Les Canaux : une éco-réhabilitation en économie circulaire, innovante et humaniste

Renovation

  • Type de bâtiment : Immeuble de bureaux
  • Année de construction : 1882
  • Année de livraison : 2022
  • Adresse : 6 quai de la Seine 75019 PARIS, France
  • Zone climatique : [Cfb] Océanique hiver tempéré, été chaud, pas de saison sèche

  • Surface nette : 797 m2
  • Coût de construction ou de rénovation : 1 383 000 €
  • Coût/m² : 1735.26 €/m2

Label / Certifications :

  • Consommation d’énergie primaire :
    96.1 kWhep/m2.an
    (Méthode de calcul : RT existant )
Consommation énergétique
Bâtiment économeBâtiment
< 50A
A
51 à 90B
B
91 à 150C
C
151 à 230D
D
231 à 330E
E
331 à 450F
F
> 450G
G
Bâtiment énergivore

Des services des Canaux à l’association Les Canaux


Le bâtiment « des Canaux » a été construit en 1882 pour l’administration des services des Canaux dans le 19ème arrondissement à Paris. En 2010, l’administration a quitté les lieux. La Ville de Paris a décidé en 2016 de faire de ce lieu La Maison des Économies Solidaires et Innovantes, vitrine de l’économie circulaire, portée par l’association Les Canaux.

Présidée par Yann Arthus Bertrand, l’association conseille, forme et accompagne les acteurs économiques engagés pour la solidarité et la planète, en France et à l’international. Elle propose des outils concrets à tous ceux qui souhaitent développer leur impact social et environnemental dans leur travail ou leur entreprise.

En 2017, la Ville de Paris a mis le bâtiment à disposition de l’association, pour qu’elle y développe son activité.

Une rénovation et des aménagements du bâtiment se sont avérés nécessaires et la Ville de Paris a décidé d’en faire un chantier de travaux exemplaire, sur le plan environnemental, notamment en économie circulaire, et solidaire. En effet, à Paris, le secteur du bâtiment représente 80% des consommations d’énergie et plus de 20% de l’empreinte carbone et produit environ 1,9 millions de tonnes de déchets par an.

 

Phase 1 des travaux - 2016-2017


La phase 1 des travaux concernait le réaménagement intérieur du R+1 et R+2, aujourd’hui à usage de bureaux. 95 % des matériaux, produits et équipements utilisés étaient issus du réemploi, biosourcés et/ou éco labellisés. 95% des matériaux, produits sortants et des déchets du chantier ont été réemployés, réutilisés ou recyclés. La Ville de Paris qui a assuré la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre a remporté pour ces travaux, le prix Territoria de bronze dans la catégorie « Aménagement de l’espace public – Urbanisme » par l’Observatoire National de l’Innovation Publique en 2018.

 

Phase 2 des travaux - 2020-2022


En mars 2020, la Ville de Paris a signé un marché de conception-réalisation pour lancer la phase 2 de la rénovation de la Maison des Canaux avec toujours le même objectif, un bâtiment le plus vertueux possible, notamment en économie circulaire, sociale et innovante. Le groupement dont le mandataire est l’agence d’architecture Grand Huit a été retenu. Le Chantier a été livré début mars 2022 après un an de travaux.

Le programme des travaux de la phase 2 consiste à :

  • améliorer les performances énergétiques du bâtiment (isolation, ventilation et chauffage innovant) ;
  • créer une terrasse extérieure avec pergola, permettant l’extension des activités des Canaux et intégrant une rampe d’accès pour l’accessibilité pour tous ;
  • réaménager le rez-de-chaussée et le sous-sol pour améliorer l’accueil du public et la fonctionnalité du bâtiment.

Le marché conception-réalisation s’élève à un montant de 1,7 M € TTC pour lequel la Ville a reçu 3 cofinancements : le plan de relance (465k€), la Région Ile de France (18k€) et le budget participatif parisien (100k€).

Le projet développe beaucoup d’innovations :

  • un bâtiment pionnier en réemploi et unique en France, avec la majorité des ouvrages réalisés à partir de matériaux de seconde vie exclusivement franciliens. À noter, la terrasse est constituée à plus de 90% de matériaux de réemploi, y compris la structure métallique de gros œuvre ;
  • la mise en place d’une ventilation naturelle avec récupération de chaleur, très rare exemple en réhabilitation ;
  • la réhabilitation d’une technique traditionnelle parisienne d’isolation intérieure, l’enduit plâtre sur lattis bois, grâce à un essai de résistance au feu ;
  • une mobilisation majoritaire des structures de l’ESS franciliennes : dans l’équipe de maitrise d’œuvre, les artisans fournisseurs et les entreprises de travaux.
  • Un taux de valorisation des matériaux et des déchets sortants à plus de 90%

 

Un groupement atypique et local


Rare dans les projets de cette ampleur, le marché de conception-réalisation a permis une collaboration unique au service d’une construction responsable.

L’agence d’architecte Grand Huit, mandataire du groupement lauréat du marché conception-réalisation, a mis au cœur de sa pratique l’humain et la préservation des ressources. Elle a constitué un groupement de maitres d’œuvre et d’artisans, majoritairement issus de l’Économie Sociale et Solidaire, qui ont travaillé dès l’esquisse du projet, main dans la main. La majorité du montant des travaux a été alloué à deux entreprises d’insertion de l’Est parisien (Travail et Vie et Apij-Bat). Les autres entreprises du marché, leurs sous-traitants et leurs fournisseurs, eux aussi localisés dans un territoire proche du projet, sont des acteurs clé du réemploi et de la solidarité en Ile-de-France.

Formidable cheffe d’orchestre de l’opération, l’agence d’architecte Grand Huit a réussi à faire naitre de ses valeurs, une architecture poétique et sensible.

 

Les partenaires clés à la réussite du projet


Pour mener à bien cette opération, la Ville de Paris a été accompagnée par Tribu énergie pour l’amélioration de la performance énergétique et la mise en place d’un chauffage à énergie renouvelable, de l’élaboration du programme à la réception des travaux et pour l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre du bâtiment, (produits de construction et énergie) et des gains carbone provenant du réemploi.

Elle est également accompagnée par Ekopolis dans le cadre de la démarche Bdf – Bâtiments durables franciliens, dispositif d’accompagnement, d’évaluation et d’apprentissage, destiné aux opérations de construction et de réhabilitation. Le projet a remporté le niveau Or du Bdf, plus haute reconnaissance du dispositif d’accompagnement, en phase conception et réalisation.

Bellastock dans le cadre du projet européen Facilitating the circulation of reclaimed building elements in Northwestern Europe (FCRBE) a apporté son expertise sur le sujet assurantiel du réemploi des poutrelles métalliques, données gracieusement par Est ensemble et Sequano. Ce retour d’expérience a été présenté aux partenaires européens à Bruxelles par la Ville de Paris.

Des synergies inter-chantier ont été mise en place en interne de la Ville de Paris et avec de nombreux autres maîtres d’ouvrage, pour récupérer des matériaux de réemploi. Notamment, l’APHP, Est-Ensemble et son aménageur Sequano, Seine Saint Denis Habitat, la RIVP et Elogie-Siemp ont contribué par leurs dons au projet. Les plateformes physiques et numériques de réemploi ont été également largement sollicitées.

Le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) a mené l’essai au feu qui permet d’expérimenter un écran thermique composé de 100% de matériaux bio-géosourcé francilien, lattis bois et enduit de plâtre et ainsi s’affranchir du treillis métallique, lourd d’impact carbone, imposé par la réglementation sur la sécurité incendie.

 

Partage d’expérience


Ce démonstrateur a également une vertu pédagogique. Différentes visites de chantier ont été réalisées. Elles ont permis à environ une centaine de parisiennes et parisiens de visiter le chantier et à plus de 50 agents de la collectivité parisienne.

La Ville de Paris s’est associée au prestataire Wild Time Records pour capitaliser et formaliser dans différents supports de communication (article, vidéo, motion design) les enseignements de cette opération. Ces supports sont disponibles sur le site internet : passerelle écologique paris, plateforme dédiée aux constructions éco-responsables de la Ville de Paris.

