Grange Montsouris

Rénovation patrimoniale

  • Type de bâtiment : Salle de concert, théatre
  • Année de construction : 1862
  • Année de livraison : 2021
  • Adresse : 15-17 villa St Jacques 75014 PARIS, France
  • Zone climatique : [Cfb] Océanique hiver tempéré, été chaud, pas de saison sèche

  • Surface nette : 635 m2
  • Coût de construction : 1 300 000 €
  • Coût/m² : 2047.24 €/m2
  • Consommation d’énergie primaire :
    76 kWhep/m2.an
    (Méthode de calcul : RT 2012 )
Consommation énergétique
Bâtiment économeBâtiment
< 50A
A
51 à 90B
B
91 à 150C
C
151 à 230D
D
231 à 330E
E
331 à 450F
F
> 450G
G
Bâtiment énergivore

Edifiée dans la seconde moitié du XIXème siècle, la grange Montsouris est le dernier bâtiment constitutif de l’ancienne ferme de Montsouris, l’un des rares témoins conservés du patrimoine agricole parisien.
L’ancienne grange est un grand bâtiment en longère de deux niveaux, construit en moellons équarris de pierre avec une toiture en bâtière couverte de tuiles plates. L’édifice, à l’origine conçu comme l’étable d’une ferme nourricière et un logis possédant un grenier et un cellier, a été violemment remanié au début des années 1960, afin d’accueillir un centre social : aménagement de planchers en dalles de béton, percement de nouvelles baies en façades, enduits ciment...

Suite à de nombreux rebondissements et procédures dus à l'engagement et la persévérance de collectifs citoyens le bâtiment, après être tombé entre les mains d'un promoteur peu scrupuleux qui aurait vu d'un bon œil sa disparition à des fins spéculatives, est racheté par la Ville de Paris en 2013.

A la faveur d'un budget participatif la Ville de Paris entreprend sa restauration en 2018 et respecte la volonté des habitants de voir naitre un lieu citoyen et culturel. Largement associé au projet, le collectif d’habitants a participé aux côtés des architectes au processus de conception. Lors d’ateliers, les architectes ont échangé sur les potentialités du lieu issues du diagnostic patrimonial et des recherches historiques des riverains eux-mêmes et choisi ensemble les parties de restauration.
Le guide constant de tous les acteurs du projet était la préservation patrimoniale en synergie avec une mise en œuvre de matériaux franciliens bio et géo-sourcés ainsi qu'au réemploi de matériaux in situ ou ex situ et visant une amélioration des performances énergétiques.
C'est finalement Circusnext une association qui accompagnera la création de jeunes compagnies circassiennes européennes qui occupera les lieux dès septembre 2021 par la résidence et la production de spectacles.

Plus de détails sur ce projet

 https://grandhuit.eu/projet/montsouris/

Fiabilité des données

Auto-déclaration

Crédits photo

Myr Muratet

Maître d'ouvrage

    Ville de Paris-SAMO

    Adrien Bachelet 06 70 86 94 93

Maître d'œuvre

    Grand Huit

    Clara Simay contact[a]grandhuit.eu

Intervenants

    Maître d'œuvre

    Architecte co-traitant : Atelier Aurélien Masurel

    0320315575

    Architecte du patrimoine


    Maître d'œuvre

    Architecte co-traitant : Sophie Popot

    sophie.popot[a]architectes.org

    Architecte co-traitant


    Bureau d'études structures

    LM Ingénieur

    lm.ing[a]@club-internet.fr


    Bureau d'étude thermique

    Alter Batir

    olivier.lelohe[a]gmail.com

    BE thermique, CVC, fluides


    Entreprise

    Becia

    patrick.floch[a]becia.fr

    Entreprise générale


    Entreprise

    Le Feu et l'Eau

    clement.savalle[a]lefeuetleau.fr

    Plomberie, chaudière bois pellets-pose des radiateurs et sanitaires en réemploi


    Entreprise

    Travail et Vie

    reynaud.atoll[a]gmail.com

    Déconstruction


    Entreprise

    Apashu

    apashuservice[a]yahoo.com

    Electricité


    Entreprise

    Batilibre

    info[a]batilibre.com

    Isolation paille-plâtre/enduits


    Entreprise

    A Travers Fil

    contact[a]atraversfil.org

    Agencement intérieur en réemploi


    Entreprise

    Atelier R-Rare

    Camille Muret

    Conception et réalisation des lambris et parquet en réemploi


    Entreprise

    ADM

    M Masurier

    Restauration de la charpente et couverture tuile traditionnelles.


