Un nouveau souffle pour la mesure de la qualité de l’air intérieur

Un nouveau souffle pour la mesure de la qualité de l’air intérieur

La crise sanitaire liée au Covid-19 a mis toute la lumière sur l’importance de la qualité de l’air intérieur (QAI) dans le bâtiment. Une donnée trop longtemps négligée, alors que nous passons plus de 80 % de notre temps dans des espaces clos, au travail, à l’école, à domicile. Entre réglementations, bien-être et économies d’énergie, Rémy Journet, responsable du développement de la société AIRTHINGS, spécialisée dans la détection des contaminants de l’air intérieur, nous explique les avantages de la mesure de cette QAI dans le bâtiment.

L’air pur n’existe nulle part, surtout pas à l’intérieur des bâtiments, jusqu’à 8 fois plus pollué qu’à l’extérieur. « En France, la prise de conscience de l’importance de la qualité de l’air intérieur est récente, affirme Rémy Journet, mais – bonne nouvelle – elle est en plein essor ! »

L'exigence règlementaire et normative en faveur d'une bonne QAI


Les évolutions des certifications et des réglementations démontrent bien l’intérêt des pouvoirs publics pour une meilleure qualité de l’air intérieur. C’est précisément le cas de la réglementation environnementale RE2020 qui s’intéresse non seulement à l’amélioration de l’efficacité énergétique et au poids carbone des constructions, mais aussi au traitement de la qualité de l’air intérieur. C’est la première réglementation en France qui se penche sur le contrôle des systèmes de ventilation lors de la livraison des bâtiments neufs.

« Aujourd’hui, les données relatives à la QAI et à l’environnement intérieur dans un bâtiment sont devenues clés, souligne Rémy Journet. Pour certaines normes ISO aussi, la mesure de la qualité de l’air constitue un prérequis. Elle est exigée pour les labels internationaux comme la certification de construction WELL, basée sur le bien-être des occupants, la certification relative à l’évaluation environnementale des bâtiments BREEAM, ou encore la démarche RESET, destinée à définir des stratégies axées sur la santé des personnes dans un environnement bâti. Enfin, elle fait également partie des exigences du cadre de référence Ready2Services créé par la SBA et certifié par CERTIVEA. »

 

Une bonne QAI dans les bâtiments pour des usagers en pleine santé


La santé, parlons-en. L’air respiré dans les bâtiments a en effet un impact sur le confort et le bien-être des occupants, de la simple gêne à la survenue d’une maladie plus grave. La recherche de performance des bâtiments des dernières décennies a conduit à renforcer leur étanchéité, amenuisant le renouvellement de l’air intérieur et augmentant par la même certaines affections respiratoires : 30 % des personnes nées après 1980 sont allergiques ; le chiffre pourrait passer à 50 % dans 20 à 30 ans. La pollution de l’air réduirait même de 3 ans l’espérance de vie dans le monde. « Sans aller à cet extrême, un air intérieur de mauvaise qualité n’est jamais neutre, insiste Rémy Journet. Il peut entraîner ce qu’on appelle le syndrome du bâtiment malsain – yeux qui grattent, maux de tête, concentration difficile, fatigue… – qui nuit à la productivité dans les entreprises. »

 

Des économies d'énergie en pilotant mieux la qualité de l'air dans les bâtiments


Face à la flambée des prix de l’énergie et au risque de coupure d’électricité cet hiver, les économies d’énergie sont plus que jamais d’actualité. « En monitorant les bureaux, les salles de réunion, le restaurant d’entreprise…, vous évitez de ventiler l’air intérieur en permanence et savez quand renouveler l’air, poursuit Rémy Journet. C’est uniquement quand les niveaux de CO2  sont très élevés que la ventilation est déclenchée, plutôt qu’en continu, avec d’importantes économies à la clé. » Une salle de réunion peut être aérée au juste besoin, si elle dispose de capteurs pour estimer le nombre de personnes dans la pièce. L’ensemble des capteurs et outils connectés dans le bâtiment permettent ainsi de réaliser d’importantes économies, à l’instar du groupe scandinave de facility management Toma, qui a économisé 26 % sur ses consommations d’énergie sans compromis sur le confort et le bien-être de ses collaborateurs. Sur le tableau de bord fourni par Airthings, le taux de CO2  est visualisé en parallèle des données d’énergie, de chauffage et de ventilation, pour en ajuster le fonctionnement. Jamais le niveau de CO2  n’a dépassé les 1 000 ppm recommandés ! En plus, ventiler uniquement lorsque cela est nécessaire permet de limiter les interventions de maintenance et d’optimiser la durée de vie des équipements

 

Qualité de l'environnement intérieur : coupler ventilation, luminosité et acoustique dans le smart building


Mieux encore : pour le confort et le bien-être des occupants, pour les économies d’énergie, il est plus judicieux de mesurer la qualité de l’environnement intérieur, pas uniquement l’air. « Les capteurs les plus avancés d’Airthings permettent de suivre à la fois les niveaux de CO2 , des COV (Composés Organiques Volatiles), des particules fines, des températures, de l’humidité, de la pression, du bruit, de l’occupation…, décrit Rémy Journet. Il y a même une mesure de “risque viral”, pour indiquer à quel point un environnement intérieur est propice à la propagation de virus. »

L’installation des capteurs est particulièrement simple et l’ensemble des données sont facilement accessibles sur une plateforme en ligne, avec des analyses, la génération de rapports automatiques et des alertes en temps réel. Pour que tout fonctionne ensemble et interagisse, pour collecter des données de qualité, il convient alors que les systèmes soient ouverts et interopérables à l’échelle du bâtiment. Les données peuvent être intégrées dans des applications tiers, en passant par des API. « Nous avons installé ces solutions au siège social de notre partenaire Kardham Digital à Paris, conclut-il. Convaincue par les bénéfices des capteurs multifonctions de mesure de l’environnement intérieur des bâtiments, l’entreprise entend en effet les intégrer à son offre de services numériques dédiés au parcours des occupants des smart buildings. »

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