 

Les chemins du bâtiment circulaire


Pour pérenniser et développer les pratiques d’économie circulaire et en particulier de réemploi, la Ville de Paris (DLH), Les Canaux, Ekopolis et la Scop Grand Huit ont expérimenté un dispositif de formation « Les Chemins du Bâtiment circulaire » dans le cadre de cette opération.

Il s’agit d’un apprentissage théorique et pratique à destination de l’ensemble de la chaîne d’acteurs, maître d’ouvrage, maître d’œuvre et ouvrier. La mixité des publics, agents de la Ville et personnes extérieures (bailleurs, architectes, mission locale…), est recherchée pour favoriser les partages de connaissance. Pour la 1ère session, ont participé des chargés d’opérations de la Ville de Paris, des bailleurs sociaux, des architectes privés, des maçons et menuisiers de la Ville de Paris et des agents d’entreprise d’insertion.

Soutenu par l’Ademe et le budget participatif, ce dispositif vise à s’étendre ensuite à d’autres chantiers, y compris de la Ville de Paris.

 

Mobilisation des agents de la Ville de Paris


La Ville de Paris a mené l’opération de réhabilitation.

L’équipe de maîtrise d’ouvrage de la Direction du Logement et de l’Habitat (DLH) a reçu pour ce travail le trophée interne de l’innovation de la Ville de Paris dans la catégorie Défis écologiques et climatiques en novembre 2021.

La DLH a également travaillé en étroite collaboration avec l’ensemble des autres directions. L’opération a permis, de nouveau révéler le foisonnement des métiers et des compétences en interne de la Ville de Paris.

Opinion des occupants

Les occupants sont très satisfaits. Leurs besoins ont été pris en compte et la philosophie des travaux mis en œuvre met en avant les missions de l'association.

Plus de détails sur ce projet

 https://passerelle-ecologique.paris/
 https://passerelle-ecologique.paris/chemins-batiment-circulaire/articles-maison-des-canaux/
 https://passerelle-ecologique.paris/isolation-de-la-salle-du-rdc/articles-maison-des-canaux/
 https://passerelle-ecologique.paris/demarche-batiments-durables-franciliens/articles-maison-des-canaux/

Crédits photo

Grand Huit

Maître d'ouvrage

    Ville de Paris - Direction du Logement et de l'Habitat

    christelle.davrieux[a]paris.fr ; isabelle.lardin[a]paris.fr

Maître d'œuvre

    Grand Huit - Scop d'architecture

    contact[a]grandhuit.eu

Intervenants

    Bureau d'étude thermique

    SWITCH

    g.ripanti[a]switch.coop

    BET chauffage ventilation gestion de l'eau


    Bureau d'études structures

    TISCO

    olivier.corsin[a]tisco.fr

    BET structure


    Exploitant

    Les Canaux

    contact[a]escanaux.com

    Association pour la promotion de l'économie solidaire et innovante


    Maître d'œuvre

    Bellastock

    cecile.marzorati[a]bellastock.com

    BE réemploi structure métal


    Assistance à Maîtrise d'ouvrage

    TRIBU Energie

    Nicolas.Desmars[a]tribu-energie.fr

    AMO performances énergétiques


    Autre intervenant

    APAVE

    laurent.dandres[a]apave.com

    Contrôle Technique


    Autre intervenant

    SATELIS

    contact[a]satelis.org

    Coordonnation de sécurité et de protection de la santé


    Entreprise

    Travail et Vie

    tetvie.canaux[a]gmail.com

    Curage, logistique, vie de chantier et gestion du tri - Entreprise d'insertion


    Entreprise

    Duarte Construction

    entduarte[a]gmail.com

    Gros œuvre et démolition


    Entreprise

    APIJ-BAT Coopérative

    Second œuvre - Entreprise d'insertion


    Entreprise

    BOSIO

    secretariat-bosio[a]orange.fr

    plomberie-CVC


    Entreprise

    SME

    sme.elec[a]orange.fr

    Electricité


    Entreprise

    Général Métal Edition

    gmedition[a]sfr.fr

    Charpente métallique (sous-traitant)


    Entreprise

    SARL David et fils

    contact[a]menuiseriedavid.fr

    Menuiseries extérieures (sous-traitant)


    Entreprise

    APPARAT

    apparat91[a]yahoo.fr

    mise en oeuvre d'un monte charge (sous-traitant)


    Autre intervenant

    ASSOCIATION ELIPS - ECOLE LOCALE ET ITINERANTE DE LA PIERRE SECHE

    elipspierreseche[a]free.fr

    Formation à la construction en pierre séche (sous-traitant)


    Autre intervenant

    A Travers Fil

    gestion[a]atraversfil.org

    Réalisation et pose d'un treillage en chêne massif de réemploi pour la clôture de la terrasse extérieure (sous-traitant)


    Autre intervenant

    Atelier Rare

    atelier.rare[a]gmail.com

    Fabrication et pose d'un parquet en bois de bout (sous-traitant)


    Autre intervenant

    Les Résilientes

    eugenie.de.lariviere[a]gmail.com et geraldinetubery[a]orange.fr

    fabrication de tapisserie à partir de moquette de réemploi et de tentures et rideaux en tissu de réemploi


    Entreprise

    Lauclem

    contact[a]laurentineperilhou.com

    Réalisation de remplissage en macramé des portails pour la fermeture de la terrasse extérieure (sous-traitant)

Mode contractuel

Contractant général

Consommation énergétique

  • 96,10 kWhep/m2.an
  • 98,30 kWhep/m2.an
  • RT existant

    - 58,3% chauffage (chaudière bois);
    - 39,2% éclairage;
    - 0,6% ventilation;
    - 1,9 auxiliaires (l'ECS n'est pas comptabilisée dans le calcul RT existant pour ce type de bâtiment).

  • 208,10 kWhep/m2.an

Performance énergétique de l'enveloppe

  • 0,94 W.m-2.K-1
  • La volumétrie du bâtiment n'a pas été modifiée. Néanmoins, une isolation complète par l'intérieure a été mise en place sur les parois extérieures du RDC et du R+1 ( les parois extérieures du R+2 ainsi que les combles bénéficiaient déjà d'une isolation par l'intérieur). De plus la majorité des menuiseries extérieures en simple vitrage ont été remplacées par des menuiseries en double vitrage.

Systèmes

    • Chaudière/poële bois
    • Chauffe-eau électrique individuel
    • Aucun système d'eau chaude sanitaire
    • Aucun système de climatisation
    • Ventilation naturelle
    • Double flux avec échangeur thermique
    • Chaudière-poele bois

Analyse du Cycle de Vie :

    La Ville de Paris a missionné Tribu Energie pour réaliser une ACV des travaux réalisés ciblée sur les indicateurs produit de construction et énergie et une ACV sans réemploi, en substituant les matériaux et produits de réemploi par des équivalents neufs.