    Exploitant

    Circusnext

    Cécile Provot


    Autre intervenant

    Collectif Port Mahon

    Co-conception préservation du patrimoine


    Autre intervenant

    Conseil de quartier Montsouris Dareau

    Bruno Becker président

    Co-conception usages

Mode contractuel

Macro lot

Démarche développement durable du maître d'ouvrage

La démarche de développement durable sur ce projet s'inscrit dans la politique de la Ville de Paris qui poursuit une politique volontaire en matière de batiments durables et d'éco-construction.

Description architecturale

Le parti de restauration proposé pour l’ancienne grange de la ferme Montsouris envisage de permettre une lecture évidente des dispositions d’origine du bâtiment, tout en conservant et en mettant en valeur la substance ancienne conservée.
L’époque privilégiée est donc celle de l’origine du bâtiment avec sa fonction de vacherie, dont la construction se situe entre 1846 et 1862 et dont l'activité a perduré jusque dans les années 1950 au décès de la dernière paysanne : elle distingue d’une part un logis sur cellier avec un grenier sous combles indépendant - chaque espace étant éclairé naturellement par des baies en partie conservées -, d’une étable conçue comme un grand volume de plein pied, se développant sur les deux tiers restant du bâtiment en longère. Cependant, la réaffectation de ce bâtiment en équipement associatif polyvalent suppose une habitabilité et une fonctionnalité des nouveaux usages, et donc un arbitrage sur les aménagements et remaniements réalisés en 1962 : ceux-ci sont en grande partie supprimés (plancher béton et enduit cimenté en façade Est) ou remaniés (baies modernes). Dans un parti de réemploi propre aux us du monde paysan ici appelé en référence, il est réutilisé une partie des tuiles plates, qui seront déposées en raison de leur vétusté, pour le bouchement ou le remaniement des baies modernes selon une mise en oeuvre qui permet de distinguer les fantômes des percements et d’évoquer ainsi la mémoire du lieu social aménagé en son temps par l’Abbé Keller propriétaire d'alors.
Le diagnostic ressource et sanitaire croisé avec les données historiques et archéologiques rassemblées à l’occasion du relevé de l’édifice, ont permis de considérer que la partie du bâtiment qui laissait le plus de témoins sur son état primitif était celle constituée du logis sur cellier surmonté de son grenier (la disposition et la forme des baies, certains éléments de menuiseries encore en place, le plancher haut du rez-de-chaussée avec ses enchevêtrures, etc.). La partie du bâtiment dédiée à la grange a conservé une substance anicienne moindre et a été plus amplement remaniée, même si la simplicité supposée de sa disposition d’origine pourrait être facilement évoquée par la restauration d’un grand volume. Les maçonneries, bien qu’ayant fait l’objet de percements de baies modernes, ont conservé leur cohérence d’ensemble. La charpente est d’origine et témoigne d’une mise en oeuvre traditionnelle.
Il a donc été proposé de restaurer le clos-couvert du bâtiment conformément à la connaissance la plus exacte que nous pouvons avoir de ses dispositions d’origine.
Pour l’ensemble du bâtiment :
‐ Restauration des maçonneries de pierre calcaire et habillage des parements au plâtre paysan traditionnel ;
‐ Restauration et traitement curatif des charpentes ;
‐ Réfection des couvertures en supprimant les appendices modernes.
Pour la partie « logis » :
‐ Restauration des baies et mise en oeuvre de menuiseries à petits bois ; les deux baies modernes percées dans le logis seront remaniées en baies à plein cintre, sur le modèle des baies anciennes. Les témoins de menuiseries en imposte serviront de modèle pour le dessin des châssis ;
‐ Restauration et renforcement du plancher en bois du grenier.
Pour la partie « étable » :
- Le grand volume double hauteur de l’étable est restitué par la suppression de la dalle de béton moderne ;
- Les fermes sont laissées apparentes dans ce volume ainsi que dans celui de l’ancien grenier ;
- L’habitabilité contemporaine du bâtiment est réalisée par des adaptations respectueuses des dispositions d’origine du bâtiment par leur intégration discrète et avec des matériaux biosourcés, remployés du site et hors site et des procédés constructifs traditionnels.

