes sont une bonne surprise. Comme souvent dans une démarche de réemploi, elles n'étaient pas prévues dans le projet. Mais quand elles sont apparues, du haut de leur 2,70 m, il était évident qu'il fallait leur faire une place.

    Leur taille et leur poids ont été des difficultés. Il faut être quatre personnes pour porter leur 150 kg, tout en les maniant avec précaution. Les cloisons étaient trop légères pour les supporter, aussi il a fallu réaliser une structure bois intégrée aux cloisons pour les fixer. Au final les surcoûts liés au transport et à leur intégration dans le projet équivalaient à une porte neuve, mais ordinaire.

    Les enduits de finition sur les caissons paille ainsi que le bar en pisé ont été réalisés en chantier participatif avec les membres de la coopérative, voisins et volontaires de tous horizons. Leur formulation a été étudiée pour éviter tout ajout de sable extrait, remplacé par du béton concassé issu de démolition et de la fibre de cellulose, obtenue en atelier participatif par trempage et malaxage des emballages carton du chantier.

    Taux de carton dans les enduits terre : 3%

    Taux de béton concassé dans le pisé : 40%

    A part les fondations et le plancher bas en béton, la conception du bâtiment a privilégié des modes constructifs réversibles afin de faciliter toute évolution des usages et faciliter sa déconstruction.

    La charpente bois et planchers CLT sont assemblés par boulonnage, les caissons en bois remplis de paille sont également assemblés entre eux par boulonnage, les cloisons et faux-plafonds isothermes sont escamotables.

    Résilience intègre une part largement majoritaire de matériaux bio/géo-sourcés, dont certains de réemploi, pour 417 tonnes sur une masse totale du bâtiment 570 tonnes (hors fondations et dalle basse), soit 74% de matériaux bio/géo-sourcés :

    - Charpente LC, et planchers CLT réalisés avec du bois issu de forêts françaises, fournis par Piveteau

    - Menuiseries extérieures et intérieures en bois, neuves et de réemploi

    - Caissons bois rempli de paille compressés, enduits aux deux faces d'un enduit de corps en terre crue, préfabriqués, type Ekoblocks réalisés par Rainbow Ecosystem

    - Isolation sous toiture en laine de bois

    - Faux-plafond acoustiques en fibres de bois, Fibralith

    - Briques BTC de réemploi, réalisées avec les terres du Grand Paris par Bellastock

    - Enduits et pisé réalisés avec les terres de déblais du site, sans ajout de sable

Bilan environnemental

    Sur les matériaux réemployés : WC, lavabos, fenêtres, portes, radiateurs, luminaires, briques, solives, pavés et cloisons amovibles, les impacts évités sont les suivants :

    • 69,22 tonnes eq CO2
    • 763.3 m3 d'eau
    • 88 tonnes de déchets 

    (Calculs basés sur des données environnementales issues de la base INIES)

Réplicabilité et Innovation

    L'usage de matériaux de réemploi était inscrit dès le début de la programmation. C'était une demande initiale de la coopérative NOVAEDIA, aussi le processus d'intégration du réemploi était à la base du projet. Il a donc été conçu pour recevoir le maximum de matériaux de réemploi.

    Cette démarche a été initiée et accompagnée par Bellastock, AMO réemploi de l'opération. Leur contrat portait sur quatre ressources principales : fenêtres de réemploi, BTC, couverture en tuiles de réemploi et dalles en granit du Tarn, issues de la rénovation thermique d'une tour de la Défense. L'intégration de ces deux dernières ressources n'a pas abouti, pour des raisons assurantielles concernant les tuiles, et non fiabilité du détenteur et pose complexe pour les dalles en granit.

    Une opération initiée de cette façon se doit de laisser la place à d'autres ressources de réemploi, en fonction des opportunités que se présentent. C'est plus facile dans ce sens que de se mettre en recherche d'une ressource bien précise. Laisser une place à ce qui se présente de façon opportune est une condition d'un réemploi à budget maîtrisé.

    Pour les autres ressources, nous nous sommes appuyés sur l'inventaire de Métabolisme Urbain (également réalisé par Bellastock), sur l'association Réavie pour la plomberie, et la coopération des entreprises. En effet, celles-ci sont bien placées pour glaner des ressources sur leurs propres chantiers de réhabilitation. Même si elles n'avaient pas l'habitude de cette pratique, elles ont toutes participé avec enthousiasme, car cela remplie une telle évidence que cela fait du bien !

    Il n'y avait donc pas besoin de lot zéro. Faire participer les entreprises simplifie le processus, clarifie les limites de responsabilité, et contribue à diffuser la pratique du réemploi. L'approvisionnement, le stockage et la logistique ont été gérées par elles-mêmes, comme pour n'importe quelle opération ordinaire.

    Le CCTP était conçu avec des plans A, qui correspondaient à la mise en œuvre d'une ressource de réemploi, à fournir par l'entreprise elle-même. Le plan B consistait en le même ouvrage mais en neuf. Ainsi, cela a détendu le processus. Il n'y avait pas de pression. Si on ne trouve pas, ce n'est pas grave.

Bilan économique

  • 21 400
  • 1 %
  • 107 000

Economie sociale et solidaire

    Le Maître d'Ouvrage est une coopérative d'insertion professionnelle. Il était naturel que la construction de son outil s'inscrive dans une démarche d'économie sociale et solidaire. 

    Le recours à des entreprises locales et des fournisseurs locaux a été privilégié.

    Les enduits de finition sur les caissons paille ainsi que le bar en pisé ont été réalisés en chantier participatif avec les membres de la coopérative, voisins et volontaires de tous horizons. Il s'est agît de diffuser des pratiques vertueuses, simples à répliquer, avec des matériaux abondants, partout disponibles, sans dommages pour l'environnement ; c'est à dire des pratiques économiquement soutenables, qui remplaceront peu à peu les pratiques nocives pour l'environnement et constitueront les métiers de demain.

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