[Replay] Rencontres Green Solutions #2 - Bâtiments bas carbone

Vous avez été nombreux à vous inscrire à nos deuxièmes Rencontres Green Solutions, cette fois centrées sur les bâtiments bas carbone, merci ! Pour celles et ceux qui aimeraient les revoir ou qui ont manqué la session, voici le replay, la présentation et les réponses aux dernières questions posées. 

Rappel du sujet :

Bâtiments bas carbone : quels leviers, quelles solutions pour le neuf ?

Il est nécessaire de bien construire aujourd’hui pour préparer demain. Et ce, dans tous les domaines : usines, bâtiments tertiaires, logements, etc. Au travers de trois études de cas très différentes, ce webinar montrera des exemples de constructions bas carbone. Le but : susciter le débat autour de projets réalistes autant en termes d’ambition que de budget. 

Avec : 

  • Pierre-Yves Legrand, Directeur Novabuild et administrateur Construction21 (animateur)
  • Chantal Degand, présidente Promotelec 
  • Leslie Gonçalves, co-gérante de Seuil architecture
  • Jean-François Daures, architecte et gérant de Vision® Architecture
  • Louis Bousquet, Directeur agence Sud Nouvelle-Aquitaine Eden Promotion

Télécharger la présentation

Réponses à vos questions 

Un des premiers problèmes reste le coût d'investissement qui est important pour l'exemple du changement de la chaudière fuel pour une PAC, et globalement le surcoût est relativement important de faire du biosourcé et du bas carbone
C. Degand : s’il existe des aides « coup de pouce » qui facilitent le passage (dans l’existant) d’une chaudière fioul à une PAC, elles n’existent pas dans le neuf. Par contre, dans les bâtiments neufs, les besoins en chaleur sont faibles, la puissance thermique requise pour la PAC est plus faible donc son coût l’est aussi. Ceci renvoie à l’information sur les coûts complets (somme des investissements et des dépenses annuelles). La facture énergétique sera bien plus faible avec une PAC  dans la durée pour l’occupant, ce qui devrait être une information à donner au futur acquéreur.

Pourquoi opposer frugalité et la recherche/l'innovation ? Si tout le monde va dans le même sens autant ne faire qu'un !
→ JF. Daures : En effet, je voulais dire que « toute » la technologie n’est pas rejetée en bloc et que la croissance verte est, je crois, un formidable réservoir d’innovations durables. Ainsi, dans la cité scolaire végétale, l’éclairage est électronique et à changement de température de couleur, asservi à des capteurs de luminosité, et nous savons tous d’où viennent les composants électroniques. A mon sens, l’approche bas carbone ou encore mieux carbone positif grâce à la végétalisation permet mieux de répondre à l’urgence écologique qui est bien réelle.

Les enfants du village ont-ils été associés aux travaux ?
→ JF. Daures : Oui, via l’équipe pédagogique qui a été associée au projet dès sa genèse. J’ai pu animer des ateliers pendant toute la phase de conception au coeur desquels nous avons recomposé le programme, en y ajoutant par exemple cette fonction d’atrium, un espace polyvalent en interface entre le village et l’école pour y accueillir des évènements et rencontres avec les parents et le village.

Y a-t-il eu des instrumentions installées afin de vérifier la qualité de l'air intérieure ? et le confort d'été ?
→ JF. Daures : Oui la cité Scolaire végétale était une réponse validée à l’appel à projets bâtiments démonstrateurs d’EFFINERGIE PLUS - Région RHÔNE-ALPES / 2014

La route végétale nécessite-t-elle des matériaux propres à la localisation du village même ou bien est-elle reproductible partout ?
JF. Daures : La chaussée végétale est un produit que l’on trouve commercialisée par plusieurs sociétés en Europe. Elle est donc reproductible partout à ceci près que j’y apporte un complément technologique par un substrat adapté et hydro rétenteur et que les plantes sont sectionnées pour être locales donc acclimatées et sous leur forme sauvage et non les cultivars horticoles. Comme pour la toiture végétale, la fonction est double, puisque ces surfaces végétalisées servent à ré-ensemencer l’environnement de plantes qui ont parfois disparu.

