PureNat, un textile révolutionnaire qui permet de purifier l’air des bâtiments

Rédigé par

David Portugais

Responsable Marketing

1772 Dernière modification le 12/07/2023 - 16:09
PureNat, un textile révolutionnaire qui permet de purifier l’air des bâtiments

Chaque année depuis 2011, le Technopôle d’innovations Domolandes organise son Grand Prix de l’Innovation Construction durable et Cadre de vie, venant récompenser des porteurs de projets novateurs pour les villes et bâtiments de demain. Alors que les candidatures pour le concours 2023 sont ouvertes jusqu’au 30 juin prochain, nous revenons sur les finalistes de l’édition précédente dans une série de huit articles dédiés. Aujourd’hui, zoom sur PureNat, un nouveau matériau biomimétique aux propriétés étonnantes, puisqu’elles ont la capacité de détruire les polluants chimiques et les virus présents dans l’air ambiant. 

Pouvez-vous présenter votre concept en quelques phrases ?

PureNat est une startup deeptech qui a développé, à partir d’un tout nouveau matériau biomimétique breveté, le premier textile du marché capable de capter et détruire les polluants organiques de l’air, 100% durable et intégrable à de nombreux types d’installations fermées.

L’innovation de PureNat « détruit » totalement les polluants chimiques, mais également les virus (ex : COVID 19), et les bactéries, alors que les filtres traditionnellement utilisés dans les applications visées fonctionnent sur un principe de stockage. Le matériau photocatalytique de ce filtre se régénère après l’élimination des polluants et par conséquent ne s’encrasse pas. Cette innovation majeure permet de limiter la production de déchets et de baisser significativement les coûts liés à l’énergie et à la maintenance de la gestion de la qualité de l'air. Il s’agit donc d’une réponse forte aux exigences actuelles des professionnels et des consommateurs quant aux impacts financiers et environnementaux. 

Le textile développé par PureNat a été mis au point par sa fondatrice et présidente Natacha Kinadjian Caplat. Docteure en Physico-Chimie des Matériaux, elle travaille depuis plus de 12 ans sur la thématique de la Qualité de l’Air Intérieur. Elle s’est associée à Manon Vaillant, ingénieure en Biotechnologies pour créer PureNat qui se positionne comme un fabricant de semi-produit. 

La technologie intégrable est adaptée sur mesure pour répondre aux enjeux de dépollution d’air des industriels et fabricants de multiples secteurs d’activités :

  • Système de traitement de l’air des bâtiments
  • Purificateurs d’air
  • BTP
  • Aérospatial
  • Automobile
  • Industrie


Dans quel but avez-vous lancé cette technologie ? 

Il s’agit d’un enjeu de santé publique. En effet, la pollution de l’air intérieur est meurtrière : elle tue sept fois plus que les accidents de la route en France, elle est la deuxième cause de cancer du poumon après le tabagisme et la quatrième cause de décès dans le monde selon l’OMS. Les bâtiments sont aujourd’hui de mieux en mieux isolés et donc confinés : l’encrassement progressif des filtres dans les systèmes de ventilation induit une forte consommation d’énergie (30% du total pour un bâtiment). C’est ce constat qui a poussé PureNat à réfléchir à des solutions permettant de concilier les enjeux de santé liés à la qualité de l’air et les enjeux énergétiques.
 

Quels sont vos projets pour l’année 2023 ?

Actuellement, nous sommes en phase d’amorçage industriel. Nous développons une machine spéciale pour finir d’industrialiser notre textile qui détruit les polluants. Nous recherchons des industriels intéressés pour intégrer notre technologie dans leur produits finis et à qui nous proposons des pré-études de mise en forme sur mesure de la technologie. Nous espérons ensuite être prêts à commercialiser nos premières séries, à l’issue de ces pré-études, sur le dernier trimestre 2023.

 

Et à long terme, quelles ambitions ?

A long terme, nous prévoyons d’internaliser deux étapes sur trois dans notre procédé de fabrication et créer une usine de fabrication au Pays Basque. Nous souhaitons avoir la capacité de produire l’équivalent de plus de 1000 filtres par jour et ainsi intégrer notre technologie dans les systèmes à traitement d’air des bâtiments tertiaire et industriels en remplacement de certains filtres. Nous souhaitons également ouvrir l’accès à notre technologie auprès des secteurs aérospatial et automobile. Enfin, nous prévoyons de recruter une vingtaine de personnes sur les deux à trois prochaines années.

 

Que vous apporté votre participation au Grand Prix de l’Innovation ?

Domolandes est un incubateur spécialiste du secteur de la construction durable qui a la capacité d’identifier les « pépites », ainsi que les moyens d’aider ces innovations durables à voir le jour : un véritable tremplin ! Le réseau de Domolandes est un réel plus dans notre secteur. 

Quant au Grand Prix de l’Innovation, c’est un concours d’envergure avec des candidats qui proposent des innovations de qualité en faveur de la construction durable et un jury d’experts engagés pour aller vers des pratiques plus vertueuses. L’expérience de notre participation a été très agréable, nous avons créé des liens entre candidats et jury, dans l’échange et la bienveillance. Être lauréat permet d’avoir de la visibilité avec une présence sur le MID lors de la phase finale, mais aussi d’obtenir un coup de pouce financier et un moyen de mise en avant auprès des parties prenantes du secteur.

 

Un autre projet finaliste qui vous a marqué ? 

Le grand gagnant du concours, Caeli Energie, et son fondateur Rémi Pérony. Il s’agit d’une innovation remarquable portée par une équipe dynamique et pointue. Un projet à suivre de près ! 

 

Lire aussi : Notre interview d’Hervé Noyon, Directeur général de Domolandes

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