Résilience

    • Inondation/Crue lente
    • Sécheresse géotechnique (Retrait-Gonflement sols argileux)
    • Îlot de chaleur urbaine

    L'outil d'évaluation des risques climatiques ci-jointe du bâtiment existant avant travaux a mis en évidence trois types de sensibilité du bâtiment à différents niveaux :

    • sensibilité moyenne face à l’aléa vague de chaleur => En réponse, le projet crée un îlot de fraicheur par la mise en place de végétations sur la terrasse extérieure. Il améliore le confort d’été avec la mise en place de store sur les fenêtres exposées et de voilage d’ombrage sur la terrasse. La pergola de la terrasse et les plantations ont été pensées pour faciliter la pousse de plantes grimpantes ombrières. Le fonctionnement de la ventilation naturelle est réglable permettant de ventiler la nuit pour apporter de la fraicheur et fermer la journée pour conserver la fraicheur. Des menuiseries ont été changées ayant une meilleure résistance thermique. L’isolation intérieure des murs améliore également le confort d’été.
    • sensibilité forte face à l’aléa sécheresse et retrait gonflement des argiles  -> En réponse, la récupération d’une partie de l’eau pluviale sur site permet d’être économe dans l’utilisation de l’eau potable et pallier en amont aux risques de sécheresse
    • sensibilité forte face à l’aléa inondation -> En réponse, le projet tente de pallier aux risques en amont avec notamment la récupération des eaux de pluie sur site pour l’arrosage des plantations et l’alimentation en eau des sanitaires. Par ailleurs, le low-tech a été mis en place dès que possible pour rendre le bâtiment fonctionnel même en cas de coupure d’électricité due à une inondation : ventilation naturelle, manutention manuelle des systèmes amovibles (cloisons, portails, store…)

     

    Pour en savoir plus sur l'adaptation du bâtiment aux changements climatiques : 

    Cliquez ici

Gestion de l'eau

    Un système de récupération des eaux pluviales a été mis en place pour collecter les eaux de ruissellement de la toiture du bâtiment. La capacité du réservoir de stockage des eaux pluviales est de 6 m3.
    Ce réservoir est relié à un module de gestion d’eau pluviale qui permet l’alimentation des sanitaires du RDC, du R+1 et des bouches d’arrosage des végétaux de la terrasse extérieure.

Qualité de l'air intérieur

    Un système de ventilation naturelle double flux avec récupération de chaleur a été mis en place afin de garantir un renouvellement d'air dans la grande salle au rdc. Cette dernière est d'une surface d'environ 130 m² et fait office de salle d'expostion, de réunion ou encore d'atelier pendant des manifestations ouvertes au public.

    Ce système de ventilation, composé de 4 modules de 450 m3/h environ, est simple et embarque peu de technologie, d’où sa robustesse et sa pérennité dans le temps.

    Il est peu énergivore en comparaison à un système de ventilation mécanique double-flux :

    • en hiver, il permet de récupérer environ 50% de la chaleur extraite ;
    • en été, grâce à l’inertie du bâtiment, l'association avec la possibilité d’ouvrir les fenêtres, la grande salle atteint un niveau d’heures d’inconfort (température résultante supérieure à 28°C) de 14 heures par an pour une occupation continue de 45 personnes.

    Enfin, 3 sondes de CO2 positionnées aux coins opposés de la grande salle gèrent l’ouverture des registres de ventilation au moyen d’un système de gestion « low tech » et innovant permettant ainsi le renouvellement d'air.

Santé & Confort

    Le système de ventilation naturelle double flux décrit dans l'onglet "qualité de l'air intérieur" permet d'avoir un confort l'hiver grace à la récupération de chaleur sur le flux d'air extrait. Aussi, il permet un renouvellement d'air naturel qui permet de limiter les concentrations de CO2.

Solution

    Ventilation naturelle

    SWITCH

    Génie climatique, électricité / Ventilation, rafraîchissement

    SWITCH a proposé et suivi la mise en œuvre d’un système de ventilation innovant qui nous parait être une réponse adaptée aux enjeux actuels de maîtrise de la performance énergétique à coût technologique maîtrisé : la ventilation naturelle avec récupération de chaleur (VNRC).

    Le système est basé sur l’utilisation d’échangeurs à plaques dans un réseau de ventilation naturelle. Correctement dimensionnés, les échangeurs permettent de récupérer environ 50% de la chaleur de l’air extrait et génèrent des pertes de charge acceptables.

    L’originalité de la solution réside dans le fait que, contrairement à la plupart des stratégies de ventilation naturelle qui reposent sur un balayage entre une prise d’air en partie basse et un exutoire en partie haute, des cheminements aérauliques de soufflage et d’extraction sont créés de façon à que ces flux se croisent, permettant ainsi la mise en œuvre d’une récupération de chaleur.

    Ce schéma fonctionne si le réseau est dimensionné de manière suffisamment généreuse pour que les pertes de charges induites par l’échangeur à plaques restent acceptables. Dans ce cas, les différences de pressions dues aux différences de température et à l’action du vent permettent, en moyenne, d’atteindre le renouvellement d’air attendu.

    La mise en œuvre de ce système suppose le renversement de plusieurs pratiques solidement établies concernant la ventilation de bâtiments tertiaires :

    · Considérer la ventilation comme une partie prenante de l’architecture, intégrée au bâti, plutôt que comme une installation technique indépendante, constituant une nappe rapportée de conduits de distribution ;

    · Donner la main aux utilisateurs sur une gestion simple du renouvellement d’air plutôt qu’automatiser le pilotage d’une installation complexe ;

    · Viser une performance énergétique globale du système plutôt que la seule efficacité thermique – en effet, les installations de ventilation mécanique avec récupération de chaleur affichent une efficacité thermique proche de 90% mais génèrent des consommations électriques non négligeables. La VNRC développée ici affiche une efficacité thermique moindre (~ 50) mais ne présente aucune consommation électrique pour le déplacement de l’air.

    · Concevoir un système sur un objectif de qualité de l’air statistique, basé sur la concentration C02, plutôt qu’un objectif de débit. Les réglementations actuelles concernant la ventilation mécanique sont basées sur l’atteinte de débits de renouvellement d’air. La ventilation naturelle est par nature instable car elle s’équilibre en permanence en fonction des conditions climatiques internes et externes ; le débit de renouvellement d’air n’est donc pas garanti en continu, il faut donc résonner de manière statistique et en termes de qualité de l’air (sur le critère de la concentration de C02) plutôt que sur le contrôle du débit.

    Ce dispositif a été développé, sans doute pour la première fois en France, sur une école maternelle de la commune de Rosny-sous-Bois, par la cellule de maitrise d’œuvre interne à la Ville.

    Le système a ici été adapté aux contraintes propres à la rénovation de la maison des Canaux de la Ville de Paris, un bâtiment historique donnant sur le canal de l’Ourcq en plein cœur de Paris. La mise en œuvre du système est relativement innovante puisque les échangeurs et les gaines sont intégrés directement dans l’espace, masqué par différents éléments d’habillage issus du réemploi. Une partie des gaines est réalisée au moyen d’un origami de papier translucide, dans l’esprit des installations (principalement des luminaires) déjà réalisées pour ce lieu par le Designer Fritz Jacquet Junior.

    Enfin, un travail particulier a été réalisé sur la régulation du système puisque l’équipe de maîtrise d’œuvre et l’entreprise ont pris la main sur la réalisation d’une carte électronique faisant office d’automate, pilotant l’ouverture des registres sur la concentration en CO2 ou laissant la main aux utilisateurs. Cela ouvre une piste intéressante de résilience consistant à développer soi-même des outils de régulation simples, low tech, et performants.

Coûts de construction & exploitation

  • 171 330
  • 1 383 000
  • 583 000
  • Le coût total est celui du marché conception-réalisation passé avec le groupement Grand Huit pour les études et travaux.

Environnement urbain

Site industriel jusque dans les années 70, le Bassin de la Villette est désormais un lieu de promenade chéri des parisiens. La maison des Canaux, ancien bâtiment du service administratif, est un témoin de l'activité industrielle. Avec une fréquentation croissante, le Bassin de la Villette est ce lieu de respiration et de reconnexion avec l’eau, les oiseaux, les bateaux qui ouvre une perspective sur le Grand Paris par le Canal de l’Ourcq.

Situé à l’articulation du quai de la Seine et de la place Stalingrad, le bâtiment occupe une place urbaine d’exception. Il ouvre une séquence urbaine vers le cinéma MK2, autre témoin conservé du passé commercial du bassin, véritable pôle logistique majeur de la capitale. Ouvert sur la ville, entouré d'espace public, le bâtiment est accessible par les cyclistes et les promeneurs, par les grands axes de circulation douce aménagés le long de l'eau. 

