Soulager le coût et les charges des bâtiments futurs et rénovés, grâce aux éco-quartiers

Les éco-quartiers devraient être pour l’énergéticien et l’urbaniste une formidable opportunité de pouvoir travailler ensemble dans l’intérêt général.

Les éco-quartiers devraient être conçus comme des écosystèmes intégrés. On devrait systématiquement profiter de l’implantation d’activités produisant beaucoup d’énergie fatale, telles que les datacenters, les centres commerciaux, etc. ou encore celles ayant un excès de puissance en production de chaleur ou de froid comme les piscines, pour les mettre à la disposition des bâtiments en ayant besoin.

Ce type de réflexion devrait entrer dans nos stratégies globales lors de travaux neufs ou de rénovation, c’est fondamental.

On ne peut parler de réseau de chaleur sans parler de leur température.

Une loi d’eau doit pouvoir évoluer dans le temps. Si les propriétaires isolent leurs bâtiments de façon répartie, cela permettra de descendre la loi d’eau et aura pour avantage de couvrir les besoins calorifiques avec encore plus d’énergies renouvelables ou fatales.

Les éco-quartiers pourraient permettre de réaliser des immeubles de type BEPAS ou BEPOS vendables et louables. Ils pourraient également permettre d’aider la réhabilitation d’immeubles anciens.

L’échelle du projet ne doit pas être le seul intérêt immédiat - comme il s’agit d’éco-quartier, l’intérêt n’arrivera parfois que lorsque tous les immeubles auront été construits - ; on peut donc commencer en îlot énergétique et finir en éco-quartier quelques années plus tard.

Schéma simplifié d’une synergie énergétique d’un îlot énergétique avec des productions chaleur et de froid partagées et un mix énergétique (doc. Garnier)

Si les sources de production et les besoins ne sont pas trop éloignés, on pourrait ainsi partager les sites de production au sein d’un ou plusieurs réseaux.

Ce serait du bon sens, que de créer des synergies entre tous les bâtiments, que ce soit de type tertiaire, habitat ou encore industriel. Les bâtiments qui produisent de l’énergie fatale ainsi que ceux qui doivent produire de l’énergie renouvelable pour ne pas être taxés, valoriseraient ces énergies auprès de ceux qui en auraient besoin.

Ces fondamentaux devraient rentrer dans la culture des pouvoirs publics, des urbanistes, des AMO, des architectes et des bureaux d’études et surtout dans les moteurs de calculs et être enseignés dans les écoles. C’est cela l’éco-efficacité.

Il n’existe pour le moment aucune incitation qui encourage le développement de réseaux de chaleur favorisant des synergies énergétiques.

L’étude de faisabilité technique et économique explorant les diverses solutions d’approvisionnement en énergie de la construction a été révisé le 1er janvier 2014. Elle ne teint toujours pas compte des rejets de chaleur dont pourraient profiter ses voisins.

C’est un oubli important qui pourtant aurait pu permettre allègement du coût des travaux des BEPAS, BEPOS et de la rénovation ainsi que les charges dans un moment où les Français ont de plus en plus de mal à payer (précarité énergétique).

Or, nous avons les connaissances et les technologies nécessaires pour changer.

Et si nous commencions par avoir une véritable stratégie pour construire ou rénover ?

Avant même de construire des bâtiments à basse consommation et de prévoir des installations à partir de générateurs performants (dont les prix et les loyers risqueront de ne pas être supportables), ne serait-il pas plus judicieux de nous organiser pour produire collectivement à partir d’énergies renouvelables et fatales ?

Seules des solutions collectives avec, pourquoi pas, des réseaux de chaleur et de froid courts, permettront des transferts, et nécessiteront des installations de puissances moins importantes, du fait du foisonnement des besoins. Donc des installations plus performantes et moins chères (voir schéma de l’îlot énergétique).

Demain, on verra qu’un réseau entièrement à base d’énergie fossile n’offrira plus aucun intérêt pour la collectivité, si ce n’est que de rendre captif ses abonnés.

Lire le dossier complet "Les éco-quartiers pourraient soulager le coût des bâtiments futurs ou rénovés ainsi que leurs charges".

Alain Garnier Bureau d'Etudes GARNIER Ingénierie des Fluides Reims

E.mail : alain.garnier[a]be-garnier.fr    http://www.be-garnier.fr/
Filiale de Phosphoris – Membre de Construction 21

 Génie climatique, électricité

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