La Capoeïra

  • Type de bâtiment : Maison individuelle isolée ou jumelée
  • Année de construction : 1900
  • Année de livraison : 2017
  • Adresse : 66 rue d'Etigny 64000 PAU, France
  • Zone climatique : [Cfb] Océanique hiver tempéré, été chaud, pas de saison sèche

  • Surface nette : 174 m2
  • Coût de construction : 113 446 €
  • Coût/m² : 651.99 €/m2
  • Consommation d’énergie primaire :
    134 kWhep/m2.an
    (Méthode de calcul : RT 2012 )
Consommation énergétique
Bâtiment économeBâtiment
< 50A
A
51 à 90B
B
91 à 150C
C
151 à 230D
D
231 à 330E
E
331 à 450F
F
> 450G
G
Bâtiment énergivore

Le projet consiste en la transformation d’un ancien restaurant du type churrascaria, appelé « La Capoeira » et situé à Pau, en résidence principale sur la base des principes bioclimatiques et de déconstruction et réemploi des matériaux in-situ. Le projet consiste à transformer ce restaurant en maison de ville en supprimant une partie de la toiture de la salle de restaurant qui deviendra une cour et en créant une façade-serre orientée sud au niveau des cuisines et des bureaux délimitant ainsi le logement.


La maison, située au Nord en fond de parcelle, s’organise sur deux niveaux. Au rez-de-chaussée, une grande pièce de vie s’enroule autour de la serre pour compenser l’absence d’ouverture dans les autres directions.
La cour créée au centre de la parcelle est remise en pleine terre par la suppression de la dalle béton d'origine, et une revitalisation du sol avec phyto-remediation est mise en place afin de traiter la pollution aux hydrocarbures provenant d'une ancienne fonction garage du bâtiment.
Cette cour reçoit une cuve de récupération d'eau de pluie et des dispositifs d'économie d'eau, dont des toilettes à litière biomaitrisée, qui viennent compléter la gestion des ressources en eau.


Le projet s’appuie sur la valorisation maximum de l’existant, tant au niveau de l’organisation des espaces que de la technique constructive.
Ainsi, la maison conserve les planchers, charpente et couverture d'origine, et se développe de manière à maximiser les apports solaires passifs. Ces apports sont complétés en saison froide par un poêle de masse du type rocket, tandis que la masse thermique du bâtiment assurera un bon comportement en saison chaude.
De même, cette démarche conduit à gérer le chantier de manière à valoriser les matériaux issus de la déconstruction en les intégrant à la rénovation. La façade créée est en ossature bois, dont une partie provient de la charpente existante ; la charpente bois et la couverture en tuile mécanique sont intégralement révisées avec la charpente et les tuiles déposées de la couverture de la salle de restaurant ; l'ensemble des matériaux de second œuvre ainsi que les équipements sont déposés et réemployés dans la maison ; les matériaux déposés ne pouvant être réemployés à l'identique sont détournés vers d'autres fonctions.
A terme, le projet prévoit l’intégration de panneaux solaire photovoltaïque et ECS, issus de la déconstruction, pour compléter les systèmes de production d’énergie.

 

Fiabilité des données

Expert

Crédits photo

Raphael Fourquemin Architecte

Maître d'ouvrage

    TEYNIE Julie

    julie.teynie[a]gmail.com

Maître d'œuvre

    FOURQUEMIN Raphael architecte

    r.fourquemin[a]gmail.com

Intervenants

    Bureau d'étude thermique

    FEBUS ECO-HABITAT

    CAPDEQUI Yann : yann[a]peyrn.com

    Etude thermique en phase projet


    Entreprise

    LE GALL Philippe

    philippe.legall[a]riseup.net

    Formation et accompagnement aux enduits à la chaux et à la terre


    Entreprise

    EnergEthic

    FRELON Jean-Louis : jl.frelon[a]gmail.com

    contrôle de la conformité électrique


    Entreprise

    SARL Couralet

    Franck COURALET (entreprise fermé)