Le projet renforce la connexion du bâtiment à l'espace public avec l'installation d'une rampe en calade qui permet d'accéder de plain-pied à une terrasse et au rez-de-chaussée accessible au public. Cet aménagement extérieur a été pensé pour accueillir la biodiversité. Le muret, la calade en pierre sèche et la grande treille sont support d'une végétation vivace et indigène. Des rosiers existants ont été transplantés avec le plus grand soin dans le nouvel aménagement. Des nichoirs pour la colonie de moineaux existante ont été ajoutés et la flore a été pensée pour accueillir ce petit oiseau, protégé à Paris.

L'eau de pluie est récupérée de la toiture pour arroser les plantations. La terrasse devient en été un refuge ombragée. 

Parking

9 m² de local vélos créés au sous-sol.

Qualité environnementale du bâti

  • Adaptabilité du bâtiment
  • Santé, qualité air intérieur
  • Biodiversité
  • Chantier (incluant déchets)
  • concertation - participation
  • acoustique
  • confort (olfactif, thermique, visuel)
  • gestion des déchets
  • gestion de l'eau
  • efficacité énergétique, gestion de l'énergie
  • énergies renouvelables
  • gestion du bâtiment, maintenance
  • fin de vie du bâtiment
  • gestion des espaces, intégration dans le site
  • procédés de construction
  • produits et matériaux de construction

Réemploi (même usage) / Réutilisation (changement d'usage)

    • Gros Œuvre
    • Charpente
    • Façades
    • Serrurerie-Metallerie
    • Menuiseries intérieures
    • Menuiseries Extérieures
    • Revêtements de sol
    • Cloisons
    • Isolation
    • Faux-Plafonds
    • Faux-planchers
    • Electricité
    • Plomberie
    • Aménagements extérieurs
    • autres..

    Terrasse

    • Poutrelles métalliques (IPE, HEA, Tube, Panne, Plats) : 8,6 tonnes
    • Poutrelles métalliques (L et Plats) : 2,1 tonnes
    • Platelage de la terrasse  : 80 m² (y compris 235 ml de lambourdes)
    • Muret, calade (rampe d'accès PMR), jardinières : 57 m3 de pierres
    • Gravats : 3 m3
    • Terre végétale : 2 m3
    • Remplissage des portails : 5 km de cordes d'escalade
    • Treillage en bois : 55 m²
    • Voile d'ombrage : 90 m²
    • Grille de barreaudage : 1 unité
    • Briques : 4 m²

     

    Travaux à l'intérieur du bâtiment : 

    • Cloisons amovibles : 80 m²
    • Isolation RDC : 76 m² de lattis bois + 35 m² de soubassement en bois MDF
    • Isolation R+1 : 200 m² d'habillage moquette + 270 m² de laine de verre + 27 m²  de soubassement en bois MDF
    • Laine de verre des gaines de ventilation : 75,8 m² 
    • Faux plafonds RDC : 12 m²
    • Mobilier : Placard : 6 m², plan de travail  : 1 unité, paillasses : 2 unités,
    • Portes : 10 unités
    • Quincaillerie associée aux portes et meubles : au moins 10 poignées, serrurerie...
    • Sanitaires : éviers  : 1 unité, toilettes : 2 unités, vasque/lavabo : 5 unités
    • Polycarbonate : 5,12 m²
    • Fenêtres : 3 unités
    • Voiles d'ombrage : 90 m²
    • Rideaux occultants : 100 m²
    • Lamelles occultantes : 15 m²
    • Stores extérieurs : 160 m²
    • Sols : 27 m² de parquet, 45 m² de parquet restauré, 4 m² de mosaïque de bois debout
    • Plinthes : 70 ml
    • Sols : 33 m² de marches granito + 18 m² restaurées, 4 m² de dalles en béton,
    • Carreaux muraux : 10,5 m²
    • Electricité : prises de courant 2P+T  : 36 unités, prises de courant RJ 45 : 18 unités ; interrupteur : 1 unité;
    • Luminaires  : réglettes Leds  : 11 unités; suspensions de luminaires : 3 unités; Luminaire spot : 1 unité
    • BAES : 15 unités
    • Prises électriques : 66 unités
    • Interrupteur : 4 unités
    • Tableau électrique : 1 unité
    • Chemins de câbles : 32 ml
    • Robinets : 91 unités
    • Liège : 300 litres
    • Radiateur : 1 unité
    • Diffuseur sonore : 3 unités
    • Diffuseur lumineux  : 2 unités
    • Centrale d'alarme incendie : 1 unité 
    • Faux plafonds en papier sulfurisé : 27 m²

    Terrasse

    Structure de la terrasse :

    • Poutrelles métalliques (IPE, HEA, Tube, Panne)  provenant d'un hangar démoli par Sequano et données par Sequano et Est Ensemble, transformées et adaptées par GME
    • Poutrelles métalliques (L et Plats), acier déclassé par les aciéries et rachetées par GME

     

    Platelage de la terrasse  :

    • Démantèlement de portes pallières parisiennes en bois de chêne issues de travaux des bailleurs sociaux RIVP (don) et Elogie-Siemp (don) et de la plateforme Réavie (achat), transformation en tasseaux et pose par Atelier R-ARE
    • Démantèlement de fenêtres d'un chantier parisien et transformation en lambourdes en bois de moabi par Atelier R-ARE

     

    Muret, calade (rampe d'accès PMR) :

    • Pierres (moellons de calcaire et pierres de meulière) et gravats provenant de la démolition des murs du bâtiment et réutilisées sur site pour le socle de la terrasse par Travail et Vie
    • Pavés et bordures de trottoir issus de la plateforme de la Ville de Paris et utilisés pour le muret et la calade par Elips et Travail et Vie

     

    Jardinières :

    • Terre végétale provenant des jardinères du site (enlèvement, amendement et repose) par Travail et Vie

     

    Portails :

    • Remplissage des portails : utilisation de cordes d'escalade issues de magasin de sport et de centres d'escalade récupérées par Grand Huit et posées en macramé par Travail et Vie et Lauclem

     

    Treillage

    • Démantèlement de portes pallières parisiennes en bois de chêne issues de travaux des bailleurs sociaux RIVP (don) et Elogie-Siemp (don) par atelier Rare et transformation et adaptation en treillage par A Travers Fil

     

    Voile d'ombrage :

    • Constitution de voile souple par Travail et Vie et Stu-Dio à partir de bâches PVC de la Réserve des Arts et pose par Travail et Vie

     

    Grille de barreaudage :

    • Dépose et repose à un autre endroit

     

    Façade

    • Dépose et pose à un autre endroit des briques de parement.

     

    Travaux à l'intérieur du bâtiment : 

    Cloisons amovibles accoustiques :

    • Réalisation de cloisons amovibles accoustiques à partir de chutes de textile d'un couturier et d'un isolant constitué de coton recyclé par Les Résilientes et pose par Les Résilientes et GME (dispositif de tenue et levage)

     

    Isolation RDC :

    • Lattis bois provenant de bois de contenairs d'Afrique fournis par Esiam, de lattis chataigniers de la plateforme Le Bon Coin et de bois de chêne de l'atelier d'ApijBat : récupération et adaptation par ApijBat
    • Soubassement en bois MDF provenant d'un événement commercial et posé par ApijBat 

     

    Isolation R+1 :

    • Constitution d'une tapisserie à partir de moquettes provenant de salons événementiels par Les Résilientes et pose par ApijBat
    • Achat auprès de la plateforme Réavie de laine de verre et pose par ApijBat
    • Récupération de soubassement en bois MDF issus d'un événement et pose par ApijBat

     

    Isolation des trémies, d'un mur, du monte-charge, des gaines de ventilation : 

    • Achat auprès de la plateforme Réavie de laine de verre et pose par ApijBat

     

    Faux plafonds RDC :

    • Récupération des caches radiateur en bois de la maison Les Canaux, adaptation et pose en faux plafonds par ApijBat

     

    Mobilier :

    • Plan de travail en matériau de synthèse acheté sur la plateforme Cycle up par Grand Huit et pose par ApijBat
    • Paillasses données par l'APHP d'un chantier parisien et récupérées par Travail et Vie et pose par ApijBat comme tables de bureau

