Transition énergétique : un mandat régional pour agir

Pour l’Association des Régions de France, le nouveau mandat régional devra permettre une accélération et une multiplication des actions de terrain en faveur de la transition. Entretien avec Agnès Langevine, présidente de la commission Transition écologique et énergétique de l’association.

La transition énergétique est-elle une priorité pour les Régions ?

Oui, les Régions se sont engagées dans la transition énergétique de façon pleine et entière. Elles sont par exemple très mobilisées sur le volet efficacité énergétique du bâtiment.

Actuellement, avec le soutien du plan de relance nationale, beaucoup de projets intéressants sont engagés. Les conseils régionaux se sont – pour la majorité d’entre eux – mobilisés pour porter le programme SARE (Service pour l’accompagnement à la rénovation énergétique) en 2020. C’est un enjeu fondamental. Il permet d’agir pour protéger le climat, le pouvoir d’achat des ménages, tout en valorisant les artisans locaux et le patrimoine bâti. En rénovant, on lutte aussi contre l’étalement urbain et l’artificialisation des terres.

L’échelon régional est-il pertinent pour passer à l’action ?

Il est le plus pertinent pour déployer des solutions concrètes en faveur de la transition énergétique. Nous sommes au plus près des besoins et des gisements énergétiques.

En élaborant leur SRADDET, les Régions sont en mesure de planifier des projets de territoire de plus en plus intégrés et cohérents. Ces derniers relient les multiples enjeux : rénovation énergétique, mobilité, agriculture… Ce schéma pose un cap pour la neutralité carbone en 2050. Il mobilise tous les acteurs de terrain – élus, citoyens ou encore entreprises – pour embarquer un maximum de monde.

La Région finance également les observatoires territoriaux, essentiels pour réaliser des travaux planificateurs. Enfin, elle assure la cohérence des actions, et leur transversalité avec ses autres compétences : les transitions professionnelles, le développement économique, l’aménagement territorial…

Comment agissent-elles en faveur des énergies renouvelables ?

Tout dépend des gisements. Evidemment, la Région Occitanie est très concurrentielle sur ce sujet ! De façon générale, comparé à la rénovation, c’est un sujet plus difficile à traiter. Car nous nous heurtons à l’acceptation de la population. Et puis, la concrétisation des projets prend plus de temps.

Il est très important de favoriser le dialogue et la démocratie participative. Et de revenir au terrain, c’est-à-dire aux usages et aux besoins des habitants. Comme les circuits courts en agriculture, si les citoyens sont associés aux projets, ils y adhèrent plus facilement. Ils comprenant leur intérêt, notamment en matière de développement territorial. Face au mouvement anti-éolien, un élu tout seul ne peut pas faire grande chose. Mais, avec la participation d’acteurs du territoire, un bon projet a bien plus de chance de sortir de terre.

Par ailleurs, toutes les régions sont mobilisées sur la question de la production d’hydrogène vert. Celle-ci nécessite de produire des énergies renouvelables sur le territoire. Avant de construire cet écosystème complexe et coûteux, et de distribuer l’hydrogène, nous réfléchissons aux usages notamment les mobilités lourdes et très carbonées.

Que permet l’adhésion à l’Association des Régions de France pour accélérer la transition ?

Avec l’Association des Régions de France nous avons mis en place des groupes de travail pour accélérer la transition. Fiscalité, hydrogène vert, économie circulaire, adaptation au changement climatique… nous échangeons des bonnes pratiques, nous mutualisons nos connaissances. Nous souhaitons également nous faire entendre. Durant les débats sur le projet de loi Climat et résilience, nous nous sommes opposés à la fixation verticale et descendante, par voie de décret, d’objectifs régionaux de développement des énergies renouvelables. Les Régions ont demandé la suppression de cette disposition. Ils ont proposé une nouvelle méthode de concertation au sein d’une instance régionale de coordination en matière d’énergie du climat. Nous n’avons pas été entendues.

Quels sont les défis à relever par les Régions pour ce nouveau mandat?

D’abord, les difficultés liées au programme SARE. Actuellement, les conseillers sont submergés d’appels avec le lancement national de MaPrimeRénov’. Ça démarre trop fort, et il faut renforcer les moyens et continuer de structurer l’offre pour répondre à la demande qui est importante.

De façon générale, si l’on prend en considération les travaux du GIEC, nous avons 7 à 8 ans devant nous pour agir. Et tenter de limiter les effets du réchauffement climatique. Il nous faut donc changer rapidement d’échelle. Dans toutes les régions, nous avons des petites pépites, des démonstrateurs qui ont montré leur efficacité. Désormais, il faut développer  ces solutions, industrialiser certains process, relocaliser. Nous espérons que le projet de loi 4 D (déconcentration, décentralisation, différenciation, décomplexification) donnera aux Régions les moyens d’agir dans ce sens. En embarquant tous les acteurs de terrain !

 

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  • Emmanuelle Porcher

    Responsable animation du réseau des adhérents - Chargée de mission Formation

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