VELUX accélère sa stratégie de décarbonation en s’attaquant à son scope 3

Rédigé par
Amandine Martinet - Construction21

Journaliste

3510 Dernière modification le 17/02/2023 - 11:15
VELUX accélère sa stratégie de décarbonation en s’attaquant à son scope 3

Et si l’impact environnemental de grands groupes du secteur de la construction et du bâtiment n’était pas nécessairement une fatalité ? Preuve par l’exemple avec le fabricant de fenêtres de toit VELUX qui multiplie les actions depuis de nombreuses années pour limiter le taux d’émissions de carbone de ses activités, mais aussi plus récemment celui de ses produits. Rencontre avec Catherine Juillard, Responsable des Relations Institutionnelles et Bâtiment Durables chez VELUX, pour en savoir davantage. 

 

Quelle est la stratégie de VELUX en matière de développement durable ?

La stratégie de développement durable de VELUX ne date pas d’aujourd’hui. Elle a même commencé il y a plus de 15 ans ! En 2008, nous avons fixé l’objectif de réduire les émissions de CO2 issues des activités de notre groupe – scopes 1 et 2 – de 50% d’ici à 2020. Cela a été un départ pour structurer les actions et les mentalités chez VELUX, et de nous fédérer autour de cette idée de développement durable. Lorsque nous avons fait le bilan fin 2020, nous avons constaté que la baisse de nos émissions avait atteint 59%. 
 

Comment cette stratégie a-t-elle évolué au fil des années ? 

Depuis 2020, nous accélérons fortement notre démarche de décarbonation, avec de nouvelles ambitions et plusieurs objectifs à horizon 2030 : 

  • La réduction de 100% des émissions de CO2 issues de nos propres activités
  • Plus challengeant encore, la réduction de 50% des émissions de CO2 sur l’ensemble de notre chaîne de valeur, c’est-à-dire en incluant en amont notre chaîne d’approvisionnement avec les matériaux que nous utilisons et les activités en aval de nos sites, par la distribution, l’installation et enfin la gestion de la fin de vie des produits : c’est ce que l’on appelle le scope 3. 

Ce scope 3 est aujourd’hui au cœur de nos préoccupations, car il représente plus de 90% de la totalité de nos émissions de CO2. A noter qu’avant cela, nous avions déjà intégré la notion d’empreinte carbone de nos produits depuis le début des années 2010, au travers de fiches FDES en notre nom propre et vérifiées par une tierce partie. 
 

Quelles sont concrètement les actions menées par VELUX pour atteindre ces derniers objectifs ? 

Nous souhaitons agir en priorité sur notre chaîne d’approvisionnement, qui représente 86% des émissions de CO2 du scope 3. Plus concrètement, cela signifie effectuer un travail sur les matériaux qui composent nos produits.  Nous travaillons donc en collaboration avec nos fournisseurs en ce sens. 

La première chose que nous avons faite est de fiabiliser les données des émissions de CO2 des matériaux qui composent nos produits. Nous avons donc cartographié les émissions du scope 3 de façon méthodologique, fiable et partagée. Cela nous a permis d’identifier les principaux postes émetteurs de CO2 parmi les matériaux composant nos produits. Deux d’entre eux ressortent particulièrement : l’aluminium et le verre. A lui seul, l’aluminium représente 22% de l’impact carbone d’une fenêtre de toit. 

Ce constat nous a incités à conclure des accords de partenariat avec deux groupes internationaux en 2022 pour nous approvisionner en aluminium bas carbone ou à contenu hautement recyclé : Hydro et Novelis. Par exemple, l’aluminium que nous fournit Hydro est en-dessous de 2,5 kilos de carbone par kilo de matière, soit un cinquième de la moyenne européenne actuelle qui est de 11,3 kilos. L’accord de coopération est conclu, et l’approvisionnement commence progressivement. 

 

Avez-vous également songé à employer de nouveaux matériaux ?

Aujourd’hui, le défi à relever est tellement important que l’idée est d’agir le plus vite possible avec des actions à court terme. Et le court terme, c’est de décarboner les matériaux déjà existants pour nos produits. Par la suite, sur du plus moyen terme, une réflexion est effectivement en cours pour utiliser de nouveaux matériaux pour aller encore plus loin dans nos objectifs au-delà de 2030.

Dans tous les cas, le cahier des charges est d’être au service de la durabilité du produit, mais tout en conservant sa qualité intrinsèque. 

 

Comment décarboner les autres composantes de vos fenêtres ?

Parmi les autres éléments impactants au niveau du carbone, il y a le verre. Le sujet est à ce jour moins structuré, mais nous y travaillons, toujours en coopération avec nos fournisseurs. Nous souhaitons surtout augmenter le taux de contenu recyclé et que cela soit l’occasion de travailler sur la gestion des déchets, ce qui s’inscrit parfaitement dans la REP (Responsabilité Elargie des Producteurs). Nous voulons veiller à ce que la matière récupérée reparte en boucle fermée dans la fabrication du verre plat pour les menuiseries. Cela va également contribuer à augmenter le taux de verre recyclé utilisé dans la fabrication de nos fenêtres, et baisser l’empreinte carbone du scope 3. 
 

Lire aussi : Le réemploi au cœur de la stratégie de Valdelia, éco-organisme agréé par le gouvernement
 

Du côté du bois, nous sommes très attachés au fait de contribuer à un approvisionnement responsable. Nous avons notamment recours à du bois à plus de 96% certifié PEFC, c’est-à-dire provenant de forêts gérées de façon durable. 

Enfin, nous menons un travail particulier sur le verdissement des emballages de nos produits. Très concrètement, depuis mars 2022, nos emballages sont sans plastique à usage unique sur 90% des fenêtres de toit vendues. Nous tendons à généraliser ces pratiques d’emballage sur l’ensemble de nos produits d’ici à 2030. 

 

Y a-t-il d’autres actions menées par VELUX en faveur de l’environnement dont vous auriez aimé nous parler ? 

L’histoire de VELUX a commencé en 1941. Quid donc de nos émissions passées ? Nous considérons que nous avons aujourd’hui une dette envers la planète. L’idée nous est donc venue de nouer un partenariat avec le WWF pour soutenir des projets de préservation de la forêt dans des endroits stratégiques du globe où il y a une urgence climatique et où la perte de biodiversité est la plus avérée.  Ainsi à l’occasion de notre centenaire en 2041, nous souhaitons avoir contribué à des projets de préservation dont les bénéfices attendus sont équivalents à l’impact environnemental historique de nos scopes 1 et 2.

Partager :