    Chape ciment RDC


    Entreprise

    EURL Larmendieu

    Cloisonnement RDC


    Fabricant

    BROQUART

    contact[a]broquart.fr

    Fourniture vitrage serre

Mode contractuel

Autres méthodes

Démarche développement durable du maître d'ouvrage

Mes différentes experiences professionnelles en agence d'architecture en parallèle de mes études à Paris m'ont fait prendre conscience de la quantité phénoménale de matériaux finissant en déchetterie lors des projets. Venant d'une famille modeste de campagne où on garde tout parce que "on sait jamais, ça peut toujours servir", ce fût un véritable choc culturel. En parallèle, mes expériences de squat étudiant ont finit de me démontrer l'inanité du système productif dans lequel nous vivons, et particulièrement en ce qui concerne le bâtiment. Laisser vacant 5 millions de m2 de bureau sur la région parisienne, tout en démolissant de quoi construire des milliers d'autres, alors que la Fondation Abbé Pierre nous alerte tout les ans sur les conditions de logements de millions de personnes est tout simplement ubuesque.

... Et encore, c'est sans parler du coût environnemental de tout ça.

Ce fut donc naturellement que, lorsque ma compagne et moi avons cherché à nous installer, nous sommes partis avec les principes suivant pour notre logement: une rénovation bioclimatique en milieu urbain, en déconstruction et réemploi, avec expérimentation maximale et diffusion des résultats.

Outre la volonté de réduire autant que possible notre impact carbone, j'ai souhaité m'autoformer au réemploi afin de l'inscrire dans ma pratique professionnelle. Cet objectif a par la suite évolué à travers des rencontres pour aboutir à la création de l'association IDRE-Interprofessionnelle de la Déconstruction et du Réemploi.

Il s'agit de mon premier bâtiment véritablement environnemental.

A la différence des autres projets, la phase de conception a été beaucoup plus longue, notamment du fait des contraintes en terme de matériaux disponibles. Des aller-retours constants entre le listing et le projet pour vérifier les quantités ont été necessaire. D'autre part, une conception "souple" a dû être prévue pour pouvoir s'adapter aux résultats futurs de la déconstruction. Cela a beaucoup facilité les modifications sur chantier, plus nombreuses que d'habitude pour s'adapter aux matériaux. Enfin, l'organisation a nécessité un phasage précis et de la réactivité pour profiter des opportunités.

En résumé, en cas de réemploi, c'est à l'architecte (et au maître d'ouvrage!) de s'adapter aux matériaux et non l'inverse.

Le résultat final est au niveau d'une construction neuve en terme de qualité et finition, voire parfois supérieur (portes isoplane coupe-feu dans les chambres, équipement professionnel...). Mais c'est surtout sur la conservation de la mémoire du bâtiment au sein du site que le projet se démarque le plus du standard.

 

Description architecturale

Les deux éléments structurant pour l'ensemble du projet concerne la conception bioclimatique et le système de chauffage.

La situation urbaine du bâtiment a été la contrainte majeure, avec des masques solaires et des mitoyens importants mais orienté au midi solaire. Cela a conduit à la conception d'une façade sud en double-peau, dessinée avec le bureau d'étude thermique pour maximiser les apports solaires. L'organisation intérieure des espaces est conduite par cette façade.

De même, le choix du poêle de masse s'est imposé afin mettre à profit au maximum l'hyperinertie thermique du bâtiment semi-enterré.  Dans les faits, cela se traduit par un poêle central dans la maison, et non isolé du sol afin de faire monter progressivement la température moyenne naturelle du bâti. Afin de renforcer encore son effet, la batterie thermique a été positionnée de manière à bénéficier également du rayonnement solaire maximum en hiver.

Les matériaux disponibles sur site ont également conduit à une écriture architecturale spécifique, et ont dirigé les choix pour l'achat de matériaux (neufs ou de réemploi).

Et si c'était à refaire?

Deux éléments n'ont pas fonctionné dans ce projet. Le premier concerne les difficultés rencontrées lors des modifications sur chantier. La nécessité de prendre des décisions rapidement pour ne pas bloquer l'avancement conduit parfois à des choix manquant de cohérence avec le projet initial. Dans le cas présent, il a fallut couler une chape de 100m2 qui n'était pas prévue. Elle a été réalisé en béton alors qu'une chape de terre crue ou de chaux aurait été possible, mais seulement en étant prévue dés l'origine.
Le deuxième concerne le matériaux plancher en bois de bout. Le travail à fournir a été très long et complexe, et bien que sur le plan esthétique, le résultat soit probant, il ne l'est pas sur le plan technique. Dans la situation présente, une partie des pavés a tuilé et s'est décollé de la chape. Ce fait est du a une connaissance insuffisante des déformations du bois dans ce type de section.

