[Urgence Climatique] 3 questions à Arnaud Leroy, Président de l'ADEME

Rédigé par
Communication CERTIVEA

Direction de la communication

1953 Dernière modification le 12/03/2021 - 11:52
[Urgence Climatique] 3 questions à Arnaud Leroy, Président de l'ADEME

 

Suite de notre série d’interviews consacrée à l’urgence climatique. Découvrez les états des lieux dressés par des acteurs engagés et institutionnels, ainsi que leurs préconisations pour atténuer les effets du changement climatique, s’adapter à ses conséquences et tirer parti des opportunités engendrées par ces évolutions.

 

Aujourd’hui, nous vous proposons l’interview de Arnaud Leroy, Président de l’ADEME, qui dresse un état des lieux des secteurs du bâtiment et de l’aménagement confrontés à l’urgence climatique, présente l’accompagnement proposé par l’ADEME, particulièrement aux territoires, et enfin les actions de l’Agence en faveur de la performance énergétique et de la rénovation dans le tertiaire, à travers notamment la gestion de la plateforme OPERAT.

 

1. Quel est votre constat de la situation actuelle vis-à-vis du changement climatique dans les secteurs du bâtiment et de l’aménagement ?

Le bâtiment est l’un des secteurs prioritaires sur lesquels agir pour atteindre nos objectifs climatiques. Il y a une réelle accélération de la prise de conscience et des mesures mises en place ces dernières années, que ce soit sur les normes pour la construction neuve ou sur les plans d’actions en faveur de la rénovation énergétique des bâtiments. Nous avons aujourd’hui une palette de mesures, réglementaires, financières, incitatives, encore renforcées par les mesures du Plan de Relance sur la rénovation.
La question de l’adaptation des bâtiments au changement climatique est aussi un enjeu primordial et urgent. Elle est moins sur le devant de la scène mais progresse parmi les acteurs de l’aménagement et du bâtiment. Elle questionne la capacité des villes à supporter les événements extrêmes à venir, les vagues de chaleur notamment. Nous sommes bien évidemment, à l’ADEME, aux côtés des acteurs pour les aider à mieux appréhender ces enjeux et mettre en place des stratégies d’action.

 

2. Quels sont les principaux leviers poussés par l’Ademe pour accompagner ces secteurs ? Quelles actions devraient notamment engager les collectivités locales et les territoires de façon prioritaire ?

L’amélioration de la performance énergétique et environnementale des bâtiments est un fil rouge de notre action depuis de nombreuses années. Nous apportons conseils, soutiens méthodologiques et financiers aux collectivités, au premier rang desquelles les Régions, que nous accompagnons pour structurer le service public de la performance énergétique de l’habitat, fixé par la loi de transition énergétique pour la croissance verte. Nous sommes également engagés aux côtés des EPCI et agglomérations, par exemple via le dispositif Citergie qui permet de structurer une démarche énergie climat, ou encore le réseau des Conseillers en Energie Partagée.
Si la priorité pour atteindre nos objectifs climatiques est clairement la rénovation, il est important également de travailler sur le neuf qui fait figure de locomotive et permet ensuite de diffuser pratiques et techniques innovantes dans l’existant. L’ADEME est fortement impliquée, techniquement et financièrement dans l’élaboration de la règlementation environnementale, la RE2020, qui est une formidable opportunité de dépasser l’approche énergétique des bâtiments pour intégrer plus largement son impact carbone, tout au long de son cycle de vie. Il s’agit évidemment d’une marche assez importante à franchir, mais les pouvoirs publics veillent à mobiliser tous les professionnels avec des actions de sensibilisation, d’information et de formation.
Concernant l’adaptation, l’une des priorités pour l’Agence est d’aider les acteurs du secteur de l’immobilier et les collectivités à évaluer la vulnérabilité des bâtiments au risque climatique et ainsi, pouvoir prendre des mesures préventives. Nous travaillons également sur les solutions fondées sur la nature qui s’appuient sur les écosystèmes et préservent la biodiversité. Certaines de ces solutions peuvent être appliquées à l’échelle du bâtiment pour notamment améliorer le confort d’été (ex : végétalisation des façades et toitures, …)
 

2. Comment l’ADEME participe-t-elle au renforcement de la performance énergétique et à la rénovation des bâtiments tertiaires publics et privés ? Pouvez-vous notamment nous parler de la plateforme OPERAT ?

Nous menons un travail important avec les collectivités territoriales pour mettre leur parc de bâtiments sur la trajectoire du décret tertiaire (nouvellement appelé « dispositif éco énergie tertiaire ») avec par exemple, le financement de l’ingénierie nécessaire à la mise en place de contrats de performance énergétique. Nous apportons également un appui financier à la mise en place d’un schéma directeur immobilier et environnement qui invite à une réflexion sur le parc de la collectivité et la planification d’actions de maîtrise de l’énergie et de développement des énergies renouvelables (en particulier pour la production de chaleur).
Sur la plan réglementaire, l’ADEME est en charge de l’application OPERAT, le portail de suivi du dispositif éco énergie tertiaire. La plateforme est en ligne depuis le 1er janvier 2020, avec des fonctionnalités très basiques (identification, foire aux questions, ressources documentaires). Les fonctionnalités réglementaires demandées pour l’échéance de septembre 2021 seront prêtes d’ici l’été prochain afin de laisser le temps aux assujettis de déclarer leurs bâtiments et leurs consommations. OPERAT est aussi un formidable outil de sensibilisation et de mobilisation de tout le secteur sur la transition écologique des bâtiments tertiaires. Les premiers objectifs sont fixés à 2030 (-40% par rapport à 2010), ce qui laisse du temps aux maîtrises d’ouvrage pour se mettre en ordre de marche. Ici aussi, l’ADEME propose accompagnement et appuis financiers pour les aider à être au rendez-vous.

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