     

    Menuiseries intérieures :

    • Portes : adaptation des portes existantes aux lieux réaménagés par ApijBat et récupération d'une porte de réemploi d'un autre chantier

     

    Quincaillerie associée aux portes et meubles :

    • Récupération des poignées, serrurerie des différentes portes et meubles pour être ensuite réemployées

     

    Sanitaires :

    • Dépose en conservation de 3 lavabos et 2 toilettes par Travail et Vie et repose par ApijBat
    • Achat par Grand Huit d'un lavabo double vasque sur la plateforme Silensi
    • Achat d'un meuble évier simple vasque par Grand Huit sur la plateforme Cycle up 

     

    Fenêtres :

    • Pose d'un polycarbonate provenant d'un atelier d'ApijBat en survitrage au R+2
    • Dépose de fenêtres double vitrage en conservation du RDC et repose de ces fenêtres à un autre endroit par ApijBat

     

    Protection solaire

    • Réalisation de rideaux occultants à partir de coton (drap de grand-mère) par les Résilientes
    • Réalisation par Travail et Vie et Studio de stores extérieurs à partir de bâche de plastique d'emballage de réemploi de la Réserve des Arts et pose par Travail et Vie

     

    Sols :

    • Récupération de parquet d'un chantier de la Ville de Paris et repose par ApijBat
    • Restauration du parquet existant par ApijBat
    • Dépose et remise en état de marches granito de cages d'escalier d'un chantier de démolition de Seine Saint Denis Habitat par Travail et Vie, pose par Duarte
    • Restauration de dalles granito existantes
    • Réalisation de dalles en béton à partir de murs d'un parking d'un chantier parisien par Bégo réemploi et pose par ApijBat des dalles en parement de sol
    • Réalisation de mosaïque de bois debout et de plâtre à partir de restes de portes par Atelier Rare et pose des mosaïque sur le sol par ApijBat et Atelier R-Rar
    • Réalisation de plinthes pour le RDC et R+1 à partir des portes démantelées par Atelier R-ARE

     

    Carreaux muraux :

    • Dépose soignée de carreaux de ciment du sol du RDC par Travail et Vie et repose en carreaux muraux dans les sanitaires par ApijBat
    • Réalisation de carreaux en terre cuite par Stu-Dio à partir de terres de jardinières et de terres du Grand Paris Express et pose par ApijBat  en carrelage mural dans les sanitaires

     

    Rideaux : 

    • Réalisation de lamelles pour assurer la ventilation et cacher les trémies, à partir de moquettes récupérées de salon événementiel par les Résilientes.   

     

    Grilles de ventilation :

    • Récupération des grilles de radiateur de la maison les Canaux par Travail et Vie et adaptation et pose par ApijBat

     

    Electricité :

    • Récupération de prises de courant et d'un interrupteur de chantiers parisiens par et pose par SME
    • Dépose et repose de prises électriques, d'interrupteurs, de tableau électrique, de chemin de câbles, de diffuseur sonore par SME
    • Dépose et repose de BAES, d'une centrale d'alarme incendie par SME 

     

    Eclairage :

    • Récupération de réglettes Leds d'un chantier parisien et pose par SME
    • Dépose et repose de réglettes leds et diffuseurs lumineux par SME
    • Achat de suspensions de luminaires fabriqués à partir de déchets par Kataba et Cornichonstudio par Grand Huit 

     

    Plomberie : 

    • Dépose et repose de radiateurs et de robinets par Bosio

     

    Divers : 

    • Récupération des chutes de liège de l'isolation du R+1 par Travail et Vie et utilisation dans la chape légère des marches granito par Duarte
    • Dépose et repose des faux plafonds en papier sulfurisé de Fritz Jacquet Junior par ApijBat. 

     

    Un contrat de cession de don entre la Ville de Paris et le donateur a été réalisé pour les portes de la RIVP, les paillasses de l'APHP et les marches granito de Seine Saint Denis Habitat. Une convention de partenariat a été signée entre la Ville de Paris, Est Ensemble et Sequano pour le don de poutrelles métalliques avec en annexe, un contrat de cession desdites poutrelles entre Sequano et GME.

Eco-conception

    1. Réemploi de poutrelles métalliques
     

    L'équipe de maîtrise d'oeuvre (l'architecte Grand Huit, TISCO, Bellastock)  a défini son besoin : description des caractéristiques attendues, représentation graphique, hypothèses de gisement, points de vigilance...

    Puis plusieurs canaux ont été mobilisés pour trouver les poutrelles métalliques adaptées au projet : réseau des partenaires de la Ville de Paris, de l'AMOE Bellastock et du charpentier métallier GME. Les gisements ont ensuite été sélectionnés par Bellastock et GME sur la base d'un diagnostic réemploi avec le propriétaire du bâtiment. Ce travail a abouti à retenir un hangar situé à Bondy qui allait être déconstruit par Séquano et Est Ensemble dans le cadre de la Zac des Rives de l’Ourcq à Bondy. L'équipe de maîtrise d'oeuvre et GME ont proposé le surdimensionnement de la structure, généré par l'usage de ces poutrelles, qui a été validée par le bureau de contrôle. 

    Est Ensemble et Séquano ont donné leur accord pour assurer une déconstruction soignée des poutrelles métalliques et les donner à la Ville de Paris. En contre partie, la Ville assurait la logistique, toute l'ingénierie pour le réemploi et le sujet asurantiel, réalisait des supports d'information (vidéo, article) et de documentation qu'elle remettait pour leur usage à Sequano et Est Ensemble. Une convention de partenariat a été établi en ce sens entre la Ville de Paris, Est Ensemble et Sequano. Elle comprenait en annexe le contrat de cession entre Sequano et GME qui a été établi lorsque les poutrelles ont été remises. 

    Dans le cadre du projet FCRBE, une convention a été signée entre la Ville et Bellastock pour être un site démonstrateur. Bellastock a assuré toute l'ingénierie technico-assurantielle des poutrelles : élaboration d'un protocole de fiabilisation, suivi de ce protocole, groupe de travail avec les acteurs et échange avec l'AMO Assurance de la Ville de Paris. Le protocole mis en place a été validé par le bureau de contrôle ce qui a rassuré les assureurs de la Ville de Paris et de GME de sorte qu'il n'y a eu aucune surprime.

    Le charpentier métallier a ensuite retenu les parties en bon état des poutrelles métalliques, les a assemblées mécaniquement et posées sur site. 

    Ce qui est bien : réemploi de poutrelles métalliques en structure, soumise à garantie décennale, sans surprime. La collaboration nouvelle qui (ré)émerge entre maîtrise d'oeuvre et artisans pour co-concevoir l'ouvrage.

    Ce qui pourrait être amélioré : la traçabilité des informations sur les matériaux ce qui améliorerait la qualité des diagnostics PEMD et Réemploi, la qualité des diagnostics PEMD et Réemploi avec des informations sur l'historique (ex: date du PC...) et les dimensionnements des éléments d'ossatures (ex : longueur, type...) pour optimiser la recherche de gisements et la visibilité des gisements dont la recherche est encore aujourd'hui compliquée. 
     

     

    2. Réemploi des bois (parquet, portes palières)
     

    Plusieurs réemploi de bois ont été testés :

    • réemploi de parquet : la Ville de Paris était en train de déposer un parquet sur un autre chantier au moment des travaux de réhabilitation de la maison Les Canaux. Le calendrier et les caractéristiques étaient compatibles avec le projet. L'architecte Grand Huit a validé la proposition. ApijBat a ensuite adapté les lattes de parquet et les a posées.
       

    • Réemploi de portes palières des bailleurs sociaux :

    L'architecte Grand Huit a défini son besoin en collaboration avec Atelier R-ARE et A Travers Fil pour le platelage de la terrasse et le treillage: description des caractéristiques attendues, représentation graphique, hypothèses de gisement, points de vigilance ....

    Un travail important de recherche de bois de chêne de 2nde vie a été menée en s'appuyant sur les réseaux de la Ville de Paris (notamment les bailleurs sociaux) et ceux de l'Atelier R-ARE.