Opinion des occupants

Globalement bonne, si ce n'est sur l’acoustique générale de la maison. La conception très ouverte pour faciliter la circulation de l'air génère parfois une gène lorsqu'on souhaite s'isoler.
Concernant la lumière, plus que le niveau d'éclairage, c'est le jeu des reflets sur les tapés de fenêtre en inox participe beaucoup de l'ambiance intérieure.

Consommation énergétique

  • 134,00 kWhep/m2.an
  • 150,00 kWhep/m2.an
  • RT 2012

  • 92,30 kWhef/m2.an
  • Chauffage bois: 6 stères soit environ 12000kWh
    Autres (ECS, VMC, éclairage, LL, LV, frigo...): 4800kWh électrique en 2019

    Le poste de consommation le plus lourd est un cumulus electrique de 150l ancienne génération âgé de plus de 10 ans, installé initialement pour le chantier et prévu pour être remplacé par un ballon solaire.

  • 1,00 kWhep/m2.an

Performance énergétique de l'enveloppe

    Matériaux et techniques:
    - sur-isolation des combles perdues en ouate de cellulose 40cm;
    - isolation murs laine de bois (205mm façade sud ossature bois extérieure; 120mm façade sud ossature bois interieure serre; 80mm IPI facade nord); isolation plancher bas sur 3m en périphérie polystyrène extrudé 40mm + 60mm bille de verre expensée. Plus de détails sur les parois dans l'étude thermique V5.0. Utilisation de l'hyper-inertie thermique du bâtiment (semi-enterré), renforcé par la présence d'un poêle de masse de 6 tonnes sur plancher bas non isolé.Vitrage serre extérieur: 44.2 sur menuiserie bois DIY (Do It Yourself). Vitrage serre intérieur: 4/16/4 standard sur menuiserie bois DIY. Vitrage façade nord: 4/12/4 standard d'origine (1999)

  • 2,03
  • n50

  • 0,50

Consommation réelle (énergie finale)

    92,30

    92,30

    2 019

Systèmes

    • Chaudière/poële bois
    • Chauffe-eau électrique individuel
    • Aucun système de climatisation
    • Surventilation nocturne (naturelle)
    • VMC hygroréglable (hygro B)
    • Chaudière-poele bois
  • 49,20 %
  • La serre bioclimatique couvre les 2 niveaux et permet une circulation de l'air chaud à travers toute la maison par effet cheminée via la cage d'escalier ouverte (cf. schéma thermique). Elle participe sensiblement du confort thermique d'hiver par apport de chaleur, mais également d'été par sur ventilation de la façade sud.L'étude thermique à estimé les gains solaires à 9 873kWh.

    Serre bioclimatique

Bâtiment intelligent

    Sans objet sur ce projet, mais les occupants perçoivent les fonctions Smart Building possible aujourd'hui comme une fausse bonne idée, raison pour laquelle aucune technologie connectée n'a été installée.

Emissions de GES

  • 150,00 an(s)

Analyse du Cycle de Vie :

    La majorité des matériaux achetés neuf pour ce projet sont de type bio-sourcé ou éco-conçu:

    - Bois d'oeuvre massif local

    - OSB 3 sans formaldéhyde

    - Fermacell

    - Laine de bois Isonat

    - Isolant accoustique "Metisse" (fibre textile recyclée)

    - Ouate de cellulose Isocell

    - Huiles dures végétales (Biorox, 3 Matons, Rubio...)

    - Enduit terre/paille

    - Enduit chaux

    - Peinture naturelle végétale Primavera de chez Colorare

    L'objectif de l'emploi de ces matériaux était avant tout la preservation d'une bonne qualité de l'air intérieur, ainsi qu'une bonne réponse aux variations hygrométriques, parfois importantes sur la région.

    Cependant, la majorité des matériaux utilisés sur ce projet n'ont pas été fournis en neuf, mais sont issus de la déconstruction du bâtiment d'origine ou viennent du marché de l'occasion.