Sont ainsi mis en oeuvre :
‐ Des remaniements de baies sur le mur gouttereau Est avec de nouveaux châssis en bois visant à la performance énergétique du batiment ;
‐ Des percements de baies dans le pignon Nord pour l’accès au bâtiment et l’usage de la pièce d’étage ;
‐ La création de fenêtres de toits à châssis affleurant et redécoupés sur le versant Ouest de la couverture ;
‐ Une mezzanine et un escalier en bois pour reconstituer une partie des surfaces du plancher en béton supprimé.

Le choix des matériaux et leur mise en œuvre durable sont au cœur de la démarche de ce projet.

Les interventions en restauration visent d’abord à assurer la conservation des éléments constructifs anciens du bâtiment en traitant les pathologies qui affectent son clos-couvert (maçonneries en pierre calcaire, charpente en bois, couvertures en tuiles plates) par des mises en œuvre respectueuses des matériaux d’origine.

Ces principes constructifs traditionnels conservés sont complétés par la mise en œuvre de procédés traditionnels ou très ponctuellement de techniques contemporaines localisées.

Dans un parti d’intégration au bâti traditionnel préindustriel restauré de la grange, les interventions contemporaines se font, autant que faire se peut, selon les critères suivants :

  • Emploi de matériaux à faible empreinte carbone dans son cycle de vie ;
  • Emploi de matériaux biosourcés ou géosourcés : plâtre, isolant en mélange chanvre/plâtre, liège, terre cuite, terre crue. ;
  • Emploi de matériaux issus d’une filière de production francilienne valorisant des savoir-faire traditionnels : enduit plâtre traditionnel pour les façades, enduit intérieur en terre, isolation en chanvre/plâtre, tuile plates traditionnelles ;
  • Recyclage ou réemploi de matériaux recensés sur le site même ou sur des sites parisiens.

Consommation énergétique

  • 76,00 kWhep/m2.an
  • 360,00 kWhep/m2.an
  • RT 2012

  • 47,00 kWhef/m2.an

Performance énergétique de l'enveloppe

  • 0,54 W.m-2.K-1
  • Murs de maçonnerie existants isolés par l'intérieur avec un mélange paille plâtre / sol chape isolée pour l'inertie thermique / fenêtres restauration bois double vitrage.

  • 0,28

Systèmes

    • Chaudière/poële bois
    • Chaudière à bois
    • Aucun système de climatisation
    • Double flux avec échangeur thermique
    • Chaudière-poele bois
  • 100,00 %
  • isolation intérieure / inertie thermique

Analyse du Cycle de Vie :

    enduit extérieur en plâtre / isolant intérieur paille-plâtre vertical et laine de bois en toiture / menuiseries bois / lambris sous-face de charpente CF1h en bois / escalier bois / réemploi cf chapitre économie circulaire

Gestion de l'eau

    Récupération des eaux de pluie / chasses d'eau alimentées par les eaux de pluie

Qualité de l'air intérieur

    Centrale de traitement double flux à récupération.

    Choix de matériaux peu émissifs notamment des vernis et finitions A ou A+.

    Réemploi de matériaux non émissifs.

Solution

    isolation paille-plâtre

    Vieujot

    01 39 89 20 48 ou contact[a]vieujot.org

    Second œuvre / Cloisons, isolation

    C'est l'adaptation d'une technique ancestrale aux besoins du bâtiment contemporain avec un R de 4 il isole le bâti ancien tout en permettant la respiration des parois et une excellente maîtrise de l'hygrométrie.