    Lors des travaux de mise en conformité des portes palières, les bailleurs sociaux disposent d'un gisement significatif mais dont ils ignorent la plupart du temps l'essence du bois et la possibilité ou non de récupérer significativement la matière. Un travail a donc été mené en concertation entre la Ville de Paris, les bailleurs sociaux et ceux de l'association Atelier R-ARE pour identifier les gisements les plus pertinents. 

    Une fois celui-ci trouvé et validé par l'architecte, les modalités logistiques (conditionnement, transport, stockage) ont été définis et le bailleur a adapté son marché en conséquence. Un contrat de cession à titre gratuit entre le bailleur et la Ville de Paris a été signé.

    Les portes palières ont ensuite été démantelées (*) par Atelier R-ARE, une partie des composants a été adaptée et assemblée par A Travers Fil pour le treillage de la terrasse et l'autre partie, transformée par l'Atelier R-ARE pour la fabrication du platelage de la terrasse et des plinthes. Les chutes de délignages des composants ont servi à réaliser les mosaïques intérieures de bois/plâtre. 

    Ce qui est bien : donner une 2nde vie à un gisement important et facilement accessible de portes palières

    Ce qui pourrait être amélioré : le diagnostic réemploi qui ne mentionne pas l'essence de bois des portes ou des fenêtres. Nous avons connu beaucoup d'échec dans la recherche de gisement. 

    Ce qui est difficile : (*) Le démantèlement soigné des portes qui ont été blindées a posteriori, est minutieux et demande du temps pour un opérateur qualifié, pour que la matière puisse être réutilisée.  


    3. Réemploi de pierres, pavés, bordures de trottoir suivant la technique de "pierre sèche"
     

    L'architecte Grand Huit a souhaité mettre en oeuvre la technique de la "pierre sèche" pour la réalisation du muret et de la rampe d'accès pour les personnes à mobilité réduite (PMR), ou calade.

    Pour cela, elle s'est appuyée sur l'expertise de l'Ecole Locale et Itinérante de la Pierre Sèche (Elips). Elips a conçu le muret et la calade, a formé Travail et Vie ainsi que des étudiants, agents de la Ville à la technique dans le cadre de chantiers participatifs et a supervisé les travaux.

    Le remplissage du socle de la terrasse était réalisé avec des moellons en calcaire et des pierres de meulières provenant de la déconstruction soignée des murs de démolition par Duarte. Travail et Vie a assuré le tri et la logistique de ces pierres ainsi que leur pose. 

    Le muret et la calade ont été constitués principalement des pavés et bordures de trottoir de la voirie parisienne. La Ville de Paris dispose d'une plateforme où ils sont entreposés, remis en état et adaptés en fonction des besoins des services techniques. L'architecte Grand Huit et Elips ont choisi ceux qui répondaient à l'ouvrage sur le plan fonctionnel et esthétique. Travail et Vie a assuré la logistique. 

    Ce qui est bien : donner une 2nde vie à un gisement important et facilement accessible, éviter l'usage du ciment et du béton

    Ce qui pourrait être amélioré : débuter par un ouvrage plus simple à réaliser comme des murets dans des espaces aménagers et poursuivre seulement ensuite par des ouvrages plus complexes comme celui réalisé afin d'optimiser le procédé. 

        

    Le cahier des charges des travaux prévoyait de privilégier l'ordre suivant pour l'approvisionnement : 

    1. Matériaux produits, équipements biosourcés, issus du réemploi ou contenant au moins 10% de matière recyclée ;
    2. Matériaux, produits, équipements recyclables ;
    3. Matériaux produits, équipements en tenant compte du bilan global du cycle de vie : écolabel, existence de fiches de déclaration environnementale vérifiée (FDES, PEP).  

    En cas de recours à d'autres matériaux, le groupement devait justifier qu'il avait effectué des recherches et rien trouvé.

    Les matériaux biosourcés étaient également recyclables.  

    Les matériaux contenant au moins 10% de matière recyclée :

    • les poutrelles en acier pour la reprise en structure du bâtiment ;
    • l'isolant en coton recyclé pour la salle du RDC et les cloisons amovibles ;
    • Fermacell pour la protection contre l'incendie (chaufferie, trémies de ventilation, portique, porte coupe-feu) et pour l'isolation (salle à manger, sanitaire et faux plafond).

    1. Réversibilité

    Le cahier des charges prévoyait des équipements réversibles et de privilégier des assemblages mécaniques, secs et d'éviter si possible les colles...

    En effet, afin de limiter la consommation de ces matériaux, produits, mobiliers et équipements, ceux-ci devaient être dans la mesure du possible :

    • démontables ;
    • adaptables ;
    • robustes et durables.

    La conception devait être particulièrement sensible :

    • aux choix structurels ;
    • à l’accessibilité des différents éléments constructifs (notamment pour ceux qui ont une durée de vie courte) ;
    • aux méthodes d’assemblages des différents produits ;
    • aux choix de mono matériaux ;
    • à l’indépendance des éléments du bâti qui ont des cycles de vie différents (théorie des couches) ;
    • à la multiplication des références commerciales pour une même fonction ;
    • ...

     

    Le groupement y a répondu : la terrasse est entièrement démontable, sans liant : la calade, le muret et les jardiinères ont été réalisés à partir de la technique de la "pierre sèche", c'est à dire sans liant, le treillage, la structure de la terrasse et le platelage sont assemblés mécaniquement comme un "mécano".

     

    2. Adaptabilité

    L'adaptabilité de la salle du RDC pour répondre aux différents usages de l'association faisait partie intégrante du cahier des charges. Le cloisonnement devait permettre les configurations suivantes : mode conférence debout dit "cocktail", mode conférence assis dit "plénière", mode dit "conseil d'administration", mode dit "réunion" et mode seul en groupe ou petit groupe et mode pop up store avec de grandes tables rectangulaires pour permettre aux exposants de montrer leur marchandise.

    Grand Huit a mis en place avec l'aide de GME et Les Résilientes un dispositif innovant de cloisons ergonomiques, simples et qui n’encombrent pas l’espace une fois rétractées.

    Ils se sont inspirés du système des portes sectionnelles et du rideau de scène de théâtre dit à «l’allemande». Une fois levée la cloison de textile couvre le plafond qu’elle vient orner et libère la salle totalement. Aucun besoin de déplacement ou de stockage sans pour autant empêcher la mise en place des luminaires et autre équipements de plafond. Un traitement ignifugeant par trempage préalable assure la résistance au feu des textiles sans COV ni formaldéhydes.

    L’oeuvre de Junior Fritz Jacquet qui recouvre le plafond ne nuage n'est pas ainsi impactée par ces dispositifs. 
     

    Le cahier des charges des travaux prévoyait de privilégier l'ordre suivant pour l'approvisionnement : 

    1. Matériaux produits, équipements biosourcés, issus du réemploi ou contenant au moins 10% de matière recyclée ;
    2. Matériaux, produits, équipements recyclables ;
    3. Matériaux produits, équipements en tenant compte du bilan global du cycle de vie : écolabel, existence de fiches de déclaration environnementale vérifiée (FDES, PEP).  

    En cas de recours à d'autres matériaux, le groupement devait justifier qu'il avait effectué des recherches et rien trouvé.

    Il demandait également de porter une attention particulière aux performances techniques et environnementales liées à la qualité et à la mise en œuvre des produits et équipements employés, à leur entretien et leur maintenance et à l’usage.

    • La durée de vie d’usage d’un produit de construction ou équipement ou la durée de vie de référence (cf. base de données INIES http://www.base-inies.fr/iniesV4/dist/consultation.html) permet d’identifier les produits de construction qui ont le cycle de vie le plus long.
    • Une analyse est à mener au cas par cas ainsi que le bilan avantage/inconvénient entre l’allongement de la durée de vie (réparation, entretien, maintenance) et le remplacement de tout ou partie du bien.
    • En matière d’automatisme, de domotique ou d‘objets connectés, le recours à des solutions « low tech » ou « basse technologie » peut par exemple, être envisagé. Elles se caractérisent par la mise en œuvre de technologies simples, peu onéreuses, accessibles à tous et facilement réparables, faisant appel à des moyens courants et localement disponibles sans pour autant faire de concession sur le niveau du service rendu.

