Renforcer la résilience aux inondations par le lien social : retour sur 2 ans d'actions d'un projet de recherche franco-anglais

1088 Dernière modification le 14/02/2023 - 10:22
Renforcer la résilience aux inondations par le lien social : retour sur 2 ans d'actions d'un projet de recherche franco-anglais

Le projet BRIC (Bring resilience in disadvantaged communities) sur la résilience aux inondations se termine à la fin du premier trimestre 2023. Impliqué sur quatre sites d’expérimentation, le Cerema a testé plusieurs outils dont les objectifs étaient de créer des réseaux de coopération locaux et de sensibiliser aux risques d’inondation pour améliorer la résilience. Balade artistique de sensibilisation, réalité virtuelle, fête de la rivière, expositions, ateliers, plan de sécurité inondation comptent parmi les principaux résultats.
L’objectif du projet BRIC (Bring resilience in disadvantaged communities), projet de recherche-action du programme Interreg Channel, est de créer des réseaux de coopération locaux pérennes dans le but d’améliorer la résilience aux inondations. 

L’hypothèse du projet est que le lien social favorise les initiatives collectives et renforce la résilience aux inondations et aux effets du changement climatique. L’implication des populations et la sensibilisation aux risques d’inondation est au cœur de l’ensemble des activités du projet. Toucher un public défavorisé fait également partie des objectifs. Cela nécessite des approches spécifiques fondées sur des partenariats solides avec des structures locales.


Un premier travail d'enquête indispensable

Plusieurs actions ont été menées sur les 8 sites d’expérimentation : 4 français (vallée de l’Aulne, vallée de la Risle/Pont-Audemer, vallée de l’Authie, vallées de l’Oise) et 4 anglais (Plymouth, Kent, Weymouth, île de Canvey). Le Cerema pilotait les activités de 2 sites en propre et est intervenu sur les 2 autres sites français en collaboration avec le CPIE du Val d’Authie et l’agence d’urbanisme Oise-les-Vallées.

Engager les acteurs locaux et la population dans cette démarche nécessite un long travail de diagnostic territorial, qui a duré une dizaine de mois. Il a été réalisé à partir de recherches bibliographiques et d’entretiens semi-directifs auprès d’acteurs institutionnels. Cette connaissance du territoire et des acteurs est indispensable pour proposer des activités adaptées au contexte, à l’historique et aux besoins des acteurs.

Impliquer des populations nécessite aussi de bien cerner leurs préoccupations, leur relation à l’eau et leur perception des risques d’inondation. Pour cela, des enquêtes appréciatives ont été menées. Elles ont été réalisées comme un micro-trottoir de manière anonyme avec des questions générales : "Qu’est-ce que vous aimez par ici ?", "Comment les choses pourraient-elles s’améliorer ?", "Que pensez-vous du changement climatique ?", "Que pensez-vous des inondations ?".

 

Des activités variées et ancrées dans les territoires


Les résultats des enquêtes ont permis de finaliser le programme d’activités. Toutes les activités ont été organisées en partenariat avec les différentes parties prenantes dans un objectif d’appropriation et de pérennisation des résultats : élus, services techniques des collectivités, associations, habitants…Certaines actions, comme la création de story-maps (blogs narratifs) ou de reportages radiographiques, ont permis de développer une vision partagée de la rivière.

D’autres avaient pour objectif de sensibiliser aux conséquences potentielles des inondations : visualisation de scénario d’inondation, casque de réalité virtuelle, exposition sur les inondations historiques, balade artistique, fêtes. À chaque fois, il a été veillé à aborder également les manières de prévenir le risque. 

Enfin, en complément de leur objectif de sensibilisation, la plupart de ces actions avaient pour but de créer une dynamique de travail avec les habitants et les acteurs du territoire. Ainsi, plusieurs types d’ateliers ont été menés : 

  • co-construction d’événements, comme les ateliers de sensibilisation et d’échanges avant la balade artistique,
  • échanges collaboratifs sur les inondations entre habitants, gestionnaires, élus,
  • co-construction de produits comme le plan de sécurité inondation, qui permet de donner des consignes d’évacuation adaptées à un bâtiment.


Des enseignements partagés des deux côtés de la Manche

Malgré les différences de gouvernance, qui engendrent de fortes disparités en termes d’assurance et de financement des actions, les mêmes difficultés d’implication des populations ont été observées en France et en Angleterre : 

  • la gouvernance est complexe dans les deux pays et difficile à appréhender par le grand public, qui a ainsi du mal à savoir comment s’impliquer,
  • la mobilisation est souvent liée à un événement d’inondation, la perception des risques étant fortement liée au vécu de chaque individu.

Des enseignements et pistes de progrès ont été identifiés : 

  • Les responsabilités sont partagées et le discours à ce sujet doit être clair. Une approche collaborative de la résilience est nécessaire,
  • L’amélioration de la résilience par l’angle social mérite des moyens et ressources sur le long terme,
  • Les politiques menées ne seront efficaces qu’avec une bonne écoute des communautés vulnérables et de leurs opinions,
  • Rien ne remplace les échanges en face à face et les échanges interpersonnels,
  • La mémoire de l’inondation doit rester vivante, et les indices des inondations passées doivent être valorisées,
  • Les collaborations croisées entre toutes les parties prenantes sont à renforcer afin de diffuser des retours d’expérience et des bonnes pratiques.

 

Un séminaire de restitution le 15 mars 2023
Le 15 mars de 9h à 17h, le séminaire de restitution du projet BRIC Flood aura lieu à Plymouth et en ligne. 

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Actualité publiée sur Cerema actualité
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15/03/2023
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