Bourdelle

Extension + rénovation

  • Type de bâtiment : Immeuble de bureaux
  • Année de construction : 1947
  • Année de livraison : 2021
  • Adresse : 7 rue Antoine Bourdelle 75015 PARIS, France
  • Zone climatique : [Cfb] Océanique hiver tempéré, été chaud, pas de saison sèche

  • Surface nette : 4 631 m2
  • Coût de construction ou de rénovation : 6 547 000 €
  • Coût/m² : 1413.73 €/m2

Proposé par :

  • Consommation d’énergie primaire :
    99.85 kWhep/m2.an
    (Méthode de calcul : RT 2012 )
Consommation énergétique
Bâtiment économeBâtiment
< 50A
A
51 à 90B
B
91 à 150C
C
151 à 230D
D
231 à 330E
E
331 à 450F
F
> 450G
G
Bâtiment énergivore

A proximité de la gare Montparnasse, cet immeuble fut construit par l’ancêtre de la société EDF, la Compagnie de Distribution d’Electricité Parisienne (CPDE). Il est depuis toujours dédié à la gestion de l’éclairage publique parisien.
Conçu en 1938 par l’architecte Urbain Cassan, il devait originellement être deux fois plus vaste. Seule la moitié du programme fut construite ! Combiné à l’architecture pré-brutaliste de la structure béton apparente, son asymétrie accidentelle confère à ses façades une élégance aussi austère qu’atypique.

La rénovation de cet immeuble de bureau et de logistique en économie circulaire inclue la création d'une serre agricole en toiture. Le cycle de construction a permis le réemploi des déposes issues du chantier de rénovation dans le projet d'extension. Ainsi les menuiseries extérieures composant les bandeaux filants existants ont été réemployées pour constituer les nouveaux ouvrants de la serre agricole.

Réemploi Serre Agricole

Plus largement le projet de rénovation porte une démarche de réduction des impacts en favorisant le réemploi, le recours à des matériaux recyclés, durables, et à des solutions d'aménagements épurées et transformables.


Et si c'était à refaire ?

En marché privé, la logique pourrait conduire à faire intervenir l'entreprise en amont pour effectuer davantage de déposes "tests" et valider un processus de réemploi.
Il en va de même avec le contrôleur technique dont l'implication conventionnelle peut parfois amener à des impasses lors du chantier. Des essais préalables seraient à renforcer de la même manière.

Plus de détails sur ce projet

 https://www.siarchitectes.com/portfolio/eco-bureaux

Crédits photo

Crédits : Si Architectes - Damien Boboc & Florian Bosc Malavergne
Sauf vidéo du montage de la serre, crédit : Serres Anciennes - Guillaume Durost

Maître d'ouvrage

    EVESA

    Frederic GALLOO

Maître d'œuvre

    Si Architectes

    Florian BOSC MALAVERGNE

Intervenants

    Architecte

    Florian BOSC MALAVERGNE

    Florian BOSC MALAVERGNE


    Architecte

    Damien BOBOC

    Damien BOBOC


    Bureau d'étude thermique

    SOLENER

    Arnaud FAVAREL


    Bureau d'études structures

    Atelier MASSE

    Raphaël FABBRI


    Bureau d'études autre

    OXYNERGY

    Pascal BACH


    Entreprise

    BOUYGUES ENERGIES SERVICES

    Alain CASULE


    Entreprise

    SITCF

    Anthony DECAMPOS


    Entreprise

    ENERGIES SB

    Philippe HOCHART


    Entreprise

    SERRES ANCIENNES

    Guillaume DUROST


    Entreprise

    Bouygues Energies Services

    Kevin Dy

Mode contractuel

Macro lot

Consommation énergétique

  • 99,85 kWhep/m2.an
  • 50,00 kWhep/m2.an
  • RT 2012

  • 250,70 kWhep/m2.an

Systèmes

    • Chaufferie gaz
    • Chauffe-eau électrique individuel
    • Aucun système de climatisation
    • Double flux avec échangeur thermique
    • Solaire photovoltaïque
  • 3,08 %
  • Le terrasse technique située en R+7 a été équipée d'un parc de 45 panneaux photovoltaïques d'une puissance total de 19,84 kWc. La production est distribuée dans le bâtiment et consommée en instantanée.

