WOODRISE 2023 : Regards d'expert sur la construction bois de grande hauteur

WOODRISE 2023 : Regards d'expert sur la construction bois de grande hauteur

WOODRISE, congrès international du bâtiment bois moyenne et grande hauteur, sera de retour en France du 17 au 20 octobre 2023, au Palais 2 l’Atlantique de Bordeaux. A cette occasion, les organisateurs ont souhaité donner la parole à différents experts du bâtiment, de l’aménagement, de l’immobilier ou encore de la finance, pour partager leur vision de la construction bois.

Stephan de Fay, Directeur général de l’EPA Grand Paris Aménagement, s’est prêté à l’exercice. Militaire de carrière, Ingénieur général de l’Armement, Stephan de Fay arrive dans le monde de l’aménagement en 2008, pour ne finalement plus le quitter. A partir de 2015, il s’intéresse plus spécifiquement à la construction bois, son opinion sur le sujet évoluant alors rapidement...

Quel regard portez-vous sur les bâtiments bois de moyenne et grande hauteur ?

Entre 2015 et 2020, après 3 années passées au sein de l’EPADESA (EPA de Paris La Défense), j’ai dirigé l’Etablissement Public d’Aménagement Bordeaux Euratlantique. Je n’avais alors pas d’avis particulier sur la construction bois.  J’étais néanmoins plus sceptique sur le sujet, que militant affirmé.

Mais avec Bordeaux Euratlantique, au sein d’une région forestière par excellence, mon regard a évolué. J’ai découvert les atouts du bois, pas toujours là où je les attendais : au-delà des vertus environnementales du matériau, en termes de stockage carbone notamment, la construction bois, au cœur des territoires forestiers, est aussi un vecteur d’emploi et de valeurs entrepreneuriales fortes, partagées par les salariés.  J’ai par ailleurs découvert les liens entre bâtiment bois et confort, démontrés par différentes études (réduction du stress, amélioration du sommeil, acoustique, etc.).

J’ai aussi eu l’occasion d’échanger avec l’Institut technologique FCBA sur les travaux que nous avions menés avec eux autour d’un bâtiment de 7 étages en bois local, lancé en 2011 et livré en 2017. Une innovation à l’époque !

Tout cela a fini de me convaincre et j’ai proposé à mon Conseil d’administration d’engager Bordeaux Euratlantique dans une dynamique d’accélération de la construction bois sur le territoire. Nous avons notamment lancé un concours pour réaliser la plus haute tour en bois du monde[1].

A la même époque, nous avons également pris des engagements pour que 20 % de notre parc soit construit en structure bois majoritaire, à échéance 10 ans. Objectif largement dépassé puisque, lorsque j’ai quitté l’EPA en 2020, 100 % de nos nouveaux projets étaient en structure bois majoritaire.

Quelle est la place de la construction bois au sein du Grand Paris ?

Lorsque j’ai pris la direction de Grand Paris Aménagement, en 2020, l’Etat avait déjà demandé à tous les EPA d’intégrer un minimum de 10 % de bâtiments bois dans leurs productions. Par ailleurs, Grand Paris Aménagement avait commencé à s’intéresser à ce matériau, signant le Pacte FIBOIS Ile-de-France en 2020.

Pour autant, l’Ile-de-France demeure une région bien différente de la Nouvelle-Aquitaine, s’agissant de la construction bois. Celle-ci y est moins culturellement ancrée et surtout, la diversité des territoires sur lesquels nous intervenons est beaucoup plus large. Difficile, dans ces conditions, de faire du 100 % bois.

Mais le 100 % bois n’est à mon sens pas la solution à tout et partout.  En revanche, intégrer le bois dans les stratégies de construction et d’aménagement, en toute intelligence et cohérence avec le territoire d’implantation, est primordial. C’est cette approche que nous avons retenue au sein de Grand Paris Aménagement. Avec un objectif de 80 % de nos bâtiments construits en hors site d’ici à 2030, nous avons pris des engagements importants sur ce type de process. Et nous y intégrons la construction bois, comme l’un des outils pour y parvenir.

Les immeubles bois de moyenne et grande hauteur ont également toute leur place dans le Grand Paris. Dans les noyaux urbains essentiellement, car là encore, cela doit se faire en cohérence avec le territoire d’implantation. Une exigence : la bonne échelle, au bon endroit.

Comment selon vous le congrès WOODRISE appuie-t-il le développement de la construction bois de moyenne et grande hauteur ?

J’ai suivi et soutenu le congrès WOODRISE dès sa 1ère édition en 2017. Je trouvais cette initiative particulièrement intéressante et novatrice. A la fois conçu comme un salon d’exposition professionnel et grand public, un workshop, un carrefour international..., WOODRISE est un lieu de partage et de confrontations de points de vue inédit et particulièrement constructif. Il rassemble des acteurs et pays de différents horizons, certains avec une culture de la construction bois ancienne et très ancrée, d’autres avec une approche plus récente et / ou avant-gardiste. C’est véritablement une richesse d’échanges qui ne peut que servir la construction bois de moyenne et grande hauteur.

Crédit photo Stephan De Fay : Djibrann Hass et Depositphotos


[1] Tour Hyperion, réalisée par Eiffage

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  • Ingrid LAUNAY-COTREBIL

    Attachée de presse

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