Un entretien pour la toiture végétalisée ? 
JF. Daures : Oui, comme tous les espaces verts, celui-ci nécessite un entretien, minime mais qui doit être régulier. Paradoxalement, il s’agit de faucher la prairie pour l’aider à ressemer sur place et ainsi faciliter sa régénération. Au cours de cet entretien, les pousses de jeunes arbres (graines portées par le vent ou les oiseaux) sont retirées et le système de ferti irrigation est contrôlé. La consommation en eau est inférieure à 100 litres par m2 soit 10 fois moins qu’un jardin classique. 
Pour aller plus loin, vous trouverez des chapitres spécifiques dans mon livre « architecture végétale ».

Pour l'étanchéité de la toiture vous avez réussi à vous passer de membrane type SBS ou PVC ?
JF. Daures : Lors d’un projet précédent en 2010 (la colline habitée), j’avais utilisé une membrane en caoutchouc, puis doublé d’un feutre intissé anti racinaire, aujourd’hui les industriels du secteur proposent des membranes prêtes à l’emploi qui intègrent cette protection. Là, l’emploi du PVC me gêne moins car c’est à l’intérieur et seulement dans certaines conditions que le PVC peut être nocif à l’homme et les enfants en libérant des vapeurs de chlore.

Pourquoi n'avez-vous pas favorisé le béton de chanvre ou le béton d'argile ?
→ JF. Daures : Ici, il était intéressant de valoriser une ressource locale, le bois, pour que le projet puisse aussi servir de démonstrateur vis-à-vis de la population dont les enfants fréquentent la cité scolaire végétale. La construction bois est aussi modulable et la rapidité d’exécution pour une chantier propre et sec est aussi un avantage ici.

Avez-vous dû modifier le PLU pour faire cette opération ? 
→  JF. Daures : Le projet date de 2015, donc il est postérieur à l’ensemble de lois du Grenelle de l’environnement. Il n’y a donc eu aucune contrainte d’urbanisme quant à l’obtention du permis construire. La végétalisation du toit ainsi que des parkings et de la voirie aurait pu entrainer une meilleure constructibilité mais c’était sans objet ici pour un projet municipal.

Retour des occupants sur le confort d'été ?
→ JF. Daures : Oui, le retour sur le confort – maîtrises ambiances donc lumière, acoustique et thermique – se fait toujours par l’équipe enseignante. Il se traduit une attention accrue des enfants et de meilleurs résultats scolaires !
En effet, le stress provoqué par un local à la mauvaise acoustique, mal éclairé par des néons, peut provoquer chez certains sujets les plus fragiles des crises d’épilepsie et ou le confort thermique n’avait pas été étudié comme on peut le faire aujourd‘hui avec des surchauffes l’hiver, froid radiant et l’été lors des canicules…
Pour la cité scolaire végétale, le chauffage est assuré par une chaufferie bois communale et mutualisée avec les autres équipements avoisinants. Elle est alimentée par du bois provenant de la vallée même, récolté dans un périmètre de 10 kms.
L’été grâce à la surtoiture végétale, la toiture des bâtiments est toujours ombragée ce qui signifie une baisse d’environ 30 degrés à sa surface. Enfin, l’absence totale de goudron alentours (cours parking et voirie) fait que cela limite aussi l’impact des îlots de chaleur urbains.

C'est une question qui revient souvent... la valeur "environnementale"... comment la construire ? et la concrétiser ! 
→ JF. Daures : Oui, Nous avons encore, nous les architectes, la possibilité de diligenter une ETN (enquête technique nouvelle) ou d’obtenir des ATEX (avis de techniques expérimentales). Cela a été le cas pour la cité scolaire au niveau des panneaux acoustiques intérieurs qui sont en fait des prototypes à base de petit épeautre compressé et aggloméré avec de l’amidon. Ce matériau innovant n’existait pas avant ce projet, il est aujourd’hui commercialisé par des agriculteurs de la Drôme, voisine, au titre d’une diversification valorisant les déchets de leur agriculture. Je suis résolument pour aller vers une architecture qui soit :

  • E plus (chaque construction doit produire de l’énergie renouvelable)
  • C plus (la végétalisation produit toute la vie du bâtiment de l’oxygène tout en séquestrant du carbone, le bois renouvelable de la construction séquestre du carbone également.)
  • B plus pour aller vers la biodiversité positive avec des bâtiments végétalisés qui abritent des insectes, des petits batraciens, tout un biotope qui influe positivement sur la biodiversité environnante par la ré-introduction de plantes.

Le « permis de faire » qui a été lancé doit surtout permettre de « faire mieux ».

Liens utiles : 

Important : Si vous avez assisté au webinar mais n'avez pas reçu le mail de confirmation attestant de votre présence, contactez-nous à construction21[at]construction21.fr 

 

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