Environnement urbain

La Grange de la ferme Montsouris se situe en cœur de parcelle. Son environnement se caractérise par le cheminement au Sud Ouest de sa parcelle d'une voie de RER, en forte proximité mais non mitoyenne. La Grange a pour limite parcellaire au droit de son mur gouttereau Ouest, les espaces végétalisés d'une opération peu dense de logements locatifs.

Elle est adossée au fond d’une parcelle qui a connu différents types d’occupations et de constructions, jusqu’à son récent démembrement à l’occasion d’une opération massive de promotion résidentielle d’envergure. Ces constructions en cours de livraison sont très denses mais laissent cependant au centre de la parcelle un Espace Vert Protégé sur lequel donne la façade principale (Est) de la Grange.

La Grange ne possède pas de façade sur rue. Seul son mur gouttereau Est et son mur pignon Nord sont donnés à la vue du public depuis l’intérieur de l’ilot. Le mur gouttereau Ouest et le mur pignon Sud sont perceptibles depuis la voie de RER.

Le projet s'est accompagné d'acteurs du quartier, historiens, associations ou simples habitants, tous engagés dans la concertation pour la réhabilitation et la mise en valeur du patrimoine de la dernière vacherie parisienne. La conception du projet s'est également faite en lien proche avec l'association Circusnext qui occupera la Grange en premier lieu. Le batiment, depuis plusieurs années à l'abandon, a aujourd'hui retrouvé un nouveau souffle et devient vecteur d'une nouvelle dynamique dans le quartier. Il offre un espace d'appropriation pour les habitants et un lieu de spectacle propice à la rencontre.

Le réemploi s'avère être une nécéssité dans le contexte actuel d'épuisement des ressources et de réchauffement climatique. Il fait sens de le mettre en oeuvre sur le projet parisien de la grange au vue de l'écosystème d'acteurs locaux et de plateformes locales développées. La configuration du terrain de la Grange a permis le réemploi in-situ, ajoutant plus de sobriété au projet.

Surface du terrain

632,00 m2

Surface au sol construite

298,00 %

Espaces verts communs

334,00

Qualité environnementale du bâti

  • Adaptabilité du bâtiment
  • Santé, qualité air intérieur
  • Chantier (incluant déchets)
  • concertation - participation
  • confort (olfactif, thermique, visuel)
  • gestion des déchets
  • gestion de l'eau
  • efficacité énergétique, gestion de l'énergie
  • énergies renouvelables
  • gestion du bâtiment, maintenance
  • fin de vie du bâtiment
  • gestion des espaces, intégration dans le site
  • mobilité
  • procédés de construction
  • produits et matériaux de construction

Réemploi (même usage) / Réutilisation (changement d'usage)

    • Charpente
    • Couverture
    • Façades
    • Menuiseries intérieures
    • Menuiseries Extérieures
    • Revêtements de sol
    • Cloisons
    • Electricité
    • CVC
    • Plomberie

    Lot Electricité : luminaires réemployés (sourcés hors site plateforme de réemploi)

    Lot Cloisons : cloisons vitrées en fenêtres remployées pour le cloisonnement de bureaux (sourcées hors site bailleurs sociaux) / tuiles déposées sur site réemployées pour l'habillage des soubassements / tuiles déposées sur site réemployées pour le bouchement de baies /tuiles et fenêtres déposées sur site pour le paillage en dans le cellier/ tomettes anciennes (sourcées hors site revendeur)

    Lot revêtements de sol : réalisation d'un parquet avec les solives des combles déposées sur site

    Lot CVC : radiateurs en fonte de réemploi (sourcés hors site revendeur)

    Lot menuiseries intérieures : porte coupe-feu et porte tierce de réemploi (sourcée hors site rebus de chantier Ville de paris) / bois de réemploi pour la fabrication d'un bar (sourcé hors site déchets de chantier tiers)