Bâtiment intelligent

    La GTB installée dans le bâtiment reprend les informations suivantes :
    - Suivi des consommations électriques par étages ;
    - Suivi des consommations d'eau par étage ;
    - Suivi de la météo ;
    - Suivi de la production de la chaudière ;
    - Etat de fonctionnement de la CTA.

Coûts de construction & exploitation

  • 6 547 000

Environnement urbain

Dans l'environnement urbain dense du quartier Montparnasse à Paris, la rénovation du bâtiment a redonné tout son éclat à la façade décrépie par le temps qui dialogue de nouveau avec les autres immeubles des années 30. La serre agricole installée en toiture s'intègre aux nuances de gris des toitures traditionnelles en zinc par sa structure en acier galvanisé.

Qualité environnementale du bâti

  • Chantier (incluant déchets)
  • gestion des déchets
  • gestion de l'eau
  • efficacité énergétique, gestion de l'énergie
  • énergies renouvelables
  • gestion du bâtiment, maintenance
  • procédés de construction
  • produits et matériaux de construction

Réemploi (même usage) / Réutilisation (changement d'usage)

    • Menuiseries Extérieures
    • Revêtements de sol
    • Faux-Plafonds
    • Electricité
    • Plomberie

    Menuiseries métalliques extérieures :

    • Menuiseries ouvrantes composant les bandeaux filants du niveau R+2 - 43m² - 40 unités - in-situ

     

    Faux-plafonds :

    • Dalles réemployées in-situ - 980m²
    • Dalles de réemploi - 1000m² - provenant d'un autre chantier de dépose de l'entreprise

     

    Sols :

    • Parquets - 150m² - in-situ
    • Moquette - 30m² - stock inutilisé entreprise

     

    Sols extérieurs :

    • Graviers de protection des toitures terrasses techniques - 7m3 - in-situ

     

    Plomberie :

    • Tube PVC (EU) - 35ml - stock inutilisé entreprise

     

    Electricité :

    • Luminaires downlight - 71 unités - in-situ
    • Pavés LED - 247 unités - in-situ
    • Appliques extérieures - 7 unités - in-situ
    • Tubes fluorescents - 126 unités - Lampes POLIX - Maximum Design

Eco-conception

    Fenêtres en acier
     

    La bâtiment avant rénovation comportait différents types de menuiseries extérieures, parfois transformées sans égard à leur dessein ou à leur matériaux d'origine. Le projet prévoyant la mise aux normes thermiques des menuiseries, l'ensemble des fenêtres existantes devaient êtres déposées.

    Au niveau R+2, un bandeau filant composé de baies fixes et ouvrantes a été identifié comme gisement dès les prémices du projet. Constitués de profilés en acier en forme de T ou de L, ces éléments avaient l'avantage de répéter le même module dimensionnel. Cette régularité permettaient d'envisager un réemploi en série reprenant l'ensemble des menuiseries.

    Le projet prévoyait l'aménagement paysager de la toiture terrasse du 6ème étage. Lors des phases préliminaires de conception, les échanges avec le Maître d'Ouvrage ont conduit à proposer la construction d'une serre agricole incorporant des menuiseries de réemploi issues du bâtiment existant.

    Les opérations de déposes "test" initiées au démarrage du chantier ont conduit à abandonner le réemploi des parties fixes, trop fragiles. Les dormants fermement ancrés en feuillure dans les façades bétons réclamant une dépose musclée pour être extraits ressortaient invariablement déformés de la dépose.

    La série d'ouvrants a pu être intégralement récupérée. Elle a été traitée en atelier par l'entreprise Serres-Anciennes, en charge de la construction de la serre agricole. Les menuiseries ont été sablées, galvanisées, de nouveaux verres conformes ont été remonté, et elles ont été intégrées à la structure de la serre agricole construite en toiture.

    L'ensemble du design de la serre agricole tient compte des fenêtres récupérées, tant en terme de géométrie qu'en terme de systèmes. Remises en jeu dans ce nouvel ouvrage, les fenêtres assurent leur fonction de ventilation et ancrent cette nouvelle construction dans l'histoire du bâtiment.

    Réemploi Serre Agricole

     

    Parquet
     

    Les revêtements de sols disparates dans le bâtiment existant ont fait l'objet de rénovations locales. Au 6ème étage, l'importance de la rénovation réclamait une dépose complète des sols. Un parquet relativement récent et en bon état occupait la majeure partie de la surface. Malgré son aspect esthétique moyen et étant donné l'objectif d'économie circulaire, il a été décidé de le conserver.

