Retours d’experience de mesures et ACV de logements collectifs préfigurant le label E+/C

Rédigé par

Philippe NUNES

DG

2488 Dernière modification le 04/04/2017 - 10:02
Retours d’experience de mesures et ACV de logements collectifs préfigurant le label E+/C

Avec le label Energie Carbone, l’arrivée de l’électricité spécifique et de l’ACV dans le périmètre de la réglementation thermique se concrétise. On ne peut que s’en réjouir, car désormais les consommations des 5 usages réglementaires sont devenues minoritaires dans le bilan « tous usages » des bâtiments à énergie positive et que d’autre part, l’impact de la construction représente autant d’énergie et d’émission de GES que plusieurs dizaines d’année de fonctionnement. L’arbre ne cache plus la forêt… il reste à défricher la forêt !

- Energie et usage

Car le sujet est complexe. Pour ne parler que du logement, nos campagnes de mesures reflètent depuis de nombreuses années une forte variabilité des consommations d’électricité spécifique entre les opérations. Or pour l’instant une valeur unique de consommation des « Autres usages électriques » est utilisée dans le label. Cette valeur fixe rend d’ailleurs quasiment impossible le niveau « Energie 4 » à partir d’un certain nombre d’étages. C’est pourquoi il nous semble que les « Autres usages électriques » ainsi que les puisages d’ECS devraient pouvoir être adaptés en fonction des bonnes pratiques possibles sur les opérations (pré-équipement en matériel performant, bon aménagement des cuisines, gestion des veilles, dispositifs hydro-économes, etc.). Les deux opérations citées en référence illustrent par ailleurs, que le niveau « Energie 3 » est accessible avec une conception « passive », même sans production EnR.

- Impact climatique

Concernant le bilan carbone du cycle de vie, l’étude détaillée de plusieurs variantes constructives d’une même opération, illustre le gain possible grâce à l’ossature bois en façade et en dalle. Le niveau « Carbone 2 » semble difficile à atteindre sur le critère cycle de vie complet (Eges) sans un recours important au bois dans la construction. Par ailleurs, les ratios proposés dans la méthodologie d’évaluation du label sont pertinents pour faciliter la saisie. Par comparaison avec les ratios que nous avons développés avec Cycléco dans le logiciel e-lICCO, nous proposons de permettre la modulation de ces ratios par lot en fonction des choix techniques (type d’émission, type de ventilation, etc.).

- Autres aspects du Label

D’autres aspects du référentiel en l’état ont retenu notre attention. Le facteur d’énergie primaire du bois compté à 0 nous semble dangereux car il incite à la dégradation de l’enveloppe. Un facteur plus proche des valeurs physiques d’ACV, complété par un objectif de besoin de chauffage ou un objectif Bbio plus performant nous semblerait nécessaire pour encadrer ce risque. Enfin, si nous comprenons la logique du calcul du facteur primaire de l’énergie renouvelable produite localement (facteur 2,58 pour l’énergie autoconsommée puis exportée jusqu’à 10 kW.h/m² et facteur 1 ensuite), nous nous interrogeons sur le fait que cette méthode de calcul rend très difficile le niveau « Energie 4 » surtout en logement.

En conclusion, je précise que toutes ces remarques visent à contribuer à la réflexion sur le label en cette période d’expérimentation et que globalement nous nous réjouissons du fait que la réglementation évolue vers une approche plus globale de l’impact environnemental des bâtiments !

Thierry RIESER

Gérant de BET ENERTECH

www.enertech.fr

Gérant de la Scop Enertech depuis Juin 2015. Ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris, il travaille depuis 10 ans dans la conception et la rénovation de bâtiments performants, comme maître d’œuvre et AMO. Spécialiste de l’ACV, il assure également des formations (dont la formation-action DORéMI).

Extrait du Manifeste EnerJmeeting 2017

Télécharger le manifeste EnerJmeeting 2017

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