Gestion de l'eau

  • 65,00 m3
  • Un système de valorisation intégrale des eaux pluviales type Pluvalor est installé, mais pas encore en fonction (temps de rodage de la cuve 6 mois, utilisation à partir de septembre 2021).Il est constitué d'une cuve de décantation d'1m3 avec préfiltre, suivi d'une cuve béton de 10m3 avec pompe immergée, qui alimente toute la maison en eau via une série de filtres (chaussettes, charbon actif, purificateur). Le système permet la potabilisation de l'eau, et une autonomie en eau d'environ 2 mois. Le système est complété par des toilettes sèches type TLB.

Qualité de l'air intérieur

    Cf. éco-matéraiux.

Santé & Confort

    Température homogène dans la maison, stable via hyper-inertie thermique, absence de parois froide.

    Rayonnement basse température. Complémentarité jour/serre solaire et nuit/poêle de masse.

    Taux d'humidité relative toujours comprise entre 60 et 70% au RDC et 45 à 65% en R+1.

    Point specifique cellier/cave: isolation par rapport aux pièces à vivre. Température été max: 19°C; Temp. mini hiver: 13°C, humidité relative fixe à 98% (idéal culture champignon, correcte en conservation vin, mauvais en conservation fruit et légumes)

    Pas de courant d'air sensible dans la maison en fonctionnement normal.

    En journée, luminosité forte en hiver, moyenne à faible en été (pas de relevé précis).

    Grande ouverture sur le jardin extérieur via la serre (3mx4m): relation intérieur/extérieur forte avec serre comme espace intermédiaire. Utilisation de la serre en mi-saison comme jardin d'hiver (usage familial). Deux des chambres de l'étage possèdent un balcon donnant sur la serre pour usage individuel par les enfants.

    Données étude thermique: Max été: 25,8°C (étage, hors serre solaire); Min hiver: 17,5°C (hors serre)

    Les températures intérieures mesurées correspondent à celles prévues par l'étude thérmique, sous condition d'une utilisation correcte du système solaire passif (serre solaire et surventilation).

    La parcelle donne sur une route très passante, notament aux heures de bureau, générant des nuisances sonores parfois importantes.

    La double peau génerée par la serre et la façade interieure permet de réduire très fortement ces nuisances. Les vitrages utilisés (44.2 et 4/16/4) permettent d'éviter la transmission accoustique entre les espaces (fonctionnement équivalent à un triple vitrage accoustique).

    A titre d'exemple, la dalle de béton du jardin (Ep. 20cm) a été démolie au mois de février 2021 au brise-roche, alors qu'un bébé de 2 mois faisait la sieste dans la maison (distance brise-roche/lit < à 10m). Le bébé ne s'est pas réveillé.

Solution

    Poêle de masse type "Rocket" ou "Dragon"

    Conçu par Ianto Evans, Architecte

    https://www.rocketstoves.com/contact-2/

    Génie climatique, électricité / Chauffage, eau chaude

    Poêle de masse extrêmement simple de conception, de réalisation et d'utilisation, avec des performances élevées et un développement collaboratif continu pour les améliorer encore.

    Le poêle du projet est en diamètre 20cm, avec 7ml de batterie thermique répartie entre une banquette et un muret, le tout d'une masse d'environ 6t.
    Aucun relevé technique n'a été effectué sur le modèle du présent projet, mais les relevés effectués sur des poêles de conception similaire montre une efficience de 80 à 95%.
    Dans le cas présent, un certain nombre d'indices laissent penser que les performances sont bonnes:
    - Une flambée de 1h30 à 2h00 de chêne, ou 3h00 de résineux, permettent un rayonnement sur 24h00
    - 6 stères permettent de "chauffer" toute la maison, considérant que ce n'est pas l'air qui est chauffé mais la masse thermique de la maison
    - Une saison de chauffe produit moins de 40 litres de "cendres" sous forme de poussière, tout à fait valable comme pigment après un rapide broyage.
    - Aucune fumée visible ne s'échappe de la cheminée d'extraction, seulement une onde de chaleur.
    - La température en sortie de conduit ne dépasse pas les 100°C
    - Les vapeurs ne sont pas irritante pour les voix respiratoire en inhalation directe de courte durée.