    Les premiers essais de dépose n'ont pas été concluant, l'entreprise peinant à démonter les lames sans les endommager. En insistant, celle-ci a redoublé d'effort pour déterminer les bons gestes et déposer la quasi totalité de la surface de parquet sans générer de perte. Les lattes ont étés stockées sur palettes à l'étage même de leur dépose pour éviter des manutentions inutiles.

    La totalité des lattes récupérées a ainsi été reposée à l'issue du chantier.

     

     

    Faux-plafond et luminaires de faux-plafonds

    Dans le cadre des travaux de rénovation et notamment d'installation de la ventilation (CTA double-flux), l'installation des réseaux aérauliques et électriques nécessitait la dépose des faux-plafonds existants. La haute démontabilité et la modularité des éléments les constitutants (dalles et plafonniers) ont permis un réemploi important. Les dalles abimées et les équipements électriques obsolètes ont été remplacés. Cependant l'entreprise a profité d'un chantier parallèle pour apporter un second gisement de dalles de faux-plafond, permettant d'augmenter d'avantage le taux de réemploi.

    • Isolant en coton recyclé issu de vêtement usagés - METISSE Le Relais
    • Sols lineoleum naturel incluant des fragments de cosses de cacao - FORBO Cocoa
    • Membrane d'étanchéité recyclée - DERBIGUM NT
    • Isolant thermique incompressible en verre cellulaire recyclé - FOAMGLASS
    • Luminaires POLIX - MAXIMUM
    • Peinture de ravalement à liant minéral (dépourvue de chimie pétrolière) - KEIM

Bilan environnemental

    Déchets : 194 tonnes dont 94,7 valorisées ou réemployées (Tricycle Environnement)

    Amiante : 30m3 de déchets amiantés recyclés par inertage (vitrification par Intertam). Unique dispositif permettant d'éviter l'enfouissement et garantissant l'inocuité du résidu. Le vitrificat obtenu (Cofalit) est utilisé comme sous-couche de revêtement routier, mais nombreuses autres pistes d'utilisation sont à l'étude.

    Catégories CO2 évité (kg)  Consommation Eau évité (m3) Déchets évités (kg)
    Aménagements extérieurs 758.87665 7.615624425 1062.454084
    Aménagements extérieurs / Serrurerie - Métallerie 0 0 0
    Charpente 0 0 0
    Cloisons 0 0 0
    Couverture 0 0 0
    Couverture / Aménagements extérieurs 14.322 0.1666455 771.7832388
    Eclairages 35654.18594 182.3319846 33899.91834
    Eclairages sécurité 0 0 0
    Equipements de génie climatique 0 0 0
    Equipements électriques 0 0 0
    Façades 0 0 0
    Faux plafonds 9211.653825 94.392628 16385.14013
    Faux planchers 0 0 0
    Faux-plafonds 0 0 0
    Gros-œuvre 0 0 0
    Installations sanitaires 0 0 0
    Isolation 0 0 0
    Menuiserie ext 5234.175 51.7419 3881.482903
    Menuiseries intérieures 0 0 0
    Mobilier 0 0 0
    Peinture 0 0 0
    Plomberie 0 0 0
    Revêtements de sols 990.4555122 26.97398957 605.55344
    Revêtements de sols ou muraux 0 0 0
    Revêtements muraux 0 0 0
    Sécurité du bâtiment 0 0 0
    Serrurerie - métallerie 0 0 0
    VRD 0 0 0
           
      CO2 évité (kg)  Consommation Eau évité (m3) Déchets évités (kg)
    TOTAL 51863.66893 363.2227721 56606.33214
           
      Km en petite voiture Nb de Baignoires rectangulaires nb d'années de déchets ménagers d'un français
    Equivalent  414909 2421 113
           
    Equivalent trajet Paris- Nice 471.0  

    L'opération de réemploi a économisé l'équivalent de 414909 kilomètres parcourus par une petite voiture, soit 471 trajets Paris-Nice,

    2421 baignoires rectangulaires remplies d'eau et 113 années de déchets ménagers d'un français

Réplicabilité et Innovation

    La réplicabilité de l'opération tient à l'engagement de l'ensemble des parties prenantes du projet. Cette évidence, déjà soulignée dans le cas des projets de maîtrise d'oeuvre en général, est d'autant plus importante lorsqu'une stratégie de réemploi doit être mise en place.

