[Urgence climatique] 3 questions à Denis VALODE, Architecte (Valode et Pistre)

 

Suite de notre série d’interviews consacrée à l’urgence climatique. Découvrez les états des lieux dressés par des acteurs engagés et institutionnels, ainsi que leurs préconisations pour atténuer les effets du changement climatique, s’adapter à ses conséquences et tirer parti des opportunités engendrées par ces évolutions.

 

Aujourd’hui, nous vous proposons l’interview de Denis VALODE, Architecte (Valode et Pistre), qui dresse un état des lieux du secteur du bâtiment face à l’urgence climatique et fait part de ses recommandations sur le plan architectural, y compris en rénovation, pour adapter les bâtiments aux changements en cours.

1. En tant qu’architecte, estimez-vous que le secteur du bâtiment a suffisamment pris conscience de l’urgence climatique ? Quel constat de la situation actuelle dressez-vous ?

Il existe une véritable prise de conscience de l’urgence climatique qui s’est traduite par des progrès considérables en matière de maîtrise de l’énergie dans les constructions neuves. On constate également une nouvelle tendance de transformation du bâti existant très vertueuse.
Le sujet principal est désormais l’énergie grise qui concerne le choix des matériaux et des conditions d’élaboration du bâti. L’enjeu est de rendre économiquement viables les filières des matériaux bio-sourcés, mais également de soutenir les progrès de toutes les filières dans le domaine de la limitation des émissions de CO2. 
L’idée d’une architecture monomatériaux présentée comme une panacée se révèle toujours une erreur. Une seule règle : le bon matériau au bon endroit.

2. Quelles sont vos recommandations pour adapter les bâtiments aux conséquences du changement climatique, et donc pour moins consommer et moins émettre ? Comment intégrez-vous la lutte contre le changement climatique dans la conception architecturale des projets qui vous sont confiés ?

Dans la recherche d’une architecture durable le rôle de l’architecte est d’aller plus loin que le mesurable. La prise en compte du ressenti en termes de confort, d’espace, de rapport avec la nature et finalement de plaisir d’habiter est essentielle pour générer une nouvelle architecture apte à lutter contre le changement climatique. 
A l’opposé d’une écologie primitive, la recherche de l’adhésion des habitants est à la fois un objectif et une clef du succès.

3. La rénovation des bâtiments va s’amplifier dans les prochaines années. Les solutions architecturales d’aujourd’hui peuvent-elles répondre à l’urgence climatique dans les bâtiments non résidentiels en rénovation ?

Il n’existe pas de solutions toutes faites en matière de rénovation des bâtiments ; tout dépend de la nature de ces constructions. L’isolation par l’extérieur, par exemple, n’est pas adaptée aux façades ayant un intérêt architectural. Il y a aussi des enjeux au niveau de l’esthétique de menuiseries extérieures plus performantes. Le recyclage est également une voie à développer systématiquement. Chaque programme doit être l’occasion d’une densification bien maîtrisée, d’une végétalisation abondante et d’une mise en place de surfaces extérieures indispensable aujourd’hui.
 

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