    Avantages:
    - Très économique à la fabrication (600€ ici)
    - Très simple de conception, donc très accessible
    - Facilement réparable
    - très agréable à l'usage (démarrage facile, banquette chauffante, cuisinière)

    Inconvénients:
    - Feu peu ou pas visible
    - ne fonctionne bien qu'en usage journalier et dans les grandes pièces (infrarouges)
    - nécessite de refendre le bois à un diamètre de 6 à 8 cm

    Une visite chez le possesseur d'un poêle similaire a permis de mieux percevoir les avantages et les inconvénients du système.


    Système de valorisation intégrale de l'eau de pluie "Pluvalor"

    Conçu par József ORSZÁGH, Ingénieur chimiste

    https://www.eautarcie.org/contact.html

    Aménagement extérieurs / Gestion des eaux pluviales

    Citation tiré du site web Eautarcie.org:
    "Le système PLUVALOR n'est pas un système manufacturé du commerce, mais un concept accessible à tous.
    Une citerne construite suivant le principe de PLUVALOR est la reconstitution artificielle d'une cavité rocheuse naturelle dans laquelle l'eau se conserve très bien.
    ...
    L'eau de pluie récupérée, stockée et filtrée suivant le système PLUVALOR convient à tous les usages domestiques y compris et avant tout pour la boisson. D'une manière générale, la qualité de l'eau de pluie ainsi traitée est de loin supérieure à celle de la plupart des eaux de distribution. Les systèmes recommandés partout ont, comme finalité, les économies d'eau de ville grâce à l'utilisation de l'eau de pluie. Sur ce point le système PLUVALOR diffère de tous les autres. Sans nier la possibilité de cette économie, les finalités sont différentes :
    - La sauvegarde de la santé de l'usager, grâce à l'utilisation d'une eau chimiquement non désinfectée. Les enfants sont particulièrement sensibles aux effets néfastes de la désinfection de l'eau avec le chlore.
    - Assurer un confort hydrique supérieur. L'utilisation d'une eau non chlorée, naturellement douce et très pure rend les douches et les bains plus agréables. Dans l'eau douce la cuisson des aliments (comme les haricots et les viandes par exemple) est plus facile. Le goût des tisanes, celui du thé, du café et des boissons préparées est largement supérieur.
    - Economiser des produits pour la lessive, vaisselle et les nettoyages. L'absence d'excès de calcaire dans l'eau de pluie rend les vaisselles étincelantes sans le moindre produit adoucisseur. L'absence totale de dépôts de calcaire prolonge la vie des appareils électroménagers et celle des robinets.
    - La valorisation intégrale de l'eau de pluie réduit la pression sur les réserves d'eau naturelles. La réduction des quantités de détergents réduit aussi la charge polluante des eaux usées rejetées.

    Cela implique:
    - de se fixer sur la finalité de la récupération de l’eau de pluie (c'est pas pour remplir la chasse d'eau ou laver la voiture)
    - D'accepter le principe d'adaptation de la qualité de l'eau aux usages, par lequel on distingue entre l’eau à usage non alimentaire et l’eau qui est bonne à boire.
    - D'établir le potentiel valorisable de l’eau de pluie. D’abord, on détermine la quantité d’eau de pluie récupérable, ensuite on dimensionne la cuve."

    Le principale frein est d'ordre psychologique sur 2 aspects:
    - la peur de boire une eau contaminée, l'eau de pluie étant perçue comme "sale"
    - la difficulté de passer aux toilettes sèches, complément logique pour ne pas gaspiller l'eau.

Coûts de construction & exploitation

  • 600,00
  • 3 000
  • 113 446
  • Le budget total de 113 446€ TTC comprend les éléments suivants:
    - Études et accompagnement = 17303€
    - Intervention entreprise en fourniture et pose (cloisonnement, chape, cuve EP...) = 32347
    - Achat matériaux (isolation, vitrage, quincaillerie...) = 34843
    - Achat outillage (camion de chantier, machine à bois, electroportatif...) = 17426€
    - Frais d'organisation des chantiers participatifs (frais de bouche...) = 7312€
    - Divers = 4 215€

    Le budget n'inclut pas le coût du foncier (162 000€)

Facture énergétique

  • 1 650,00

Environnement urbain

Ancien bâtiment industriel des années 30 en tissu urbain dense, sur route d'accès principale à la ville (rue d'Etigny dans le prolongement de la route de Bayonne), en face du parc arboré du chateau de Pau.