    En effet chacun des intervenants doit être en capacité d'adapter ses méthodes pour concrétiser les opportunités de réemploi. Sans la volonté du maître d'ouvrage, la maîtrise d'oeuvre peut difficilement porter la démarche seule. Tout au long du projet, c'est le bureau de contrôle puis les entreprises qui doivent ensuite s'engager à adopter une approche ouverte et proactive.

    Dans le cadre de la rénovation de l'immeuble rue Bourdelle c'est la rencontre entre la société EVESA soucieuse de pousser une démarche vertueuse d'économie circulaire et le Collectif Si Architectes, maîtres d'oeuvre expérimentant depuis plusieurs années des stratégies de réemploi qui a permis de mener à bien le projet.

    Les architectes ont ensuite décliné cette stratégie en différents objectifs, effectué un travail de pédagogie vis-à-vis des intervenants techniques tout au long du projet. Lorsque des blocages technniques ou admnistratifs ont été rencontrés c'est également les architectes qui ont recherché des solutions (essais en laboratoires, compréhension des normes, modifications techniques, identification de filières de recyclage/réemploi...).

    Les principales innovations ne sont pas d'ordre architectural ou technique mais sont relatives au déroulé du projet. Lorsque l'on pratique le réemploi sur un projet, il est nécessaire d'effectuer des chantiers tests en amont du chantier proprement dit. Cela implique l'intervention accrue du bureau de contrôle mais également celle d'une entreprise du bâtiment pour les réaliser. En marché privé, ce recours anticipé à une entreprise est plus aisé qu'en marché public. Pourtant il reste difficile de mobiliser une entreprise en amont du chantier, sur de petits ouvrages, sans assurance pour elle d'obtenir la mission de chantier. Les bureaux de contrôle sont également des partenaires dont l'implication doit être repensée.

    Les travaux de curages ont été réalisés par la société TRICYCLE Env. qui est intervenue comme sous-traitant de l'entreprise générale afin de respecter les exigences du marché.

    Les matériaux réemployés ont suivi trois parcours différents en fonction de leur nature :

    • les matériaux ne nécessitant aucun traitement particulier avant repose (dalles de faux plafond, parquets...) ont été stockés sur place ;
    • les matériaux faisant l'objet d'un traitement particulier avant repose (fenêtres acier de la serre agricole) ont étés traités dans les ateliers des entreprises spécialisées ;
    • les matériaux ne pouvant faire l'objet d'un réemploi in-situ ont été stockés par l'entreprise responsable du curage également en charge de leur re-commercialisation.

     

    Menuiseries extérieures bois :

    • Fenêtres en bois à guillotine - 38 unités - vers spécialiste construction réemploi

     

    Plomberie :

    • Equipement sanitaire - 900kg - vers plateforme de réemploi Tricycle Environnement

     

    Sols extérieurs :

    • Dalles gravillonnées - 18,2t - vers plateforme de réemploi Tricycle Environnement

Economie sociale et solidaire

    • TRICYCLE ENVIRONNEMENT : 11 employés en insertion professionnelle
    • METISSE LE RELAIS : tous les bénéfices de l'entreprise sont réinvestis dans la création d'emplois durables.

Raisons de la candidature au(x) concours

La démarche de rénovation en économie circulaire, conjointement portée par le Maître d'Ouvrage et la Maîtrise d'Oeuvre sur le projet, préfigure de façon expérimentale le futur de la réhabilitation. Elle relève d'une optimisation des ressources propres au site et au bâtiment tant sur l'aspect fonctionnel, matériel, qu'architectural. Elle organise le projet en fonction d'opportunités liées aux espaces existants, aux démolitions. Elle privilégie l'emploi de matériaux biosourcés, recyclés, ou de réemploi. Elle optimise le traitement et le recyclage des déchets de chantiers.

Batiment candidat dans la catégorie

Bâtiments tertiaires / prix de la rénovation

Bâtiments tertiaires / prix de la rénovation

Trophées Bâtiments Circulaires 2022

 bâtiment
 rénovation
 économie circulaire
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Concours

Trophées Bâtiments Circulaires 2022