    Lot plomberie : appareils sanitaires et lave-mains de réemploi (sourcés hors site-plateforme remploi)

    12 luminaires LED

    9m linéaire de cloisons vitrées

    3344 tuiles réemployées

    96m² (soit 1.92m cube) de bois de plancher

    70m linéaire de bois de menuiseries 

    22 m² de tomettes

    15 radiateurs en fonte

    1 porte coupe-feu

    1 porte tierce

    2 toilettes

    2 lave-mains

    Lot Electricité : luminaires réemployés (sourcés hors site plateforme de réemploi Backacia)

    Lot Cloisons : cloisons vitrées en fenêtres remployées pour le cloisonnement de bureaux (sourcés hors site bailleurs sociaux) / tuiles déposées sur site réemployées pour l'habillage des soubassements / tuiles déposées sur site réemployées pour le bouchement de baies /tuiles et fenetres déposées sur site pour le paillage en dans le cellier/ tomettes anciennes (sourcées hors site revendeur Lacombes)

    Lot revêtements de sol : réalisation d'un parquet avec les solives des combles déposées sur site

    Lot couverture: réalisation d'un mitron sur mesure pour la CTA en terre cuite de réemploi de chantier par Stu-dio

    Lot CVC : radiateurs en fonte de réemploi et Lot plomberie : appareils sanitaires et lave-mains de réemploi  (sourcés hors site revendeur plateforme solidaire Réavie et services ville de Paris)

    Lot menuiseries intérieures : porte coupe-feu et porte tierce de réemploi (sourcée hors site repentir de chantier Ville de Paris Musée Galliera) / bois de réemploi pour la fabrication d'un bar (sourcé hors site déchets événementiel d'A Travers Fil)

Eco-conception

    La plupart des materiaux sont démontables, vissés plutot que collés.

    Le parquet prend la forme de petites dalles sur feuille de liège, qui sont facilement déposables et réemployables dans un projet futur.

    Les appareils sanitaires et les radiateurs, qui ne sont ne subissent pas de transformation, sont des ressources utilisables à l'avenir.

    Les tuiles mises en oeuvre pour le soubassement intérieur du logis sont glissées entre deux tasseaux sans liant ni colle. Elles pourront donc être déposées simplement pour être réemployées.

    Le plâtre traditionnel utilisé pour l'enduit et l'isolation intérieure est un matériaux recyclable en filière ou sur site agricole en amendement.


    La chenevotte qui sert au mortier isolant est compostable une fois le bâtiment démonté.

    Le lambris bois massif est réemployable ou recyclable.

    La laine de bois de l'isolation de toiture est compostable

    Le bâtiment livré permet par son volume généreux et ouvert une grande diversité d'usages. L'exploitant ayant fait l'objet d'une désignation en cours de chantier, il a été conçu comme capacitaire d'accueil d'une grande variété d'usage. Aucune cloison ne vient entraver les multiples usages potentiels du lieu. Le nombre de sorties de secours établies et les faibles contraintes structurelles participent à l'adaptabilité future du bâtiment. La Grange sera occupée par une compagnie circassienne dans ses premières années, et accueillera des répétitions et spectacles. Elle invitera aussi les habitants du quartier dans un espace libre d'appropriation. Les installations supportant ces activités seront amovibles pour permettre l'évolutivité des usages dans le temps.

    L'isolation composée d'un mélange de paille et de plâtre provient de la plâtrerie Vieujot. Ce plâtre, dont la cuisson se fait à très faible température, est issu des carrières à proximité de l'usine de transformation de Soissy sous Montmorency, à quelques kilomètres du site. La chenevotte de l'isolant est également un matériau local et sous produit agricole.

    Le lambris bois mis en oeuvre en sous-face de la charpente provient du Jura et est produit par Simonin.

    Les menuiseries en bois des fenêtres sont également des produits fabriqués en France.