L'arrière de la parcelle donne accès sur une ruelle en impasse (impasse de la Garenne du Roy) en coeur d'ilot et sur les jardins d'immeubles situés au nord de l'ilot (dont jardin partagé). La ruelle est très utilisée par les enfants du quartier comme espace de jeu, la circulation y étant ralentie par le mauvais état de la route.

Le quartier est désservi par le réseau de transport public (bus), et se trouve à 10 minutes de marche du château, 15 min du marché et de la gare.

 

Surface du terrain

319,00 m2

Surface au sol construite

32,00 %

Parking

1 stationnement auto
4 stationnement vélo
En surface sous abris

Qualité environnementale du bâti

  • Chantier (incluant déchets)
  • acoustique
  • efficacité énergétique, gestion de l'énergie
  • énergies renouvelables
  • produits et matériaux de construction

Réemploi (même usage) / Réutilisation (changement d'usage)

    • Gros Œuvre
    • Charpente
    • Couverture
    • Façades
    • Serrurerie-Metallerie
    • Menuiseries intérieures
    • Menuiseries Extérieures
    • Revêtements de sol
    • Cloisons
    • Isolation
    • Electricité
    • CVC
    • Plomberie
    • Aménagements extérieurs
    • autres..

    Gros Œuvre: alimentation éléctrique, maçonnerie en galet

    Charpente: charpente toiture (chevrons), ossature bois façade double peau (serre)

    Couverture: couverture tuile mécanique, couverture zinc

    Façades: bardage

    Serrurerie-Metallerie: escalier métallique, IPN, poteaux fonte, tapées de fenetre inox, couvertine acier galvanisé

    Menuiseries intérieures: portes, cuisine, comptoir, plan vasque, penderies, bibliothèques...

    Menuiseries Extérieures: fenetres, chassis fixes

    Revêtements de sol: plancher bois

    Cloisons: BA13, BA15, BA18, rails et montant, et même les vis (mais c'est embêtant), enduit terre

    Isolation: billes de verre expensées en isolation sous chape, complément d'isolation divers en laine de roche rigide 30mm

    Electricité: cables, gaines, interrupteurs, prises diverse (elec, RJ45), TGBT, appareils de protections, éclairages

    CVC: matériaux de construction du poêle de masse (gravat issus de la démolition, terre crue issue d'un chantier de terrassement voisin, tuyaux inox simple peau dans la batterie thermique, isolation foyer en billes de verre expensées, bidon acier), grille de ventilation, détournement de réseau EP pour ventilation basse.

    Plomberie: robinetterie, raccords divers, colliers acier et PVC, rosaces, vasques, WC, urinoirs, cuivre recuit 22/1...

    Aménagements extérieurs: Parpaing creux, tuiles mécaniques, poteaux fonte...

    autres: divers quincaillerie (crémones, paumelles, poignées de porte et de fenetre, vérrous, visserie, tôle) mobilier professionnel, éléments décoratif...

    Gros Œuvre:

    alimentation éléctrique: 40ml cable 5G 16mm2; 100% du lot

    maçonnerie en galet: 1m3 (reprise de maçonnerie); 100%

    Charpente toiture: 60ml chevrons 10x8 (révision); 100%

    ossature bois: 34ml poteaux et poutres 20x10, 60ml solive 15x10, 30ml chevrons 10x6; 50% du lot

    Couverture: 35m2 couverture tuile mécanique (révision), 30m2 couverture zinc sur serre; 100%

    Façades: 27m2 bardage bois (détournement plancher); 100%

    Serrurerie-Metallerie: 1U escalier métallique (100%), 5,5ml IPN 6x12 (renfort; 100%), 1,3m2 tapées de fenetre inox (100%), 11ml couvertine acier galvanisé (100%)

    Menuiseries intérieures (100%) :

    - 6 portes,

    - cuisine: 5ml plan, 4,5m2 de façade, 1 comptoir

    - divers menuiserie: 1 plan vasque, 4 penderies, 3 bibliothéques...