     

    Le groupement a répondu sur ces différents points de la manière suivante : 

     

    1. Matériaux biosourcés

    Les matériaux biosourcés ont été privilégiés, qu'ils soient neufs ou issus du réemploi. 

    En complément des matériaux de réemploi cités ci-dessus, vous trouverez ci-dessous les matériaux biosourcés neufs : 

    • bois : ossature des isolations du RdC et R+1, mobilier, fenêtre, portes, appuis de fenêtre ;
    • liège : isolation de l'embrasure des fenêtres du R+1 ;
    • paille : isolation de l'embrasure des fenêtres du RDC. Un isolant paille plâtre, qui a fait l'objet d'un essai de résistance au feu lors d'un précédent chantier, a été utilisé.

    Les peintures utilisées sont des peintures de classe A+, écolabellisées, et faiblement émettrices en COV : Aquaryl Mat +,  Aquaryl Velours + et une peinture à base d'origine végétale et minérale de Natura Tassili (peinture écologique lessivable, velours teintée intérieur - extérieur).

     

    2. Matériaux innovants

    Les innovations ont portés sur : 

    • la réhabilitation d'un écran thermique composé de lattis en bois et d'enduit de plâtre pour l'isolation du RdC. Un essai de résistance au feu a été réalisée par le CSTB, avec l'appui technique du chercheur Arthur Hellouin de Menibus. Vous trouverez plus d'informations sur le site :  Isolation de la salle du RDC – Passerelle Ecologique (passerelle-ecologique.paris) ;
    • la réalisation de cloisons amovibles artisanales - cf. ci-dessus ;
    • la réalisation d'une isolation au R+1 constituée d'un isolant, d'un pare-vapeur, d'une ossature en bois et d'une tapisserie à base de moquettes de réemploi. 

     

    3. Les matériaux locaux

    La grande majorité des matériaux de réemploi proviennent de chantiers parisiens et de petite couronne, principalement le département du 93.

     

    4. Matériaux low techs

    Les équipements low techs sont essentiellement : 

    • le système de ventilation naturelle qui fonctionne par brassage d'air chaud et froid ;
    • les systèmes de levage des cloisons amovibles, des portails, le mécanisme des stores : ils sont constitués de poulie et manivelle et fonctionnent à la force des bras.

     

Bilan environnemental

    Les résultats du calcul d'impact sont les suivants :

    Catégories CO2 évité (kg)  Consommation Eau évité (m3) Déchets évités (kg)
    Aménagements extérieurs 100 0,8512 226,373572
    Aménagements extérieurs / Serrurerie - Métallerie 0 0 0
    Charpente 26144,43975 137,5443603 583,3691144
    Cloisons 0 0 0
    Couverture 0 0 0
    Couverture / Aménagements extérieurs 0 0 0
    Eclairages 825,3294439 6,572118021 1116,157544
    Eclairages sécurité 101,5544921 6,720953741 180,4228528
    Equipements de génie climatique 0 0 0
    Equipements électriques 317,0916204 39,33104794 139,9612671
    Façades 110,956 0,602658 42,7984196
    Faux plafonds 0 0 0
    Faux planchers 0 0 0
    Faux-plafonds 0 0 0
    Gros-œuvre 122483,8354 826,5138738 159578,0445
    Installations sanitaires 538,690943 6,087830568 409,1163135
    Isolation 859,3645204 11,50477475 1161,759726
    Menuiserie ext 18247,7924 181,1200662 8522,143167
    Menuiseries intérieures 1364,797921 984,4354333 1804,880752
    Mobilier 362,2680317 2,482330673 279,2440916
    Peinture 0 0 0
    Plomberie 2270,45 30,88085 6065,646369
    Revêtements de sols 2008,295321 69,1387102 1340,53722
    Revêtements de sols ou muraux 200,145 0,4378 2535,679586
    Revêtements muraux 0 0 0
    Sécurité du bâtiment 0 0 0
    Serrurerie - métallerie 556,0813636 3,45763418 703,7955718
    VRD 0 0 0
           
      CO2 évité (kg)  Consommation Eau évité (m3) Déchets évités (kg)
    TOTAL 176491,0922 2307,681642 184689,93
           
      Km en petite voiture Nb de Baignoires rectangulaires nb d'années de déchets ménagers d'un français

Réplicabilité et Innovation

    L'équipe de maîtrise d'ouvrage comprenait une experte en économie circulaire interne à la Ville de Paris qui a participé à l'élaboration du marché de travaux, de bureau de contrôle et d'AMOA pour la réalisation de l'ACV, à la rédaction du programme fonctionnel et au suivi des phases de conception et de réalisation des travaux. Elle participe également au bilan de l'opération, à la formalisation du Retour d'Expérience et réalis son analyse.

    La Ville de Paris a également bénéficié du coordonnateur Bellastock du programme européen FCRBE pour le sujet technico-assurantiel de réemploi des poutrelles métallique spour la structure de la terrasse.

    La réhabilitation de la maison les Canaux (phase 2) a été réalisée par un marché de conception - réalisation. Un guide explicitant les principes de l'économie circulaire appliqués à l'opération (dont la conservation de l'existant, l'approvisionnement en matériaux de réemploi ou réutilisés et la gestion des flux sortants avec une priorité donnée au réemploi et à la réutilisation) était l'une des pièces du programme des travaux et chaque partie des travaux à réaliser y faisait référence. Les candidats étaient jugés : 

    • phase candidature :

    critère 1 - 60% : compétences en matière d'insertion, d'économie circulaire et d'écoconception

    critère 2 - 40%  : capacités techniques de l'équipe en conception architecturale et technique, en travaux de réhabilitation, tous corps d'état et en économie circulaire;

    • phase offre :

    critère 1 - 45% : un projet durable et écoresponsable pour un bâtiment résilient répartis 50/50 entre la prise en compte des problématiques sociétales, sociales et huamines et la qualité de la démarche circulaire

    critère 2 - 35% : la qualité fonctionnelle, technique et architecturale du projet (35%)

    critère 3 - 20% : le prix L'enveloppe maximale du projet était fixée et connue des candidats.

    Le marché de bureau de contrôle prévoyait des missions de base et des missions pécifiques pour les techniques non courantes et du temps pour l'analyse des propositions du groupement. Les candidats étaient jugés sur leur compétence et expérience en techniques non courantes et en réemploi.

    Le groupement retenu dont le mandataire est Grand Huit avait fait le choix de privilégier les matériaux issus du réemploi et était entouré d'acteurs engagés dans le réemploi et l'écoconstruction. 

    Le transport et la logistique était assuré par Travail et Vie, également en charge du curage et de la gestion des déchets pour le groupement. En complément du stockage sur chantier et dans des locaux du groupement, la Ville de Paris avait mis à disposition du groupement un lieu de stockage fermé, à proximité du chantier. 