    Les tuiles en terre cuite qui servent de couverture en toiture à la Grange sont aussi des matériaux francilien. fournisseur : Blaches

Bilan environnemental

    Le réemploi des matériaux sur ce projet a permis d'éviter : 

    L'émission de 8 tonnes eqCO2

    L'utilisation de 530m3 d'eau 

    La production de 7,5 tonnes de déchets 

    Ces impacts ont été calculés sur la base de données environnementales issues de la base INIES. 

Réplicabilité et Innovation

    La démarche de réemploi fait partie intégrante du projet dès ses débuts. Un diagnostic des matériaux réemployables est effectué en amont, et servira au développement du projet. L'objectif du zéro-benne est fixé, il s'agit donc de penser le projet en fonction des ressources présentes sur le site. Cette dynamique se fait en lien serré avec le maître d'ouvrage, le réseaux d'acteurs locaux de la filière : entreprises spécialistes du réemploi comme l'atelier R-are et A Travers Fil et déconstreurs Travail et Vie.

    La déconstruction faisait partie de la mission de maîtrise d'oeuvre de restauration.

    Le bois des solives des combles déposé de la Grange ainsi que des fenêtres bois non conservées ont été retravaillés pour la fabrication de parquet en bois de bout sur 96m² et du lambris des mur du rez de chaussée.

    Les tuiles de la Grange ont été déposées pour permettre le bouchement des baies en façade Est, le paillage du cellier et la réalisation du soubassement intérieur. 3344 tuiles ont donc pu retrouver une place dans la Grange rénovée.

     

    Le stockage des tuiles réemployées s'est fait directement sur le site de la Grange d'où elles proviennent.

    Pour ce qui est du bois utilisé pour la fabrication du parquet, c'est chez Atelier R-are que les matières ont été stockées et transformées, pour revenir par la site une fois les dalles prêtes à être posées.

Economie sociale et solidaire

    Les entreprises d'insertion professionnelle Travail et Vie, responsables de la déconstruction, et Atelier R-are, s'occupant de la fabrication du parquet et du soubassement en tuiles, ont été des acteurs phares du projet participant à la démarche de réemploi. L'entreprise Batilibre s'est également engagée sur le site en proposant des formations en économie circulaire.

Le bâtiment incarne une démarche radicale d'éco-restauration en ce qu'elle vise une préservation éclairée du patrimoine et des ressources dans ses choix constructifs comme dans son énergie. Par le recours à des techniques traditionnelles les architectes ont voulu révéler un patrimoine vernaculaire témoin d'une richesse sociale paysanne souvent délaissée. Dans un premier temps et à l'appui d'un diagnostic, ils se sont attachés à valoriser, transformer et remployer les matériaux déposés lors du chantier ou abandonnés sur le site ou issus de chantiers parisiens, délaissés eux aussi pour répondre sobrement aux besoins contemporains des nouveaux occupants. Les tuiles ont bouché des baies obsolètes ou paillage dans le cellier ou se sont glissées dans les montants d'anciennes fenêtres pour devenir lambris, les solives des combles déposées sont devenues parquet...

Poursuivant cette démarche de préservation des ressources les architectes ont voulu réactiver les liens sociaux et les ressources qui unissaient monde rural et urbain rendant ainsi hommage à la mémoire d'usage du site. L’accent a été mis sur l’approvisionnement ville-campagne par l’emploi du bois et de sous-produits agricoles tels que la paille, la chènevotte que l'on retrouve dans les mortiers isolants et de matériaux géo-sourcés tel que le plâtre traditionnel pour les enduits intérieurs et extérieurs. Le recours aux éco-matériaux constitue également une possibilité de restaurer le lien, de le rendre visible. Il présente également des bénéfices techniques évidents pour la restauration en ce qu'il procède d'une même démarche de compréhension de la matière et de ses potentialités dans un respect des édifices et dans une valorisation du travail et du geste de l'artisan. Le champ d'exploration s'est volontairement et systématiquement ouvert à tous les matériaux de cueillette, du réemploi, la paille, la terre cuite, le plâtre, la pierre massive et le bois.

Catégories du concours

Bâtiments Tertiaires / prix de la rénovation

Bâtiments Tertiaires / prix de la rénovation

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