    Menuiseries Extérieures: 15%

    4 fenetres 50x75 et 4 chassis fixe 50x195 en bois et vitrage de réemploi

    Revêtements de sol (78%): 142 m2 plancher bois

    Cloisons:

    54m2 BA13, BA15, BA18, rails et montant (15%)

    enduit terre: 50m2; Ep. 3 à 5cm (100%)

    Isolation: 5m3 de billes de verre expensées en isolation sous chape

    Electricité: 85%

    CVC:  90% (100% matériaux de construction du poêle de masse)

    Plomberie: 90%

    Aménagements extérieurs: 100%

    autres: indeterminé

    Gros Œuvre:

    alimentation éléctrique: 40ml cable 5G 16mm2; In-situ

    maçonnerie en galet: 1m3 (reprise de maçonnerie); In-situ

    Charpente toiture: 60ml chevrons 10x8 (révision); In-situ

    ossature bois: 34ml poteaux et poutres 20x10, 60ml solive 15x10, 30ml chevrons 10x6; In-situ

    Couverture: 35m2 couverture tuile mécanique (révision); In-situ

    30m2 couverture zinc sur serre; Leboncoin.fr

    Façades: 27m2 bardage bois (détournement plancher); In-situ

    Serrurerie-Metallerie: 1U escalier métallique; In-situ

    5,5ml IPN 6x12;  In-situ

    1,3m2 tapées de fenetre inox: détournement hotte d'extraction cuisine; In-situ

    11ml couvertine acier galvanisé: détournement carneaux de ventilation 50x50 découpés en feuille de tôle et pliés

    Menuiseries intérieures (100%) :

    - 6 portes; In-situ

    - cuisine: 5ml plan: détournement chute de bois d'oeuvre d'essence variées (chêne, frêne, séquoia, bois exotiques, chevron en résineux...) assemblées collées pour en faire un plan de travail (cf. photo); provenance diverse, mais majoritairement In-situ

    - 4,5m2 de façade: détournement plancher acacia; Leboncoin.fr

    - 1 comptoir; In-situ

    - divers menuiserie: In-situ

    Menuiseries Extérieures: bois In-situ; vitrage: Leboncoin.fr

    Revêtements de sol: 142 m2 plancher bois; 50% In-situ; 50% Leboncoin.fr

    Cloisons:

    54m2 BA13, BA15, BA18, rails et montant: In-situ

    enduit terre: 50m2: sable In-situ; argile: chantier voisin

    Isolation: 5m3 de billes de verre expensées; chantier voisin

    Electricité: In-situ

    CVC:  In-situ, Emmaus, ferrailleur local, Leboncoin.fr...

    Plomberie: In-situ

    Aménagements extérieurs: In-situ

    autres: In-situ

Eco-conception


    https://www.construction21.org/france/data/sources/users/17335/20210607141630-mat-reemploi.pdf

    Les matériaux réemployables mais non utilisés sur site ont été remis en circulation pour réemploi soit via la plateforme de vente en ligne Leboncoin.fr (Menuiseries interieures, équipement pro, sanitaires, éclairage...); soit via don à Emmaus (décoration), soit vers d'autres chantier via réseau pro (bois d'oeuvre, tuile, sanitaire et robinetterie, cable éléctrique...)

    La totalité des métaux en déchet (acier, cuivre, zinc) sortis du chantier ont été revendus pour recyclage chez AFM Derichebourg à Lons.

    Les chutes de bois (charpente, plancher, solive) ont été débitées en bois de chauffage et utilisées sur site.

    Les déchets de plâtre, de laine de verre, et de matériaux synthétiques ont été amenés en dechetterie pour incinération ou enfouissement (pas de filiaire recyclage plâtre ou LdV dans la région en 2014).

    Le bâtiment n'est pas pensé pour évoluer dans son organisation, très contrainte par sa situation semi-enterrée et la présence de mitoyens à l'Est et à l'Ouest, et par les possibilités d'ensoleillement.

    Cependant, dans la majorité des cas, les techniques de mise en oeuvre des matériaux (neufs ou de réemploi) ont été pensées pour faciliter une dépose future pour réparation ou modification. Pour cela, l'emploi de vis ou clous lisses a été privilégié aux pointes torsadées ou annelées, et à la colle (bardage bois, parquet sauf RDC); la terre crue et la chaux au lieu du ciment Portland (repise de maçonnerie, enduits); et les assemblages ou fixations sont restées accessibles, voir visibles et mises en valeur (vis inox, encrage de poteau avec vis et rondelles anciennes).

    Matériaux biosourcés:

    - Isolant laine de bois chanvré Isonat

    - Huiles dures et peintures (Biorox, Colorare...)