    Les freins et solutions identifiés étaient :

    • la recherche de gisement de réemploi : la réalisation de fiches d'expression de besoin par l'équipe de maîtrise d'oeuvre sur les matériaux de réemploi en phase Esquisse a permis d'effectuer la recherche dès le début de la conception et si besoin, de l'adapter. La Ville de Paris, l'AMOE Bellastock et les associations et artisans du groupement ont activé leurs différents canaux pour les trouver. La Ville de Paris a accordé de la souplesse à l'équipe de maîtrise d'oeuvre aux différentes phases de la conception afin de tenir compte des matériaux de réemploi trouvés;
    • la vérification de l'aptitude à l'emploi  : la mobilisation dès la phase de validation des matériaux de réemploi des entreprises et des artisans, déjà compétents en réemploi, et de l'AMO réemploi a permis de bénéficier de leur savoir-faire et expertise pour qualifier les gisements. Le choix d'un bureau de contrôle déjà ouvert à ces sujets a facilité ensuite les validations.
    • le stockage et la logistique : le marché conception-réalisation permet de l'intégrer dès le début. 
    • le sujet assurantiel : les travaux n'ont engagé aucune surprime et difficulté grâce au recours à des équipes de maîtrise d'oeuvre, d'entreprises et artisans déjà expérimentés en réemploi, à l'appui du coordonnateur FCRBE, et à un bureau de contrôle ouvert à ces sujets et déjà expérimenté sur les techniques non courantes et le réemploi.
    • le calendrier : l'acceptation par la maîtrise d'ouvrage et l'association Les Canaux , occupante des lieux, de prolonger la durée des travaux lorsque les gisements de réemploi n'étaient pas disponibles au moment voulu et l'équipe de maîtrise d'oeuvre, d'adapter l'organisation des travaux pour minimiser l'impact calendaire.
    • la communication : un marché spécifique de communication avec Wild Times record a été passé pour réaliser des vidéos et articles sur le projet et actualiser le site internet Passerelle Ecologique – Construire Autrement à Paris : Cap ou Pas Cap ? (passerelle-ecologique.paris)  qui présente tout le projet et son retour d'expérience; des visites ont été organisées durant tout le chantier et maintenant dont une réunion et deux visites à destination des riverains pour leur expliquer le projet, des chantiers participatifs pour la fabrication du muret et de la calade en "pierre sèche" ont été organisées par les membres du groupement. 
    • la formation : un dispositif de formation Les Chemins du Bâtiment Circulaire à destination des maîtres d'ouvrage, maîtres d'oeuvre et des artisans a été expérimenté afin de sensibiliser l'ensemble de la chaîne d'acteurs sur le réemploi et de démontrer par l'exemple, sur chantier, ce qui peut être réalisé. 

    Les travaux notamment de démolition des murs porteurs, de curage des sols et d'ouverture faisaient partie du marché de conception-réalisation. 

    La coordination des entreprises de travaux de dépose et de curage avec celles de repose a été gérée par l'architecte qui l'a intégré dans le calendrier global de l'opération. 

    Ce travail a également été mené par l'architecte lors des synergies interchantier où une coordination était nécessaire entre les travaux des deux maîtres d'ouvrage différents.
    Exemple : travaux de démolition du hangar de Bondy et travaux de construction de la charpente métallique de la terrasse. 

    Le stockage des matériaux avait lieu sur le chantier, sur des lieux de stockage du groupement et dans le local, La Commanderie, mis à disposition par la Ville de Paris pour le groupement. 

    Les matériaux non réemployés sur place, mais encore en bon état ou pouvant être restaurés, ont été donnés aux services de la Ville de Paris puis aux acteurs de l'Economie Sociale et Solidaire du territoire qui le souhaitaient après avoir effectué une recherche et une publicité auprès de tous ceux recensés. Un contrat de cession à titre gratuit a ensuite été signé entre la Ville de Paris et chaque acteur. 

    Les autres matériaux ont fait l'objet systématiquement d'une recherche de filière de réutilisation, puis de recyclage puis de valorisation énergétique par la Ville de Paris et Travail et Vie. 

    • Exemple 1 - Le plâtre des lambourdes : la Ville de Paris a sollicité son laboratoire pour connaître les débouchés en Ile de France en chaulage et les industriels du plâtre pour le recyclage. Ces deux solutions étant écartés, Travail et Vie n'a eu d'autres choix que de l'envoyer en enfouissement. 
    • Exemple 2 - Les sols PVC collés : la Ville de Paris a mobilisé Kaléi pour recycler les sols en cônes de chantier. Suite à son accord, la Ville a coordonné l'évacuation de ces sols entre les services de la Ville, Travail et Vie, Kalei et son chauffeur. 

    Au final, le taux de valorisation matière, hors déchets dangereux, est de plus de 97% et celui des déchets non dangereux non inertes, de plus de 77%.

Economie sociale et solidaire

    Les groupements candidats étaient jugés sur la compétence en matière de recours à l'insertion sociale à hauteur de 12% au niveau de la candidature. 

    Le groupement retenu dont le mandataire est la Scop Grand Huit était constitué à grande majorité d'acteurs de l'Economie Sociale et Solidaire et de l'Insertion Professionnelle. 

    Équipe de maîtrise d'œuvre : seul le BET structure n’est pas de l’ESS.

    • Scop d'architecture Grand Huit ;
    • SWiTCH : collectif d’ingénieurs pour le BET chauffage, ventilation, plomberie ;
    • Bellastock : société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) d'architectes, AMOE réemploi.

     

    Equipe de travaux : Leurs lots représentent plus de 50% du montant des travaux.

    • Travail et Vie : association « Aide par le travail ». Elle a assuré les lots « Vie de chantier - Logistique -Tri - Curage », « Maçonnerie pierre sèche et végétalisation », « Ouvrage bois – Signalétique », « Ouvrages textile – serrurerie » et « Peinture ».
    • Apij-Bat Coopérative : SA coopérative à conseil d'administration (liquidation judiciaire le 5/04/2022). Elle a assuré les lots « Plâtrerie, isolation, revêtement de sols et murs », « Menuiseries extérieures » et « Couverture ».

     

    Sous-traitants :

    • Ecole Locale Itinérante de la Pierre Sèche : association de formation à la technique de la pierre sèche ;
    • Les Résilientes : association qui fait partie du réseau Emmaüs Alternatives et qui a réalisé les tapisseries et lamelles devant les trémies à partir de moquettes de réemploi, les rideaux occultants et les tentures des cloisons amovibles à partir de textiles de réemploi ;
    • A Travers Fil : association de menuisier qui a réalisé le treillage de la terrasse à partir des composants des portes ;
    • Atelier R-ARE : association membre de Construire Solidaire qui a assuré le démantèlement des portes, la réalisation du platelage de la terrasse, des plinthes et de la mosaïque en bois/plâtre ;
    • Réavie : association qui gère des plateformes physiques de réemploi.

Raisons de la candidature au(x) concours

Le secteur du Bâtiment représente à Paris, 80% des consommations d’énergie et plus de 20% de l’empreinte carbone et produit environ 1 ,9 millions de tonnes de déchets par an dont un tiers environ part en enfouissement, principalement des matériaux et produits du 2nd œuvre.

Soucieuse de ces chiffres alarmants, la Ville de Paris s’est fixé des objectifs ambitieux dans son plan Climat 2050 pour rendre plus vertueuses nos constructions,  qu’elle a traduit en 10 engagements concrets dans le Pacte de la Construction publié en 2021: restructurer plutôt que démolir, réemployer plutôt que jeter, recourir aux matériaux biosourcés, viser le zéro déchet enfoui, la sobriété énergétique, le bas carbone…

Pour cela, la Ville de Paris se doit d’être motrice sur son territoire pour développer et accompagner ces bonnes pratiques, souvent portées par des structures de l’Économie Sociale et Solidaire et encourager la structuration des filières de construction circulaire avec la mise en place de plateformes du réemploi, mais aussi proposer des lieux de découverte et de formation.

Ce sont les objectifs de cette réhabilitation, faire un projet exemplaire en la matière, prouvant qu’il est possible de rénover un bâtiment ancien avec des matériaux issus du réemploi, et d’en faire un équipement de grande qualité, fonctionnel et confortable.

Ce projet doit aussi sensibiliser les maitrises d’ouvrage et les Parisien.ne.s aux apports de l’économie circulaire dans la construction. C’est pour cette raison qu’un volet significatif est donné à la communication avec le site internet, et l'organisation de visites et à la formation, avec des chantiers participatifs et des temps de rencontres avec les équipes proposés tout au long du projet et l'expérimentation d'un dispositif de sensibilisation à destination de l'ensemble de la chaîne d'acteurs, Les Chemins du Bâtiment Circulaire.

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Bâtiments tertiaires / prix de la rénovation

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