Rénovation logement : des séniors ouverts, mais à conquérir ! 

Rédigé par
La rédaction C21

932 Dernière modification le 26/05/2023 - 11:54
Rénovation logement : des séniors ouverts, mais à conquérir ! 


Si les attentions de rénovation énergétique et de travaux d’adaptation au logement progressent doucement dans l’esprit des propriétaires, et notamment des seniors souhaitant prolonger leur vie à domicile, des points de résistance subsistent. Focus sur les enseignements de l’enquête du Club de l’amélioration de l’habitat (CAH). 

MaPrimeAdapt’, la future aide au logement destinée aux seniors voulant prolonger leur vie à domicile, ou encore MaPrimeRénov’, pour soutenir les propriétaires dans la rénovation énergétique, ont mis en exergue le besoin de se pencher en détail sur le contexte sociologique et les conditions d’adhésion à ces dispositifs. En effet, pour encourager les populations à franchir le pas, encore faut-il comprendre leurs ressorts d’action, freins et attentes en matière de travaux.
Quels sont les différents profils et attitudes des décideurs ? Quelle appétence pour la rénovation, notamment énergétique ? Quelles motivations et quels facteurs déclencheurs ? Autant de pistes suivies par le Club de l’amélioration de l’habitat (CAH) dans le cadre d’une nouvelle enquête réalisée en collaboration avec TBC Innovation et la sociologue Audrey Valin auprès d’un large échantillon d’« habitants-consommateurs » résidant en maison individuelle, l’équivalent de 11 millions de logements en France. 

Des profils de population mieux cernés 

« La rénovation des logements est un marché important, plutôt stable, observe Jean-Pascal Chirat, délégué général de l’association. Pour autant, le gros gisement de marché reste à développer sur les pôles énergétique et d’adaptation : une progression devrait se faire sentir… mais elle ne se fait pas. Alors même que l’organisation professionnelle est présente et qualifiée, et même s’il faut incontestablement monter en compétences – la demande est un point clé sur lequel il faut absolument travailler. »

En marge de l’éclairage de France Silver Eco sur l’impact économique de l’adaptation du logement au vieillissement de la population, le CAH s’est donc attaché à mesurer à la fois la dynamique du marché de la rénovation de l’habitat, et l’évolution des comportements des décideurs, en s’appuyant sur quatre « univers travaux » identifiés dans ses précédentes études : réparer et maintenir, améliorer le confort, aménager et agrandir, embellir et décorer. A cette matrice s’ajoutent cinq « attitudes personnelles » : mainteneur, embellisseur, (re)constructeur, modéré, passif… afin de modéliser les profils comportementaux. Pour le CAH, ce focus a ainsi permis « d’étudier leur réactivité spontanée plus précisément que cela aurait pu être observé dans l’habitat collectif, s’inscrivant dans un processus décisionnel de rénovation temporellement plus long. »

Un attentisme lié à l’incertitude économique 

Face aux changements de conjonctures, deux constats émergent : d’un côté - et dans un climat d’incertitude contraire à la dynamique de projet - une réduction des dépenses en rénovation pour l’ensemble des ménages, qui tendent vers la modération en révisant les priorités et en sécurisant l’épargne ; de l’autre, un surinvestissement vers le confort thermique, en réaction à l’augmentation des prix de l’énergie et aux risques de pénuries. En matière de Réno verte, la réduction des factures de chauffage motive ainsi 83 % des ménages interrogés, 21 % se disant toutefois concernés par la question environnementale, en particulier les CSP+. L’isolation des combles est la priorité, suivie par la rénovation des fenêtres et le remplacement du générateur de chauffage. 

Lancée début 2020, MaPrimeRénov’ convainc près de la moitié des propriétaires, plébiscitée par rapport aux aides locales (36 %) et les certificats d’économies d’énergie (CEE - 28 %) en matière de financement. L’entourage reste le premier « influenceur » de travaux, devant les professionnels eux-mêmes. La qualification des entreprises reste toutefois un critère majeur pour 70 % des propriétaires. Quant au budget moyen alloué, les dépenses oscillent entre 5 000 et 10 000 euros pour 43 % des ménages, pouvant atteindre 20 000 euros pour des projets de reconstruction plus large. 

La rénovation : une idée qui fait son chemin 

Si la conjoncture semble impacter – et orienter – fortement les prises de décision, « les populations actuelles qui avancent dans l’âge semblent aujourd’hui plus ouvertes d’esprit, et aptes à concevoir l’idée de rénovation », estime Jean-Pascal Chirat. Une tendance qui laisse présager une progression des initiatives dans les années à venir. Les seniors sont en effet 75 % à percevoir le prolongement de la vie au domicile du point de vue de la santé, tandis que 28 % réfléchissent sérieusement à repenser leur habitat. Si 36 % s’y préparent, une part équivalente, pas du tout. La question reste donc fortement envisagée, même si certains ménages font de la résistance, cherchant d’autres solutions face aux contraintes techniques ou aux travaux trop conséquents. 
 

Selon l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH), le dispositif financier MaPrimeRénov’ a déjà permis d’aider, depuis son lancement en 2020, 1,5 million de ménages, et de générer plus de 20 milliards d’euros de travaux. 


A noter : Le CAH restituera l’ensemble des résultats de ses études lors de ses prochains rendez-vous : AG le 19 juin, salon RenoDays les 12 et 13 septembre, colloque Habitat, Santé, Confort le 14 novembre.

Partager :