    Matériaux locaux:

    - Bois d'oeuvre

    - Terre crue

    - Paille

    Low-Tech: prise RJ45 :)

    Le low-tech se situe plutot sur les mode de pose ou de fabrication (menuiserie serre, poêle de masse) ou sur les outils utilisés (depuis la main pour l'application de l'enduit terre, jusqu'à un ensemble à bois Kity de 1985, en passant par des outils fabriqués maison pour reperer les vis du BA13).

Bilan environnemental

    Le réemploi des matériaux sur ce projet* a permis d'éviter:

    L'émission de 23,8 tonnes eq CO2

    L'utilisation de 516m3 d'eau 

    La production de 6,6 tonnes de déchets 

    Le calcul des impacts a été fait sur la base de données environnementales issues de la base INIES

    * (comptabilisé : zinc, portes, cloisons, TGBT, galets, charpente bois, bardage bois, parquet, tuiles, grille de ventilation, wanitaires, vasque, robinetterie, câbles, interrupteurs) 

Réplicabilité et Innovation

    Ce projet a été géré en autoconstruction dans un but d'expérimentation de la déconstruction. Le réemploi était donc à la base du projet, mais n'a pas necessité d'AMO ni de CCTP spécifique.

    Les questions de logistiques ont été pensées en amont du chantier (méthode de dépose, planning, stockage, approvisionnement...) mais ont été adaptées au fur et à mesure de l'avancement.

    Un espace de stockage a été créé sur site.

    Les principaux freins étaient:

    - Financement: impossibilité de financer les travaux par emprunt bancaire (délivrement des fonds sur facture impossible). Solution: emprunt uniquement pour l'achat du foncier et autofinancement des travaux avec étalement sur le long terme.

    - Gestion du stock : en espace contraint et réduit, obligeant parfois le déplacement de certains éléments. Pas de solution trouvée.

    - Psychologique: difficulté à maintenir la motivation pendant la phase de déconstruction. Contrairement à un chantier de construction classique, la satisfaction du travail accompli est beaucoup moins forte, du fait de la "dégradation" visuelle du bâti (plus on avance, moins ça ressemble à quelque chose). Un chantier de déconstruction étant par essence plus long qu'un chantier de démolition, l'impact psychologique est d'autant plus marquant.

    Cet aspect a été vérifié par la suite sur d'autres chantiers de déconstruction avec plusieurs équipes différentes.

    Solution: rappeler régulièrement l'interet de l'opération, mettre en valeur le stockage, organiser des évènements festifs pour mettre en valeur l'opération.

    Le réemploi ayant été integré dès le début du projet, le planning a été pensé spécifiquement pour cet aspect selon le déroulé suivant:

    - Faisabilité : visite du site avec relevé sommaire des principaux matériaux et étude de faisabilité technique pour validation. 2 semaines

    - Pro : étude ressources détaillée pour intégration au projet, et provisionnement des matériaux de réemploi complémentaires en amont du chantier (sourcing vitrage, zinc, bois...) : 6 mois

    - Chantier : ouverture du chantier de déconstruction avec organisation des espaces de stockage. Mise en place d'atelier de remise en état. Recollement des quantités déposées et réemployables en cour de chantier pour adaptation projet. 4 mois

    - Chantier de construction: ouverture du chantier de construction et mise en oeuvre des matériaux de réemploi. 3 ans avec périodes d'arret.

    Tout les matréiaux cités plus haut ont fait l'objet de réemploi in-situ

    cf. Economie de la foctionnalité

    Stockage in-situ

Economie sociale et solidaire

    Le projet n'a pas fait appel aux structures de l'ESS, si ce n'est de manière anecdotique par le don et l'achat de matériaux à Emmaus.

    Cependant, sans parler d'insertion professionnelle, ce chantier a permis à plusieurs artisans et professionnels du bâtiment d'être sensibilisés à la déconstruction, via plusieurs visites de chantier organisées par des association locales (Pavillon de l'Architecture de Pau, CPIE Béarn...).

    Le résultat a été la création d'une association interprofessionnelle qui travaille aujourd'hui dans la dynamique de l'ESS et dans l'optique de l'insertion professionnelle par la mise en place de formations (Association IDRE - Interprofessionnelle de la Déconstruction et du Ré-Emploi)

Réemploi / détournement des matériaux de construction in-situ.

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